Instantanés calaisiens

Dimanche 14h. Eurotunnel, à Coquelles. 4 hommes, allongés sur l’herbe. Je fais de grands signes en leur direction et m’approche.

Nous communiquons en anglais, quelques mots. Ils sont Erythréens. N’ont pas mangé depuis deux jours. Ils sont silencieux, fatigués. Et tenteront ce soir de gagner le terminal ‘fret’ d’Eurotunnel et pénétrer dans le tunnel sous la manche.

Un peu plus loin, un parking avec deux tentes blanches et des victuailles pour accueillir les touristes très en avance sur leur prochain train. Puis une station service où je croise 4 jeunes Koweitiens en Lamborghinis, tandis que des gendarmes surveillent le grillage qui nous sépare du terminal à véhicules légers.  A 500 mètres, l’hôtel ibis budget où vivent, depuis plusieurs mois, les renforts de CRS.

Sur la plage de Calais, tranquille et magnifique, des gens de tous âges me partagent une histoire, de migrants. Le maitre nageur qui habite à deux pas d’un campement. Deux adolescentes qui ont assisté un soir à une bagarre générale sur la place centrale, une jeune salariée du KFC qui raconte comment les jardins tout autour ont été totalement déboisés pour éviter que des migrants ne viennent y camper. Jacquy, vendeur de Chichis qui déplore la désertion des touristes britanniques. Depuis des lustres, ces derniers prenaient le ferry “P&O” Douvres pour remplir leurs cabas d’alcools. “Mais Calais a acquis une réputation terrible. Les gens pensent à tort que notre ville est moins sure, moins belle”. Puis un promeneur dont l’ami a accidentellement écrasé un migrant sur l’autoroute, la nuit. J’apprends d’ailleurs qu’une pétition circule pour rétablir l’éclairage.

migrants jordan pouille

IMG_3592

This entry was posted in daily life. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>