Publié le 26 janvier. Petit poucet du secteur il y a cinq ans, la Chine fabrique aujourd’hui plus de la moitié des panneaux solaires de la planète. 95 % de sa production est exportée et le pays se ferme aux concurrents étrangers. A l’heure où le “produire français” bat la campagne présidentielle, et où les filières d’énergies renouvelables sont en perdition, enquête sur cette ascension foudroyante qui a été massivement financée par le gouvernement chinois. Read More
Archive for the ‘economie’ Category
Comment la Chine a raflé le marché du solaire (Mediapart)
Category economie, environnement, mediapart, reportage
Un dragon à la campagne
Chaque année, au terme d’un long périple, en train ou à moto, la main d’oeuvre bon marché peuplant les usines de la riche province du Guangdong retourne à la campagne. Au menu: dix jours de libations et de retrouvailles pleines de tendresse, dans ces maisons proprettes de l’extérieur mais toutes “grise-ciment” à l’intérieur, érigées au terme d’années de sacrifices familiaux, de travail acharné et de privations.
Une vie meilleure
La forte hausse du coût du travail à la chaîne a certes poussé un paquet d’industriels à délocaliser vers le “tiers-monde” de la Chine, à l’Ouest, mais a aussi permis de réduire l’écart de richesses entre les citadins et les ruraux. Vendredi, le Bureau National des Statistiques nous révélait le revenu annuel moyen par habitant: 6977 yuans à la campagne (=843 euros) contre 21810 yuans à la ville (=2647 euros), en 2011.
Ce qui veut dire dire que le revenu moyen en ville est 3,13 fois plus élevé qu’à la campagne. En 2010, c’était 3,23, contre 3,33 en 2009. Cette enquête a été réalisée chez 74 000 foyers ruraux et 66 000 foyers urbains. C’est donc une bonne nouvelle mais si la Chine ne publie plus son indice de Gini depuis 10 ans: cet indice de développement qui s’intéresse à la répartition des richesses.
Une Chine majoritairement urbaine
Dans le même temps, fin 2011, la population urbaine a comme prévu dépassé la population rurale en volume: 690.79 millions d’urbains (+21 millions sur un an) contre 656.56 millions de ruraux (-14.56 millions sur un an).
Pour conclure, voici une dernière vidéo que j’avais réalisée en 2009 pour illustrer concrètement le contraste entre la vie des paysans du Hubei chez qui j’avais dormi et celle des urbains de Shanghai où je vivais, au début de ma correspondance. Le clip a été monté par Laurent Salipante, chez LaTéléLibre. En 2012, et même si le ratio démographique ville/campagne a beaucoup évolué, ce film conserve encore tout son sens !
http://www.dailymotion.com/videox8wm0i- relire mon reportage LaVie ici, où les 300 000 ouvriers de Foxconn Shenzhen qui fabriquent l’Iphone, gagnent désormais plus de 3200 yuans par mois.
- confrontés du coup à une hausse importante du prix de la main d’oeuvre, Foxconn a délocalisé une partie de sa production à Chengdu dans le Sichuan. Lire mon reportage Usine Nouvelle
La croissance chinoise cache ses pauvres
Voici un document intéressant, un petit scan d’une étude d’Athar Hussain, sur la pauvreté urbaine chinoise.
Il montre que la pauvreté n’est pas là où on l’attend. Ainsi Tianjin, ville prospère à 180 kms de Pékin et seulement 30 minutes par le train rapide affiche un “taux de pauvreté” au dessus de la moyenne. Ou même en Mongolie Intérieure ou dans le Shaanxi, deux provinces qui carburent à leurs réserves phénoménales de charbon et qui connaissent les plus fortes croissances en Chine, ont toujours un taux de pauvreté parmi les plus élevés. Cela montre que les provinces mènent une politique différente de lutte contre la pauvreté. Et aussi que le modèle socialiste chinois continue de creuser à coup de pelleteuses les écarts de richesse au sein de la population.
Retour à Ordos, ville fantôme
Category economie, metro international
Le prix du m2 chute, les promoteurs prennent la tangente mais rien n’y fait. Cette ville en plein milieu du désert de Mongolie Intérieure, continue de grandir, de gonfler contre toute raison mais personne ne vient s’y installer faute d’usine, d’activité. Elle pourrait accueillir 1 million de personnes et même les divertir avec des opéras, cinémas et même une rédaction de journal. Cela montre que les nouveaux riches de ce petit territoire ne savent toujours pas quoi faire de leur argent. Le charbon s’extrait ici en quantités illimitées alors on investit dans le ciment, coute que coute.
Voici un reportage que j’ai réalisé et rédigé en anglais pour les éditions internationales du quotidien Métro. A ma connaissance, il est paru dans les éditions canadienne et française.
Edition française:
Chine: les paysans de Wukan ont gagné (Médiapart)
Category economie, environnement, mediapart, politique, societe
Analyse publiée le 24 décembre dans le journal de Médiapart.
L’issue du conflit est beaucoup plus optimiste que ce que je pouvais imaginer. Même si les chefs du village sont peut-être déjà planqués à Hong Kong… avec la caisse», confie le correspondant flegmatique du Daily Telegraph en Chine, de retour de Wukan.
