Les Fu Er Dai en réseau

En arpentant le quartier de Chaoyang, je suis souvent frappé par l’opulence nocturne s’affichant au pied d’un immeuble décati. Des Ferrari violettes, des Porsche Panamera mates, des Lamborghini rose, souvent sans plaque minéralogique, s’étalent sur le parvis dès 22h. Pourtant, pas de discothèque ni de club pour millionnaire dans les parages. Rien donc qui pourrait attirer de tels automobilistes. Aujourd’hui, le gardien du parking m’a permis de résoudre l’énigme.

Les bolides appartiennent à des enfants gâtés qui fréquentent le cybercafé, ouvert 24h sur 24h, au 4e étage de l’immeuble mitoyen. Ils jouent à la guerre, en réseau. “Ils restent toute la nuit, environ dix heures, souvent plusieurs jours par semaine“. Et repartent au petit matin, laissant 80 yuans au gardien. Parfois 40. “Ceux qui ont les plus grosses voitures sont les plus radins”.

Ce sont les nouveaux riches, les “fu er dai”, nés dans les années 90 et dont les mauvaises manières et l’oisiveté font enrager l’immense majorité des Chinois. Le pays compte 2.7 millions de millionnaires et 251 milliardaires en dollars. Mais 13% de la population vit avec moins d’1.25 dollars (1 euro) par jour, d’après les chiffres de l’O.N.U. En ville, le revenu annuel moyen atteint 3500 dollars ou 2680 euros.

(edit: photo ci-dessus prise le dimanche 21 et ajoutée le mardi 23 avril)

L’écart de richesses au sein de la population est l’un des domaines principaux de ma correspondance chinoise.

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