Archive for the ‘beijing’ Category

Entretien avec Chan Koonchung (Mediapart)

Posted 19 Jan 2012 — by admin
Category beijing, mediapart, video
http://www.dailymotion.com/videoxnbb5i

J’ai rencontré Chan Koonchung en novembre dernier, dans un café de l’imposant centre commercial The Place (世贸天阶) à Pékin. Pendant 01h30, nous avons parlé de la société chinoise, du Parti unique et l’un des sports du régime: la réécriture de l’histoire et de la mémoire collective. Son roman, “Les années fastes”, sort ce mois-ci en France.

Voici la critique de Dominique Conil. Cette modeste vidéo accompagne son beau papier.

My Beijing

Posted 15 Nov 2011 — by admin
Category beijing
http://www.vimeo.com/32092059

and its Beijingers” should I say. I filmed it with my Canon 5DMII and a 24-105 mm lens, during the past 10 days. I could have filmed more, I could have filmed by night but it would have been endless. So i finally went home, switched on my good old computer and started to edit. It’s not “a year in Beijing”, it’s not “a timelapse of the city” (this one about Hong Kong is amazing). It’s only a video of what i get to see/experience everyday . It’s my Beijing, my city, with sorrow and happiness, with colors and grey, with dust and glitter, with concrete and old stones, with work and laziness, with wealth and poverty, with shopping frenzy and spirituality, with greed and genuine hospitality. A city where change, contrasts and surprises are everywhere your wide-open eyes bring you !

Thanks for watching. Your comments and criticism are much appreciated !!

A Pékin, l’Orient est beige !

Posted 04 Nov 2011 — by admin
Category beijing

C’est une petite perle que nous rapporte le South China Morning Post, quotidien hong kongais. Quand les Pékinois suffoquent dans les gaz d’échappement, leurs dirigeants carburent aux purificateurs d’air.

200 appareils à 2000 dollars pièce sont installés à Zhongnanhai, la résidence privée du chef de l’Etat et de son premier ministre, juste à côté de la porte de la Paix Céleste de la Cité Interdite. La gorge profonde du journal est le fabricant lui-même qui, sur son site, a cru bon de mettre en avant ses prestigieux clients, dont on sait déjà qu’ils jouissent de leurs propres fermes bio, tout comme les patrons des principales entreprises d’Etat chinoises.

“Le peuple peut se féliciter que ses dirigeants bénéficient d’un environnement optimal”. Il précise que les piscines, les toilettes, la salle de gym, bref toutes les salles de vie de Zhongnanhai en sont équipées depuis la fin des Jeux Olympiques. Au moins on saura que les leaders se sentent très concernés par la pollution.

Car les Pékinois ont vécu un mois d’octobre particulièrement difficile. Chaque jour, une brume sombre s’est emparée de la capitale. Dans les médias, des médecins conseillaient aux gens de rester chez eux. Dans le quartier d’affaires de Chaoyang, flotte encore le doux parfum de la peinture au plomb mêlé aux exotiques volutes de gazole mal raffiné.

Cloué sur le toit de l’ambassade américaine, un petit appareil enregistre la qualité de l’air pékinois. Il calcule la densité de particules dans l’air.

Cet impérialiste ‘Air Quality Monitor’ diffuse ses sulfureux résultats en temps réel, sur les téléphones et sur twitter ( http://twitter.com/beijingair). Par exemple, à 15h aujourd’hui, on peut lire  : 11-04-2011; 15:00; PM2.5; 113.0; 178; Unhealthy

“Unhealthy” ou mauvais pour la santé. Tout est dit.

Le mois dernier, la machine indiquait même “beyond index” pour signifier qu’il n’existait plus de mesure assez haute pour décrire la qualité de l’air pékinois. Nous dépassions haut la main le “very unhealthy” et le non moins inquiétant “hazardous”. Soit des taux vingt fois supérieurs aux limites fixées par l’Organisation Mondiale de la Santé.

