Pour la liberté de la presse

Cette vidéo de trente secondes remonte au 8 octobre 2010. Nous venons tout juste d’apprendre que le dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo a été désigné prix Nobel de la Paix par Oslo. Comme d’autres, j’avais interviewé son épouse Liu Xia, quelques jours avant les résultats. Nous dinions dans un restaurant en bas de sa résidence. Elle pensait qu’un éventuel prix Nobel faciliterait la libération de son mari, co-signataire d’une charte appelant au multipartisme. Ce moment précis, filmé à la hussarde, marque le début de son assignation à domicile. Nous sommes une cinquantaine de journalistes à vouloir interviewer Liu Xia. Mais d’importants moyens sécuritaires nous empêchent d’approcher. Depuis ce jour, Liu Xia vit détenue, chez elle.

La surveillance policière affecte aussi les assistants chinois de correspondants étrangers. Il y a quelques jours, ils se réunissaient dans un restaurant pékinois pour fêter dignement le départ d’un des leurs – l’interprète ouïgoure de la télévision turque – vers le Canada. Une grande table est dressée pour une quinzaine d’interprètes, de jeunes hommes et femmes qui n’ont pas la trentaine. Rapidement, ils comprennent que leurs voisins sont tous des policiers, habillés en civil. Ils ne mangent pas les plats commandés, ne se parlent pas, mais ils sont là, assis face à face sur des tables de deux disposés tout autour. Un moment orwellien comme Pékin en a le secret.

#Aujourd’hui marque la journée mondiale de la liberté de la presse.

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