Parution | Le Monde Diplomatique | Septembre 2015

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En pleine crise agricole, l’annonce de la naissance d’une usine de poudre de lait géante à Carhaix, en Bretagne, a été plutôt bien accueillie. Financée par un industriel du Shandong, elle vise à répondre aux besoins des Chinois, qui n’ont d’yeux que pour le lait importé depuis le scandale de la mélamine, en 2008. Dans le monde entier, on s’active pour étancher cette soif.

Dans la zone d’activité commerciale (ZAC) de Kergorvo, à l’entrée de Carhaix (Finistère), 500 ouvriers s’activent sur un chantier. Avant janvier 2016, une laiterie verra le jour ici : « Un outil industriel sans équivalent en Europe, avec 250 emplois à la clé », claironne Le Télégramme (26 mars 2015). Au moins 120 mille tonnes de poudre de lait sortiront chaque année des tours de séchage. Particularité : les capitaux sont chinois et la production est destinée aux nourrissons de l’empire du Milieu. A la demande de Synutra, l’entreprise laitière de la province du Shandong, un drone équipé d’une caméra suit mois après mois l’avancée des travaux.

« Le président du groupe est venu en personne visiter le chantier. J’ai entendu dire que sa fille avait fait ses études à Rennes. Ils sont très attachés à la Bretagne », se réjouit M. Yann Manac’h, conseiller municipal de Carhaix et petit producteur laitier de la Sodiaal, la première coopérative de France, qui fournira 70 % des 300 millions de litres annuels exigés. Le président-directeur général de Synutra, M. Zhang Liang, évoque déjà la possibilité d’en réclamer le double. Pourquoi pas ? La France produit 23,7 milliards de litres par an, et le lait français coûte deux fois moins cher à produire que le chinois.

La Bretagne n’est pas le seul territoire à séduire les industriels laitiers chinois. La croissance de la demande est exponentielle. En moyenne, chaque année, un Chinois consomme 14,3 litres de lait. C’est peu face aux 53 litres du Français ou aux 144 litres de l’Irlandais, mais c’est déjà trois fois plus qu’il y a dix ans.

A cette consommation galopante s’ajoute le refus tenace des Chinois de tremper les lèvres de leurs nourrissons dans la production nationale. Tous se souviennent du scandale du lait maternisé Sanlu, que des dizaines de milliers de fermiers malveillants avaient coupé à la mélamine, une forme de résine dangereuse pour la santé permettant d’accroître artificiellement la teneur en protéines d’un aliment. En 2008, 296 000 bébés ont été atteints de (…)

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