Au Central Perk pékinois…

J’ai rencontré mademoiselle Lin dans un café plutôt original, caché au 6e étage d’un immeuble de bureaux, dans le district de Chaoyang, à l’intérieur du deuxième périphérique.

On y boit un grande tasse de cappucino à 25 yuans, un part de cheesecake à 15 yuans. Sur l’assiette en porcelaine, la jeune serveuse en sweat violet a dessiné “Friends” au sirop de chocolat. D’après son badge, il est écrit “Gunther” du nom du manager du Central Perk. Toute ressemblance avec une série télévisée américaine n’est pas totalement fortuite. Les jeunes Pékinois viennent ici pour écouter et baragouiner un peu d’anglais.

Yu Lin est une demoiselle ordinaire, 18 ans. Une vie d’ado insouciante, pas très exaltante, avec petit copain, copines et smartphone Nokia dernier cri posé ostensiblement près de son mug coloré.  Yu Lin est étudiante à  l’Université de Communication de Pékin. Elle a de bons résultats. Et vit sur le campus, au dortoir. Obligatoire.

Plus tard, elle espère devenir une “office lady” à la cctv, la télévision nationale. Une journaliste? Une présentatrice? Une productrice? “No, no office lady” insiste-elle en anglais. Bon.

Yu Lin s’abreuve de séries américaines en version sous titrée, sur les conseils de son professeur d’anglais. Son campus lui prête un appareil photo reflex à l’année (Canon 550D), dont elle se sert surtout pour photographier son quotidien: ses copines aux grimaces de manga ou arborant un “V” de la main gauche ou de la main droite. Son copain bombant le torse à la table d’un KFC. Sa mère, 42 ans, la peau nacrée et habillée branchées. Devant l’objectif de Yu Lin, elle posait comme une gamine, dans le salon.

Yu Lin est originaire de Shenyang, la capitale du Liaoning, une province industrielle au Nord-Est de la Chine. Le Liaoning partage une large frontière avec la Corée du Nord.

Son papa, dit-elle, est un fonctionnaire haut-placé du gouvernement local. Sa maman est une mère au foyer. A l’évidence, les revenus “gris” du paternel permettent un train de vie aisé à toute la famille. “Après s’être beaucoup occupée de moi, ma maman fait du shopping, du fitness avec ses copines“, dit Yu Lin avec un sourire béat. Son père ne figure sur aucune des images. “Il est rarement à la maison et refuse d’être photographié, même par sa fille“.

L’année prochaine, Yu Lin ira étudier au Canada, Montréal.  A bien des égards, Yu Lin est un exemple de la jeunesse privilégiée chinoise, souvent la cible de critiques sur la toile chinoise.

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