Archive for the ‘economie’ Category

Chez les ingénieurs chinois de Peugeot Citroën (Médiapart)

Posted 12 Dec 2011 — by admin
Category economie, mediapart

Publié le 12 décembre 2011 sur Médiapart

«Il faut assumer notre présence ici. Et que tout le monde sache que nous avons besoin de cette équipe chinoise pour accélérer notre développement», défend en français Xiaoyan Hua Schwab, directrice de la communication Asie de Peugeot, quand elle lit çà et là que PSA délocalise sa recherche en Chine.

Le plan dévoilé il y a moins d’un mois vise notamment à réduire les effectifs des salariés affectés à la recherche et au développement en France (actuellement 14.000 personnes). Dans le même temps, le centre de recherche et développement chinois (“China Tech Center”) devrait atteindre les 1.000 personnes d’ici 2015. Il en compte 450 pour le moment, à 80% chinoises, plus une quarantaine encore en sursis dans un bureau de Pékin qui gère la vente des véhicules importés, leur homologation et leur promotion. Elles devraient rejoindre Shanghai dès cet hiver. «Vous verrez en les rencontrant, nos salariés ne savent pas grand-chose du plan social français. Mais ce qui les décevrait, c’est si on ne réussissait pas en Chine», prévient Xiaoyan Hua.

Malgré vingt ans de présence et «une croissance record de 38% en 2010 » avec 374.600 voitures vendues, la part de marché du deuxième constructeur européen stagne à 3,4%, s’attirant les railleries de la presse chinoise. En avril 2010, Le Matin de L’Orient, à Shanghai, titrait « PSA n’a toujours pas senti le pouls de la Chine ». Peu avant, Le Soir du Yangtze, à Yangzhou, écrivait « PSA n’a jamais réussi malgré sa longue expérience en Chine».

A titre de comparaison, Audi, la marque préférée des officiels du Parti unique et propriété de VW, écoulait 646.300 unités rien qu’entre janvier et juillet 2010. Même si le nec plus ultra reste sans doute de parader dans les bouchons de Pékin sans plaque minéralogique à bord d’une Lamborghini vert pomme ou d’une Bentley mate, souvent l’apanage des enfants de la nomenklatura chinoise.

Mais PSA se réveillerait enfin, bien décidé à répondre aux attentes d’un marché pour qui la voiture est devenue le meilleur symbole de réussite sociale. Le handicap français est réel. Citroën pâtit d’une image écornée après avoir longtemps inondé Pékin et Chengdu de taxis ZX ou “Elysée” peu clinquants. A l’inverse, Peugeot demeure encore inconnu des aspirants conducteurs chinois, en dehors des grandes villes. Alors que les Buick ou Chevrolet ont joui d’emblée d’un bonus affectif chez une catégorie de Chinois à la poursuite de l’American Way of Life.

Ouvert à l’automne 2008, le China Tech Center de PSA à Shanghai est censé remédier à tous ses maux. Il n’a pour l’instant rien à envier aux quatre centres d’études de La Garenne-Colombes, Vélizy, Belchamp et Carrières. «Pour des raisons de loyer», le centre shanghaien est disséminé entre plusieurs étages de trois bâtiments de la nouvelle zone Hi-Tech de Caohejing, à l’ouest du fleuve Huangpu. Les bureaux de l’équipementier automobile français Valeo sont à deux pas, tout comme le siège chinois des fast-foods MacDonalds. Aucune piste d’essai, aucune soufflerie, ni de hangar à crash test à l’horizon. Le parking souterrain abrite les voitures du personnel, les modèles PSA disponibles en Chine et, depuis ce matin, la DS3 WRC de Sébastien Loeb, de retour d’un événement à Canton.

Mais c’est bien ici que l’on conçoit les modèles Peugeot et Citroën destinés au marché chinois. «On fait sur place ce qu’on ne sait pas faire en France. C’est-à-dire adapter nos voitures aux goûts et besoins des Chinois. Ici, le client aime une voiture qui ressemble à une voiture», résume un cadre qui soupire en repensant à l’échec cuisant de la Picasso. Même fabriqué en Chine, le monospace n’a jamais eu le droit de cité dans l’empire du Milieu. Read More

Enquête sur le solaire chinois – Usine Nouvelle

Posted 11 Dec 2011 — by admin
Category economie, environnement, reportage

Récemment, j’ai pu retourner dans le Sichuan et enquêter plus avant sur les étapes de fabrication du photovoltaique “made in china” pour l’hebdomadaire l’Usine Nouvelle. Un périple complet, préparé de haute lutte, depuis les carrières de silice d’Emeishan jusqu’à la chaîne d’assemblage des modules solaires en passant par les usines d’Etat de Leshan où l’on purifie la matière première. Souvenez vous, l’an dernier j’ai été lauréat d’une dotation baptisée “brouillon d’un rêve journalistique”. En plus des précieux conseils de ses membres, la Scam (société des auteurs multimédia) m’a donc aidé à financer la réalisation du document vidéo, qui accompagne le papier, en kiosque depuis le 08 décembre.

