Les enfants seuls, parmi les anciens

Pour les festivités du Nouvel An Chinois, la Chine fonctionnera au ralenti. A Pékin, les marchands auront tiré leurs rideaux. Les cuisiniers et leurs serveuses auront quitté la ville. Sans parler des petits vendeuses de boutiques, des caissières de supermarché, des livreurs d’e-commerce ou des bonbonnes à eau. Pendant dix jours au moins, Pékin n’assurera que le service minimum. Une quiétude presque irréelle dans une ville d’ordinaire si agitée.

Environ 61 millions d’enfants chinois – 1 sur 5 en Chine – n’ont pas vu leurs parents depuis plus de trois mois, d’après la très officielle Fédération des Femmes de Chine. C’est une statistique. Mais derrière ce chiffre, des millions d’enfants ne vivent en famille qu’une fois dans l’année, deux semaines par an.

Ces couples acceptent l’éloignement au nom de l’amélioration du train de vie familial. Les salaires de la mère et du mère – car ils partent généralement à deux pour accroître l’épargne – offriront une meilleure alimentation et une meilleure éducation à l’enfant resté à la campagne. Sans doute aussi que la maison de pisé sera remplacée par une spacieuse bâtisse de briques ou de parpaings.

L’enfant “abandonné” grandit à la campagne entouré d’aînés. Ses grands parents lui apportent toute l’affection possible, à défaut de pouvoir suivre les devoirs. Et c’est souvent chez l’épicière et ses friandises à 1 yuan que les bambins trouvent le réconfort. Aux abords d’une cité-usine, en banlieue de Shenzhen, j’avais rencontré de jeunes migrants ayant eux-même grandi seuls à la campagne. Parents à leur tour, ils n’ont pas accepté cette destinée. Grâce aux hausses de salaire répétées, ils ont ainsi “rapatrié” les grands parents-babysitters vers eux… et logé toute la famille dans un appartement de location.

Ces 4 photos ont été prises en 2013, lors d’un reportage dans la campagne du Hebei, à la frontière du Shandong, où nous étions hébergés chez d’accueillants fermiers.

jordan pouille

jordan pouille rural hebei 02

jordan pouille 03

jordan pouille 04

This entry was posted in culture and tagged . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>