Roumanie. Cluj, la Silicon Valley de l’Europe (parution)

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Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007, cette ville étudiante de Transylvanie est devenue l’eldorado de la sous-traitance informatique. Des milliers d’ingénieurs construisent nos sites Web et logiciels du quotidien. Pour 400 euros par mois. (Photos: Edouard Elias pour Paris-Match. PDF sur demande).

Sur le parvis de la cathédrale de la Dormition, pleine à craquer, des demoiselles en robes à fleur et talons hauts se signent copieusement. Leurs mères et grands-mères, foulards sombres, prient à l’intérieur. Les hommes se laissent distraire, préférant épier les grosses voitures qui paradent autour de l’édifice. Dans une ville comblée par le miracle du plein-emploi, la première religion est l’informatique. Vingt mille ingénieurs roumains sont affairés à la fabrication de milliers de sites Internet et d’applications, majoritairement français et britanniques. La paie d’un informaticien démarre à 400 euros, c’est 100 euros de plus que le salaire moyen.

En moins de dix ans, Cluj la pieuse est devenue le sous-traitant informatique de l’Europe. Grâce à l’excellence de ses deux facultés techniques, principales pourvoyeuses demain-d’œuvre. Ces jours-ci, le grand auditorium de la Liberté, fierté architecturale de l’université Babes-Bolyai, fondée en 1872, célèbre ses diplômés. Les lancers de chapeaux mortiers, à l’américaine, réjouissent les familles, souvent modestes. « C’est une tradition de l’après-guerre, interdite sous les communistes mais relancée en 1990, après la mort du dictateur Ceaucescu », nous apprend le professeur de mathématiques Horia Pop, que les élèves surnomment affectueusement « M. Einstein » à cause de sa moustache immaculée.

Nous longeons une rue défoncée, bordée de maisons aux murs décatis. L’une d’elle abrite une solide start-up de création de sites Internet : Transylvania Consulting. « Il n’y a pas de logo à l’entrée. Il vaut mieux rester discret pour éviter les cambrioleurs… et les inspecteurs des impôts corrompus », dit Nicolas de Castelnau, patron français marié à une médecin roumaine, qui distille ses consignes dans la langue locale. Ses employés en charge du référencement des sites, les moins payés, sont remisés au rez-de-chaussée, entre la cuisine et les toilettes. A l’étage, une chambre rassemble les « codeurs », une autre les « développeurs » et une dernière les « graphistes ». Atmosphère concentrée et potache pour ces soutiers de l’électronique. L’un d’eux commente sa dernière création : le site d’un musée français commémorant une bataille de la Seconde Guerre mondiale. « Je me suis inspiré du décor d’un jeu vidéo célèbre », murmure-t-il.

A CLUJ, CERTAINS DÉCROCHENT LES PLUS BEAUX CONTRATS POUR DE GRANDES ENTREPRISES EUROPÉENNES

« Les salaires représentent l’essentiel de mes coûts », estime Nicolas de Castelnau. Le loyer de la boîte est insignifiant. Et ses employés ne paient pas l’impôt sur le revenu : un avantage fiscal réservé à l’industrie high-tech roumaine. Un centre culturel près de Maubeuge, un fleuriste breton, un coiffeur normand, un cabinet d’avocats parisien, une municipalité wallonne : son portfolio de 4 000 sites est un hommage à la francophonie. « Ce sont des petites agences provinciales de création de sites qui me passent commande. Leurs clients, des artisans, ignorent que tout est fabriqué ici, en Roumanie. Heureusement, sinon ils demanderaient une ristourne. »

A Cluj, quelques mastodontes de la sous-traitance décrochent les plus beaux contrats. IQuest, Evozon, Epitech, Codespring, Pentalog… Ces sociétés aux noms barbares bâtissent des applications de tablettes, des sites d’e-commerce et même des logiciels internes pour les grandes entreprises européennes. Créée il y a neuf ans, Evozon compte 300 employés, 5 immeubles neufs et entend bien s’agrandir. Gabriel Cretu, son fondateur, 36 ans, épaules trapues et crâne rasé, convoite un terrain en friche : une décharge occupée par une famille tsigane. « Juridiquement, c’est très compliqué de s’en porter acquéreur. Nous sommes en Roumanie, il faut des relations. » Alors il se concentre sur le recrutement. Dans son radar : une jeunesse flexible, bon marché, à former sur place. « Nous embauchons des étudiants de Cluj dès leur première ou deuxième année. Mais ils ne sont plus assez nombreux pour accompagner notre croissance. Cet automne, on ira aussi dans les lycées, avec d’alléchantes offres de stages rémunérés. Le site de vêtements Net-a-porter ou la compagnie aérienne British Midland International figurent au tableau de chasse de l’entreprise. Au sous-sol, près de la cantine, un tableau recueille les doléances anonymes de ses salariés. « Nous voulons du temps pour des projets personnels, des formations pour d’autres logiciels… »