Voici en aperçu, la première page de l’enquête qui en compte 3.

Et la vidéo ici:

http://www.vimeo.com/34324762

Retour à Ordos, ville (toujours) fantôme

Posted 08 Dec 2011 — by admin
Category economie, environnement, reportage

jordan pouille ©

jordan pouille ©

jordan pouille ©

jordan pouille ©

jordan pouille ©

Dix huit mois plus tard, je suis retourné sur place, là bas dans ce petit bout sableux de Mongolie Intérieure. Ce qui a changé? Tout est beaucoup plus grand et le sentiment de vide encore plus important. Car même si personne n’achète, à part les fonctionnaires de la ville voisine désormais contraints de travailler sur place, les chantiers ne sont pas arrêtés, à peine ralentis !  Après l’avenue de la culture et ses bâtiments futuristes, on s’attaque au “business district” avec six gratte-ciels bordant le lac artificiel. L’été venu, celui-ci offrira un spectacle de toute beauté, avec des jets projetant l’eau à plus de soixante mètres. A Ordos, le béton a tellement pompé l’eau des nappes phréatiques que l’eau des rares habitants est coupée deux jours par semaine. Un développement durable, donc.

Ma précédente série à Ordos (été 2010) fut publiée en juillet 2010 dans Marianne puis en décembre dans un magazine allemand  ici

Foxconn Chengdu: comment vivent les ouvriers de l’Ipad2 ?

Posted 01 Nov 2011 — by admin
Category economie, reportage, usine nouvelle

Après la vague de suicides d’ouvriers au printemps 2010, Foxconn, le fournisseur d’Apple, a délocalisé une partie de sa production dans le Sichuan, à l’Ouest de la Chine. Reportage à Pixian, dans la banlieue de Chengdu. Cette ville nouvelle, construite par la firme taïwanaise Foxconn, fabrique les iPad deuxième génération.

Le tout est à lire ici chez Usine Nouvelle.

Mes photos de reportage sont ici

Chine: bulle financière et faillites en cascade

Posted 01 Nov 2011 — by admin
Category economie, mediapart

Enquête à lire ici (sur abonnement).

Klaus Regling: “I am here to sell bonds, that’s all”

Posted 28 Oct 2011 — by admin
Category economie

Jordan Pouille ©

Klaus Regling, the current Chief Executive Officer of the European Financial Stability Facility (EFSF), is in Beijing today to meet China Finance minister. He gave a press conference at noon to Chinese and Foreign media. Like others, I asked him why there’s no transparency about which institution in China is buying european bonds and how much millions if not billions they are buying. He said “Chinese buyers don’t disclose these informations. Neither do we”. Is mister Regling trying to build a great wall between European citizens and China?

A Pékin, les indignés du dimanche

Posted 17 Oct 2011 — by admin
Category beijing, economie

Dans le district de Chaoyang, on n’a pas encore fait le siège des banques d’Etat mais le quartier des affaires est enfin sorti de sa léthargie dominicale.

Nous voilà donc au deuxième étage d’une tour du “Chinese Business District” de Jianwai Soho. Un complexe clinquant de boutiques et de bureaux construits par le couple de milliardaires atypiques et médiatiques Zhang Xin et Pan Shiyi, régnant en maîtres sur l’immobilier pékinois.

Peuplé de travailleurs en cravate ou tailleur la semaine, le lieu est désespérément vide entre vendredi soir et lundi matin. Mais par le miracle d’internet, à l’appel d’un Weibonaute (Weibo est l’équivalent chinois de Twitter, bloqué), l’endroit s’est transformé ce dimanche après-midi, en une joyeuse braderie.

Une centaine de pékinois ont donc pris place pour troquer leurs affaires d’occasion. Le principe: redonner une vie à des objets délaissés, créér du lien social autour d’un paire de sandales, un gloss peu servi, un ipod dépassé. Beaucoup ont troqué, quelques uns ont vendu. Tous n’étaient apparemment pas venus pour faire du profit et les quelques centaines de yuans accumulés seront même redistribués à un défenseur des animaux très convaincant. Pour la petite histoire, le jeune homme fait partie de ces riverains ayant sauvé des centaines de chiens de l’abbattoir en avril dernier (voir article http://twurl.nl/rbsv47) . Il ferraille aujourd’hui pour nourrir ces animaux rescapés mais que les Pékinois ne peuvent adopter; les chiens de plus de 50 cms de hauteur étant “canina non grata” en ville. “Seulement” 100 000 petits sont donc enregistrés dans la capitale chaque année. Difficile de croire que la taille d’un chien est proportionnelle à sa dangerosité mais soit…

Dans une ville démesurée où tout pousse à la consommation, où les centres commerciaux sont pléthoriques, où la spéculation immobilière rend inaccessible la plupart des nouveaux appartements, il y a des moments où l’on est heureux de constater un soupçon de résistance pacifique au modèle de société actuel chinois.

