Dans le Loir-et-Cher, un maraîcher bio fait la tournée des usines

imagesUn cultivateur de Blois a choisi de livrer aux employés et ouvriers des zones industrielles environnantes pendant leur pause déjeuner. Il croule sous les commandes. Par  Jordan Pouille   Publié le 24 novembre 2019

Ary Régent s’est construit un fichier de 400 contacts de clients potentiels au sein des entreprises où il livre.

Ary Régent s’est construit un fichier de 400 contacts de clients potentiels au sein des entreprises où il livre. JORDAN POUILLE / LE MONDE

« Des solutions pour la planète ». Novembre est le mois des courges, des poireaux et des côtes de blette. Des salariés des usines de Blois et de la Chaussée-Saint-Victor le savent bien. Ary Régent, maraîcher bio, leur livre ses légumes chaque semaine, profitant de leur pause déjeuner.

Bien que défenseur du circuit court, il se tient à distance des Amap, ces structures associatives reliant agriculteurs et consommateurs, avec des lieux de retrait définis. Ses clients ont le profil de ses anciens collègues, quand il était conducteur de travaux puis responsable technique dans l’informatique. « Ce sont des parents qui rentrent fatigués de l’usine ou du bureau. C’est compliqué pour eux d’aller à une salle des fêtes un vendredi soir pour récupérer des légumes. Moi je leur permets de faire 30 % de leurs courses sans perte de temps », assure le maraîcher.

Ary a aussi écarté le système d’abonnement. « Ailleurs, des gens s’abonnent pour un an puis se retrouvent à devoir manger souvent la même chose. Vous imaginez leur déception ? Et notre vie est faite d’abonnements en tous genres, avec des résiliations laborieuses. Mes clients n’en veulent plus », poursuit-il, confiant en son étude de marché, menée lorsqu’il cultivait sur les terres du lycée horticole de Blois, avant de s’installer sur sa propre exploitation en janvier.

Paiement de la main à la main

Par peur de lasser, il mise beaucoup sur la diversité de ses produits : « Je récolte des dizaines de légumes différents afin que chacun puisse personnaliser son panier au maximum. Et proposer un légume avant tout le monde, c’est vraiment mon truc. » Les saisons froides qui s’adoucissent lui permettent de faire pousser des fèves au printemps puis à l’automne, et même d’expérimenter la patate douce, un tubercule surtout cultivé chez le voisin espagnol. « Ces proverbes agricoles qui invitaient à semer à telle ou telle période, c’est vraiment du passé », constate-t-il.

Ary Régent s’est construit un fichier de 400 contacts de clients potentiels au sein des entreprises où il livre. Avec Christelle Musin, sa responsable commerciale, il leur adresse un SMS chaque dimanche, précisant la composition des paniers de la semaine plus tous les légumes en supplément. Ceux qui répondent avant 19 heures seront ravitaillés le lendemain, quelques heures après la récolte.

Ce Guadeloupéen devenu francilien puis loir-et-chérien est autant attaché à ses 2 000 m2 de serres neuves et ses 3 hectares de cultures en pleine terre situés dans le quartier de Blois Vienne, qu’à ces moments de convivialité, quand il décrit une recette de potage à la pelure de navets à un ouvrier en mécanique. Chaque paiement se fait de la main à la main. « Pour l’instant, j’évite les intermédiaires ou les transactions en ligne, pour maintenir des tarifs abordables et des salaires corrects. J’ai trois enfants… et trois salariés polyvalents à plein temps que je veux conserver. »

« C’est toujours madame qui commande le panier »

Ses acheteurs sont presque exclusivement des femmes. « Curieusement, c’est toujours madame qui commande le panier et c’est toujours à monsieur que je le remets. D’ailleurs, cela arrive souvent, quand je me signale à la réception, que ce dernier ne soit même pas au courant. Par ici, les hommes ne gèrent pas le budget alimentation. C’est un peu macho, non ? » Lorsque Ary livre à une petite entreprise d’élagage, son meilleur client est la cogérante Brigitte  Lemaire : « J’essaie de convaincre mes gars mais vous savez, les bûcherons sont plutôt branchés chasse et gibier », rit-elle. Mais le maraîcher a du répondant : « Dites leur que le radis noir est excellent pour l’estomac, surtout après une soirée arrosée. »

Le paysan repart. Il est attendu dans un « call center » de 450 salariés, dont l’été fut émaillé de grèves en raison des bas salaires pratiqués par l’entreprise. De jeunes téléconseillères fument aux entrées, tassées sous un préau étroit. Des affiches « Fun Management », « Team spirit » égaient les couloirs. « Mes clients ne sont pas sur la plate-forme, où l’on paie au smic. Je ne livre que là-haut, dans les bureaux », soupire-t-il. En sortant, une téléconseillère lui demande une adresse Facebook pour en savoir plus sur ces paniers locaux et bios.

