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	<title>Jordan Pouille &#187; economie</title>
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	<description>Carnets de Chine de Jordan Pouille, correspondant à Pékin</description>
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		<title>Comment la Chine a raflé le marché du solaire (Mediapart)</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 22:33:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[environnement]]></category>
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		<description><![CDATA[Publié le 26 janvier. Petit poucet du secteur il y a cinq ans, la Chine fabrique aujourd’hui plus de la moitié des panneaux solaires de la planète. 95 % de sa production est exportée et le pays se ferme aux concurrents étrangers. A l&#8217;heure où le “produire français” bat la campagne présidentielle, et où les filières [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Publié le 26 janvier.</em> Petit poucet du secteur il y a cinq ans, la Chine fabrique aujourd’hui plus de la moitié des panneaux solaires de la planète. 95 % de sa production est exportée et le pays se ferme aux concurrents étrangers. A l&#8217;heure où le “produire français” bat la campagne présidentielle, et où les filières d&#8217;énergies renouvelables sont en perdition, enquête sur cette ascension foudroyante qui a été massivement financée par le gouvernement chinois.<span id="more-2869"></span></p>
<div>
<p>C’était en 2011. Après trois années à subir la concurrence chinoise et victime collatérale de la chute de Lehman Brothers, qui était son principal actionnaire, le PDG du fabricant de gaufres de silicium Evergreen Solar, Michale El-Hillow, prenait une décision radicale :<em> </em>fermer sa toute nouvelle usine du Massachusetts, licencier ses 800 techniciens et<em> </em>délocaliser toute la production à Wuhan, en s’associant à Jiawei, une puissante entreprise chinoise qui lorgnait sa technologie innovante. En France, c&#8217;est une entreprise pionnière en matière de panneaux solaires, Photowatt, qui se retrouve devant le tribunal de commerce. En Allemagne, les industries de l&#8217;énergie renouvelable souffrent tout autant.</p>
<p>Tandis que les candidats à la présidentielle débattent abondamment de la réindustrialisation du pays et du “produire français”, l’Etat chinois déroule le tapis rouge à toutes les bonnes âmes susceptibles d’offrir la suprématie mondiale à sa filière bourgeonnante. En 2010, 41,8 milliards de dollars ont été investis dans l’industrie solaire au niveau mondial. 33,7 milliards sont venus du gouvernement chinois.</p>
<p>A 1.000 km de Wuhan, c’est Leshan, une coquette ville touristique de la province du Sichuan, à l’ouest du pays. Les touristes ont toujours afflué pour y admirer le Bouddha géant, sculpté à flanc de montagne. Mais c’est l’industrie photovoltaïque qui fait aujourd’hui sa renommée.</p>
<p>Depuis avril 2009, s’y développe une zone industrielle high-tech rognant sur les champs de cacahuètes. Sur 30 km<sup>2</sup>, des usines sophistiquées rassemblent toutes les étapes de l’industrie solaire : purification du silice, la matière première, découpe des gaufres de silicium en cellules, assemblage des cellules photovoltaïques poly-cristallines sur des structures de fer.</p>
<p>Dans le Sichuan, ce sont les mastodontes Sichuan Xinguang Polysilicon et Tianwei New Energy, entreprises étatiques, qui dominent l’industrie. Mais un autre géant, Topraycell, a promis d’y investir 3 milliards de yuans en cinq ans. La firme a déjà relocalisé son unité de production de Shenzhen (au sud) à Leshan pour économiser en main-d’œuvre et s’abreuver de matière première. Très énergivore, la zone industrielle profite aussi de nouvelles centrales à charbon, toutes proches.</p>
<div>Sur la route qu’empruntent les camions chargés de granulats de silice, des calicots de propagande font la promotion « <em>des efforts continus du Parti pour le développement scientifique » </em>de Leshan. Ils mènent jusqu’aux montagnes sacrées d’Emeishan, où les monastères bouddhistes avoisinent les gisements de silice, dont les petits exploitants essaiment la toile de leurs numéros de portables, à la recherche de clients potentiels ou de partenaires qui leur apporteront les engins nécessaires.<a title="Traitement du silice à Leshan" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_28693/silicon_mine_leshan_620_jpouille.jpg"></a></div>
<p>Résultat : cette nouvelle industrie apporte à Leshan une croissance inespérée (+13 % par an) associée à une urbanisation galopante. Depuis un an, des tours résidentielles multicolores font face aux cheminées d’usines photovoltaïques. Seul le fleuve agité de Dadu les sépare.</p>
</div>
<h3>Le Parti, parrain de l’industrie solaire</h3>
<p>Comme partout sur les terres chinoises en phase d’industrialisation, les entrepreneurs s’installant à Leshan ont bénéficié des largesses de l’Etat. Qu’elles soient privées ou publiques, leurs usines n&#8217;ont eu aucun problème pour accéder aux prêts bancaires. Avec des facilités de paiement : à Leshan, c’est le gouvernement local qui rembourse les intérêts.</p>
<p>Pour y construire leurs ateliers, des terrains sont accessibles à des prix dérisoires et en quantité illimitée, n’en déplaise aux milliers de paysans promptement expropriés. Quelques irréductibles bataillent encore pour ne pas rejoindre les dortoirs des ouvriers sans avoir obtenu une indemnité substantielle en échange de leurs champs si bien situés.</p>
<p>Enfin, la ville se montre peu regardante sur les rejets toxiques de ces nouvelles usines. <em>« La nuit, il sort de l’air noir </em>», dit une vieille dame dont la ferme délabrée fait face à une brochette de cheminées. « <em>Vers deux heures du matin, Xinguang Silicon lâche sa fumée et je retrouve mes plantes toutes penchées, au réveil </em>», ajoute un autre paysan devant ses tournesols fatigués. Difficile de leur donner raison. Le bureau de l’environnement de Leshan ne diffuse plus de relevé sur la qualité de l’eau ou de l’air dans le secteur…</p>
<p>Il ne faudrait pas que les habitants s’inspirent du cas « Jinko ». En septembre dernier, dans la province méridionale du Zhejiang, <a href="http://www.reuters.com/article/2011/09/18/us-china-solar-plant-protest-idUSTRE78H0FL20110918">500 personnes ont ferraillé trois jours</a> durant contre les émissions polluantes de ce fabricant de panneaux solaires à la renommée mondiale. Le mouvement sera finalement réprimé par les forces anti-émeute.</p>
<p>Peut-on visiter les fières installations solaires de Leshan ? <em>« Bu shi ! » </em>(non), disent les gardiens. Depuis que la Chine porte le chapeau d’un prix du marché au rabais (la valeur marchande des produits des différentes étapes de la production solaire ont chuté de 60 % depuis février 2011), les critiques fusent et les usines solaires chinoises fuient les journalistes chinois comme étrangers. L’accord oral de Ding Qiang, le PDG de Tian Wei New Energy que nous avions obtenu à Pékin, pèse finalement bien peu face au refus de Zhao Baoli, le chef du bureau local du parti communiste.</p>
<p>Il met en garde contre toute <em>« mauvaise information »</em> susceptible d’influencer la valeur de la société cotée en bourse. « <em>Ne vous formalisez pas, nous avons même refusé les journalistes du</em>Quotidien du Peuple <em>et de la CCTV </em>(la télévision chinoise). » Tout juste nous a-t-on laissé apercevoir les banderoles géantes devant les ateliers, appelant au respect des règles de sécurité et rappelant le besoin impérieux d’atteindre les objectifs de production.</p>