“Crazy bad” (complètement fou) fut le terme ultime employé par la facétieuse machine il y a un an. Mais l’expression humoristique a provoqué un grabuge diplomatique entre l’ambassade américaine et le ministère des affaires étrangères chinois (mofa). Le gouvernement estimait que cette machine diabolique pouvait même aller jusqu’à provoquer des troubles sociaux.

Vous l’avez compris: à Pékin, l’Orient n’est plus Rouge, il est gris-beige.

Le dan bing, une valeur sûre

Posted 30 Oct 2011 — by admin
Category beijing

Entre le bureau et la maison, je m’arrête souvent chez la marchande de “dan bing”, la crêpe chinoise. Madame les vend, les assaisonne, monsieur les prépare au fond du magasin. Le couple travaille sept jours sur sept, de 7h à 21h.

Mais c’est quoi le “dan bing” au juste? Une sorte de tortilla, une immense galette, une crêpe chinoise à base de farine, d’oeufs, d’oignons.

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Vous l’avez compris, le dan bing, c’est très bon, très sain, plutôt joli et relevé par une sauce épicée. C’est un repas complet, vendu à 5 yuans, donc imbattable et plus digeste que les fang bian mian, ces nouilles lyophilisées, que l’on achète avant de monter dans le train.

Ma vendeuse décline aussi le dan bing en plus petit, en beignet, pour 1 yuan. Et servi dans un sachet plastique, avec une servette en papier, s’il vous plait.

A ce prix et en ces temps d’inflation (+6,1%),  je me demande evidemment comment elle fait du bénéfice. Sans doute en travaillant tous les jours, du soir au matin, d’arrache-pied. Les petits travailleurs des alentours lui en sont reconnaissants. Plus besoin de casser sa tirelire au mac donald pendant la pause déjeuner.

La bonne nouvelle, c’est que ces commercants sont nouveaux dans le quartier. Ils remplacent une jeune marchande de cigarettes et de recharges téléphoniques aimable comme une porte de prison, capable de doubler le prix de sa marchandise selon la tête du client, s’il est chinois ou étranger. C’est à cause du Marché de la Soie tout proche, un centre-commercial de la contrefaçon où les tours-opérateurs déversent leurs flots de touristes étrangers par bus entiers, où des vendeuses ambulantes me voient tous les jours au passage piéton et tous les jours essaient de me vendre de fausses chaussettes Hugo Boss et de fausses Rolex. Avec la marchande de dan bing, pas de discrimination: c’est pas cher et c’est pour tout le monde.

Au dessus du frigo, le couple a installé un bel ordinateur avec QQ, l’équivalent d’MSN, qui leur permet de discuter avec leurs deux enfants, 13 et 15 ans, restés au village dans le Henan. Je pense que la maman les a placés dans un pensionnat. Je n’ai pas osé insister.

Je déboule aussi de temps en temps avec mon carnet de chinois sous le bras, histoire de voir si je prononce correctement certains mots. Si elle ou son amie rit, c’est que j’ai encore des efforts à faire.

jordan pouille

jordan pouille

jordan pouille

jordan pouille

jordan pouille

Marianne – Zhou Youguang

Posted 29 Oct 2011 — by admin
Category beijing, culture

Petit portrait/rencontre sur Zhou Youguang à Pékin. Ici un feuillet, pour Marianne. Publié le 29 octobre 2011.

Le terrorisme selon Pékin

Posted 25 Oct 2011 — by admin
Category beijing, societe

jordan pouille ©

La Chine, Etat de droit s’il en est, se penche actuellement sur une définition officielle du terme “terrorisme”. Il y aurait donc un terrorisme aux “caractéristiques chinoises”…

Depuis hier, une loi dite “anti-terroriste” est officiellement à l’étude à Pékin, par le Comité Permanent de l’Assemblée Nationale Populaire. L’agence “Chine Nouvelle” précise que “cette loi est un préambule à de prochaines campagnes de lutte anti-terroriste”.