Collectif de producteurs bio

Quand le Rassemblement national tracte à l’extérieur de cette usine d’injecteurs à moteurs diesel, Ary lui s’engage directement sur le parking à la rencontre des ingénieurs et des techniciens. Généralement, le groupe de cols-blancs s’approche le premier, suivi d’une poignée de cols-bleus. Chose rare, la direction prend en charge 40 % du coût du panier. « Malgré cette offre, ça ne se bouscule pas. Mais j’ai trouvé la parade. Quand je croise des travailleurs, je leur lance : “Dites bien à vos épouses que mes légumes reviennent moins chers qu’au supermarché”. »

Les légumes que livre Ary Régent à Blois.

Les légumes que livre Ary Régent à Blois. JORDAN POUILLE / LE MONDE

Auchan à Vineuil, Cora à Villebarou, Casino à Onzain, Carrefour à La Chaussée-Saint-Victor : les grandes surfaces encerclant Blois ont désormais toutes un étal dédié aux petits producteurs, bio ou non, présentés en photo à côté de leur récolte. « On m’a approché plusieurs fois mais j’ai trop peur de tomber dans la monoculture. Si une enseigne me réclame 50 puis 100 puis 500 salades chaque semaine, tout mon modèle s’effondre. »

Ary fait partie d’un collectif régional de producteurs bio. C’est à eux qu’il achète des légumes qui parfois lui font défaut : « Dépendre des uns et des autres, c’est quelque chose que beaucoup d’agriculteurs ne comprennent pas. Mais je pense surtout au client. Si une semaine, je lui annonce que je n’ai rien, il retournera en grande surface. »

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Retour au calme à Hongkong?

La Vie – édition du 28 novembre 2019.

Le 24 novembre, les candidats prodémocratie ont remporté 390 des 452 postes de conseillers de district. Infligeant une cuisante défaite au gouvernement favorable à Pékin, mais annonçant aussi le début d’une reprise en main pacifique de la situation, après des mois de violence.

“Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu’un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la société. Méfiez-vous des enfants sages !”  Ce passage des Mains sales de Jean-Paul Sartre a aujourd’hui un parfum hongkongais. En juin, la moitié de la population défilait pacifiquement dans les artères de la ville pour obtenir le retrait d’une proposition de loi d’extradition vers la Chine, auxquelles s’ajoutèrent quatre autres revendications, dont la généralisation du suffrage universel.

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Le jeu de go de la Chine autour des ports européens

MEDIAPART_charte_graphique.aiDans leur stratégie de conquête des « nouvelles routes de la soie », les ports européens sont des cibles privilégiées de la Chine. Depuis la prise de contrôle totale du Pirée en avril 2016, une douzaine de ports ont vu des opérateurs chinois investir leurs quais.

Jordan Pouille, Leila Minano, Nikolas Léontopoulos, Maria Maggiore et Jef Poortmans (Investigate Europe)

La Chine n’en fait pas mystère. Les ports européens font partie de ses cibles dans son grand projet de conquête des « nouvelles routes de la soie ». Méthodiquement, les sociétés chinoises investissent les quais et les terminaux à conteneurs délaissés par les opérateurs privés européens et les collectivités frileuses.

La prise de contrôle la plus symbolique est celle du port du Pirée, en Grèce, en avril 2016. Sous la pression de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne), le gouvernement grec a privatisé l’ensemble du port voisin d’Athènes. Le repreneur est un groupe chinois, Cosco, qui détenait déjà 49 % du port.

Depuis cette privatisation sans précédent dans les transports en Europe, une douzaine d’autres ports de l’Union européenne ont vu récemment débarquer des opérateurs publics chinois en vue de prendre possession des terminaux portuaires. Ils détiennent désormais plus de 10 % des capacités portuaires européennes.

Cette montée en puissance provoque autant d’enthousiasme que d’appréhension, les opérateurs chinois n’hésitant pas à jouer des rivalités entre pays, entre ports, pour imposer leurs conditions. Bruxelles commence aussi à s’inquiéter de cette percée pouvant porter ombrage à la souveraineté européenne.

Du Pirée à Vado Ligure en Italie, en passant par Valence en Espagne, Zeebrugge en Belgique et enfin Dunkerque et Marseille, l’équipe internationale de journalistes d’Investigate Europe a enquêté sur l’emprise grandissante des sociétés chinoises dans les infrastructures portuaires et leur stratégie de conquête.

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« Certains nous traitent de fainéants, s’ils savaient… » : à Saint-Gervais-la-Forêt, un anniversaire au goût amer pour les « gilets jaunes »

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A Blois, la date anniversaire de l’acte 1 des « gilets jaunes » n’a pas enterré les divisions internes mais rassemblé les plus précaires, aux revendications éparses et pour qui les avancées tardent à améliorer le quotidien.