<p>Qu’il semble loin le temps du développement nonchalant, quand le solaire chinois n’en était encore qu’à ses balbutiements. En avril 2010, non loin de Chengdu, nous visitions sans entrave le chantier d’une usine baptisée 739. Propriété d’une division de l’Armée populaire de libération, jusqu’alors focalisée sur les semi-conducteurs et les circuits imprimés, elle se lançait elle aussi dans la valse solaire.</p>
<p>A l’extérieur : de nombreux dortoirs, des terrains de basket, une belle route bitumée à quatre voies. A l’intérieur : des dizaines de machines italiennes, suisses, japonaises ou allemandes dernier cri, encore sous plastique. De très jeunes ingénieurs shanghaiens s’amusaient à les apprivoiser. Cette usine nouvelle de polysilicone jouxtait une autre unité de Tian Wei New Energy employant 1000 jeunes ouvriers dociles à 1000 yuans par mois (120 euros), et délestant ses déchets solides dans un terrain vague. L’armée et l’Etat s’apprêtaient donc à entrer en concurrence, sur le terrain du photovoltaïque.</p>
<h3>Le temps des regrets ?</h3>
<p>A l’époque du sommet de Copenhague contre le réchauffement climatique, fin 2009, certaines ONG financées par des industriels comme The Climate Group, de Tony Blair, ont poussé sans relâche les puissances occidentales à favoriser les transferts massifs de technologies vertes vers les pays en voie de développement prêts à les acheter, sous prétexte de réduire leurs propres émissions de carbone. Ce qui a permis aux industriels chinois d’atteindre très rapidement leurs objectifs de production et d&#8217;inonder le marché mondial, aujourd’hui ralenti par la suppression des subventions à l’installation comme en France ou en Grande-Bretagne.</p>
<p>«<em> Confrontée à la surproduction, l’industrie chinoise, forte de 35 producteurs, devrait n’en conserver que 4 d’ici trois ans </em>», spéculent même des analystes du cabinet Macquarie. Mais c’est sans compter sur le marché domestique naissant du photovoltaïque, désormais officiellement fermé aux investisseurs étrangers. L’Administration chinoise de l’énergie a annoncé une hausse de 50 % des objectifs d’installations de panneaux solaires dans le pays, pour atteindre une capacité de 15 GW d’ici 2015.</p>
<p>Mais pour avoir chamboulé les hégémonies allemande et américaine, le pays peut tout de même se targuer d’avoir garanti l’accès à cette énergie verte au plus grand nombre. Comme en Inde, où l’usage du solaire chinois se généralise à mesure que son prix se rapproche de celui de l’essence.</p>
<p>Les Américains ne sont pas de cet avis. La très officielle Commission américaine pour le commerce international vient de reconnaître que l’industrie solaire chinoise, par ses subventions étatiques massives, avait sciemment violé les règles de l’Organisation mondiale du commerce et mis en péril sa propre industrie. Craignant des sanctions fiscales imminentes de la part de l’administration Obama, les bureaux de représentation aux Etats-Unis des fabricants solaires chinois tentent coûte que coûte d’importer une quantité optimale de leurs marchandises.</p>
<p>Le 21 décembre, le géant Suntech Power a déposé 77 containers de panneaux solaires sur le sol américain. Du jamais vu. Trina Solar, un autre fabricant chinois, lui aussi d’Etat, dopait ses livraisons de 209 % en décembre. Et tous deux s’apprêtent à louer des hangars de stockage supplémentaires, laissant présager de nouveaux arrivages.</p>
<p>Cette prise de conscience tardive de l’Occident, désemparé face à son industrie solaire sinistrée, pourrait bien s’élargir au secteur éolien, qui emprunte le même chemin.  Propriété de l’Etat chinois,<em> </em>Sinovel vient de vendre 23 éoliennes au Brésil et devra honorer des commandes en Australie, en Grèce, en Irlande ou dans le Massachusetts, avec pour objectif de dominer le marché mondial d’ici 2015.</p>
<p>Dans le même temps, l’espagnol Gomesa délocalise 70 % de sa production d’éoliennes vers la Chine, pour diminuer ses coûts de production. Le danois Vestas, leader historique de l’éolien, est passé de 180 millions d’euros de bénéfices en 2010 à 60 millions d’euros de pertes l’année suivante. Et il vient d’annoncer 2335 suppressions d’emplois…</p>
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		<title>Un dragon à la campagne</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 22:33:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chaque année, au terme d’un long périple, en train ou à moto, la main d’oeuvre bon marché peuplant les usines de la riche province du Guangdong retourne à la campagne. Au menu: dix jours de libations et de retrouvailles pleines de tendresse, dans ces maisons proprettes de l’extérieur mais toutes “grise-ciment” à l’intérieur, érigées au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.jordanpouille.com/2012/01/23/bonne-annee-du-dragon-bis/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p>
<p>Chaque année, au terme d’un long périple, en train ou à moto, la main d’oeuvre bon marché peuplant les usines de la riche province du Guangdong retourne à la campagne. Au menu: dix jours de libations et de retrouvailles pleines de tendresse, dans ces maisons proprettes de l’extérieur mais toutes “grise-ciment” à l’intérieur, érigées au terme d’années de sacrifices familiaux, de travail acharné et de privations.</p>
<p><strong>Une vie meilleure</strong></p>
<p>La forte hausse du coût du travail à la chaîne a certes poussé un paquet d’industriels à délocaliser vers le &#8220;tiers-monde&#8221; de la Chine, à l&#8217;Ouest, mais a aussi permis de <strong>réduire l’écart de richesses entre les citadins et les ruraux. </strong>Vendredi, le Bureau National des Statistiques nous révélait le revenu annuel moyen par habitant: 6977 yuans à la campagne (=843 euros) contre 21810 yuans à la ville (=2647 euros), en 2011.</p>
<p>Ce qui veut dire dire que le revenu moyen en ville est 3,13 fois plus élevé qu’à la campagne. En 2010, c’était 3,23, contre 3,33 en 2009. Cette enquête a été réalisée chez 74 000 foyers ruraux et 66 000 foyers urbains. C&#8217;est donc une bonne nouvelle mais si la Chine ne publie plus son indice de Gini depuis 10 ans: cet indice de développement qui s&#8217;intéresse à la répartition des richesses.</p>
<p><strong>Une Chine majoritairement urbaine</strong></p>
<p>Dans le même temps, fin 2011, <strong>la population urbaine a comme prévu dépassé la population rurale</strong> en volume: 690.79 millions d’urbains (+21 millions sur un an) contre 656.56 millions de ruraux (-14.56 millions sur un an).</p>
<p>Pour conclure, voici une dernière vidéo que j’avais réalisée en 2009 pour illustrer concrètement le contraste entre la vie des paysans du Hubei chez qui j&#8217;avais dormi et celle des urbains de Shanghai où je vivais, au début de ma correspondance. Le clip a été monté par Laurent Salipante, chez LaTéléLibre. En 2012, et même si le ratio démographique ville/campagne a beaucoup évolué, ce film conserve encore tout son sens !</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/2012/01/23/bonne-annee-du-dragon-bis/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p>
<p>- relire mon reportage LaVie<a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/12/foxconn-.pdf"> ici</a>, où les 300 000 ouvriers de Foxconn Shenzhen qui fabriquent l’Iphone, gagnent désormais plus de 3200 yuans par mois.</p>