La dépêche de l’agence officielle rappelle que les sanctions existent – entre trois et dix ans de prison- mais qu’on ne sait pas vraiment ce qu’est un terroriste en Chine. Il est vrai qu’il y a de quoi s’emmêler les pinceaux. La semaine dernière, lors d’une conférence de presse, la porte parole du ministère des affaires étrangères allait même à comparer  la dernière immolation d’un moine tibétain à du “terrorisme déguisé”:  ”Les cas d’immolation sont contraires à la morale et à la conscience et devraient être condamnés” ou ”Les activités séparatistes qui coûtent des vies humaines sont de la violence et du terrorisme déguisés”.

Alors ne sera-ce qu’un jargon supplémentaire? Est ce qu’une définition chinoise du terrorisme pourrait élargir ou rétrécir les cibles de l’outil répressif? On sait qu’un amendement de la procédure criminelle est en cours pour légaliser des disparitions sans justification de suspects, bien souvent des dissidents, considérés comme faisant atteinte à la sécurité de l’Etat.

Ici, ce qui est étrange, c’est cette nouvelle définition apportée à l’acte de terrorisme: “tout acte visant à provoquer la peur collective, s’en prendre à des organes d’Etat, des organisations internationales par la violence, le sabotage, les menaces ou d’autres tactiques“. Censée apporter un peu de clarté, cette définition brille par son imprécision.

Car après tout, un avocat des droits de l’homme révélant un vaste programme d’avortement forcés, un journaliste chinois enquêtant sur les lacunes du tgv chinois ou une poignée de ouighours s’en prenant à un poste de police pourraient bien figurer dans cette catégorie de provocateurs de peur collective. Même l’outil en ligne Weibo (le twitter chinois), cet empêcheur de tourner en rond capable de propager en moins de deux, n’importe quelle rumeur, scandale alimentaire, faits divers aux quatre coins de la Chine, pourrait constituer un organe terroriste dans la mesure où il sabote le travail du Bureau de Propagande d’Etat et ses consignes de censure quotidiennes auprès des médias officiels.

“Les actes terroristes provoquent ou ont pour but de provoquer des dommages à la société, qu’il s’agisse de victimes humaines, de pertes économiques majeures de trouble à l’ordre social“, poursuit la définition officielle à l’étude.

Rassurons nous, l’agence Chine Nouvelle promet qu’une liste des organisations terroristes et des terroristes sera dressée et diffusée par les autorités de sécurité publique. On saura peut-être alors qui est vraiment dans le collimateur de l’Etat.

A Pékin, les indignés du dimanche

Posted 17 Oct 2011 — by admin
Category beijing, economie

Dans le district de Chaoyang, on n’a pas encore fait le siège des banques d’Etat mais le quartier des affaires est enfin sorti de sa léthargie dominicale.

Nous voilà donc au deuxième étage d’une tour du “Chinese Business District” de Jianwai Soho. Un complexe clinquant de boutiques et de bureaux construits par le couple de milliardaires atypiques et médiatiques Zhang Xin et Pan Shiyi, régnant en maîtres sur l’immobilier pékinois.

Peuplé de travailleurs en cravate ou tailleur la semaine, le lieu est désespérément vide entre vendredi soir et lundi matin. Mais par le miracle d’internet, à l’appel d’un Weibonaute (Weibo est l’équivalent chinois de Twitter, bloqué), l’endroit s’est transformé ce dimanche après-midi, en une joyeuse braderie.

Une centaine de pékinois ont donc pris place pour troquer leurs affaires d’occasion. Le principe: redonner une vie à des objets délaissés, créér du lien social autour d’un paire de sandales, un gloss peu servi, un ipod dépassé. Beaucoup ont troqué, quelques uns ont vendu. Tous n’étaient apparemment pas venus pour faire du profit et les quelques centaines de yuans accumulés seront même redistribués à un défenseur des animaux très convaincant. Pour la petite histoire, le jeune homme fait partie de ces riverains ayant sauvé des centaines de chiens de l’abbattoir en avril dernier (voir article http://twurl.nl/rbsv47) . Il ferraille aujourd’hui pour nourrir ces animaux rescapés mais que les Pékinois ne peuvent adopter; les chiens de plus de 50 cms de hauteur étant “canina non grata” en ville. “Seulement” 100 000 petits sont donc enregistrés dans la capitale chaque année. Difficile de croire que la taille d’un chien est proportionnelle à sa dangerosité mais soit…