Par  Jordan Pouille   Publié le 17 novembre 2019

Dimanche, 13 heures, rond-point de la Patte d’Oie, Saint-Gervais-la-Forêt. Le vieux brasero a repris du service, n’en déplaise au gérant de la boulangerie-fastfood mitoyenne qui, vendredi, dénonçait les séquelles économiques de cette cohabitation dans le journal local. Une chasuble fluo flotte au sommet d’un piquet, comme un drapeau. Une petite cinquantaine de « gilets jaunes », retraités, chômeurs ou intérimaires pour la majorité, sont rassemblés. Quelques automobilistes klaxonnent, pour témoigner leur soutien ou leur mépris.

En quittant le giratoire, l’un d’eux abaisse la vitre de son coupé sport, brandit un majeur et repart en trombe. « Certains aiment bien se défouler, nous traiter de fainéants. S’ils savaient… » Brigitte, 62 ans, ex-employée de bureau, retraitée à taux plein, explique être retournée travailler au printemps comme plongeuse cette fois, trois heures par jour dans un resto ouvrier. Un job décroché grâce au tuyau d’un couple de « gilets jaunes » rencontré ici. « Avec 1 200 euros de pension, un loyer mensuel de 540 euros, l’EDF, l’essence, les impôts, un prêt pour mon auto et deux chats à nourrir, il ne me restait plus que 150 euros pour vivre. »

Brigitte est donc revenue manifester ce dimanche, par amitié et avec l’envie de
préparer le rendez-vous du 5 décembre, annoncé comme une journée de grève
interprofessionnelle contre la réforme des retraites.

Historiquement implantée à la Patte d’Oie, à la sortie de Blois, la mobilisation locale s’est affaiblie au fil des actes puis scindée en deux groupes. Une partie des « gilets jaunes » a fait bloc derrière Dominique, ancien délégué FO, ex-salarié chez Procter & Gamble, l’un des principaux employeurs de la ville. L’homme n’a de cesse d’appeler au rapprochement avec les organisations syndicales.

Une autre partie s’est structurée en association. Elle a obtenu, à ce titre, une formation à l’informatique pour ses membres actifs et une rencontre avec le sous-préfet du Loir-et-Cher vendredi pour faire remonter les doléances. « Et on a même été invité sur le plateau de France 3 », confie Patrick, 67 ans, retraité à Fresnes, en rogne contre « les prix du gazole et de l’alimentaire qui augmentent. »Ce samedi 16 novembre, dans les rues de Blois, cette association organisait une marche dûment déclarée.

Signe particulier : très peu portaient le gilet fluo. « C’est la consigne chez nous. Parce que ça attire trop d’animosité, de défiance. Moi, je ne le mets même plus sous le pare-brise, de peur qu’on me pète ma bagnole. Mais on reste gilet jaune dans l’âme », dit Eve, habitante de la Chaussée-Saint-Victor qui manifeste aussi pour sa sœur, une aide à domicile payée 10 euros de l’heure.

Devant elle, Géraldine, manteau rouge et chevelue en bataille, tend des brochures à des piétons indécis. Depuis le mois de mai, cette enseignante à la retraite rédige et diffuse LeRéfractaire, une gazette citoyenne. Sa diffusion a lieu sur le parking de supermarchés et dans son voisinage. Plus vraiment aux ronds-points. « Une participation au chapeau, on met ce qu’on veut ! », dit-elle. Habitante de Saint-Laurent-Nouan, où opèrent deux réacteurs, Géraldine s’insurge contre une mort lente de la filière nucléaire. « J’ai refait les calculs, il est impossible de remplacer cette technologie par le solaire et l’éolien combinés. On nous ment ! »

Dans le cortège blaisois comme au rond-point de la Patte d’Oie, il est beaucoup question de cette prime d’activité revalorisée, de ces 17 milliards injectés dans le pouvoir d’achat. « C’est donné d’un côté et récupéré de l’autre », rouspète Fabien, 40 ans, livreur en scooter et ami d’un couple marié dont la femme est handicapée. Depuis le 1er novembre, les ressources des époux sont prises en compte dans le calcul de l’allocation AAH, pourtant revalorisée.

« Mais les nénettes handicapées sont en première ligne des violences conjugales ! Si vous leur enlevez cette indemnité sous prétexte que le mari gagne bien sa vie, vous les laissez dépendantes de leur bourreau. Elles n’osent plus partir ! »

Derrière les deux voitures-balais de la police municipale, un autre véhicule roule au pas. Celle d’un « gilet jaune » de la première heure, bénévole actif dans une association d’aide aux ados mais pour qui l’effort physique est proscrit. « J’ai été conducteur de travaux, mon dos est en vrac depuis une chute et ma femme, qui s’occupait des personnes en fin de vie, a ses muscles atrophiés à cause d’une vaccination obligatoire de l’hépatite B. Résultat : elle n’a droit à rien sauf à une retraite de 270 € par mois. » Il réfléchit et lance : « C’est moins que les demandeurs d’asile, à qui on file une carte de paiement (426 euros par mois pour une personne seule non hébergée). Quel pays ! » Et referme la vitre.