<p>- confrontés du coup à une hausse importante du prix de la main d&#8217;oeuvre, Foxconn a délocalisé une partie de sa production à Chengdu dans le Sichuan. Lire <a href="http://www.usinenouvelle.com/article/bienvenue-a-ipad-city.N160199">mon reportage Usine Nouvelle</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La croissance chinoise cache ses pauvres</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 21:52:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Voici un document intéressant, un petit scan d&#8217;une étude d&#8217;Athar Hussain, sur la pauvreté urbaine chinoise. Il montre que la pauvreté n&#8217;est pas là où on l&#8217;attend. Ainsi Tianjin, ville prospère à 180 kms de Pékin et seulement 30 minutes par le train rapide affiche un &#8220;taux de pauvreté&#8221; au dessus de la moyenne. Ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2012/01/Capture-d’écran-2012-01-12-à-22.43.511.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-2762" title="Capture d’écran 2012-01-12 à 22.43.51" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2012/01/Capture-d’écran-2012-01-12-à-22.43.511.png" alt="" width="620" height="279" /></a>Voici un document intéressant, un petit scan d&#8217;une étude d&#8217;Athar Hussain, sur la pauvreté urbaine chinoise.</p>
<p>Il montre que la pauvreté n&#8217;est pas là où on l&#8217;attend. Ainsi Tianjin, ville prospère à 180 kms de Pékin et seulement 30 minutes par le train rapide affiche un &#8220;taux de pauvreté&#8221; au dessus de la moyenne. Ou même en Mongolie Intérieure ou dans le Shaanxi, deux provinces qui carburent à leurs réserves phénoménales de charbon et qui connaissent les plus fortes croissances en Chine, ont toujours un taux de pauvreté parmi les plus élevés. Cela montre que les provinces mènent une politique différente de lutte contre la pauvreté. Et aussi que le modèle socialiste chinois continue de creuser à coup de pelleteuses les écarts de richesse au sein de la population.</p>
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		<title>Retour à Ordos, ville fantôme</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 22:07:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[metro international]]></category>

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		<description><![CDATA[Le prix du m2 chute, les promoteurs prennent la tangente mais rien n&#8217;y fait. Cette ville en plein milieu du désert de Mongolie Intérieure, continue de grandir, de gonfler contre toute raison mais personne ne vient s&#8217;y installer faute d&#8217;usine, d&#8217;activité. Elle pourrait accueillir 1 million de personnes et même les divertir avec des opéras, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le prix du m2 chute, les promoteurs prennent la tangente mais rien n&#8217;y fait. Cette ville en plein milieu du désert de Mongolie Intérieure, continue de grandir, de gonfler contre toute raison mais personne ne vient s&#8217;y installer faute d&#8217;usine, d&#8217;activité. Elle pourrait accueillir 1 million de personnes et même les divertir avec des opéras, cinémas et même une rédaction de journal. Cela montre que les nouveaux riches de ce petit territoire ne savent toujours pas quoi faire de leur argent. Le charbon s&#8217;extrait ici en quantités illimitées alors on investit dans le ciment, coute que coute.</p>
<p>Voici un reportage que j&#8217;ai réalisé et rédigé en anglais pour les éditions internationales du quotidien Métro. A ma connaissance, il est paru dans les éditions canadienne et française.</p>
<p>Edition française:</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2012/01/Capture-d’écran-2012-01-12-à-01.31.38.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-2766" title="Capture d’écran 2012-01-12 à 01.31.38" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2012/01/Capture-d’écran-2012-01-12-à-01.31.38.png" alt="" width="620" height="794" /></a></p>
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		<title>Chine: les paysans de Wukan ont gagné (Médiapart)</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/12/28/chine-les-paysans-de-wukan-ont-gagne-mediapart-analyse/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Dec 2011 18:09:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[mediapart]]></category>
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		<description><![CDATA[Analyse publiée le 24 décembre dans le journal de Médiapart. L’issue du conflit est beaucoup plus optimiste que ce que je pouvais imaginer. Même si les chefs du village sont peut-être déjà planqués à Hong Kong… avec la caisse», confie le correspondant flegmatique du Daily Telegraph en Chine, de retour de Wukan. Depuis septembre, les habitants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Analyse <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/221211/chine-les-paysans-de-wukan-ont-gagne?page_article=5">publiée le 24 décembre dans le journal de Médiapart.</a></p>
<p><em><strong>L</strong>’issue du conflit est beaucoup plus optimiste que ce que je pouvais imaginer. Même si les chefs du village sont peut-être déjà planqués à Hong Kong… avec la caisse», </em>confie le correspondant flegmatique du <em>Daily Telegraph</em> en Chine, de retour de Wukan.</p>
<p>Depuis septembre, les habitants de cette bourgade au sud de la Chine ferraillaient contre les officiels locaux, accusés d’avoir saisi leurs terres et empoché des millions de yuans en les revendant à des promoteurs. Véhicules de police renversés, altercations violentes étaient le lot quotidien à Wukan. Jusqu’à l’arrestation de cinq paysans “meneurs” et la mort suspecte de l’un d’entre eux, il y a deux semaines. Les habitants se sont alors subitement barricadés, en prenant soin de bouter les officiels et les policiers hors du village tout en accueillant la presse étrangère et les blogueurs hongkongais, dans l’espoir que leurs revendications soient massivement diffusées.</p>
<p>Même s’il faudra rester vigilant – le chef de la préfecture, Zheng Yanxiong, enrage actuellement contre l’influence diabolique<em> «des médias étrangers pourris, des sites pourris» </em>–, la répression sourde que l’on craignait n’a pas eu lieu. Les 20.000 paysans ont obtenu la libération de trois de leurs camarades vendredi, la rétrocession de 27 hectares de terres et la garantie d’élections démocratiques pour désigner le prochain chef de village. Jusqu’ici muet sur le conflit, le<em> Quotidien du Peuple</em> félicitait jeudi une gestion exemplaire orchestrée par le Parti communiste chinois, désormais capable de remettre l’humain au centre.</p>
<p>Mais est-ce vraiment un tournant? Le Parti change-t-il de cap en acceptant l’instabilité et en satisfaisant les attentes rurales? Plusieurs tentatives de réponses:</p>
<p><span id="more-2741"></span></p>
<div>
<p><strong>1 – De la vente des terres dépend toujours le train de vie des potentats locaux</strong></p>
<p>La bonne volonté des dirigeants du Guangdong ne saurait cacher une réalité: l’insatiable appétit foncier des gouvernements locaux. Au diapason de chaque plan quinquennal du gouvernement central, chaque province se fixe des objectifs de croissance qu’elle répercute à tous les niveaux: préfecture, commune et village. Pour faire entrer les recettes fiscales sans taxer les paysans pauvres et générer une activité économique, les péages routiers pléthoriques à la sortie des villes petites ou moyennes ne suffisent plus.</p>
<p>Quoi de plus simple en revanche que de confisquer et revendre les terres aux promoteurs, toujours grisés par la perspective d’importants bénéfices générés par la spéculation immobilière? En 2010, la vente des terres a rapporté 350 milliards d’euros aux autorités locales, contre seulement 16 milliards en 2001 d’après Guan Qingyou, économiste à l’université de Tsinghua, à Pékin. Le pourcentage moyen de la revente de terres dans les revenus des gouvernements locaux est passé de 0,24% en 1989 à 74,14% en 2010.</p>
<p>Un tel système laisse la part belle à la corruption, où officiels locaux, promoteurs et constructeurs – souvent d’État – se servent sur le dos des paysans, où policiers et démolisseurs sont de mèche pour chasser les habitants. <em>«Il faut comprendre que les systèmes politique, judiciaire, et économique locaux, répondent d&#8217;abord aux intérêts personnels de l&#8217;Empereur de province, le secrétaire général du Parti local. C&#8217;est dans ce climat que les petits fonctionnaires ferment les yeux sur ces prises illégales de terres»</em>, nous explique Li Jinsong, avocat pékinois. Aux côtés des paysans (et du dissident Hu Jia), il s’est depuis rangé et travaille dans <em>«la régulation des banques»</em>.</p>