Les informaticiens de Xoomworks, un concurrent, aiment fumer leur cigarette sur le balcon, en regardant les étudiantes en médecine arpenter la rue Victor-Babes. Leur firme édite un logiciel pour les salariés d’Alstom, un autre pour les buralistes sous contrat avec Altadis, le fabricant de Gauloises. Xoomworks assure la maintenance des sites de voyage Expedia et Jet Tours. « Nous avons surtout bâti l’équipe technique de Betfair, le géant du pari sur Internet », insiste Christophe Bajc, directeur du développement. L’un de ses subalternes s’appelle Calin Bejan. Le jeune homme a d’abord travaillé au centre d’appels européen de Samsung. Un gigantesque open space dissimulé dans un centre commercial désuet de Cluj. Son anglais, entretenu par une addiction aux feuilletons américains non doublés, est son meilleur atout. Le voici « conseiller support » chez Xoomworks. A lui d’expliquer aux employés d’une entreprise cliente les méandres d’un logiciel de comptabilité. « Parfois, quand certains réalisent que je suis en Roumanie, ils s’énervent et me raccrochent au nez. » Calin complète son maigre salaire par quelques cours de langue à 4 euros de l’heure, donnés la nuit sur Skype à une poignée d’étudiants japonais. « C’est un complément de revenus que m’offre une école philippine d’e-learning ». Du haut de ses 22 ans, Calin est encerclé par la mondialisation.

UNE CROISSANCE FULGURANTE POUR L’ENTREPRISE FRANÇAISE IMPLANTÉE À CLUJ

Dans les locaux spacieux d’une usine de bottes fermée après la chute du communisme, l’entreprise française PiTech+ opte pour l’enracinement clujois. Et embauche à la chaîne : 80 informaticiens en juin 2013, 200 un an plus tard. Une croissance fulgurante permise par des contrats décisifs. « Nous travaillons maintenant pour le français Publicis. Il nous confie la construction et la maintenance des minisites d’une grande chaîne d’hypermarchés et d’un assureur », s’enchante Bogdan Herea, diplômé de l’Institut national des sciences appliquées de Lyon. Sa société a bâti sa renommée en travaillant sur le site Dior.com. Parce qu’il faut encore embaucher, Bogdan prend les devants. Et lance Academy+, une école d’informaticiens inspirée de l’Ecole d’informatique 42 de Xavier Niel, le patron de Free. Pas de diplôme reconnu à la clé, mais trois années de formation pour futurs cadors roumains de la création de sites. C’est un jeune Français de 23 ans, chef de projet, qui nous détaille les atouts de ce cursus sur mesure, devant une salle de réunion baptisée « Charles-Darwin ».

Face à la pénurie de main-d’œuvre, la palme de l’audace revient à Roxana Rugina. La jeune Roumaine rentre d’un stage à Montreuil. Elle a posé son ordinateur en centre-ville, dans une belle maison de notable aux murs sépia et chandeliers clinquants. Soutenue par l’opérateur historique français des télécoms, Roxana s’apprête à ouvrir une école qui, au terme de six mois de formation intensive, offrira un emploi d’informaticien bas de gamme à des jeunes en échec scolaire. A la table voisine, nous rencontrons un Français, par hasard. Sur les conseils de son amie roumaine, il songe à déménager son agence de création de sites, lancée il y a tout juste un an en Seine-et-Marne.