Jordan Pouille  (Blois, correspondant)

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“J’ai réalisé que j’aimais aider les gens” : à Blois, du travail en usine à l’aide à domicile.

imagesL’ex-ministre du travail, Myriam El Khomri, a présenté mardi son rapport pour une réforme des métiers du grand âge. Dans le chef-lieu du Loir-et-Cher, Pôle Emploi forme des chômeurs en quête de proximité.

Olivier Boche était chef d’équipe à La Blésoise, une grande blanchisserie traitant chaque jour cinquante tonnes de linge sale en provenance des hôpitaux et hôtels de la région parisienne. Un cancer du rein, puis un AVC et un début de dépression l’éloignèrent durant cinq mois de son entreprise. « A mon retour, mon patron m’explique qu’il n’y a plus de boulot adapté à mes capacités. J’ai été licencié économique à 57 ans, après dix-neuf années d’ancienneté ! »

Mais pas question de rester les bras ballants. Olivier Boche se rappelle qu’il possède un CAP de charpentier métallique et postule auprès des usines locales. Aucune ne lui répond. Il hésite à changer de région, car sa femme est en CDI. Un court stage en maison de retraite, déniché par son conseiller Pôle Emploi, lui fait découvrir le métier d’aide à la personne. Il y prend goût mais hésite. « J’ai des amies qui travaillent en Ehpad et qui ont cherché à me dissuader. De toute façon, arrivé à un certain âge, on n’a plus trop envie d’avoir un patron sur le dos. Je voulais ma liberté. »

A l’hiver 2017, Olivier rejoint l’armée des 7 000 aides à domicile du Loir-et-Cher. Ses journées s’étirent de 8 heures à 20 heures, avec une longue pause déjeuner. Il accompagne un jeune handicapé au supermarché, assure la toilette, le lever du lit, l’habillement et les repas de personnes âgées dépendantes mais attachées à un maintien au domicile. « Je leur range même le bois pour l’hiver ! », explique-t-il. Son employeur est une antenne locale de l’Aide à domicile en milieu rural (ADMR), une association qui lui sélectionne des clients à moins de 15 kilomètres de son domicile.

Métier en tension

Selon l’enquête « BMO 2019 » (Besoin en main-d’œuvre) de Pôle Emploi, en région Centre-Val-de-Loire, le secteur des services aux particuliers représente 35 % des promesses d’embauche, contre à peine 12 % pour l’industrie et 7 % pour la construction. Les chiffres de l’Insee rappellent combien la région, plus qu’ailleurs, peine à retenir ses jeunes tandis que ses vieux, comme ailleurs, vivent plus longtemps. Cet été, quinze acteurs de l’accompagnement et de l’aide à domicile du Loir-et-Cher, associations et sociétés privées confondues, ont diffusé un communiqué pour « dénoncer une crise sanitaire qui s’annonce ».

Au Pôle Emploi de Blois, pas une semaine ne se passe sans qu’une entreprise de services à la personne vienne faire passer des entretiens d’embauche. « L’une d’elles promet même à ses futures recrues de les faire évoluer, petit à petit, vers le CAP petite enfance. Pour certains, garder des petits, c’est le Graal », explique Anne Renelier, responsable d’équipe à Pôle Emploi. Avec ses collègues, elle a lancé l’opération « Un emploi près de chez vous », grâce à laquelle des salariés en reconversion, de tous âges, sont accompagnés en douceur vers les métiers d’aide à la personne.

« Mettre des chaussettes de contention à quelqu’un n’est pas très attractif mais cela permet à des gens coincés dans un bassin d’emploi inadapté de continuer de travailler sans avoir à déménager. A condition d’accepter de se déplacer souvent, d’un client à l’autre », ajoute-t-elle. Un parcours de formation est proposé, ponctué d’une immersion d’une semaine en Ehpad avec, à la clé, l’obtention de plusieurs qualifications comme celles d’« assistant de vie aux familles CCP2 » et de secouriste.

« C’est un métier en tension qu’on ne peut pas choisir par défaut : ceux qui le choisissent le vivent à fond, estime Mme Renelier. On cherche donc des personnes qui ont une bienveillance à l’égard des personnes dépendantes, une véritable empathie. Qu’ils aient été préparateurs de commandes ou manœuvres n’est pas rédhibitoire. Et l’âge peut être un atout. »

Olivier Boche, l’ex-travailleur en blanchisserie, gagne actuellement 1 200 euros net, auxquels s’ajoutent 200 euros d’allocations ARE (Aide au retour à l’emploi). « J’ai choisi ce métier pour ne pas être chômeur mais j’ai réalisé que j’aimais aider les gens », constate-t-il. Son quota de trimestres cotisés étant déjà franchi, il a prévu d’arrêter l’été prochain. Dans un mois, il prendra un stagiaire sous son aile pour, espère-t-il, assurer sa succession.