Depuis septembre, les habitants de cette bourgade au sud de la Chine ferraillaient contre les officiels locaux, accusés d’avoir saisi leurs terres et empoché des millions de yuans en les revendant à des promoteurs. Véhicules de police renversés, altercations violentes étaient le lot quotidien à Wukan. Jusqu’à l’arrestation de cinq paysans “meneurs” et la mort suspecte de l’un d’entre eux, il y a deux semaines. Les habitants se sont alors subitement barricadés, en prenant soin de bouter les officiels et les policiers hors du village tout en accueillant la presse étrangère et les blogueurs hongkongais, dans l’espoir que leurs revendications soient massivement diffusées.
Même s’il faudra rester vigilant – le chef de la préfecture, Zheng Yanxiong, enrage actuellement contre l’influence diabolique «des médias étrangers pourris, des sites pourris» –, la répression sourde que l’on craignait n’a pas eu lieu. Les 20.000 paysans ont obtenu la libération de trois de leurs camarades vendredi, la rétrocession de 27 hectares de terres et la garantie d’élections démocratiques pour désigner le prochain chef de village. Jusqu’ici muet sur le conflit, le Quotidien du Peuple félicitait jeudi une gestion exemplaire orchestrée par le Parti communiste chinois, désormais capable de remettre l’humain au centre.
Mais est-ce vraiment un tournant? Le Parti change-t-il de cap en acceptant l’instabilité et en satisfaisant les attentes rurales? Plusieurs tentatives de réponses:
Du charbon à foison découvert au Xinjiang
Category economie
“Laissez les Porsche Cayenne s’épanouir à Kashgar” pourrait bientôt s’exclamer Hu Jintao. L’agence Chine Nouvelle annonce aujourd’hui la découverte du plus grand gisement de charbon d’Asie, dans la province du Xinjiang.
Peu probable finalement, que la Chine soit prête à réduire sa dépendance au charbon, qui lui fournit déjà plus de 79 % de son électricité grâce aux inépuisables gisements du Shaanxi et de Mongolie Intérieure.
Mais espérons que ce gisement de charbon puisse profiter pleinement aux deux communautés Han et Ouighours. Ici mon reportage réalisé à Kashgar, pour le magazine canadien “L’Actualité” peu après les émeutes d’Urumqi de l’été 2009. Cette ville est le berceau de l’Islam en Asie mais elle est désormais destinée à devenir une “zone économique spéciale”: bouleversements garantis.
Voici la dépêche:
“La Chine a découvert un gisement de charbon dont les réserves atteindraient 89,2 milliards de tonnes, le plus grand gisement de charbon découvert en Asie, au lac Sha’er dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest).
“Nous avons soumis aux autorités centrales un plan d’exploitation de ce gisement de charbon géant. Une fois le plan approuvé, son exploitation pourra commencer”, a indiqué Wei Cheng, directeur adjoint du centre d’exploitation du gisement de charbon de Sha’er.
Des experts en prospection ont travaillé durant un an à évaluer les réserves du gisement de charbon, a-t-il poursuivi.
“La qualité du charbon est bonne, avec des teneurs basses en soufre, en phosphore et en cendre, une forte puissance calorifique et un volume relativement faible d’éléments toxiques”, a-t-il précisé.
Selon des rapports, le volume total des réserves de charbon découvertes au Xinjiang dépasse les 200 milliards de tonnes, soit près de 40% du total national”.
http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7685709.html (23 décembre 2011)
Chez les ingénieurs chinois de Peugeot Citroën (Médiapart)
Publié le 12 décembre 2011 sur Médiapart
«Il faut assumer notre présence ici. Et que tout le monde sache que nous avons besoin de cette équipe chinoise pour accélérer notre développement», défend en français Xiaoyan Hua Schwab, directrice de la communication Asie de Peugeot, quand elle lit çà et là que PSA délocalise sa recherche en Chine.
Le plan dévoilé il y a moins d’un mois vise notamment à réduire les effectifs des salariés affectés à la recherche et au développement en France (actuellement 14.000 personnes). Dans le même temps, le centre de recherche et développement chinois (“China Tech Center”) devrait atteindre les 1.000 personnes d’ici 2015. Il en compte 450 pour le moment, à 80% chinoises, plus une quarantaine encore en sursis dans un bureau de Pékin qui gère la vente des véhicules importés, leur homologation et leur promotion. Elles devraient rejoindre Shanghai dès cet hiver. «Vous verrez en les rencontrant, nos salariés ne savent pas grand-chose du plan social français. Mais ce qui les décevrait, c’est si on ne réussissait pas en Chine», prévient Xiaoyan Hua.
Malgré vingt ans de présence et «une croissance record de 38% en 2010 » avec 374.600 voitures vendues, la part de marché du deuxième constructeur européen stagne à 3,4%, s’attirant les railleries de la presse chinoise. En avril 2010, Le Matin de L’Orient, à Shanghai, titrait « PSA n’a toujours pas senti le pouls de la Chine ». Peu avant, Le Soir du Yangtze, à Yangzhou, écrivait « PSA n’a jamais réussi malgré sa longue expérience en Chine».
