Le Pire du Milieu (Mai 2010 – So Foot)

S’il y a bien un domaine dans lequel l’Europe n’a rien à craindre du péril jaune, c’est bien le ballon. Classé 83e  par la Fifa, le football chinois navigue entre matchs truqués, arbitres corrompus, clubs ingrats et militaires vigilants. Ce qui n’empêche pas les supporters d’en redemander. Reportage tout en crachats, à quelques semaines du match amical France-Chine.

« Ce Wei Di, c’est vraiment un trou du c* … Non, mais vous savez ce que faisait ce mec avant ? Du canoë !» Rire graveleux suivi d’un profond raclement de gorge et d’un imposant glaviot dans la corbeille : le ton est donné. Dans son petit bureau pékinois aux murs jaunis par des années de cigarettes, Ma Dexing, le journaliste du foot le plus connu de Chine ne mâche ses mots au sujet du nouveau président de l’Association du Football Chinois, l’équivalent de notre fédération. Wei Di a été fraîchement nommé par le gouvernement pour nettoyer le foot chinois au Karcher, après une décennie de matchs truqués où même Nan Yong, son prédécesseur corrompu, a fini cloué au pilori.

La première décision de Wei Di: permettre aux clubs de noter les arbitres, par « souci de transparence ». Et seuls les arbitres les mieux notés pourront officier. Ma Dexing s’étouffe et se rallume une clope aussi sec. « Bon ouais, c’est sûr que je n’irai pas le critiquer sur le plateau de CCTV (il l’aura même encensé le fourbe, ndlr) mais quand même ! Nous promettre un nouveau plan quinquennal pour sauver le foot et commencer avec des idées aussi absurdes… c’est pas l’industrie du charbon, merde !» analyse notre Pierre Ménès pékinois. Ma Dexing écrit sur le foot mondial depuis vingt ans et sur le foot chinois depuis sa professionnalisation, en 1994 et la mise en place de vrais championnats de ligues dix ans plus tard.

Pendant deux ans, notre poète a même été interdit de plume pour un pamphlet où il taquinait, en dix questions, la gestion rocambolesque du football chinois par le Parti Communiste.

Ma exhibe fièrement la pièce à conviction, conservée sous une pile de vieux journaux : la Une du 22 avril 1996 du Xinmin Sports News. « Mais je ne me suis pas mis au placard pour autant, j’ai juste trouvé des pseudos pour continuer à écrire peinard ».

Aujourd’hui, Ma Dexing se lâche sur son blog, dont chaque billet attire en moyenne 1300 commentaires. « Et quand j’en ai marre du bordel chinois, je me casse pour voir jouer les clubs étrangers » Rires sonores et deuxième glaviot dans la corbeille. De son tiroir, Ma sort une douzaine de passeports couverts de tampons du monde entier. « J’en ai souvent marre du bordel chinois » sourit-il.

Ma Dexing en est persuadé : tant que le foot sera gouverné, aussi mal, par le Parti, rien ne changera. « Biensur, des têtes sont tombées depuis l’arrivée de Wei Di. Plusieurs arbitres risquent désormais la prison et des clubs s’attendent à une relégation. Mais c’est l’organisation au sommet qu’il faut nettoyer». Car en Chine, si un arbitre reçoit de l’argent d’un parieur pour favoriser une équipe, c’est pour mieux payer les officiels de l’Association du Football Chinois, dans l’espoir de pouvoir arbitrer des matchs internationaux ! Ce fut la confession incroyable du boss des arbitres chinois Gong JianPing il y a quelques années.  Bien mal lui en a pris. Le repenti a été condamné à dix ans de travaux forcés pour corruption, coupant le sifflet à tous ses camarades.

Des pains et des Jeux

Comme tout bon régime communiste qui se respecte, les seules compétitions sportives ayant trouvé grâce aux yeux des autorités du football chinois, sont les Jeux Olympiques, au détriment de tout le reste… comme la coupe du monde ! Ainsi, il y a dix ans, l’Association du Football Chinois avait essayé de ménager les plus jeunes joueurs du championnat professionnel (ceux susceptibles d’intégrer l’équipe olympique, réservée aux moins de 23 ans) en écartelant la ligue 1 en deux parties : le Nord et le Sud soit, deux mini-championnats. Face au branle-bas de combat des supporters et de la presse, paniqués à l’idée de ne plus assister au duel fratricide Pékin-Shanghaï, la tentative a finalement échoué.

Avec Wei Di, l’Association remet le couvert grâce à une nouvelle idée encore plus grandiose : faire de la sélection olympique une équipe à part entière, qui deviendrait la 17e équipe de la ligue 1 chinoise !