Article Le Monde ici

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Les “boîtes à lire”, ou le jeu de la lecture et du hasard

logo10/10/2019
Ces minibibliothèques de rue où se troquent anonymement des ouvrages en tout genre se sont multipliées dans le paysage. Et ressemblent à leurs usagers. Reportage dans le Var et l’Indre-et-Loire.

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Derrière la mairie de Saint-Raphaël (Var), la petite supérette a baissé le rideau depuis quelques mois déjà, mais la boîte à livres mitoyenne et son banc assorti, gris acier, ont toujours fière allure. On raconte qu’une dame vient aux aurores pour ranger les bouquins et retirer ceux qui ne trouvent jamais preneur. En passant devant, à midi, Françoise, agent immobilier de 42 ans, dépose la Jeune Fille et la nuit, de Guillaume Musso, ainsi qu’une obscure saga de science-fiction déclinée en trois tomes. Tous sont en excellent état. Des petites vignettes au nom de la librairie locale recouvrent les prix. Le libraire a fermé son établissement de la place Sadi-Carnot cet été pour se concentrer sur la vente de journaux, magazines et mots croisés.

« ici, on ne les juge pas »

Si elle a tant de succès, c’est sans doute que la « boîte à lire » est peut-être moins austère qu’une librairie. On y bavarde dans le vacarme de la rue en faisant vaguement mine de chercher son coup de coeur littéraire. Marc et Josiane, un couple de retraités s’avance puis dépose fièrement les Contes populaires grivois des Pays de France« Nous sommes originaires des Ardennes, dit l’épouse. Là-bas, les usines continuent de fermer. En revanche, les boîtes à lire y poussent de partout : les gens se font tout un complexe d’aller dans les bibliothèques ou les librairies. Ici, on ne les juge pas, on ne les regarde pas de haut, on ne leur pose pas de question. Et c’est souvent très propre, on n’a pas l’impression d’aller faire les poubelles. » Ils repartent avec Thérèse Raquin, le troisième roman d’Émile Zola. « Si on n’aime pas, on le rend. Si on aime, on le garde », commente Josiane.

Saint-Raphaël et ses environs comptent une importante communauté de pieds-noirs. Naturellement, la bibliothèque de rue locale leur ressemble un peu : les trois tomes d’Histoires d’Algérie : les rapatriés, de Jean-Claude Martinez, avoisinent Pieds-Noirs. Les bernés de l’Histoire, d’Alain Vincenot. Une mère et son adolescente de fille, habillées ton sur ton, s’approchent. « Je fais bien attention à ce qu’elle ne prenne pas n’importe quoi », avertit la maman. L’ouvrage avec les meilleures couvertures de Hara-Kiri ne finira pas dans le sac à dos. C’est plutôt Mémé dans les orties, best-seller d’Aurélie Valognes, qui les séduit.

René, 70 ans, chemisette assortie à sa chevelure argentée, sort une petite pile d’ouvrages fortement jaunis de son baluchon. Ce ne sont pas les siens, mais ceux qu’il ramasse lorsqu’il descend faire son tiercé en centre-ville, où la bibliothèque se fait pleinement buissonnière. « Là-bas, il n’y a pas de boîte, certains aînés n’arrivent pas à monter jusqu’ici et n’aiment pas jeter non plus. Alors ils étalent leurs vieux livres sur un petit muret, comme un présentoir. Moi, je ne fais que transvaser. » Ce matin, il rapporte du Philippe Bouvard, caustique, et du Alain Peyrefitte, visionnaire. Car le succès d’une boîte à lire repose aussi sur un équilibre fragile. Même chatoyantes, des étagères à demi-vides sont vouées à une spirale d’indifférence : rares sont ceux qui y déposeront des livres s’ils n’y trouvent pas leur compte. Face à la basilique Notre-Dame, sur la magnifique esplanade Bonaparte, un petit coffre jaune et bleu trône aux abords d’une aire de jeu. L’association à l’origine de cette boîte s’est fixé pour ambition de lutter contre l’illettrisme. Mais les jeunes parents, plutôt que d’entrouvrir la porte en plexiglas, n’ont d’yeux que pour leurs rejetons, prêts à s’écharper pour une place sur le cheval à bascule. À Fréjus, la ville voisine, on joue la sécurité. La boîte à lire a été disposée à l’intérieur de l’office du tourisme, face aux hôtesses d’accueil. Elle complétait cet été l’offre municipale baptisée « L’Ivre de mer », soit 5 000 livres et bandes dessinées prêtés gracieusement aux plagistes de la base nature François Léotard, en échange d’une pièce d’identité.