A titre de comparaison, Audi, la marque préférée des officiels du Parti unique et propriété de VW, écoulait 646.300 unités rien qu’entre janvier et juillet 2010. Même si le nec plus ultra reste sans doute de parader dans les bouchons de Pékin sans plaque minéralogique à bord d’une Lamborghini vert pomme ou d’une Bentley mate, souvent l’apanage des enfants de la nomenklatura chinoise.
Mais PSA se réveillerait enfin, bien décidé à répondre aux attentes d’un marché pour qui la voiture est devenue le meilleur symbole de réussite sociale. Le handicap français est réel. Citroën pâtit d’une image écornée après avoir longtemps inondé Pékin et Chengdu de taxis ZX ou “Elysée” peu clinquants. A l’inverse, Peugeot demeure encore inconnu des aspirants conducteurs chinois, en dehors des grandes villes. Alors que les Buick ou Chevrolet ont joui d’emblée d’un bonus affectif chez une catégorie de Chinois à la poursuite de l’American Way of Life.
Ouvert à l’automne 2008, le China Tech Center de PSA à Shanghai est censé remédier à tous ses maux. Il n’a pour l’instant rien à envier aux quatre centres d’études de La Garenne-Colombes, Vélizy, Belchamp et Carrières. «Pour des raisons de loyer», le centre shanghaien est disséminé entre plusieurs étages de trois bâtiments de la nouvelle zone Hi-Tech de Caohejing, à l’ouest du fleuve Huangpu. Les bureaux de l’équipementier automobile français Valeo sont à deux pas, tout comme le siège chinois des fast-foods MacDonalds. Aucune piste d’essai, aucune soufflerie, ni de hangar à crash test à l’horizon. Le parking souterrain abrite les voitures du personnel, les modèles PSA disponibles en Chine et, depuis ce matin, la DS3 WRC de Sébastien Loeb, de retour d’un événement à Canton.
Mais c’est bien ici que l’on conçoit les modèles Peugeot et Citroën destinés au marché chinois. «On fait sur place ce qu’on ne sait pas faire en France. C’est-à-dire adapter nos voitures aux goûts et besoins des Chinois. Ici, le client aime une voiture qui ressemble à une voiture», résume un cadre qui soupire en repensant à l’échec cuisant de la Picasso. Même fabriqué en Chine, le monospace n’a jamais eu le droit de cité dans l’empire du Milieu. Read More
Enquête sur le solaire chinois – Usine Nouvelle
Category economie, environnement, reportage
Récemment, j’ai pu retourner dans le Sichuan et enquêter plus avant sur les étapes de fabrication du photovoltaique “made in china” pour l’hebdomadaire l’Usine Nouvelle. Un périple complet, préparé de haute lutte, depuis les carrières de silice d’Emeishan jusqu’à la chaîne d’assemblage des modules solaires en passant par les usines d’Etat de Leshan où l’on purifie la matière première. Souvenez vous, l’an dernier j’ai été lauréat d’une dotation baptisée “brouillon d’un rêve journalistique”. En plus des précieux conseils de ses membres, la Scam (société des auteurs multimédia) m’a donc aidé à financer la réalisation du document vidéo, qui accompagne le papier, en kiosque depuis le 08 décembre.
Voici en aperçu, la première page de l’enquête qui en compte 3.
Et la vidéo ici:
http://www.vimeo.com/34324762Retour à Ordos, ville (toujours) fantôme
Category economie, environnement, reportage
Dix huit mois plus tard, je suis retourné sur place, là bas dans ce petit bout sableux de Mongolie Intérieure. Ce qui a changé? Tout est beaucoup plus grand et le sentiment de vide encore plus important. Car même si personne n’achète, à part les fonctionnaires de la ville voisine désormais contraints de travailler sur place, les chantiers ne sont pas arrêtés, à peine ralentis ! Après l’avenue de la culture et ses bâtiments futuristes, on s’attaque au “business district” avec six gratte-ciels bordant le lac artificiel. L’été venu, celui-ci offrira un spectacle de toute beauté, avec des jets projetant l’eau à plus de soixante mètres. A Ordos, le béton a tellement pompé l’eau des nappes phréatiques que l’eau des rares habitants est coupée deux jours par semaine. Un développement durable, donc.
Ma précédente série à Ordos (été 2010) fut publiée en juillet 2010 dans Marianne puis en décembre dans un magazine allemand ici
Foxconn Chengdu: comment vivent les ouvriers de l’Ipad2 ?
Category economie, reportage, usine nouvelle
Après la vague de suicides d’ouvriers au printemps 2010, Foxconn, le fournisseur d’Apple, a délocalisé une partie de sa production dans le Sichuan, à l’Ouest de la Chine. Reportage à Pixian, dans la banlieue de Chengdu. Cette ville nouvelle, construite par la firme taïwanaise Foxconn, fabrique les iPad deuxième génération.
Le tout est à lire ici chez Usine Nouvelle.
Mes photos de reportage sont ici














