Chronique cannoise #1

Petite halte sur la Croisette et lorsqu’on n’a pas de film à vendre ou à acheter, je me demande à quoi sert tout ce barnum. Je me demande aussi ce que font les 4500 journalistes accrédités (puisque les projections ne peuvent pas accueillir tout le monde). J’ai quand même discuté fourneaux avec un cuisinier français rock’n roll aux services d’un homme d’affaires dubaïotte. Son patron dispose d’une flotte de yachts à travers le monde (dont deux à Cannes en ce moment), qu’il loue avec l’équipage. Amarrés devant la Croisette, ses yachts sont loués à la journée à des producteurs de films cherchant des distributeurs (cinémas, chaines de télé). C’est donc dans ces cossus navires que sont organisées les projections… Qu’il s’agisse d’une superproduction indienne, un film d’auteur ukrainien. Intéressantes aussi, les gazettes multilingues délaissées sur les trottoirs. Chaque jour, elles livrent leurs interviews. Comme celle d’un acheteur irlandais dont la journée se termine à 6h00 du matin et redémarre 30 minutes plus tard. Ou un vendeur américain plein aux as spécialisé dans les enquêtes grand format…Dans sa besace en ce moment, une immersion dans l’Eglise de la Scientologie. J’ai été amusé par le gang des escabeaux – propriété des photographes – enchainés aux palmiers devant les marches du Palais des Festivals. J’ai manqué de me faire écraser par une Rolls Royce Fantom… et j’ai réussi l’exploit de me soulager dans les wc d’un palace, sans accréditation aucune.

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