Paris Match – La Guerre du Sable

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la guerre du sable jordan pouille reportage paris matchIl s’agit de ma première collaboration. Et celle ci se passe en Bretagne. En baie de Lannion, une entreprise française d’envergure mondiale convoite une dune de sable marin. Elle envisage d’en extraire 400 000 mètres cube, pendant vingt ans. La firme promet de l’emploi et attend son permis minier. Mais les habitants et professionnels de la mer bretons craignent une extraction irréversible et se rassemblent pour sonner l’alerte. L’Etat français tarde à trancher.

Le sable est une ressource gratuite, abondante et très convoitée. Il peut permettre d’alcaliniser les terres acides. Ou accompagner la fièvre bâtisseuse. Par manque de contrôle, de prise de conscience, un véritable pillage s’organise à l’échelle mondiale et bouleverse la vie de millions de personnes. Singapour doit son expansion à la disparition d’îles indonésiennes ou de plages birmanes. Dubai, pourtant au milieu du désert (mais le sable charrié par les vents est rond, impropre à la fabrication du béton) doit son salut immobilier au sable australien.

Un grand merci à Paris-Match pour cette première sujet. Chaque étape du sujet fut un plaisir grâce aux échanges constants avec l’équipe rédactionnelle. Une proximité à laquelle je n’étais plus habitué, comme freelance solitaire à Pékin.

N°3408. Du 11 au 17 septembre.
Extraits:

“Bien sûr, il existe d’autres solutions. Quelques agriculteurs bretons optent déjà pour la tangue du Mont-Saint-Michel, extraite à marée basse. Roullier expérimente le concassage du crépidule, un coquillage parasite enfoui dans la vase. “Mais parce que les gisements de ce coquillage sont faibles, parce que le classement du Mont Saint-Michel au Patrimoine Mondiale de l’Unesco exclut des installations industrielles à proximité, ces deux matériaux ne peuvent constituer une alternative viable au sable coquillier”, affirme Bernard Lenoir, directeur foncier à la compagnie armoricaine de navigation, filiale de Roullier.”

“Sur les hauteurs de Trébeurden, un poète écossais célèbre ‘la démarche hautaine des huitriers’ et les splendeur de la baie. Kenneth White a quitté Glasgow pour suivre Marie-Claude, devenue son épouse et sa traductrice. Trente-cinq ans que le couple vit heureux au Hameau du Corsaire, bâtisse de granit rose au bout d’un chemin tortueux. Dans les années 1980, à la demande des habitants, Kenneth était là, vent debout, à lire ses poèmes contre l’arrivée d’une centrale électrique. “Mais maintenant, dit-il, c’est pire. Imaginez ces deux machines monstrueuses qui vont fouiller les entrailles de la mer pendant vingt ans. Nous sommes sortis de l’industrialisme, nous prenons en compte bien d’autres considérations, comme la protection de notre environnement, mais cette fichue pression demeure. Celle de tout aplatir au bulldozer, au nom du profit. Au profit de qui?” 

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