<p>Il ne faut donc pas chercher bien loin pour trouver d&#8217;autres “Wukan” à retardement. À deux heures en taxi de Pékin, le village de Baigou a peu à peu laissé place à une zone industrielle dédiée à la confection de sacs à main. Toute l’année, les autorités ont envoyé des hommes de main saccager les terres et construire des murets autour. En journée, les paysans découvraient l’avancée des travaux et manifestaient vainement devant les bâtiments publics. Finalement, les autorités ont gagné leur pari et Baigou peut se targuer d’être devenue la “capitale du sac à main” comme d’avoir converti une grande partie des paysans au développement local : ils se retrouvent ouvriers à la chaîne. Un comble, quand la hausse du coût de la main-d’œuvre pousse de plus en plus d’industriels chinois à transporter leurs usines beaucoup plus loin, vers des provinces moins développées comme le Henan et le Sichuan où le salaire minimum défie les lois de la gravité : entre 800 (97 euros) et 1.050 yuans (126 euros) au 1er janvier 2012, heures supplémentaires non comprises.</p>
<div><a title="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysans_protestent_baigou.jpg"><img title="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/paysans_protestent_baigou.jpg" alt="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" /></a></div>
<div><a title="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysans_protestent_baigou.jpg"></a><em>Les paysans dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s&#8217;en tenir à la loi.  JP</em></div>
<div><a title="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysan_loi_baigou.jpg"><img title="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/paysan_loi_baigou.jpg" alt="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." /></a></div>
<div><a title="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysan_loi_baigou.jpg"></a><em>Ce paysan cache son visage devant la photocopie d&#8217;un texte du &#8220;Conseil d&#8217;Etat&#8221;<br />
censé protéger les terres cultivables.© JP</em></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autre exemple signifiant : Ordos, en Mongolie intérieure, où la fièvre bâtisseuse atteint l’absurdité. Au milieu des steppes, une ville fantôme s’érige depuis quatre ans pour permettre aux nouveaux riches du charbon de placer leurs fortunes. Chassés de leurs fermes, les paysans deviennent balayeurs de rue et n’ont d’autre choix que de vivre dans les appartements construits par les promoteurs qui les indemnisent. <em>«On a touché 750.000 yuans d’indemnités, mais on paye 40.000 yuans de loyer par an. On n’avait pas le choix»</em>, nous racontait, le 1er décembre, Shan Zhang accroché à son balai au milieu d’une avenue déserte. Sa femme et sa fille ne travaillent pas. <em>«Il n’y a pas d’usine et elles n’ont pas les diplômes pour être fonctionnaires.»</em></p>
<div><a title="Ordos" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/IMG_9055_ordos_jp.jpg"><img title="Ordos" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/IMG_9055_ordos_jp.jpg" alt="Ordos" /><br />
</a>Ordos© JP</div>
<div><a title="Ordos" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/IMG_9086_ordos_2_jp.jpg"><img title="Ordos" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/IMG_9086_ordos_2_jp.jpg" alt="Ordos" /><br />
</a>Ordos© JP</div>
<div><a title="Paysan à Ordos" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/ordos_paysan.jpg"><img title="Paysan à Ordos" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/ordos_paysan.jpg" alt="Paysan à Ordos" /><br />
</a>Paysan à Ordos© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En février dernier, l&#8217;Académie des sciences sociales de Pékin, considérée comme le <em>think tank</em> du gouvernement central, a publié une étude réalisée dans dix provinces rurales. Elle a mis à jour l&#8217;inhumanité du système: dans 29% des cas de réquisition de terres par les autorités locales, les fermiers ne sont jamais prévenus à l&#8217;avance; et pour 58% d’entre eux, aucune négociation sur le montant des indemnités n&#8217;est même envisagée.</p>
</div>
<p><strong>2 – Les paysans redeviennent la bête noire du Parti</strong></p>
<p>Selon les statistiques officielles, les “incidents de masse”, allant d&#8217;une simple bagarre collective à une véritable émeute, sont passés de 8.700 en 1993 à 90.000 en 2006 en Chine. Défiant la censure, une radio chinoise annonçait que ce chiffre avait doublé en 2010 : 65% concernant uniquement la spoliation des terres agricoles.</p>
<p>L’instabilité tant crainte par les dirigeants du parti unique ne viendrait donc pas des militants des droits de l&#8217;homme comme l’artiste Ai Weiwei, l’avocat aveugle Cheng Guangcheng ou l&#8217;écrivain Chen Wei, aisément neutralisés, ni des candidats indépendants terrassés lors des dernières élections locales, ni même des classes moyennes “éveillées” et adeptes des réseaux sociaux. Car les paysans aussi ont accès à Internet. Résultat : ils connaissent très bien les lois censées les protéger et dénoncent sans pudeur les “trois châtiments”: vol de leurs terres, démolition des maisons et construction illégale. À Wukan, leurs vidéos de castagne ont pris d&#8217;assaut Weibo, le Twitter chinois, déjouant la censure autant que faire se peut.</p>
<p>Toutefois, ils sont nombreux également à accepter leur destinée sans coup férir. Ils entrent alors dans une nouvelle catégorie sociale, sans ressources mais inoffensive : les paysans sans terre, subsistant grâce aux aides de l’État. Soit 50 millions de personnes d’après un rapport de l’Académie des sciences sociales daté d’août dernier.</p>
<p>De fait, dans la province du Gansu, la construction d’un barrage pour accélérer l’industrialisation de la ville toute proche a stoppé net la culture des vergers de Changpo, pourtant glorifiée en son temps par Mao. Les habitants ont été relogés à proximité dans des bungalows proprets mais à l&#8217;écart de toute activité économique, dans un décor lunaire, au sommet d&#8217;une montagne. Ils reçoivent plusieurs centaines de yuans par mois, une somme proportionnelle au nombre de personnes par foyer. Une aide qui leur est enlevée s’ils partent s’installer ailleurs.</p>
<div><a title="Changpo" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/IMG_8529_changpo.jpg"><img title="Changpo" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/IMG_8529_changpo.jpg" alt="Changpo" /><br />
</a>Changpo© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un scénario similaire est observé à Leshan, au Sichuan. En 2007, le Parti local a misé sur l’industrie solaire pour accélérer le développement “scientifique” de la ville (une terminologie chère au secrétaire général Hu Jintao) au-delà de son simple attrait touristique lié à la présence du Grand Bouddha, taillé dans la falaise du mont Lingyun. Bilan: les usines de panneaux solaires d’État se sont construites sur des zones franches plantées au milieu des champs de cacahuètes. Et les paysans qui acceptent sans rechigner les indemnités d’expropriation ont été relogés dans la cité-dortoir des ouvriers du photovoltaïque. Le choc des cultures est assuré.</p>
<div><a title="Un paysan irréductible de Leshan" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/leshan_paysan_irreductible_01.jpg"><img title="Un paysan irréductible de Leshan" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/leshan_paysan_irreductible_01.jpg" alt="Un paysan irréductible de Leshan" /><br />