À l’ombre d’un cyprès bleu de l’Arizona 

Direction la baie d’Agay, à une douzaine de kilomètres. On murmure qu’une grande boîte à lire blanc et bleu y ferait le bonheur des amateurs de la langue de Shakespeare. Et, en effet, la boîte est une véritable armoire, plantée juste à côté du poste des surveillants de baignade, quasiment les pieds dans l’eau. Son niveau du bas est tellement ensablé qu’il sert de dépôt à râteaux et pelles de plage abandonnés. Mais les niveaux supérieurs prouvent qu’Agay a conservé ses racines de cité balnéaire plébiscitée des Britanniques. Deux exemplaires fatigués de A Year in Provence, de Peter Mayle, avoisinent le moins connu Provence toujours du même auteur. Ils sont suivis de Merde Actually, de Stephen Clarke qui, lui aussi, a acquis sa notoriété en s’amusant des petits travers des Français. Pas de la littérature, donc, mais des ouvrages qui ont largement circulé. Une liasse de revues Science, anglophones elles aussi, complète le décor.

On rejoint la région Centre-Val de Loire et le Jardin botanique de Tours. Lorsque Sophie et Willy, deux ours sans descendance, se sont éteints respectivement en 2006 et en 2009, ils n’ont pas été remplacés. Leur fosse étroite et austère, longtemps critiquée, sera même comblée à l’hiver 2016. À la place des plantigrades, on a installé un joli troquet restaurant et une boîte à lire dans la foulée. À l’ombre d’un cyprès bleu de l’Arizona, cette boîte surprend par son organisation. Ici, les livres sont régulièrement triés et certifiés par les autocollants jaunes de Gilbert Flabeau, ancien responsable des collections animales et végétales de la ville de Tours, aujourd’hui bénévole à la Shot 37 ou Société d’horticulture de Touraine. « Notre désir était de créer une sorte de bibliothèque libre et consacrée au monde végétal, précise la présidente, Maryse Friot de la Shot 37. Comme ça, les promeneurs pouvaient, par exemple, s’asseoir sur un banc et découvrir les vertus des plantes exotiques devant une famille de kangourous. Or, dans les 15 jours de son installation, la boîte à lire a été totalement pillée. »

Ni bible, ni coran, ni ouvrage érotique

Avec le temps, les livres de botanique ont fini par se mêler aux romans d’amour, mangas et récits spirituels apportés par les patients de l’hôpital Bretonneau, juste en face. Ainsi cette dame dont le foulard fleuri dissimule un crâne chauve et qui devant nous dépose un opus de Barbara Cartland puis s’empare d’une biographie de Mère Teresa. « Ces livres ont toute leur place ici, mais si nous avions eu affaire à une Bible, un Coran ou même un ouvrage érotique, alors nous l’aurions écarté, explique encore Maryse Friot. Je suis croyante, mais c’est une règle que nous nous sommes fixée au tout début. » L’Évangile selon saint Luc que nous dénichons ce jour ne tiendra donc pas longtemps… « Oui, mais il reviendra sans doute après le passage de notre bénévole. On a des donneurs très têtus ! » Car, au-delà des ouvrages dont ils se désencombrent, les lecteurs n’hésitent pas à offrir au hasard ceux qu’ils ont aimés ou des opuscules sur des sujets qui leur tiennent à coeur. Une autre façon, peut-être, de partager ses convictions en laissant les badauds libres de prendre… ou de laisser.

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A Pékin, au-delà du cinquième périphérique, se développe un laboratoire du «rêve chinois»

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À mesure que Pékin grandit, ses habitants les plus modestes n’ont cessé d’être renvoyés à ses confins. Comme dans le district de Shijingshan entre le cinquième et le sixième périphérique, où les dernières usines côtoient les barres résidentielles, où le progrès numérique grignote les dernières poches de sociabilité.

S’il y a bien une chose que les Pékinois du centre-ville et de ses extrémités ont en commun, ce sont les affiches de célébration des 70 ans de la Chine communiste. L’événement a été martelé sur tous les supports imaginables, chaque lampadaire urbain a été doublé de drapeaux ou lampions rouges et les trottoirs n’ont jamais été aussi propres et fleuris.

Le quartier de Pingguoyuan, dans l’arrondissement de Shijingshan, démarre au terminus de la ligne 1, à l’extrême ouest de la capitale et à 25 kilomètres de la place Tiananmen, où a eu lieu mardi 1er octobre le grand défilé pour les 70 ans. Il doit son nom – « champs de pommes » – à un serviteur eunuque de la dynastie Ming qui, à l’âge de la retraite, quitta la Cité interdite et l’empereur pour acheter des terrains et y cultiver ses vergers.

Le côté champêtre a disparu depuis longtemps. Dans les années 1950, le jeune régime communiste à peine installé veut développer l’industrie lourde, comme le grand frère soviétique : l’aciérie étatique Shougang s’installe au milieu des champs. Une station de métro apparaît dans les années 1970. Les premières tours résidentielles surgissent à la fin des années 1990. Puis le 5e périphérique en 2003. Les barres de logements s’accumulent jusqu’au pied de la montagne toute proche, que viendra longer le sixième périphérique en 2010 puis la ligne S1, une extension de la ligne 1, le 30 décembre 2018.