John Yan, vice-président de Titan Sports, le premier groupe de médias sportif en Chine dont l’un des quotidiens se vend à 1 million d’exemplaires, a les boules. Cet ancien correspondant de presse sportive à Londres, à l’accent british digne d’un présentateur de la BBC, dénonce d’abord la débandade du gouvernement.  « L’Etat a d’abord abandonné le football à la fin des années 50, quand ils ont compris qu’espérer récolter une médaille pour les Jeux serait bien trop cher, bien trop long et difficile ».

En manque structurel de soutien financier et de contrôle, les clubs chinois ont ouvert les vannes des paris illégaux et les matchs arrangés dès la fin des années 90. Et à chaque match, ce sont les millions de yuans de tous les petits parieurs (un sport national bien que totalement illégal) qui partent engraisser joueurs, staff, chefaillons locaux et surtout de redoutables bookmakers chinois planqués à Singapour, Bangkok, Hong-Kong ou Macao.

« Mais si par miracle, on arrête de parier sur le foot chinois, ce sont les championnats étrangers qui prendront le relais» tempère John Yan. Et de citer l’exemple impuni d’un milliardaire chinois, Zheyun Ye parti corrompre des joueurs belges d’Anderlecht et La Louvière pour qu’ils rejoignent son club finlandais d’Allianssi, une machine à défaites. En 2005, ses recrues belges ont même commis un exotique 8-0 contre une équipe de bas de classement. Les paris ont eu lieu en Chine, auprès d’un public qui n’aura vu que du feu. Puis les matchs truqués par la mafia chinoise ont fini par ronger le championnat belge lui-même, jusqu’à ce que la presse s’en mêle.

Pascal Scime, l’animateur de l’émission de radio belge « Complètement Foot » a enquêté nuits et jours pendant trois mois sur la saga du foot belge gangrené par les bookmakers chinois. « Cette histoire a déclenché une véritable psychose dans les tribunes. Aujourd’hui, dès qu’on y aperçoit un Chinois avec un ordinateur sur les genoux ou une oreillette, les policiers viennent systématiquement contrôler son identité ». Le procès sportif intenté contre les joueurs tricheurs a été bâclé – l’un des protagonistes, l’ex-capitaine du SK Lierse Laurent Fassotte, se refait d’ailleurs une santé dans le championnat chypriote – mais les inculpations pénales devraient pleuvoir dès le mois de mai.

Un  scandale qui fait écho à la dernière affaire de vrai-faux transfert vers la Chine révélé par le même journaliste fin mars. Jean-Paul Lutula, un attaquant congolais évoluant au FC Bruxelles s’est retrouvé prêté six mois ½ au Yanbian FC, un club chinois de L2 situé sur la frontière nord-coréenne… le tout contre son gré ! L’homme est arrivé début avril, en traînant les pieds. A l’entendre répéter sans cesse son histoire, le joueur n’a visiblement toujours pas digéré le coup de Trafalgar. « Au moins j’aurai appris à être moins naïf, à ne plus laisser les gens négocier derrière mon dos».

Pour lui, le dépaysement est total et il ne parle pas un mot de mandarin. «Je n’ai pas encore commencé mon premier match mais on m’a déjà mis au parfum des matchs truqués. Je peux vous dire qu’ici, cela concerne beaucoup de joueurs, de dirigeants… tout le monde en fait », confie-t-il d’un air désolé. « Mais j’ai des principes, le foot c’est mon gagne-pain et je ne prends pas ce qui ne m’appartient pas. Ma priorité c’est d’être le meilleur, pour revenir en Europe»… et se débarrasser de ce fichu maillot du Yanbian FC qui lui donne une allure de monsieur Spock dans Star-Treck. Philosophe, Jean Paul s’estime déjà heureux de ne pas (sur)vivre à la militaire. Comme son collègue camerounais, il dispose d’un appartement confortable quand ses camarades chinois sont parqués dans un dortoir, loin de leurs épouses. « Je vais essayer de convaincre ma femme de me rejoindre au plus vite ». Elle n’est pas pressée. On la comprend.

La tambouille du mercato chinois

Autre fléau du football « made in China »: les transferts. « Dans le foot chinois, c’est la toujours valse des commissions » résume Emmanuel Méril, avocat d’affaires installé à Shanghai depuis quinze ans et à l’origine des trois premiers transferts de joueurs européens en Chine : les Français Christian Perez, Clément Garcia et José Bray en 1996. « Ils étaient pionniers et on a eu beaucoup de mal à les convaincre de s’expatrier » se souvient Emmanuel, appelé in extremis à la table des négociations par un agent français sur le point de se faire dépouiller. De son expérience sportive chinoise, Clément Garcia, ancien avant-centre lillois en gardera un curieux souvenir. Profitant de congés, le joueur était rentré en France se reposer. Mais l’imprudent s’était livré à une feuille de chou locale, en confiant tout le mal qu’il pensait de son coach shanghaien. Bien informé, le sang de l’ambassadeur de Chine à Paris n’a fait qu’un tour. L’article en question a été traduit et envoyé illico à son club. Résultat : mise à pied immédiate. Foi de Chinois, on ne badine pas avec le FC Shanghai Shenhua.  

