#workingclass dreams

Une longue barbe frisée s’étale sur le col de son t-shirt noir. Ses avant-bras arborent des tatouages celtiques comme une armure. “J’en ai autant que ma femme mais chez elle, ça ne soit va pas. Elle est professeur des écoles et fait très attention”.

Cela fait deux ans que Maxime vit à Romorantin, dans le Loir-et-Cher. Et une année qu’il change les pare-brises chez un garagiste franchisé. La paie est bonne et la clientèle avenante puisqu’elle n’a pas ou si peu à débourser, leurs assurances prenant le relais. Pour rien au monde Maxime ne retournerait en région parisienne, même s’il y a apprécié la diversité des jobs, l’accumulation des compétences. “J’ai conduit des engins de chantier, posé du carrelage dans le métro parisien, installé de l’isolation dans des immeubles”. Il a quitté sa ville de Stains, en Seine-Saint-Denis, sans regret. “J’y retourne le moins possible, certains quartiers ressemblent à des bidonvilles, respirent la misère, ça m’attriste”.

Son enfant est né il y a neuf mois. Maxime a achevé les travaux de sa maison quelques jours avant la naissance. “J’ai embauché un copain artisan et il y en a eu pour 15. 000 euros de travaux. Cela comprend l’installation d’un poele à bois, de l’isolation”. Maxime est fier de son investissement. “C’est une grande maison de 160 m2 habitables, sur un terrain de 1000 m2… achetée 132.000 euros. Et on peut rejoindre les magasins ou la piscine à pied”. Les Cdi de madame et monsieur leur ont permis de décrocher un prêt. “Avec un taux à 0.9% chez la Banque Postale. Je crois qu’on s’est bien débrouillé ! “.

Le jeune homme est donc propriétaire… mais rêve d’expatriation nord-européenne. “Probablement dans cinq ans, quand on aura pris suffisamment de cours de langue et que l’on pourra vendre notre maison sans perdre d’argent”. Un récent road-trip à travers la Suède l’a convaincu. “J’y ai vu des paysages magnifiques, des gens super courtois, des règles que tout le monde appliquait à la lettre. Biensûr, là bas, tout est un peu plus cher, on peut se prendre une amende pour trois fois rien mais au final, qu’est ce qu’on est serein… et puis des tatoués comme moi, il y en a partout, avec de bonnes situations. Les Métalleux, là-haut, c’est la norme” .

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