Parmi les “bradeux” donc, pas peu fiers d’étaler leurs babioles, j’ai fait la connaissance d’un jeune traducteur, une journaliste du Quotidien du Peuple fraîchement embauchée après neuf mois d’immersion à Lyon, une productrice pour le bureau pékinois de la télévision nationale nipponne, un dessinateur, un commercial dans une société nationale d’alicaments (pour lutter contre la malnutrition qui existe encore en Chine).

Tous ont moins de trente ans, de l’éducation, un salaire convenable et l’envie, sur leur temps libre, de partager autre chose que des coupons de réduction distribués par des machines à l’entrée des hypermarchés.

Et puis à la fin de la journée, un couple de restaurateurs est arrivé. Pour 35 yuans (4 euros), ils ont proposé un repas entièrement “bio” et végétalien. En amuse-bouche, le mari tenait un discours plutôt alarmiste sur la sécurité alimentaire, à contre-courant des médias officiels annonçant une lutte gouvernementale sans pitié contre les industriels de l’eau de bouteille au plomb ou du lait maternisé à la dioxine.

Mais comment être sur que votre bio est vraiment bio ?” ose un garçon. Il fait allusion au dernier scandale des supermarchés Wall Mart de Chongqing où le porc vendu comme biologique depuis des mois n’était en fait que de la vulgaire viande dopée au clembutérol. Et le restaurateur d’expliquer par le début toute l’histoire de l’agriculture biologique, à la demande générale et par un vote à main levée. Il n’existerait pas de label officiel bio mais deux standards d’alimentation dite “verte”: le A et le AA. Pour le reste, c’est la confiance qui prime.

A la fin du repas, varié et ponctué d’une soupe au potiron bio magistrale, un professeur est venu dénoncer à mots feutrés l’omniprésence des OGM dans l’alimentation quotidienne. “95% du soja servi en Chine”. Stupeur générale. Deux producteurs de légumes -et fournisseurs directs de nos restaurateurs bio- ont terminé la séance en expliquant leurs projets d’agriculture équitable avec des paysans du Hebei et d’Harbin.

jordan pouille

Ce dimanche, ce petit bout de pékin a offert un condensé prometteur de la fameuse nouvelle classe moyenne chinoise, nourrie à Weibo, pas “indignée”comme en Occident mais de plus en plus “consciente” des problèmes collatéraux de cette croissance effrénée. Tous ces jeunes étaient prêts à prolonger le dialogue bien au delà de la toile. Et ils ont été servis, sur un plateau.

 

Une inflation “insupportable” pour les Pékinois

Posted 10 Oct 2011 — by admin
Category beijing, daily life, economie

jordan pouille

Un petit vendeur de légumes de Dongcheng, un quartier central de Pékin.

Insupportable. C’est le terme employé par 70 % des 1400 foyers pékinois dans le cadre d’une étude sur la perception des prix, menée par la Banque Centrale de Chine et publiée par le magazine économique chinois Caijing. Si le gouvernement tente de contenir le prix de l’immobilier qui a quadruplé en dix ans à Pékin - un crève coeur dans la mesure où les entreprises d’Etat investissent elles aussi dans la juteuse spéculation immobilière –  il ne peut pas grand chose face à l’inflation générale. On déplore ainsi une hausse des prix de 4.8% d’un trimestre à l’autre.

Et cette hausse frappe l’alimentation en particulier. Ainsi, le prix de la viande de porc, la plus consommée en Chine, a augmenté de plus de 45 % en un an. A titre personnel, je constate que le moindre plat dans les restaurants de quartier a grimpé de 2 yuans depuis le début de l’été. Les Chinois maîtrisent l’art de la débrouille et l’on assiste au succès des restaurants groupés, où l’on réserve son assiette sur internet. En réservant à plusieurs, on peut ainsi fait baisser la note sensiblement.

Touche pas à mon brevet !