</a>Un paysan irréductible de Leshan© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans le Shandong (<a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/130211/chine-40-de-mes-semis-ont-deja-peri">lire notre reportage de février dernier</a>), les paysans de Long Wan Tao assistent impuissants au détournement des cours d’eau qui irriguaient leurs terres, afin que se remplisse le lac artificiel de Long Wan Tao. Les autorités locales avaient dans l’idée d’édifier une ville moderne et attractive, truffée d’espaces verts au milieu des nouvelles tours résidentielles.<em> «Nous sommes très en colère car, dans le même temps, le prix des aliments a beaucoup augmenté. Mais les gens ont peur de se plaindre, de manifester. Vous savez, personne n&#8217;a envie d&#8217;être le premier à le faire», </em>grognait un paysan sur place.</p>
<p><strong>3 – La fin de la sécurité alimentaire ?<br />
</strong></p>
<p>Pour permettre à chacun de manger à sa faim, l’État s&#8217;est engagé par écrit à protéger au moins 1,8 milliard de mu (= 120 millions d&#8217;hectares), soit un dixième des terres arables de la planète, pour nourrir un cinquième de la population mondiale. Ainsi, depuis novembre 2010, une loi interdit de convertir les terres agricoles à d&#8217;autres fins. Chaque demande de reconversion d&#8217;un grand champ doit passer par le Conseil d&#8217;État.</p>
<p>Mais selon l&#8217;avocat pékinois Wang Cai Liang, cette barrière des 1,8 milliard de mu n’est qu’une chimère. <em>«Nous avons perdu au moins 900 millions de mu ces dix dernières années! Pour revenir à ce palier, il faudrait de la démocratie, c&#8217;est-à-dire une réforme du système politique qui permettrait au peuple de superviser l&#8217;urbanisation. Aujourd&#8217;hui, celui-ci assiste impuissant à une urbanisation tous azimuts, menée par des chefaillons obsédés par les objectifs de croissance fixés par Pékin et dont dépend leur promotion au sein du Parti.»</em></p>
<p>Face à de telles priorités, le redoutable Conseil d&#8217;État chinois n’est plus qu’un tigre de papier tant ses règles semblent aisées à transgresser. <em>«Si un projet majeur est divisé en une centaine de petits projets, le Conseil d’État n’est plus concerné. Et un gouvernement local peut saisir des terres s’il déclare ces petits projets “d&#8217;intérêt public”. Libre ensuite aux officiels de la commune de les reclassifier en projet résidentiel, industriel ou commercial»</em>, explique Li Jinsong, avocat lui aussi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div><a title="Li Jinsong" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/li_jinsong.jpg"><img title="Li Jinsong" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/li_jinsong.jpg" alt="Li Jinsong" /><br />
</a>Li Jinsong© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ne pouvant plus faire machine arrière, certaines municipalités ayant converti la majorité de leurs territoires envisagent désormais des solutions radicales. Tianjin entend délocaliser son agriculture en Bulgarie. Cet automne, une ferme d’État répondant au doux nom de “Tianjin State Farms Agrobusiness Group Company” s’est offert l’exploitation de 2.000 hectares dans la province pauvre de Vidin contre 10 millions d’euros. Objectif: y produire du tournesol et du maïs pour les consommateurs de Tianjin. Vingt millions d’euros seront bientôt alloués à la production de bétail et de fourrage pour celui-ci. La production de riz et l’élevage de vers à soie seront également au menu. Plusieurs fermes d’État chinoises exploitent déjà leurs propres champs aux Philippines, à Cuba et en Argentine. Une petite question reste en suspens: ces “terres chinoises” dans un pays de l’Union européenne pourront-elles bénéficier des aides de la politique agricole commune ?</p>
<p><strong>Deux espoirs pour 2012</strong></p>
<p>- À l’approche du XVIIIe Congrès de septembre, durant lequel l’ensemble du bureau politique du Comité central du Parti sera chamboulé − <em>provoquant, dans la foulée, le renouvellement du Président et du Premier ministre chinois </em>− les leaders de province cherchent à se protéger de tout conflit social voyant et de toute répression impopulaire. En particulier les prétendants au trône comme Wang Yang, secrétaire général de la province du Guangdong où se trouve Wukan. Dans un rare élan d’empathie, l’homme a reconnu publiquement que les demandes des paysans étaient raisonnables mais qu’elles n’avaient pas été entendues suffisamment tôt.</p>
<p>Wang Yang est en guerre politique ouverte avec Bo Xilai, secrétaire général de Chongqing et partisan charismatique d’un grand retour aux valeurs communistes, de l’esprit révolutionnaire et du partage des richesses: un comble quand on sait qu&#8217;il surveille ses administrés grâce au déploiement de 500.000 caméras de télésurveillance. Ou qu&#8217;il a envoyé son fils en Occident pour y suivre toute sa scolarité. Invité à un dîner par la fille de l&#8217;ancien ambassadeur américain à Pékin, le jeune Bo Guagua, 23 ans, était arrivé au volant d&#8217;une rutilante Ferrari.</p>
<p>- Le dégonflement actuel de la bulle immobilière – provoqué par la baisse de la demande et les mesures antispéculation du gouvernement central – auquel les Chinois assistent depuis plusieurs mois pourrait calmer les ardeurs foncières des autorités locales. Les prix des logements baissent et les promoteurs ne se bousculent plus pour accepter les prix des terrains fixés par les officiels. Comme l’explique le magazine chinois <em>Caixin</em>, dans un article du 19 décembre :<em> «D’un côté, les officiels locaux constatent la nécessité de maîtriser les prix de l’immobilier. En ce sens, jamais ils n’essaieraient de faire obstacle aux politiques du gouvernement central. Mais les ventes de terres ont chuté, gênant la capacité des gouvernements locaux à financer les services publics, comme les patrouilles de police ou les salaires des enseignants.»</em> Résultat:<em> «Aujourdhui, les officiels locaux sont beaucoup plus inquiets que les promoteurs immobiliers.»</em></p>
<p><a href="http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2011-12/26/content_14326726.htm">Lourdement endettées,</a> les provinces doivent donc apprendre à ne plus mettre tous leurs œufs dans le même panier et chercher très vite d’autres moyens de financement que l’extorsion de la masse paysanne.</p>
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		<title>Du charbon à foison découvert au Xinjiang</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/12/23/beaucoup-beaucoup-beaucoup-de-charbon-decouvert-au-xinjiang/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Dec 2011 08:41:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;Laissez les Porsche Cayenne s&#8217;épanouir à Kashgar&#8221; pourrait bientôt s&#8217;exclamer Hu Jintao. L&#8217;agence Chine Nouvelle annonce aujourd&#8217;hui la découverte du plus grand gisement de charbon d&#8217;Asie, dans la province du Xinjiang. Peu probable finalement, que la Chine soit prête à réduire sa dépendance au charbon, qui lui fournit déjà plus de 79 % de son électricité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;<em>Laissez les Porsche Cayenne s&#8217;épanouir à Kashgar</em>&#8221; pourrait bientôt s&#8217;exclamer Hu Jintao. L&#8217;agence Chine Nouvelle annonce aujourd&#8217;hui la découverte du plus grand gisement de charbon d&#8217;Asie, dans la province du Xinjiang.</p>
<p>Peu probable finalement, que la Chine soit prête à réduire sa dépendance au charbon, qui lui fournit déjà plus de 79 % de son électricité grâce aux inépuisables gisements du Shaanxi et de Mongolie Intérieure.</p>