 

Les habitants du quartier de Pingguoyuan assistent à un spectacle. © JPLes habitants du quartier de Pingguoyuan assistent à un spectacle. © JP

 

Pingguoyuan n’est donc pas tout à fait la ville et plus tout à fait la campagne. C’est un lieu hybride, où des BMW série 8 klaxonnent derrière des triporteurs à pédales, où les dernières usines polluantes se mêlent aux éco-lotissements, où le « rêve chinois » de Xi Jinping se matérialise peu à peu tandis que s’accroche, contre vents et marée, une Chine du siècle passé.

À Pékin, chaque événement (géo)politique majeur est l’occasion d’un grand nettoyage. Et les 80 000 âmes de Pingguoyuan y échappent rarement. À l’été 2008, la Chine a organisé ses premiers Jeux olympiques. Le quartier a donc accueilli les épreuves olympiques de tir… et chassé tous ses petits vendeurs de rue, dont ces cuisiniers de nouilles sautées et raviolis qui formaient une haie d’honneur dès la sortie du métro.

À l’approche du XIXe congrès du Parti communiste – d’octobre 2017 –, les quelques abris de défense anti-aériens bâtis sous les trois premières tours résidentielles du quartier ont été condamnés… parce qu’ils servaient de dortoir illégal à des travailleurs migrants.

Cette année, la célébration des soixante-dix ans de la République populaire a permis « d’harmoniser » la pratique religieuse : installée au cinquième étage d’un immeuble de restaurants, une église évangélique, jusqu’alors tolérée, a été remplacée par un bar à vins.

Le système de crédit social, expérimenté à travers le pays, a récemment été testé dans les transports en commun du quartier. Les bus de la ligne 931, qui relie Pingguoyuan au temple Tanzhe vingt kilomètres plus à l’ouest, ont ainsi fait le tri de leurs « baoan », ces vigiles – souvent de jeunes paysans – présents à bord pour prévenir la moindre incivilité. « L’un d’eux avait un mauvais crédit social à cause d’un prêt mal remboursé. Ils l’ont viré », regrette leur chef.

En 2022, Pékin organisera de nouveau les Jeux olympiques, d’hiver cette fois. L’ancienne aciérie de Shougang, une étendue de 22,3 km2, a été désignée pour accueillir l’épreuve de snowboard freestyle. Une promenade et un lac poissonneux ont surgi cette année au pied des hauts-fourneaux dont les carcasses ont été préservées. Le site est encore officiellement fermé au public et n’est donc pas desservi, mais un Starbucks est déjà pleinement opérationnel. Les riverains bien informés s’y rendent en voiture.

Face aux bouchons, la circulation est alternée et les plaques minéralogiques pékinoises s’attribuent par loterie. Les automobilistes avec une plaque plus exotique – de Tianjin par exemple – ont interdiction de s’aventurer dans la capitale, sauf s’ils se cantonnent dans un périmètre précis, justement entre les 5 et 6e périphériques. Cette contrainte est finalement un atout, car elle permet aux résidents de Pingguoyuan, malchanceux à la loterie, d’acquérir une voiture via une immatriculation lointaine. Résultat : les voitures servent peu mais sont garées partout, sur chaque bout de bitume disponible, imbriquées les unes aux autres, comme un Tetris géant. Par SMS, des caméras intelligentes facturent le stationnement en fonction de l’emplacement.

L’ancienne aciérie de Shougang. © JPL’ancienne aciérie de Shougang. © JP

 

Lorsqu’on travaille en centre-ville, dans les boutiques de luxe de Guomao ou les sièges sociaux des grandes entreprises publiques du quartier de Dongzhimen, où les salaires sont plus élevés, il faut souvent une bonne heure et demie de trajet pendulaire, soit trois heures chaque journée. « Une fois rentrés du travail après avoir voyagé dans un métro plein à craquer ou slalomé entre des échangeurs à huit voies, beaucoup d’habitants de la classe moyenne n’aspirent qu’à une chose : rester chez eux […]. Ils peuvent alors compter sur une multitude de travailleurs immigrés prêts à leur livrer ce dont ils ont besoin pour un prix modique », décrit Kai-Fu Lee, l’auteur du livre I.A., la plus grande mutation de l’histoire (traduit en français aux Arènes). À Pingguoyuan, le bulldozer de la vente en ligne fut tellement puissant que trois supermarchés fermèrent en seulement deux ans, dont un « Wumart » à deux niveaux, première enseigne régionale de grande distribution.