Dans une ville démesurée où tout pousse à la consommation, où les centres commerciaux sont pléthoriques, où la spéculation immobilière rend inaccessible la plupart des nouveaux appartements, il y a des moments où l’on est heureux de constater un soupçon de résistance pacifique au modèle de société actuel chinois.

Parmi les “bradeux” donc, pas peu fiers d’étaler leurs babioles, j’ai fait la connaissance d’un jeune traducteur, une journaliste du Quotidien du Peuple fraîchement embauchée après neuf mois d’immersion à Lyon, une productrice pour le bureau pékinois de la télévision nationale nipponne, un dessinateur, un commercial dans une société nationale d’alicaments (pour lutter contre la malnutrition qui existe encore en Chine).

Tous ont moins de trente ans, de l’éducation, un salaire convenable et l’envie, sur leur temps libre, de partager autre chose que des coupons de réduction distribués par des machines à l’entrée des hypermarchés.

Et puis à la fin de la journée, un couple de restaurateurs est arrivé. Pour 35 yuans (4 euros), ils ont proposé un repas entièrement “bio” et végétalien. En amuse-bouche, le mari tenait un discours plutôt alarmiste sur la sécurité alimentaire, à contre-courant des médias officiels annonçant une lutte gouvernementale sans pitié contre les industriels de l’eau de bouteille au plomb ou du lait maternisé à la dioxine.

Mais comment être sur que votre bio est vraiment bio ?” ose un garçon. Il fait allusion au dernier scandale des supermarchés Wall Mart de Chongqing où le porc vendu comme biologique depuis des mois n’était en fait que de la vulgaire viande dopée au clembutérol. Et le restaurateur d’expliquer par le début toute l’histoire de l’agriculture biologique, à la demande générale et par un vote à main levée. Il n’existerait pas de label officiel bio mais deux standards d’alimentation dite “verte”: le A et le AA. Pour le reste, c’est la confiance qui prime.

A la fin du repas, varié et ponctué d’une soupe au potiron bio magistrale, un professeur est venu dénoncer à mots feutrés l’omniprésence des OGM dans l’alimentation quotidienne. “95% du soja servi en Chine”. Stupeur générale. Deux producteurs de légumes -et fournisseurs directs de nos restaurateurs bio- ont terminé la séance en expliquant leurs projets d’agriculture équitable avec des paysans du Hebei et d’Harbin.

jordan pouille

Ce dimanche, ce petit bout de pékin a offert un condensé prometteur de la fameuse nouvelle classe moyenne chinoise, nourrie à Weibo, pas “indignée”comme en Occident mais de plus en plus “consciente” des problèmes collatéraux de cette croissance effrénée. Tous ces jeunes étaient prêts à prolonger le dialogue bien au delà de la toile. Et ils ont été servis, sur un plateau.

 

Backstage with a Peking opera troupe

Posted 14 Oct 2011 — by admin
Category beijing, culture

“Sorry, it’s forbidden” yelled the reception lady at us, as we politely asked to see artists getting prepared for  their 7pm peking opera show at Shang An theatre, near the Forbidden City.

Instead of booking 280 rmb tickets, we headed to the car park at the back of the theatre. Here, opera dancers were smoking one last cigarette and didn’t think for long before offering us an inside look. We quickly found ourselves ‘backstage’, both shy, delighted and excited to be among them for a few hours.