« Toutes ces initiatives ne sont pas la solution, en tout cas pas pour la jeunesse roumaine. Il faut que ces start-up arrêtent de se comporter comme des vampires en sortant nos jeunes du système universitaire, au bénéfice de leurs activités aux marges bien faibles », s’indigne Sergiu Nedevschi, professeur de sciences informatiques et vice-recteur de l’Université technique de Cluj. Un étudiant en informatique sur deux quitte sa fac avant d’avoir obtenu son diplôme, les autres manquent les cours pour honorer leurs contrats. Alors le professeur contre-attaque. Et décroche lui-même des commandes d’industriels renommés : « Les allemands Volkswagen et Bosch financent nos travaux de recherche sur la conduite automatique. Nous développons un système qui détecte et détermine la nature de tous les obstacles se présentant devant un véhicule. Je veux former des ingénieurs capables de résoudre des problèmes, de poser des équations à partir de leurs connaissances. Nos jeunes méritent mieux que de devenir de vulgaires machines à écrire du code informatique. » M. Nedevschi nous présente son génie des Carpates, son prodige. A 23 ans, l’assistant de recherche Sebastian Crisan vient d’être embauché par Facebook. En octobre, master en poche, il quittera la Transylvanie pour la Californie, contre un salaire annuel à six chiffres.

http://www.parismatch.com/Actu/Economie/Cluj-la-Silicon-Valley-de-l-Europe-Roumanie-637664

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Ecole de l’Image des Gobelins #semaine3

logoA ce stade de la formation, et parce que nous sommes censés maitriser le montage et le tournage, il est temps de passer à l’action, la vraie. Nous voici sur le terrain, à raison d’un sujet par jour. Au menu, grève des pharmaciens, rassemblement des intermittents de la CGT spectacle, salon de  l’emploi de la place de la concorde et mon idée à moi: le métier de podo-orthésiste. J’apprécie l’enseignant pour son exigence, son franc-parler. Il maîtrise toutes les ficelles de la dialectique télévisuelle, les frontières que l’on peut franchir, les sentiers battus desquels il ne sert à rien de s’éloigner. C’est son expérience qui parle et nous, pauvres diables, absorbons comme une éponge, dès le retour dare-dare d’un tournage éprouvant. Maintenant, c’est sûr: j’aime les pauses paisibles devant la machine à café ou les reposants déjeuners à la cantine. Un privilège de (journaliste) salarié.

jordan pouille cantine école de l'image des gobelins

“Filmer, c’est choisir”: tel fut notre mantra, inscrit au feutre sur le tableau blanc. Etre capable de réaliser un sujet d’information d’une minute trente, c’est devoir ‘angler’ au maximum. Par exemple, couvrir un forum de l’emploi suppose de ne s’intéresser qu’à un stand en particulier, à ne recueillir les témoignages que de deux personnes. Quelques ‘panneaux’ sur lesquels poser son commentaire, renforcé par deux propos pertinents.

Voici l’une de mes vidéos, faite ici avec une contrainte de temps maximale: 1 heure de tournage, 2 heures de montage.  Un grand merci à cette jeune femme, podo-orthésiste, qui a accepté la présence intrusive de ma caméra. J’ai été bluffé par son extrême douceur envers les patients. Pétrie de bonne humeur, elle leur apporte bien plus que des chaussures. J’en ressors avec ce plaisir nouveau de raconter les métiers: chacun à ses gestes, ses mots, ses rituels, ses vêtements, ses outils. La vidéo de format court s’y prête ainsi très bien.

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Ecole de l’Image des Gobelins #semaine2

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Après une semaine de montage, vient le moment du tournage. Car il est temps de se familiariser avec les caméras. C100, C300 et surtout Panasonic, Sony EX3. L’importance du zébra, de la balance des blancs, faire un point. Utiliser un pied. Maitriser les filtres, les diaphragmes. Prendre une lumière, un micro cravate, une minette, une sucette et autre jargon. Ne surtout pas changer de plan pendant une interview. Arrêter de s’exciter sur le zoom. N’utiliser aucune fonction automatique.

Je m’aventure le long du boulevard Saint-Marcel. Je filme un paysagiste de la mairie de Paris. Puis dans la ménagerie du Jardin des Plantes, le long du boulevard Saint-Marcel. Audrey, “curatrice petits mammifères” accepte de me raconter son métier. Là encore, j’ai de la chance: personne ne m’a envoyé balader, bien au contraire.

Finalement, à l’heure du dé-rushage, je réalise que je suis “sous-ex” puis “sur-ex”. “Pour de la radio, ça irait très bien” comment le formateur. L’histoire est là, la personne que j’interview transmet sa passion… mais l’image ne suit pas.