Posted 09 Oct 2011 — by admin
Category economie

Imaginer une grosse société américaine d’informatique. Pas Apple cette fois, ni Microsoft. Mais une firme tout aussi créative, qui dépose brevet sur brevet. Celle-ci a donc inventé une méthode pour améliorer sensiblement la performance d’un processeur, empêcher qu’une batterie ne chauffe ou qu’un disque dur ne perde des informations. Des travaux de recherches précieux mais qui s’arrêtent au stade du laboratoire. N’ayant pas assez d’ingénieurs, cette société préfère passer le relais. Elle tient donc une juteuse affaire de location de brevets. En clair, elle empoche les dollars de ceux qui souhaiteraient bien passer de la théorie à la pratique, de ceux qui voudraient bien commercialiser au grand public ce que ses chercheurs érudits ont imaginé dans la pénombre d’un atelier sophistiqué.

Mais comme il s’agit d’une industrie stratégique aux yeux de l’Amérique – car celle-ci peut notamment trouver des applications militaires, cette société américaine ne peut vendre ses juteux brevets qu’à d’autres sociétés américaines.

Puis imaginer John. John Lee, la trentaine. John est Américain, enfant unique de parents Chinois. Il a une petite start-up enregistrée aux Etats-Unis. Il y a quelques mois, John est allé voir l’entreprise d’informatique, avec ses économies. Il lui racheté l’exploitation du brevet pendant une durée d’un an: une dépense de 8 millions de dollars.

Ce que la société américaine ne sait pas ou feint d’ignorer c’est que John dispose d’une autre société, chinoise cette fois. Celle-ci est domiciliée à Pékin et compte une trentaine d’ingénieurs tous trentenaires, expérimentés et formés à Jiaotong University. La formation incluait un stage à la Silicon Valley. Ce sont eux qui, tout la semaine, se creusent la tête pour mettre au point la technologie e qui se cache derrière le brevet à 8 millions de dollars. Car il ne suffit pas de la transférer d’un continent à un autre, encore faut-il la maîtriser et c’est justement à quoi s’emploient ces talentueux informaticiens chinois.

Pour faire prospérer son affaire, John s’est associé avec un partenaire prospère et ambitieux: le gouvernement chinois, propriétaire pour moitié… tantôt à 49%, tantôt à 51% selon les circonstances.

Si les 30 ingénieurs aboutissent et parviennent à matérialiser l’idée du brevet américain, alors le gouvernement saura apporter les fonds nécessaires à la mise en production, garantir à John Lee des terrains pour construire son usine et même lui fournir une main d’oeuvre migrante docile et bon marché. Alors seulement les yuans pleuvront sur John et sur le gouvernement chinois.

C’est un aspect de l’économie, du transfert de savoir-faire que j’ai pu palper en rencontrant un ingénieur informatique chinois. La bataille des droits intellectuels, la protection des technologies est un combat devenu prioritaire pour les Américains. Il y a un an, un Californien comparaissait au tribunal pour “évasion technologique”. David Zhang s’était associé à un laboratoire Sichuanais et employait des ingénieurs américains qui, ayant maîtrisé une technologie numérique dite sensible, partaient en Chine pour participer à des “séminaires de formation” de grande ampleur.

Paradoxalement, Apple a parfaitement pénétré le marché chinois, elle fait fabriquer ses Ipads et Iphones en Chine et aucune société chinoise ne semble lui faire de l’ombre: les consommateurs chinois réclament Apple coûte que coûte. L’Apple Store de Pékin est devenu en trois ans, le magasin de la firme le plus profitable au monde.

Cela va donc à l’encontre de tous ceux qui pensaient que le transfert de technologie était le prix à payer pour accéder ensuite au marché chinois. A l’inverse, des fabricants de tgv ou de centrales nucléaires se sont mordus les doigts en transférant massivement leurs savoirs et en ne récupérant, à court terme, qu’une poignée de contrats. Un supplice qui n’en finit plus car ceux-ci en viennent à présent à subir la concurrence chinoise sur leur propre marché historique.

Etes vous entrepreneur dans l’industrie de la haute technologie? Faites vous signer des contrats de confidentialité à vos salariés? Quelle est votre approche/politique sur la question du transfert des technologies?

Steve Jobs, le tyran visionnaire

Posted 09 Oct 2011 — by admin
Category beijing, economie


Les Pékinois ont déposé des bouquets au pied de l’Apple Store de Sanlitun, le plus fréquenté au monde (photo JP)

Si monsieur Steve Jobs a été un visionnaire, un créateur, un génie voire même un magicien du high-tech comme on peut le lire en ce moment, alors c’est sans doute à Pixian, en banlieue de Chengdu que sa magie opère. Ici, on construit 2/3 des Ipad2 dont le monde entier raffole. Une ville de béton créée de toute pièce il y a tout juste un an, où les jeunes gens virevoltent entre dortoirs et ateliers-bunkers, de 8h à 22h, pour 2000 yuans par mois, heures supplémentaires comprises. Les photos de mon récent reportage sur place sont ici.