<p>Mais espérons que ce gisement de charbon puisse profiter pleinement aux deux communautés Han et Ouighours. <a href="http://www.lactualite.com/monde/si-marco-polo-voyait-ca">Ici mon reportage</a> réalisé à Kashgar, pour le magazine canadien &#8220;L&#8217;Actualité&#8221; peu après les émeutes d&#8217;Urumqi de l&#8217;été 2009. Cette ville est le berceau de l&#8217;Islam en Asie mais elle est désormais destinée à devenir une &#8220;zone économique spéciale&#8221;: bouleversements garantis.</p>
<p>Voici la dépêche:</p>
<p>&#8220;La Chine a découvert un gisement de charbon dont les réserves atteindraient 89,2 milliards de tonnes, le plus grand gisement de charbon découvert en Asie, au lac Sha&#8217;er dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest).<br />
&#8220;Nous avons soumis aux autorités centrales un plan d&#8217;exploitation de ce gisement de charbon géant. Une fois le plan approuvé, son exploitation pourra commencer&#8221;, a indiqué Wei Cheng, directeur adjoint du centre d&#8217;exploitation du gisement de charbon de Sha&#8217;er.</p>
<p>Des experts en prospection ont travaillé durant un an à évaluer les réserves du gisement de charbon, a-t-il poursuivi.</p>
<p>&#8220;La qualité du charbon est bonne, avec des teneurs basses en soufre, en phosphore et en cendre, une forte puissance calorifique et un volume relativement faible d&#8217;éléments toxiques&#8221;, a-t-il précisé.</p>
<p>Selon des rapports, le volume total des réserves de charbon découvertes au Xinjiang dépasse les 200 milliards de tonnes, soit près de 40% du total national&#8221;.</p>
<p><a title="http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7685709.html" href="http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7685709.html">http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7685709.html</a> (23 décembre 2011)</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Chez les ingénieurs chinois de Peugeot Citroën (Médiapart)</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 22:44:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[economie]]></category>
		<category><![CDATA[mediapart]]></category>

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		<description><![CDATA[Publié le 12 décembre 2011 sur Médiapart «Il faut assumer notre présence ici. Et que tout le monde sache que nous avons besoin de cette équipe chinoise pour accélérer notre développement», défend en français Xiaoyan Hua Schwab, directrice de la communication Asie de Peugeot, quand elle lit çà et là que PSA délocalise sa recherche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mediapart.fr/journal/economie/111211/chez-les-ingenieurs-chinois-de-peugeot-citroen">Publié le 12 décembre 2011 sur Médiapart</a></p>
<p><em>«Il faut assumer notre présence ici. Et que tout le monde sache que nous avons besoin de cette équipe chinoise pour accélérer notre développement»</em>, défend en français Xiaoyan Hua Schwab, directrice de la communication Asie de Peugeot, quand elle lit çà et là que PSA délocalise sa recherche en Chine.</p>
<p>Le plan dévoilé il y a moins d&#8217;un mois vise notamment à réduire les effectifs des salariés affectés à la recherche et au développement en France (actuellement 14.000 personnes). Dans le même temps, le centre de recherche et développement chinois (&#8220;China Tech Center&#8221;) devrait atteindre les 1.000 personnes d&#8217;ici 2015. Il en compte 450 pour le moment, à 80% chinoises, plus une quarantaine encore en sursis dans un bureau de Pékin qui gère la vente des véhicules importés, leur homologation et leur promotion.<em> </em>Elles devraient rejoindre Shanghai dès cet hiver.<em> «Vous verrez en les rencontrant, nos salariés ne savent pas grand-chose du plan social français. Mais ce qui les décevrait, c&#8217;est si on ne réussissait pas en Chine»</em>, prévient Xiaoyan Hua.</p>
<p>Malgré vingt ans de présence et <em>«une croissance record de 38% en 2010 » </em>avec 374.600 voitures vendues, la part de marché du deuxième constructeur européen stagne à 3,4%, s&#8217;attirant les railleries de la presse chinoise. En avril 2010, <em>Le Matin de L&#8217;Orient</em>, à Shanghai, titrait <em>« PSA n&#8217;a toujours pas senti le pouls de la Chine »</em>. Peu avant, <em>Le Soir du Yangtze</em>,<em> </em>à Yangzhou, écrivait<em> « PSA n&#8217;a jamais réussi malgré sa longue expérience en Chine»</em>.</p>
<p>A titre de comparaison, Audi, la marque préférée des officiels du Parti unique et propriété de VW, écoulait 646.300 unités rien qu&#8217;entre janvier et juillet 2010. Même si le nec plus ultra reste sans doute de parader dans les bouchons de Pékin sans plaque minéralogique à bord d&#8217;une Lamborghini vert pomme ou d&#8217;une Bentley mate, souvent l&#8217;apanage des enfants de la nomenklatura chinoise.</p>
<p>Mais PSA se réveillerait enfin, bien décidé à répondre aux attentes d&#8217;un marché pour qui la voiture est devenue le meilleur symbole de réussite sociale. Le handicap français est réel. Citroën pâtit d&#8217;une image écornée après avoir longtemps inondé Pékin et Chengdu de taxis ZX ou “Elysée” peu clinquants. A l&#8217;inverse, Peugeot demeure encore inconnu des aspirants conducteurs chinois, en dehors des grandes villes. Alors que les Buick ou Chevrolet ont joui d&#8217;emblée d&#8217;un bonus affectif chez une catégorie de Chinois à la poursuite de l&#8217;American Way of Life.</p>
<p>Ouvert à l&#8217;automne 2008, le <em>China Tech Center</em> de PSA à Shanghai est censé remédier à tous ses maux. Il n&#8217;a pour l&#8217;instant rien à envier aux quatre centres d&#8217;études de La Garenne-Colombes, Vélizy, Belchamp et Carrières. <em>«Pour des raisons de loyer»</em>, le centre shanghaien est disséminé entre plusieurs étages de trois bâtiments de la nouvelle zone Hi-Tech de Caohejing, à l&#8217;ouest du fleuve Huangpu. Les bureaux de l&#8217;équipementier automobile français Valeo sont à deux pas, tout comme le siège chinois des fast-foods MacDonalds. Aucune piste d&#8217;essai, aucune soufflerie, ni de hangar à crash test à l&#8217;horizon. Le parking souterrain abrite les voitures du personnel, les modèles PSA disponibles en Chine et, depuis ce matin, la DS3 WRC de Sébastien Loeb, de retour d&#8217;un événement à Canton.</p>
<p>Mais c&#8217;est bien ici que l&#8217;on conçoit les modèles Peugeot et Citroën destinés au marché chinois. <em>«On fait sur place ce qu&#8217;on ne sait pas faire en France. C&#8217;est-à-dire adapter nos voitures aux goûts et besoins des Chinois. Ici, le client aime une voiture qui ressemble à une voiture»</em>, résume un cadre qui soupire en repensant à l&#8217;échec cuisant de la Picasso. Même fabriqué en Chine, le monospace n&#8217;a jamais eu le droit de cité dans l&#8217;empire du Milieu.<span id="more-2708"></span></p>
<p>Alors on rallonge la C-4 que l&#8217;on rebaptise C-Quatre en toutes lettres car le chiffre 4 est synonyme de mort en Chine. Ou on transforme la 308 en modèle « tricorps » avec un large coffre : bienvenue à la 408 fabriquée à Wuhan par Dongfeng, constructeur d&#8217;Etat, qui s&#8217;octroie la moitié des recettes. Des routières plus sophistiquées comme la Citroën DS5 seront bientôt assemblées dans les usines de ChangAn, un autre constructeur.</p>
<p>En 2014, PSA promet d&#8217;aller plus loin avec une marque automobile « prestige » exclusivement chinoise. Une stratégie partagée par Jaguar qui s&#8217;associera avec un constructeur local.</p>
<h3 id="article-under-title">La voiture, un casse-tête chinois</h3>
<p>Ici, au sixième étage de la tour A1, quelques ingénieurs évoluent en silence dans une vaste salle sans cloison. Les chefs laissent la porte de leurs bureaux ouverte. La plupart travaillent sur ordinateur portable et mettent classeurs ou dossiers sous clé chaque soir ou à chaque pause déjeuner, par sécurité.</p>