Petit à petit, j’en apprend un peu plus sur les domaines de prédilection de mes camarades de stage, compagnons de la pige. Allyson, 29 ans, se passionne pour la télévision, les émissions de télé-crochet qu’elle commente sur le compte Twitter d’un magazine. Isabelle, 49 ans, écrit sur le vin pour des mensuels spécialisés prestigieux. Olivier, 55 ans, écrit sur la guitare. Il a interviewé les plus grands chanteurs de blues. Comme moi, les formats télévisuels d’1 minute 30 le désarçonnent. Mais c’est en forgeant…

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Ecole de l’Image des Gobelins #semaine1

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Je me suis longtemps persuadé qu’un journaliste freelance n’avait aucun droit. Et puis j’ai eu la chance de bénéficier, grâce au financement de l’Afdas, d’une formation de 3 semaines (105h) au vidéojournalisme dans la prestigieuse Ecole de l’Image des Gobelins, à Paris.  C’est une formation de “privilégiés”, en petit comité: nous sommes 4 journalistes rémunérés à la pige.

Cette première semaine, coordonnée par Daniel Desmoulins, a été consacrée à la maitrise du montage: un domaine à la croisée du cinéma,  de l’audiovisuel et du multimédia. Jusqu’à présent, je tâtonnais un peu avec Final Cut. Ma postprod se résumait à du ’bout-à-bout’, des diaporamas sonores, quelques interviews sous-titrées, que vous retrouviez de temps en temps chez Médiapart ou sur mon espace Vimeo. Ici, j’ai appris à sélectionner les bons plans (“Jamais deux de la même nature côte à côte”), maîtriser les nombreuses combinaisons de touches pour raccourcis, reconnaitre les bons filtres et transitions, réaliser un mixage audio, équilibrer les couleurs, définir la bonne taille d’importation, le bon format d’exportation, poser une voix off juste, bien archiver mes séquences.  A partir d’un bibliothèque de rushes, nous avons monté deux courts sujets d’information en HD, sur des postes Mac à chaque fois. Comme l’a dit Daniel Desmoulins, nous ne sommes prêts de monter une séquence ‘Star Wars’ mais nous avons acquis des “compétences professionnalisantes”. Et appréhendé toute l’importance de la partie ‘post-production’.

Stage: concevoir, tourner, monter un sujet d’information.
Dates: du 15/09/2014 au 03/10/2014
Le blog de Daniel Desmoulins consacré à Final Cut Pro X: vidbooster

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Paris Match – La Guerre du Sable

guerre du sable jordan pouille paris match septembre 2014

la guerre du sable jordan pouille reportage paris matchIl s’agit de ma première collaboration. Et celle ci se passe en Bretagne. En baie de Lannion, une entreprise française d’envergure mondiale convoite une dune de sable marin. Elle envisage d’en extraire 400 000 mètres cube, pendant vingt ans. La firme promet de l’emploi et attend son permis minier. Mais les habitants et professionnels de la mer bretons craignent une extraction irréversible et se rassemblent pour sonner l’alerte. L’Etat français tarde à trancher.

Le sable est une ressource gratuite, abondante et très convoitée. Il peut permettre d’alcaliniser les terres acides. Ou accompagner la fièvre bâtisseuse. Par manque de contrôle, de prise de conscience, un véritable pillage s’organise à l’échelle mondiale et bouleverse la vie de millions de personnes. Singapour doit son expansion à la disparition d’îles indonésiennes ou de plages birmanes. Dubai, pourtant au milieu du désert (mais le sable charrié par les vents est rond, impropre à la fabrication du béton) doit son salut immobilier au sable australien.

Un grand merci à Paris-Match pour cette première sujet. Chaque étape du sujet fut un plaisir grâce aux échanges constants avec l’équipe rédactionnelle. Une proximité à laquelle je n’étais plus habitué, comme freelance solitaire à Pékin.

N°3408. Du 11 au 17 septembre.
Extraits:

“Bien sûr, il existe d’autres solutions. Quelques agriculteurs bretons optent déjà pour la tangue du Mont-Saint-Michel, extraite à marée basse. Roullier expérimente le concassage du crépidule, un coquillage parasite enfoui dans la vase. “Mais parce que les gisements de ce coquillage sont faibles, parce que le classement du Mont Saint-Michel au Patrimoine Mondiale de l’Unesco exclut des installations industrielles à proximité, ces deux matériaux ne peuvent constituer une alternative viable au sable coquillier”, affirme Bernard Lenoir, directeur foncier à la compagnie armoricaine de navigation, filiale de Roullier.”