This well known “Peking Opera troupe of Hebei province” was set up in 1953. It had to stop during the Cultural Revolution because it was considered as “feudalistic” and “bourgeois”. It is now run by acclaimed artist Pei Yanling. Kung Fu kids call her “grandma”. This extravagant lady plays the leading role of “Xiang Jiuxiao”, a poet who struggles to keep political secrets away from the Emperor. Pei Yanling has been named “China’s cultural treasure” by the government. No wonder why she enjoys a personal servant, who follows her anywhere with a teapot. At this end of this “journey”, we have been generously invited to her training school in Hebei province. Stay tuned !

jordan pouille ©

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Une inflation “insupportable” pour les Pékinois

Posted 10 Oct 2011 — by admin
Category beijing, daily life, economie

jordan pouille

Un petit vendeur de légumes de Dongcheng, un quartier central de Pékin.

Insupportable. C’est le terme employé par 70 % des 1400 foyers pékinois dans le cadre d’une étude sur la perception des prix, menée par la Banque Centrale de Chine et publiée par le magazine économique chinois Caijing. Si le gouvernement tente de contenir le prix de l’immobilier qui a quadruplé en dix ans à Pékin - un crève coeur dans la mesure où les entreprises d’Etat investissent elles aussi dans la juteuse spéculation immobilière –  il ne peut pas grand chose face à l’inflation générale. On déplore ainsi une hausse des prix de 4.8% d’un trimestre à l’autre.

Et cette hausse frappe l’alimentation en particulier. Ainsi, le prix de la viande de porc, la plus consommée en Chine, a augmenté de plus de 45 % en un an. A titre personnel, je constate que le moindre plat dans les restaurants de quartier a grimpé de 2 yuans depuis le début de l’été. Les Chinois maîtrisent l’art de la débrouille et l’on assiste au succès des restaurants groupés, où l’on réserve son assiette sur internet. En réservant à plusieurs, on peut ainsi fait baisser la note sensiblement.

Les boucs (émissaires) de Dongcheng

Posted 09 Oct 2011 — by admin
Category beijing

C’est un dimanche tristement ordinaire. Le ciel est blanc, totalement laiteux, crémeux, blafard: un mélange morne de pollution et de brume, si propre au Pékin post-olympique et qui incite plutôt les gens à errer dans les allées lustrées des centres commerciaux.

Un ami chinois m’a filé une adresse, un coin secret à un jet de cailloux de la Cité Interdite et juste derrière l’Hôtel International de Pékin sur Janguomennei Dajie, aux allures de vaisseau spatial néo-stalinien. Il parait que des bougres pas bien riches y élèvent des boucs et des oies en toute impunité. Mon ami ne s’est pas trompé. Ce sont les derniers habitants d’un Hutong de Dongcheng qui aurait du disparaître il y a fort longtemps… si ces irréductibles avaient accepté le montant des indemnités sans sourciller. Mais ils sont coriaces les Pékinois.

Et ceux-ci précisemment, de l’ethnie Man (Mandchourie) pour la petite histoire. Nul ici ne sait ce qui viendra un jour remplacer ces maisons de briques mais ils tiennent, contre vents et marées ou plutôt contre pelleteuses, bulldozers, coupures de courant et d’eau intempestives. Parqués derrières des palissades de chantier vantant le développement harmonieux de Dongcheng, ils se sont même payés un vigile qui surveille l’arrivée éventuelle de démolisseurs mal lunés. Et profitant désormais d’un large terrain vague, ces riverains en sursis y élèvent un joli troupeau de boucs broutant autour d’un arbre solitaire et majestueux. Une scène bucolique en plein centre ville, s’offrant aux fenêtres des austères tours de bureaux environnantes.

Il est frappant de voir que ces Sihueyan (les maisons à cour carrée souvent partagées par plusieurs familles) ont été littéralement démembrés: seuls tiennent debout les salles occupées par les derniers occupants; les pelleteuses ayant dévoré tout le reste. Du coup, ces toits et murs tiennent avec des bouts de ficelle et la moindre rafale menace de faire effondrer l’édifice. C’est une histoire bien ordinaire, ma foi. Je vous avais prévenu.

Le reportage photographique:

Jordan Pouille

Jordan Pouille

Jordan Pouille

Jordan Pouille

Jordan Pouille