Ai Wei Wei en voie de disparition

L’artiste contemporain Ai Wei Wei, a été emmené par la police des frontières de l’aéroport de Pékin ce dimanche matin à 9h tandis qu’il souhaitait se rendre à Hong Kong.

A 12h30, la police est entrée sur mandat dans son studio “Fake” et a emmené 8 de ses assistants pour un interrogatoire au commissariat de Chaoyang d’après l’un des assistants joint par téléphone par une documentariste américaine basée à Pékin.

Lu Qing, la femme d’Ai Wei Wei, se trouve à l’atelier en compagnie des policiers qui démontent les ordinateurs.

Cet après-midi à Pékin, le téléphone portable d’Ai Wei Wei est toujours éteint. La police de l’aéroport ne confirme ni ne réfute l’information. Et tous les messages relatifs à Ai Wei Wei sur Sina Weibo, le twitter chinois, sont actuellement effacés.

Au même moment, son ami Wen Tao (@wentommy) était emporté par 4 agents de la la sûteré de l’Etat dans une berline noire. Son téléphone demeurait éteint. 

Identité numérique, réseau: le processus de disparition du dissident semble en cours…

Certes ce n’est pas la première fois que l’artiste rencontre des ennuis avec les autorités. En août 2009, tentant de rassembler les noms de tous les écoliers morts lors du séisme du Sichuan, Ai Wei Wei a été violemment frappé par des policiers de Chengdu, qui débarquaient en pleine nuit dans son hôtel. Ce qui lui vaudra une opération chirurgicale lourde, lors d’un séjour en Allemagne. En juillet, Ai Wei Wei découvrait les joies de la consignation à domicile. Enfin, son nouvel atelier, à Shanghai, était démoli en janvier par le gouvernement: “Ma plus belle oeuvre” dira-t-il fièrement, debout sur les décombres, avant de rentrer à Pékin. Cette semaine, il confirmait la construction d’un nouvel atelier à Berlin, expliquant qu’il sentait les ennuis arriver et qu’il pourrait passer plus de temps à l’étranger.

Mais aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un démêlé banal avec des policiers brutaux. Cette fois-ci, la police est intervenue avec un mandat, a emporté la trentaine d’ordinateurs présents dans son atelier, interrogé l’ensemble de ses assistants. Ce soir, les policiers encerclent toujours son quartier de Caochangdi et semblent s’intéresser au statut de ses employés étrangers. Et Ai Wei Wei, qui aimait raconter sa vie au présent plutôt que de penser à ses mémoires, n’a pas twitté depuis tôt ce matin.

La disparition d’Ai Wei Wei, si elle venait à perdurer, confirme la forte purge qu’opère actuellement le gouvernement à l’encontre des dissidents chinois. Voir mon précédent billet:  http://bit.ly/gqCiz1

Jordan Pouille

 

Jordan Pouille

 

courtesy of leiyang

 

“If you don’t speak out, if you don’t clear your mind, who are you?” 
Ai Wei Wei.
Un excellent documentaire de la BBC sur l’engagement artistique et politique d’Ai Wei Wei:

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