Un été à Pékin #1

Je reste quelques semaines à Pékin. Une douce et studieuse parenthèse estivale, avant un retour à Paris, en août. Ce matin, je me promenais du côté de Guangqumen. Ici, un canal jonché de détritus longe le deuxième périphérique. Pas de quoi décourager ces riverains, partis à la conquête du menu fretin !

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Parution XXI – Ma Lin, soeur courage

C’est le temps des retrouvailles ! Après l’histoire de monsieur Wei, pêcheur de cadavres sur le Fleuve Jaune (Automne 2011) puis une enquête chez les pêcheries industrielles chinoises au Maroc (Hiver 2013), voici mon troisième récit pour XXI. Il vous plongera dans l’Eglise catholique chinoise, officielle comme clandestine, à travers l’histoire d’une religieuse courageuse, fille d’ouvriers. A lire tout l’été.

XXI récit  jordan pouille été 2014

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Parution La Vie – 12 juin 2014

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Les Tribulations des Chinois en France
Châteaux de la Loire, champs de lavande en Provence… Une nouvelle génération de vacanciers asiatiques s’éprend des charmes français. Une alternative au tourisme de masse ?

Au pied du château de Chambord, installé sur une vedette, un couple de jeunes Chinois hilares tend les bras vers le ciel. Telle est l’une des scènes proposées sur des affiches promotionnelles tapissant le terminal 3 de l’aéroport de Pékin.

Caressant les clichés, la France fait du charme à une nouvelle gamme de touristes chinois, avides de romantisme. Ils ont la trentaine, un emploi de cadre, achètent leur pain chez Tous les jours et Paris Baguette (des chaînes 100 % asiatiques…) et résident dans l’une de ces innombrables tours modernes, à la façade inspirée par l’architecture européenne, symbole du bon goût à en croire les agences immobilières. Pour ces jeunes gens, les congés riment avec exotisme et apprentissage d’un certain savoir-vivre. La délivrance de visas individuels sous 48 heures, décidée par Laurent Fabius en janvier dernier, leur est destinée… Les demandes ont déjà bondi de 40 %. Pas étonnant que Ctrip.com, leader chinois des vacances, considère la France comme son marché au plus fort potentiel.

Après avoir lesté le pont de l’Archevêché, à Paris, d’un énième cadenas d’amour et savouré un dîner en péniche, ces touristes poursuivront leur évasion poétique par une escapade dans un village pittoresque. La Provence est leur plus grand fantasme, depuis le triomphe d’un feuilleton télévisé sirupeux – Rêves derrière un rideau de cristal – tourné au milieu des champs de lavande et diffusé sur la chaîne Hunan TV depuis 2008. L’abbaye de Sénanque, dans le Vaucluse, détournera-t-elle un jour les touristes chinois de la tour Eiffel ?

Mais il faudra du temps pour que cette « nouvelle vague » fasse de l’ombre au tourisme organisé, qui représentait 80 % des 1,2 million de visiteurs chinois en France l’an dernier – contre 1,85 million de visiteurs américains. Retraités des entreprises d’État, fonctionnaires en « visite d’inspection », petits officiels locaux du parti unique : ils voyagent en groupe, dépensent beaucoup d’argent dans les boutiques de luxe et traversent quatre pays en 10 jours, sous la gouverne d’un guide omnipotent paré d’un fanion et d’un mégaphone.

En France, la tour Eiffel, le Louvre, la cathédrale Notre-Dame et les Galeries Lafayette forment le quadriptyque gagnant. Tout le reste leur est méconnu. « Ce qui est dommage, c’est de ne pas suffisamment exploiter le potentiel touristique qui est le nôtre. Pendant ce temps, des gens soucieux de gagner de l’argent facilement concoctent des circuits peu originaux pour leur clientèle chinoise. Un jour, il faudra être un peu moins arrogant et s’intéresser à leur culture, à leur façon de penser », estime Gwenola Lemoine, Quimpéroise sinologue et conseillère en développement d’affaires en Chine. « Commencez par servir des carafes d’eau bouillante dans les restaurants », exhortait Caixin, magazine économique chinois, dans son numéro de février. Élémentaire pour des ­inconditionnels du thé.

JP.

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La plume dans la plaie

Félicitations à Philippe Pujol, journaliste au quotidien régional La Marseillaise. Il remporte le prix Albert Londres. Pour ma part, je suis honoré d’avoir été retenu dans la pré-sélection. Ce fut le cas aussi en 2013.

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Mariage ouïgour à Urumqi, Xinjiang.

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Photos: Jordan Pouille

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La Chine d’en bas, par Liao Yiwu

Ce weekend, j’ai fait main basse sur “La Chine d’en bas” de Liao Yiwu, sorti fin mars.

Le livre est sorti en 2009 aux Etats-Unis. Et porte un titre du même acabit: “ The Corpse Walker: Real Life Stories: China From the Bottom Up“.  Au fil des 475 pages, l’auteur a reconstruit des dialogues truculents, partagés avec un ouvrier migrant, un retraité, une pleureuse professionnelle, un musicien aveugle, un professeur de lycée, etc…

J’en suis à la moitié et ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. Peut être sommes nous – lecteurs occidentaux- devenus suffisamment familiers de la Chine et des Chinois pour pénétrer désormais dans leur intimité, pour respecter leurs manières de penser, de s’émouvoir de leurs personnalités complexes au delà des poncifs nappant les victimes d’héroïsme, les dissidents d’angélisme et les officiels de tous les vices.

Liao Yiwu le montre avec force, humour et réalisme. Dans une société malmenée par la Révolution Culturelle puis labourée par le capitalisme d’Etat, les laissés pour compte ne sont pas que des âmes pures, un ouvrier courageux peut aussi être un immonde proxénète, un paisible retraité un ancien bourreau d’intellectuels dans les grandes heures du culte de Mao.