Affalé sur un canapé du très v.i.p. « Pavillion », un bar bling bling à l’entrée Ouest du Stade des Travailleurs de Pékin, Fan Shide achève soulagé une réunion au sommet, réunissant les dix-neuf agents de joueurs étrangers des deux ligues pro.  Il porte un toast. « Désormais, on pourra faire venir un cinquième joueur étranger par équipe, à condition qu’il soit asiatique. Ca fera plus d’argent dans le circuit ». Le circuit, déjà bien huilé par le mercato du mois de mars, lorsque démarre la nouvelle saison du championnat.

Dans le milieu des agents, Fan Shide fait autorité, et pas seulement pour son brushing impeccable et son côté polyglotte. Après le coach Claude Leroy à Shanghai ou l’attaquant Nicolas Ouedec à Dalian, l’homme a frappé fort cette saison en signant la plupart des joueurs africains, anglophones et même l’unique français du championnat : Cédric Sabin. A 30 ans, cet attaquant remplaçant du Vannes OC (actuellement dans les abysses de la ligue 2) cachetonne pour neuf mois au Shaanxi Shan Ba, après un test expéditif mais concluant, quand d’autres français se sont vautrés misérablement, assommés par le décalage horaire. « Xavier Méride (ancien du RC Lens) s’était même fait un claquage pendant son match d’essai ».

Sabin, lui, revit. « 350 000 dollars pour une seule saison avec maison, chauffeur et interprète ! Ca fait rêver hein ? Alors qu’il gagnait quoi à Vannes ? 15 000… En plus, là-bas, ya rien, c’est mortel ! Ici, en Chine, Cédric joue devant 60 0000 spectateurs et parcourt l’Asie. ».  La Fifa réglemente les commissions à 15%, mais rien n’empêche certains agents d’aller se servir dans le salaire du joueur, pour mieux arroser tout l’encadrement du club reconnaissant. Sans compter les joueurs chinois, dont certains émargent encore à 300 euros par mois… des proies faciles pour les truqueurs de matchs.

« Pour le basket, c’est beaucoup plus réglo, marketé et aseptisé. Les clubs chinois cherchent à tout prix à se mettre au diapason de la NBA avec qui ils sont partenaires. Les salaires sont hauts et les anciennes stars américaines qui débarquent en Chine comptent aussi beaucoup sur leur nom pour lancer sur place leur marque de vêtements» analyse notre avocat Emmanuel Méril.

Dans le milieu fermé des agents chinois – ils sont 19 – certains jouent les lobbyistes auprès de la fédération. Wang Yuan, qui n’a signé que 4 joueurs cette saison (dont un Irakien !) espère convaincre Wei Di d’ouvrir totalement le marché des transferts… et pas seulement aux joueurs étrangers ! Si sa prophétie se réalise, les 700 joueurs chinois professionnels de deux ligues auront un agent et pourront se vendre au plus offrant. « Cela fera monter aussitôt la valeur des joueurs et susciter l’intérêt des sponsors. Bref, il y aura beaucoup plus d’argent pour tout le monde et beaucoup moins de tentations de truquer les matchs pour toucher les enveloppes des bookmakers ».  Une solution miracle qui pourrait même, selon Wang Yuan, déboucher sur un nouvel engouement de la jeunesse chinoise pour le métier de footballeur. « En Chine, les parents ont une image tellement mauvaise de notre sport qu’ils refusent de laisser leur enfant unique devenir footballeur.  Résultat : les clubs n’ont pas beaucoup de choix pour constituer leurs équipes et c’est le niveau du championnat qui en pâtit ».

Et l’amour du sport dans tout ça?

Mercredi 31 mars à Pékin. Le Beijing Guoan FC dispute un match éliminatoire pour la Champions League asiatique. Leur adversaire est de taille : les sud-coréens de Seongnam.  En haut d’une tribune, une poignée d’étudiants en t-shirt jaune grelottent en agitant leurs fanions. Tout le reste du stade est vert, les couleurs des Guoan, et gris, la couleur du képi des gardiens, omniprésents. Car au  mythique Stade des Travailleurs, deux places sur dix sont réservées aux forces de l’ordre.  C’est la règle depuis que des joueurs se sont fait déshabiller sur le terrain, en plein match, par des supporters furibards de ne pas les voir mouiller suffisamment le maillot. Mais, depuis les supporters ont appris la discipline….