<p>Si l&#8217;étage paraît désert, c&#8217;est – nous dit-on – parce que les ingénieurs et techniciens chinois de PSA taillent la route.<em>«Souvent, on part tester une voiture afin de recueillir des données, avant d&#8217;envisager une production à la chaîne»</em>. Entre la chaleur estivale suffocante de Shenzhen au sud, ou l&#8217;hiver glacé du Qinghai sur le plateau tibétain, chaque véhicule PSA vendu en Chine doit être identique et apte à l&#8217;emploi, d&#8217;un bout à l&#8217;autre du pays. D&#8217;où l&#8217;importance d&#8217;une climatisation surpuissante, dès l&#8217;allumage. Sans compter la conduite chinoise <em>«plus impulsive»</em>: un moteur PSA s&#8217;use plus vite ici que dans la mère patrie.</p>
<p>Et dès qu&#8217;un conducteur chinois néophyte prend le volant, le bruit devient sa hantise. C&#8217;est là qu&#8217;intervient Qin Xubai. A 37 ans, il est ingénieur acoustique. Son obsession: le silence dans l&#8217;habitacle.<em>«Quand une voiture est neuve, chaque bruit est suspect et considéré comme un défaut, une panne.»</em> Et comme le client – qui consacre en moyenne l&#8217;équivalent d&#8217;un an de salaire à l&#8217;achat de son premier véhicule – ne tolère ni le son saccadé de l&#8217;essuie-glace et encore moins le bruit de boulons d&#8217;un moteur diesel – que PSA se garde bien de commercialiser en Chine –, l&#8217;expertise de Qin Xubai est très prisée.</p>
<p>Nous quittons les bureaux épurés des ingénieurs et traversons Gumei Lu pour accéder à un autre bâtiment, plus ancien. C&#8217;est là que sont rassemblés les studios de design de Peugeot et Citroën, où l&#8217;on manie la glaise et la table numérique de modélisation 3D. On pénètre chez Citroën par une antichambre digne d&#8217;une salle d&#8217;attente d&#8217;un cabinet dentaire mais ornée d&#8217;un énorme emblème à chevrons, rétro éclairé d&#8217;une lumière rouge. L&#8217;intérieur est plus chaleureux: des faux murs de briques grises et les portraits noir et blanc de chaque membre de l&#8217;équipe, façon Harcourt. Les murs du coin cuisine sont tapissés de mangas olé olé.</p>
<p>Au milieu des designers chinois se trouve Nicolas, 25 ans, et embauché en contrat local. Jeans, basket et<em> « salaire confidentiel »</em>, il s&#8217;essaie à une planche de bord futuriste sur son immense écran d&#8217;ordinateur. Bien qu&#8217;en contact régulier avec l&#8217;équipe du Centre de design de Vélizy, où 600 emplois devraient être supprimés, Nicolas ne s&#8217;émeut guère de cette purge salariale.<em>« Je ne me sens pas concerné par ce plan»</em>, dit-il, simplement.</p>
<p><strong>Les cerveaux chinois de PSA</strong></p>
<p>Après un dédale de doubles portes, un labyrinthe de sas à carte magnétique, on pénètre dans l&#8217;atelier de Zhang GanXian. Avec entrain, cette jeune femme de 34 ans dirige le service des couleurs et textures de PSA, qu&#8217;elle revendique fièrement comme<em> «une extension de centre de design français et le salon de maquillage de nos voitures chinoises»</em>. Sur les murs, un autocollant<em> «J&#8217;aime Paris»</em>, des photos de voyages en France et des dizaines de rectangles de couleurs ramenés du siège historique sochalien. Cette mosaïque de plastiques « vert galant » ou « bleu lucia » estampillés Talbot –la marque éteinte en 1986– lui sert aujourd&#8217;hui de nuancier.</p>
<p>GanXian (« sucré salé » en mandarin) est une <em>«doyenne»</em>, arrivée en septembre 2008.<em> «Avant, j&#8217;étais dans la joint venture de Volkswagen. Donc pas trop d&#8217;initiatives, peu d&#8217;innovation. On s&#8217;assurait juste que les idées des designers étaient réalisables sur la chaîne de montage.»</em> C&#8217;est en grande partie grâce à elle que PSA a saisi l&#8217;importance des intérieurs clairs, des sièges crème et non noirs, moelleux et non fermes. Zhang GanXian chaperonne la nouvelle recrue, Wei Wei, arrivée il y a tout juste un mois. Ils sont cinq au total, tous chinois, tous motivés. <em>«Parfois je me moque un peu des goûts de mes compatriotes mais on y fait très attention, tout en essayant de conserver l&#8217;ADN de PSA et de lancer la tendance»</em>, dit-elle en souriant.<em> «Les sièges foncés, à l&#8217;occidentale, gagnent enfin du terrain.»</em></p>
<p>Retour à l&#8217;étage des ingénieurs. Des panneaux sur roulettes ont été alignés le long de l&#8217;allée centrale. On y découvre des fiches colorées, des grilles, des graphiques et des photos en pagaille. C&#8217;est le protocole de création d&#8217;une future Peugeot. Interdiction absolue de photographier : le secret industriel sera bien gardé.</p>
<p>Devant l&#8217;un des panneaux, autour de leur instructeur, cinq jeunes Chinois cogitent à haute voix et tentent de se répartir les tâches. Même si la langue officielle de travail est l&#8217;anglais, ils échangent et se tutoient en français, presque sans accent. Ils sont très concentrés. Prière de ne pas les déranger. <em>«Parmi eux, il y a sûrement des tortues de mer ou </em>Haigui<em>»</em>, murmure Xiaoyan Hua pour désigner ces jeunes ayant accompli leurs parcours universitaire à l&#8217;étranger avant de revenir travailler en Chine. Sans doute aussi ont-ils suivi la classe francophone de l&#8217;Institut automobile de l&#8217;Université de Tongji, à Shanghai. PSA en récupère une palanquée, pour leurs stages de fin d&#8217;études.</p>
<h3 id="article-under-title">«Plus flexible que dans une entreprise d&#8217;Etat»</h3>
<p>Qin Xubai, notre ingénieur acoustique, développe son expertise depuis déjà sept ans. Il a roulé sa bosse dans la co-entreprise de Jeep en Chine, qu&#8217;il a quittée après l&#8217;effondrement de Chrysler, sa maison mère.<em> « Les projets ont été subitement annulés »</em>, se souvient-il, sans amertume apparente.</p>
<p>Sollicité par plusieurs constructeurs, Xubai a finalement postulé chez PSA. Il sera embauché en juillet 2010.<em> « Quand on a travaillé dans une entreprise étrangère, on n&#8217;a plus vraiment envie de retourner dans une entreprise 100% chinoise »</em>, reconnaît une camarade.</p>
<p>Deux fois par semaine, Qin Xubai assiste à une audio-conférence en anglais avec ses homologues en France, à qui il fait part de ses recherches. Il travaille indistinctement pour les deux marques, Peugeot et Citröen. A cause de la barrière linguistique, Qin Xubai sert aussi d&#8217;intermédiaire avec les techniciens de l&#8217;usine Dongfeng.<em>« On peut dire que je leur sers de pont »</em>,<em> </em>résume-t-il en mimant l&#8217;ouvrage d&#8217;art.</p>
<p>A la kitchenette, près de la cafetière, on retrouve Jing Chen, ingénieur elle aussi, et salariée chez PSA depuis un an. Elle travaillait dans l&#8217;équipe « projet » de la maison Porsche en Allemagne. Passé la trentaine, elle a choisi de retourner chez elle, à Shanghai, pour fonder une famille. <em>« En surfant sur internet, j&#8217;ai trouvé une opportunité de recrutement alléchante.»</em> A la différence de Xiaoyan Hu, la directrice de communication envoyée par Paris en tant qu&#8217;expatriée, Jing Cheng intègre PSA en tant que salariée chinoise. Elle est embauchée en CDI, après une formation de sept mois à Sochaux.<em> </em></p>
<p><em>« Ici, je retrouve la créativité, l&#8217;enthousiasme que j&#8217;ai appréciés en Europe. Et puis les gens ne sont pas obsédés par les horaires. On est bien plus flexible que dans une entreprise d&#8217;Etat.»</em><em> «Quand à mon voisin de bureau, également chinois, il était auparavant sous contrat chez les Anglais, à Londres»</em>,<em> </em>dit-elle. Il a eu l&#8217;idée du bouton qui permet au passager arrière d&#8217;avancer le siège avant, pour pouvoir étendre ses jambes.</p>