Chaque soir, des essaims de scooters électriques sillonnent donc le quartier pour apporter des plats cuisinés ou congelés, des rouleaux de papier toilette et articles de toutes sortes, sur-emballés. Ils les déposent dans des murs de casiers appropriés ou directement à domicile. Ces livreurs croisent encore quelques vieillards à triporteur, tantôt aiguiseurs de couteaux de cuisine, tantôt acheteurs d’alcool, de toutes ces bouteilles de vin que les habitants s’offrent pour le Nouvel An ou la fête de la mi-automne sans jamais les déguster. Eux tolèrent encore la mitraille quand tous les autres réclament un paiement par smartphone.Étonnamment, une galerie commerciale a récemment ouvert. Son parvis exhibe une réplique à taille réelle d’un hélicoptère de combat entouré de fontaines musicales. Un petit train fait cinq fois le tour du bâtiment pour 30 yuans. À l’intérieur, des requins nains se tortillent dans des aquariums. Des haut-parleurs hurlent de la musique de relaxation. De jeunes vendeuses au visage pâle suivent les clients comme leur ombre. Un faux Apple store rivalise avec une vraie boutique Huawei. Face aux prix élevés de boutiques aux enseignes largement méconnues, aux noms faussement occidentaux, seul l’étage des restaurants semble prospérer. Chez l’un d’eux, passés la salle d’attente, les clients sont plongés dans un décor d’échoppe d’antan. Les serveurs ne se déplaceront que si la tablette tactile de commande tombe en rade.

 

Pingguoyuan, jadis verger d’un eunuque retraité, est donc devenu malgré lui un laboratoire d’un nouveau développement chinois. Même ses parcs, où la danse en ligne et les coiffeurs à 8 yuans font de la résistance, offrent un terrain de chasse aux rabatteurs du web. Aux personnes âgées en goguette avec leurs petits enfants, certains distribuent des ballons publicitaires contre la promesse de tester un cours de soutien scolaire virtuel, d’autres offrent un quart d’heure de trampoline contre un ajout de compte WeChat. D’autres enfin lâchent une boîte d’œufs à ceux qui accepteront de télécharger sur place la dernière appli du géant chinois Meituan, sur laquelle commander ses produits bio.

C’est sans doute consciente de cet environnement propice que la municipalité y développe une extension de Zhongguancun, la « Silicon Valley » pékinoise. L’accent est mis sur les start-up du loisir. La société Sohu y créera ses prochains jeux vidéo sur internet. Dans quelques mois, lorsqu’ils sortiront pour s’acheter une barquette de sushis au « 7-11 », une chaîne d’épiceries ouvertes jour et nuit, ces cols blancs en baskets croiseront circonspects les derniers cols bleus de l’usine à solvants mitoyenne, l’une des dernières anomalies de ces confins pékinois.

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“Il avait un visage d’ange mais croyez-moi, c’était un monstre”

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Alors que le Grenelle des violences conjugales s’ouvre ce mardi 3 septembre, la barre des 100 crimes sur conjoint ou ex-conjoint en 2019 a été franchie le week-end dernier. Dans le Loir-et-Cher, l’Astrolabe est le seul lieu d’hébergement pour victimes de violences conjugales. Il permet de libérer des milliers de femmes sous emprise.

Leila a les yeux clairs, magnifiés par un voile bleu pastel. Un sourire, un long silence puis les mots sortent. « Il avait un visage d’ange et faisait croire à tout le monde qu’il était pieux mais croyez-moi, c’était un monstre. Il interdisait à ma fille d’aller à l’école et je ne pouvais parler à personne. J’étais en France depuis cinq ans et je n’avais aucune amie». Un soir, les coups pleuvent plus que d’habitude. Dans le ventre, la poitrine puis la tête. « J’étais au sol, en sang, le nez détruit et les enfants hurlaient. Et comme à chaque fois, il partait en emportant mon téléphone et ma tablette ». Mais il oublie le fixe, avec lequel Leila alerte son père en Algérie. Le lendemain matin, deux hommes et une femme, des gendarmes, se présentent. « Ils m’ont emmenée à l’hôpital, avec mon bébé et ma fille. On y a passé deux jours et j’ai eu 15 jours d’ITT (incapacité totale de travail, Ndlr). L’étape suivante a été ce refuge ». L’Astrolabe gère 105 places réparties entre 26 appartements spacieux, sécurisés et disséminés dans plusieurs immeubles de Blois. Seul le siège de l’association sert d’adresse à ces femmes. Les appartements, eux, ne reçoivent aucun courrier et leurs occupants se mêlent au paysage. Leila a donc bénéficié d’un logement en colocation avec une autre maman, puis d’une aide psychologique et d’un avocat.

(…) suite ici 

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Le Monde – Politique.

Aux portes de Chambord, dans le Loir-et-Cher, un projet de commune nouvelle regroupant deux villages mitoyens peine à voir le jour. Cour-Cheverny reproche à Cheverny de profiter de ses infrastructures. Cheverny, à l’ombre de son château, entend jouir seul de son nouveau label station de tourisme.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/08/10/la-fusion-entre-cheverny-et-cour-cheverny-sans-cesse-avortee_5498333_823448.html

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Le Monde – Environnement.

Lassé d’un métier standardisé, Olivier Gabilleau a quitté le modèle agricole intensif de ses parents pour basculer vers l’élevage de vaches highlands et l’entretien minutieux des marais. Voici son histoire:

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