C’est cette richesse humaine qui m’a permis de faire ce métier de correspondent avec autant de plaisir. Observer la vie en Chine peut vous faire basculer de l’émerveillement à l’indignation en quelques minutes. Et vice versa.

Un extrait:

Liao Yiwu à Monsieur Mi, un retraité qui s’ennuie avec ses camarades du comité de quartier, depuis que la police ne les sollicite plus.

Liao: Personnellement, je pense que sous Mao, les comités de voisinage étaient trop puissants. Désormais, on a besoin de lois pour gouverner. Vous ne pouvez plus vous permettre de perquisitionner les gens à votre guise. Les membres des comités de voisinage devraient trouver autre chose à faire pour s’occuper.

Mi: Nous essayer de nous recycler. L’été dernier, le gouvernement nous a alloué des fonds et autorisés à ouvrir une maison de thé. Elle marchait très bien. Au départ, j’avais dans l’idée d’en faire un lieu où on parlerait de la politique du gouvernement. Autrefois, tous les voisins se rassemblaient à l’extérieur, le mercredi après-midi, pour étudier les oeuvres de Mao et lire les journaux du Parti. Je me doutais bien que les anciennes séances d’étude imposés n’étaient plus de mise. Mais je me disais que les gens du quartier pourraient s’y réunir en sirotant leur thé. Autant faire d’une pierre deux coups. Cette maison de thé aurait pu aussi procurer du travail à des jeunes chômeurs. A vrai dire, ce projet a pris une tournure désastreuse. Non seulement personne ne voulait m’écouter lire les journaux à voix haute, mais je me faisais huer dès que je montais sur l’estrade. Ma fille m’a conseillé de faire preuve de plus de souplesse et d’arrêter de prêcher le communisme. Alors on a invité des chanteurs d’opéra du Sichuan à se produire. Les vieux adoraient ça. Mais pas les jeunes, qui trouvaient toujours le moyen de saboter la représentation. Un soir, juste après le début du spectacle, un jeune a appelé la chaîne de télévision locale pour qu’un journaliste viennent constater la pollution sonore de notre maison de thé. Ce reportage déformait complètement la réalité. C’était tellement difficile de plaire à tout le monde qu’en fin de compte, on a laissé les clients prendre les choses en main. Ils ont reconverti notre maison de thé en salle de mah-jong. Son succès a été très rapide; très vite, on a manqué de tables. Qu’importe, les gens en apportaient de chez eux; ils ont aussi branchés quelques ampoules électriques supplémentaire. Quelle honte ! La maison de thé était devenue un tripot. On m’a même conseillé de faire payer l’entrée.

Liao: “Ca a dû vous rapporter pas mal d’argent. Vous connaissez le diction: “Quand le dieu de la Fortune veut entrer, on ne peut pas l’en empêcher!”

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Pour la liberté de la presse

Cette vidéo de trente secondes remonte au 8 octobre 2010. Nous venons tout juste d’apprendre que le dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo a été désigné prix Nobel de la Paix par Oslo. Comme d’autres, j’avais interviewé son épouse Liu Xia, quelques jours avant les résultats. Nous dinions dans un restaurant en bas de sa résidence. Elle pensait qu’un éventuel prix Nobel faciliterait la libération de son mari, co-signataire d’une charte appelant au multipartisme. Ce moment précis, filmé à la hussarde, marque le début de son assignation à domicile. Nous sommes une cinquantaine de journalistes à vouloir interviewer Liu Xia. Mais d’importants moyens sécuritaires nous empêchent d’approcher. Depuis ce jour, Liu Xia vit détenue, chez elle.

La surveillance policière affecte aussi les assistants chinois de correspondants étrangers. Il y a quelques jours, ils se réunissaient dans un restaurant pékinois pour fêter dignement le départ d’un des leurs – l’interprète ouïgoure de la télévision turque – vers le Canada. Une grande table est dressée pour une quinzaine d’interprètes, de jeunes hommes et femmes qui n’ont pas la trentaine. Rapidement, ils comprennent que leurs voisins sont tous des policiers, habillés en civil. Ils ne mangent pas les plats commandés, ne se parlent pas, mais ils sont là, assis face à face sur des tables de deux disposés tout autour. Un moment orwellien comme Pékin en a le secret.

#Aujourd’hui marque la journée mondiale de la liberté de la presse.

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L’eau rare de Mongolie Intérieure

Je suis en plein tri de mes photos d’archives. Celle-ci n’a jamais été publiée mais fait partie d’un reportage La Vie (février 2013). Ces deux dames se croisent en allant remplir leurs bidons journaliers à la “station d’eau”‘ du village. Depuis dix ans, l’eau courante n’existe plus et les habitants sont rationnés. La faute à l’industrie minière qui a siphonné les nappes phréatiques. Le village est cerné par les excavatrices de Shenhua, le géant étatique du charbon. ‪#‎MongolieInterieure‬

Entre 1950 et aujourd’hui, la Chine s’est asséchée. Elle a officiellement perdu 27 000 rivières (passant de 50 000 à 23 0000). Après le charbon, la Chine espère beaucoup du gaz de schiste (grâce à la fracturation des sols obtenue par injection d’eau à haute pression) sauf que celui-ci est concentré au Nord de la Chine, où la pénurie d’eau est criante. La Banque Mondiale considère que le manque d’eau coûte à la Chine l’équivalent de 2.3% de son Produit Intérieur Brut (The Economist – 2013)

photo jpouille mongolie interieureRelire mon reportage La Vie

 

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Pékin: la qualité de l’air en 12 secondes.

Chine – pollution de l’air – mars 2014

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Reportage La Vie – Jeudi 10 avril

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