<p>En moyenne, le taux de rotation annuel au China Tech Center est de 10% contre 20% pour les ouvriers chinois des usines de Wuhan. Li  Xilun, directrice des ressources humaines, doit savoir jongler entre la carotte et le bâton pour conserver les talents.<em> « Dans le contrat figurent des clauses de confidentialité à respecter en cas de départ. Et s&#8217;il part tôt, le travailleur doit rembourser sa formation obtenue au siège, en France. A part ça, il est libre. »</em>Chaque ingénieur chinois est formé entre douze et dix-huit mois par le biais d&#8217;un ou plusieurs stages dans l&#8217;Hexagone. Idem pour les designers.</p>
<p>Français ou chinois, les novices de Peugeot et Citroën en Chine n&#8217;ont certes pas un culte de l&#8217;entreprise très prononcé mais ils sont fiers de leurs compétences acquises sur place. Quitte à les vanter sur le web. Sur le réseau social Linkedin –une sorte de Facebook à usage professionnel–, un jeune ingénieur français du China Tech Center de PSA relate sa grande maîtrise dans la conception de standards, d&#8217;étapes de suivi, de caps pour concevoir une nouvelle voiture. En bas de la page, on peut le contacter pour des<em>« propositions de postes » </em>ou des <em>« opportunités d&#8217;affaires »</em>&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Enquête sur le solaire chinois &#8211; Usine Nouvelle</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 16:05:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Récemment, j&#8217;ai pu retourner dans le Sichuan et enquêter plus avant sur les étapes de fabrication du photovoltaique &#8220;made in china&#8221; pour l&#8217;hebdomadaire l&#8217;Usine Nouvelle. Un périple complet, préparé de haute lutte, depuis les carrières de silice d&#8217;Emeishan jusqu&#8217;à la chaîne d&#8217;assemblage des modules solaires en passant par les usines d&#8217;Etat de Leshan où l&#8217;on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Récemment, j&#8217;ai pu retourner dans le Sichuan et enquêter plus avant sur les étapes de fabrication du photovoltaique &#8220;made in china&#8221; pour l&#8217;hebdomadaire l&#8217;Usine Nouvelle. Un périple complet, préparé de haute lutte, depuis les carrières de silice d&#8217;Emeishan jusqu&#8217;à la chaîne d&#8217;assemblage des modules solaires en passant par les usines d&#8217;Etat de Leshan où l&#8217;on purifie la matière première. Souvenez vous, l&#8217;an dernier j&#8217;ai été lauréat d&#8217;une dotation baptisée &#8220;brouillon d&#8217;un rêve journalistique&#8221;. En plus des précieux conseils de ses membres, la Scam (société des auteurs multimédia) m&#8217;a donc aidé à financer la réalisation du document vidéo, qui accompagne le papier, en kiosque depuis le 08 décembre.</p>
<p>Voici en aperçu, la première page de l&#8217;enquête qui en compte 3.</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/enquete-solaire-usine-nouvelle-081211-011.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-2652" title="enquete solaire usine nouvelle 081211 01" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/enquete-solaire-usine-nouvelle-081211-011-811x1024.jpg" alt="" width="620" height="782" /></a></p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2653" title="page 02" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-02.jpg" alt="" width="329" height="465" /></a><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-31.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2655" title="page 3" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-31.jpg" alt="" width="327" height="466" /></a></p>
<p>Et la vidéo ici:</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/2011/12/11/enquete-sur-lindustrie-solaire-chinoise-usine-nouvelle/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p>
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		<title>Retour à Ordos, ville (toujours) fantôme</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 17:14:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2719" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_620.jpg"><img class="size-full wp-image-2719" title="ordos_jordanpouille_620" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_620.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2727" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_homes1.jpg"><img class="size-full wp-image-2727" title="ordos_jordanpouille_homes" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_homes1.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2720" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_civilservants_620_jordanpouille.jpg"><img class="size-full wp-image-2720" title="ordos_civilservants_620_jordanpouille" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_civilservants_620_jordanpouille.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2723" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_paysan_jordanpouille.jpg"><img class="size-full wp-image-2723" title="ordos_paysan_jordanpouille" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_paysan_jordanpouille.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2729" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/IMG_8887_praising-coal-industry_620.jpg"><img class="size-full wp-image-2729" title="IMG_8887_praising coal industry_620" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/IMG_8887_praising-coal-industry_620.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<p>Dix huit mois plus tard, je suis retourné sur place, là bas dans ce petit bout sableux de Mongolie Intérieure. Ce qui a changé? Tout est beaucoup plus grand et le sentiment de vide encore plus important. Car même si personne n&#8217;achète, à part les fonctionnaires de la ville voisine désormais contraints de travailler sur place, les chantiers ne sont pas arrêtés, à peine ralentis !  Après l&#8217;avenue de la culture et ses bâtiments futuristes, on s&#8217;attaque au &#8220;business district&#8221; avec six gratte-ciels bordant le lac artificiel. L&#8217;été venu, celui-ci offrira un spectacle de toute beauté, avec des jets projetant l&#8217;eau à plus de soixante mètres. A Ordos, le béton a tellement pompé l&#8217;eau des nappes phréatiques que l&#8217;eau des rares habitants est coupée deux jours par semaine. Un développement durable, donc.</p>
<p>Ma précédente série à Ordos (été 2010) fut publiée en juillet 2010 dans Marianne puis en décembre dans un magazine allemand <a href="http://www.jordanpouille.com/2010/12/15/ordos-die-boomende-geisterstadt/"> ici</a></p>
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		<title>Foxconn Chengdu: comment vivent les ouvriers de l&#8217;Ipad2 ?</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 22:52:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Après la vague de suicides d&#8217;ouvriers au printemps 2010, Foxconn, le fournisseur d&#8217;Apple, a délocalisé une partie de sa production dans le Sichuan, à l&#8217;Ouest de la Chine. Reportage à Pixian, dans la banlieue de Chengdu. Cette ville nouvelle, construite par la firme taïwanaise Foxconn, fabrique les iPad deuxième génération. Le tout est à lire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après la vague de suicides d&#8217;ouvriers au printemps 2010, Foxconn, le fournisseur d&#8217;Apple, a délocalisé une partie de sa production dans le Sichuan, à l&#8217;Ouest de la Chine. Reportage à Pixian, dans la banlieue de Chengdu. Cette ville nouvelle, construite par la firme taïwanaise Foxconn, fabrique les iPad deuxième génération.</p>
<p>Le tout est à lire <a href="http://www.usinenouvelle.com/article/bienvenue-a-ipad-city.N160199">ici</a> chez Usine Nouvelle.</p>
<p>Mes photos de reportage sont <a href="http://photos.jordanpouille.com/2011/08/life-at-ipad-city-in-sichuan/">ici</a></p>
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