Ronds de cuir hong-kongais

Le dimanche après-midi, c’est relâche sur Hollywood Road, nommée ainsi par les colons britanniques en 1844, bien avant la naissance de la cité californienne pailletée. Une cinquantaine de chauffeurs de taxi s’offrent une halte au Hong-Kong Jockey club (l’équivalent de notre PMU), des expats bancaires se serrent à la terrasse d’un café européen pour savourer un brunch hors de prix, des domestiques philippins s’aèrent dans un parc mitoyen… tandis que la jeunesse dorée hong-kongaise est plongée dans les travaux pratiques.

Juste derrière le lycée français, une boutique dissimule un atelier de  maroquinerie. C’est le “Fungus Workshop”. Dans un décorum d’antiquaire,  des outils variés et quelques bouteilles d’huile de vison sont disposées sur deux tables. Pendant deux heures, un petit groupe d’élèves apprivoise des couteaux à pied demi-lune, mécanique, circulaire, un formoir en buis, une griffe à molette ou encore un poinçon. Chaque séance est facturée 420 dollars (41 euros), cuir compris. Le nombre de cours requis dépend de l’objet que l’élève souhaite fabriquer. Cela va de l’étui à smartphone au sac à main.

Vivian a 28 ans. Elle est journaliste de “desk”, une rond-de-cuir sympathique du respectable quotidien South China Morning Post. “Les Hong-kongais ont tendance à s’ennuyer le dimanche. Je m’étais inscrite à un atelier pâtisserie avant d’acquérir un four. A présent, je suis cet atelier maroquinerie. La semaine prochaine, j’apprendrai à confectionner des bijoux“. Son oeuvre est presque achevée, une pochette noire pour y glisser un ordinateur portable.

Cet atelier de maroquinerie, que l’on retrouve ailleurs à Hong-Kong (ici, ici, ou ici) répond peut-être aussi à un besoin de s’affranchir d’un mimétisme du luxe, où tous cherchent à se distinguer socialement… mais finissent par arborer le même attribut. Mais que Louis Vuitton se rassure, les boutiques de luxe hong-kongaises ont encore de beaux jours devant elles. Les Chinois du continent ne cessent d’affluer pour faire leurs emplettes. Chez eux, une taxe de 30% s’applique sur les produits de luxe importés.

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