En 2005, la Ligue de la Jeunesse Communiste Chinoise (70 000 millions de membres chargés de faire progresser l’idéologie communiste parmi les jeunes) a pris le contrôle des tribunes du Guoan FC. Ils ont promis aux autorités d’en faire des fans « civilisés » pour applaudir les rencontres de foot des jeux olympiques de 2008. Avec brio ! Assis la plupart du temps, le dos bien droit et les mains sur les genoux, les supporters ne se lèvent que lorsque le ballon entre dans la surface de réparation. En revanche, aucune instruction n’a été donnée pour les cris des supporters. Entre deux chants, les «Cao Ni Ma» (=Nique ta mère) pleuvent sur les joueurs de l’équipe adverse. Et gare à celui qui s’approche de la tribune, tout sourire, pour récupérer fissa un ballon perdu : « Cao Ni Ma » le Coréen ! Finalement, des policiers interviennent et mettent tout le monde d’accord.

« Ca me désole mais le foot est à l’image de notre société, sans respect» déplore Zhang Shuo de sa voix cassée. La casquette de travers et les oreilles en choux fleur, Shuo est le jeune chef des Ultras de Pékin. En véritable dissident, il a refusé de tomber sous le commandement zélé des communistes et créé « l’Armée de l’Empereur », un groupe de supporters dont la ferveur et le fair play forçent le respect. « Pour rentrer dans notre club, il n’y a que deux règles à respecter. Premièrement : ne jamais insulter les joueurs, quels qu’ils soient.  Deuxièmement : chanter et rester debout pendant les 90 minutes ». 

Ce soir là, les Guoan de Pékin se sont inclinés 1 à 0 et ont rejoint les tribunes sous un tonnerre d’insultes. Les Ultras, eux, ont chanté jusqu’à plus soif. « On ne quittera le stade qu’à mon signal, c’est compris ? » hurle Zhang Shuo à ses troupes. Une centaine de soldat*  rejoint les gardiens impatients : l’attroupement sécuritaire autour de ces supporters irréductibles est impressionnant. « C’est comme ça à chaque match, mais on tient jusqu’à notre dernière chanson ! » Car son armée à lui en a vu d’autres.

Zhang Shuo est un fils d’ouvriers, élevé à la dure dans le hutong de Gulou, l’un des derniers quartiers populaires du centre de Pékin. «Quand j’étais petit, je regardais les matchs dans la rue. Mon oncle avait la télé et la branchait dehors pour tout le quartier. C’est dans ces vieilles baraques que l’on trouvait les meilleurs supporters. Aujourd’hui, les hutong ont quasiment disparu. On vit tous au delà du 5e périphérique dans des tours immondes et la ferveur n’y est plus».  Son premier match ? « J’avais 12 ans. Ma mère me donnait 5 yuans par semaine comme argent de poche et le billet coûtait 10 yuans (=1 euro). C’était Pékin contre Shanghai et j’y suis allé en cassant la fenêtre de ma chambre ! En rentrant à la maison, j’ai pris la raclée de ma vie. Mais la semaine suivante, j’ai demandé à mon père de me laisser retourner. Je lui ai donné le martinet et il m’a regardé comme un homme ».

Aujourd’hui, cet infatigable vendeur de téléphones portables de 24 ans engloutit la moitié de sa paye dans le football, à l’image des deux billets de trains qu’il exhibe fièrement. La semaine prochaine, il ira rejoindre son équipe dans le sud du pays, pour un match à Canton. Avec lui,  une bonne partie des 576 fanatiques qui composent son groupe, tous nés dans les années 80. « Malheureusement, notre club se méfie toujours de nous. Les dirigeants interdisent aux joueurs de saluer dans notre direction à la fin du match. Et nous n’avons le droit qu’à un kop de 300 places !». Zhang sort deux liasses d’abonnements de son sac à dos. « Tu vois tout ça ? Ce sont les abonnements des étudiants. Comme ils sont coincés dans leurs dortoirs en semaine, ils s’engagent à laisser leurs places aux autres, quand il y match le mercredi ». Et pour financer les déplacements, les Ultras ont mis sur pied une caisse de solidarité.  « Tout le monde dépose un billet, même si ce n’est qu’un yuan… ». Grâce à Zhang Shuo, le football chinois n’aura donc pas perdu toutes ses valeurs.

Jordan Pouille, à Pékin.

Et des photos:

Photos Jordan Pouille ©

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* Edit d’avril 2011. Il ne s’agit pas de soldats mais de “policiers armés du peuple”. Sous commandement partagé du gouvernement et de la commission centrale militaire et désormais aussi nombreux que les militaires de l’armée populaire de libération, ils sont aux côtés des policiers, baoan, chengguan, swat et autres guoanbu, pour assurer la stabilité de la société chinoise.

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