“Sur les hauteurs de Trébeurden, un poète écossais célèbre ‘la démarche hautaine des huitriers’ et les splendeur de la baie. Kenneth White a quitté Glasgow pour suivre Marie-Claude, devenue son épouse et sa traductrice. Trente-cinq ans que le couple vit heureux au Hameau du Corsaire, bâtisse de granit rose au bout d’un chemin tortueux. Dans les années 1980, à la demande des habitants, Kenneth était là, vent debout, à lire ses poèmes contre l’arrivée d’une centrale électrique. “Mais maintenant, dit-il, c’est pire. Imaginez ces deux machines monstrueuses qui vont fouiller les entrailles de la mer pendant vingt ans. Nous sommes sortis de l’industrialisme, nous prenons en compte bien d’autres considérations, comme la protection de notre environnement, mais cette fichue pression demeure. Celle de tout aplatir au bulldozer, au nom du profit. Au profit de qui?” 

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Parution – Causette

Les Marines d’Okinawa

De l’amour à la haine
Dans le sud du Japon, un archipel tropical semble figé dans l’Amérique glorieuse des années 50. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la population y accueille des dizaines de milliers de marines. Et rêve désormais de s’en débarrasser. 

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Sofas on the streets of Beijing – Les Canapés de Pékin

A Pékin, les canapés et fauteuils usagés jouissent d’une seconde vie, en extérieur. L’été, ils profitent aux retraités à brassards rouges, les “volontaires civiques” en charge de la surveillance du voisinage, comme aux gardiens de lotissements et de parkings. On pourrait presque dire que ces canapés défraîchis font partie intégrante de l’appareil sécuritaire chinois.

In Beijing, old sofas and armchairs always get to enjoy a second life, an outdoor one. In summertime, they’re being used by retired people with red arm bands, these “civic volunteers” who are watching their neighborhood. But also by the guards of residential compounds and car parks. Technically, we can say that this old furniture is fully part of the Chinese security apparatus.

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jordanpouille@gmail.com

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Happy Birthday Deng Xiaoping

The Chinese Communist Party didn’t have to wait until 2014 to celebrate Deng Xiaoping’s heritage. The man was already acclaimed in the run up of Shanghai World Expo. This picture was taken in April 2010, in Lujiazui business district.
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Homeless in Beijing

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Les Grands Pères en Fleurs

Figurez-vous, chers lecteurs, que quatre anciennes gloires du cinéma chinois, taïwanais et hongkongais arpentent la France depuis un mois, pour le compte de “Hua Yang Yeye” (=les Grands Pères en fleurs), une émission de télé-réalité à la diffusion nationale.

Le programme fait un triomphe en Chine, et offre au passage une image séduisante de la France, en rupture avec les clichés d’un tourisme de masse au pas de course.

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Les “Grands Pères en Fleurs” – Qin Han, Zeng Jiang, Niu Ben et Lei Quesheng – voyagent en mode ‘sac-à-dos’ avec un budget serré. Ils empruntent le tgv, le corail, le tramway ou louent un monospace. La fine équipe dort en chambre d’hôte ou dans un mobile-home de camping. Et aime découvrir le plat du jour de la première brasserie. Leur guide s’appelle Liu Ye, un acteur reconnu, marié à une Française. Le jeune homme ne ménage pas ses efforts pour contenter ces “Grands Pères en Fleurs” à la curiosité insatiable.

Pas d’énigme à résoudre, ni de défi à relever. Chacun prend le temps de contempler le paysage, de partager quelques boutades, de baragouiner pour retrouver son chemin, de taquiner le poisson depuis les galets de la Baie des Anges, de marchander une statuette à la brocante d’un village provençal.  Tous se laissent porter par leurs petites aventures quotidiennes, le charme opère et l’émission fait un tabac.

Ce long périple en France – principale étape d’un voyage européen – est diffusé depuis un mois, à raison d’un épisode dominical, que les téléspectateurs visionnent également en podcast, sur internet.

En ce moment: Arles, Avignon, Marseille. Une semaine plus tôt: Nice et Eze. Paris fut le grandiose préambule… avec, lors d’un court trajet en métro, la ‘prestation’ inattendue d’un pickpocket, face caméra.

Vous pouvez revoir les émissions ici, chez Shanghai Dragon tv: http://www.dragontv.cn/video/2014-06-11/fca63f39d2f5ad3856f99cb5b177a324.html

Une enquête de votre serviteur, sur ce que regardent les téléspectateurs chinois (Le Monde Diplomatique – Octobre 2013):
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/10/POUILLE/49702

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