Un bucheron à Pékin

Je l’ai rencontré à midi, en sortant du restaurant. Il enlevait la racine d’un tronc fraichement scié. Ses camarades, tous la soixantaine, sont des paysans d’un même village, près de Luyoang, dans le Henan. Et travaillent ici à Pékin comme paysagistes, dix mois par an. Leur journée démarre à 5h30 et s’achève à 17h30. Le salaire: 50 yuans par jour ou 6.2 euros.

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La mort et le bucheron (jean de La  Fontaine)

Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier, et la corvée
Lui font d’un malheureux la peinture achevée.
Il appelle la mort, elle vient sans tarder,
Lui demande ce qu’il faut faire
C’est, dit-il, afin de m’aider
A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.
Le trépas vient tout guérir ;
Mais ne bougeons d’où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C’est la devise des hommes.
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