La Garde d’Honneur se dévoile… un peu.

S’il y a bien un débat qui n’aura pas lieu en Chine, c’est celui du bien fondé des parades militaires le jour de fête nationale. Ce matin, le ministère des Affaires Etrangères chinois a organisé une petite visite de presse à la caserne de la Garde d’Honneur de l’Armée Populaire de Libération, à la sortie de Pékin. RDV à 8h20 devant le “Regent Hotel” pour un départ en bus. 3 bus donc, avec beaucoup de journalistes chinois, quelques journalistes étrangers et les premiers interviewant les seconds comme à chaque “voyage” de presse.

http://news.joy.cn/video/2935809.htm (le reportage de la CCTV)

Pour ma part, j’ai plutôt été fasciné par la manière dont ces soldats d’apparat veillent à poser leur brosse à dent à équidistance entre la savonnette et le rasoir, remplir leur gourde d’eau exactement au même niveau ou plier leurs couvertures à la règle. Puis cet avoeu, d’un confrère: les membres de la Garde d’Honneur seraient interdits de relation sexuelle avant 25 ans. Impossible de confirmer l’information auprès du Commandant en Chef Liu Shixu, peu loquace.

A l’évidence, la Garde d’Honneur, ce n’est pas la 7e compagnie:

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Ici, nos hommes sont grands, beaux, sveltes et on les sort pour les grandes occasions… qui n’ont rien de militaires. Hissement de drapeaux aux cérémonies d’ouverture et de cloture des JO, de l’Expo Universelle ou des Jeux d’Asie, accueil d’un chef d’Etat étranger sur le tarmac pékinois et bien sur, parade sur la place Tiananmen pour les soixante ans de la Chine communiste. Résultat: ce ne sont presque plus des êtres humains mais des créatures bioniques dont chaque mouvement semble avoir été scientifiquement calculé. La version grand luxe des automates orange fluo de la DDE que l’on découvre parfois sur les bords des autoroutes françaises, quand Bison Futé annonce une journée rouge.

L’expression du visage, du regard, le mouvement du pied. Chez la Garde d’Honneur, tout est précis, réglé comme du papier à musique. J’avais beau les fixer, impossible de les voir respirer. Les narines, les lèvres ne bougent pas. Le torse non plus. Seule l’eau dégoulinant sous le képi traduit leur “humanité”. On guette le malaise… mais non. La Garde d’Honneur se veut parfaite, même en plein cagnard.

Jordan Pouille ©

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Jordan Pouille ©

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