A Liupanshui, l’arroseur arrosé

Que se passe-t-il quand un chef de Parti local affronte un entrepreneur fortuné de sa ville? Rien. Nada. Niente. Le système s’auto-paralyse et montre que même un officiel chinois ne peut plus rien contre la tyrannie de l’argent.

C’est le constat dressé par Ding Jinkun, un avocat shanghaien, dans une colonne publiée sur le site du magazine pékinois Caixin (et dont voici un lien: http://bit.ly/oAmVGU ).
 
Il part d’un exemple concret, à Liupanshui, une ville de 3 millions d’habitants à  l’ouest de la province de Guizhou, dans le sud du pays.
 
Tian est l’ancien vice-maire de Liupanshui. Sa tâche était de maintenir la stabilité sociale, coûte que coûte. L’homme n’était pas vraiment populaire car il veillait à faire taire le moindre contestataire.
 
Zhou est un entrepreneur important à Liupanshui. A ce titre, il est devenu membre du Comité Permanent du Parti Communiste de province. 
 
Mais Tian accuse Zhou d’avoir violé sa fille il y a deux ans. Il dénonce la négligence de la police locale dont l’enquête piétine malgré les accusations détaillées, insinuant que Zhou aurait payé pour ralentir l’enquête. Puis Tian est allé à Pékin pour exprimer ses griefs au bureau des pétitions de Pékin. Une pratique ancestrale mais peu efficace. Ironie du sort, aujourd’hui Tian est considéré comme “facteur d’instabilité” par la nouvelle équipe dirigeante de Liupanshui… une menace pour la société chinoise qu’il s’est évertuée à protéger de tout tumulte.
 
L’auteur de ce billet, avocat chinois, conclue:
“Les citoyens cherchant à protéger leurs droits ne pourront jamais gagner contre les officiels ou les riches. Leur seul choix est de périr ensemble, misérable et vulnérable. Ce que nous sommes en droit d’attendre, est une société régie par la règle du droit et non celle d’un individu”.
 
A lire également, la traduction en anglais d’un éditorial, publié dans la dernière édition du Yanhung Chunqlu,journal du Parti, plutôt libéral. Il est signé de l’ancien rédacteur en chef du Quotidien du Peuple. Il se demande pourquoi les officiels du Parti considèrent les pétitionnaires comme des ennemis quand ces derniers, par le passé, étaient la raison d’être du Parti communiste chinois.
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