<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Jordan Pouille &#187; environnement</title>
	<atom:link href="http://www.jordanpouille.com/category/environnement/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.jordanpouille.com</link>
	<description>Carnets de Chine de Jordan Pouille, correspondant à Pékin</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Feb 2012 00:03:29 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.1.3</generator>
		<item>
		<title>Comment la Chine a raflé le marché du solaire (Mediapart)</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2012/01/30/solaire-chine-mediapart/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2012/01/30/solaire-chine-mediapart/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 22:33:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[economie]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[mediapart]]></category>
		<category><![CDATA[reportage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=2869</guid>
		<description><![CDATA[Publié le 26 janvier. Petit poucet du secteur il y a cinq ans, la Chine fabrique aujourd’hui plus de la moitié des panneaux solaires de la planète. 95 % de sa production est exportée et le pays se ferme aux concurrents étrangers. A l&#8217;heure où le “produire français” bat la campagne présidentielle, et où les filières [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Publié le 26 janvier.</em> Petit poucet du secteur il y a cinq ans, la Chine fabrique aujourd’hui plus de la moitié des panneaux solaires de la planète. 95 % de sa production est exportée et le pays se ferme aux concurrents étrangers. A l&#8217;heure où le “produire français” bat la campagne présidentielle, et où les filières d&#8217;énergies renouvelables sont en perdition, enquête sur cette ascension foudroyante qui a été massivement financée par le gouvernement chinois.<span id="more-2869"></span></p>
<div>
<p>C’était en 2011. Après trois années à subir la concurrence chinoise et victime collatérale de la chute de Lehman Brothers, qui était son principal actionnaire, le PDG du fabricant de gaufres de silicium Evergreen Solar, Michale El-Hillow, prenait une décision radicale :<em> </em>fermer sa toute nouvelle usine du Massachusetts, licencier ses 800 techniciens et<em> </em>délocaliser toute la production à Wuhan, en s’associant à Jiawei, une puissante entreprise chinoise qui lorgnait sa technologie innovante. En France, c&#8217;est une entreprise pionnière en matière de panneaux solaires, Photowatt, qui se retrouve devant le tribunal de commerce. En Allemagne, les industries de l&#8217;énergie renouvelable souffrent tout autant.</p>
<p>Tandis que les candidats à la présidentielle débattent abondamment de la réindustrialisation du pays et du “produire français”, l’Etat chinois déroule le tapis rouge à toutes les bonnes âmes susceptibles d’offrir la suprématie mondiale à sa filière bourgeonnante. En 2010, 41,8 milliards de dollars ont été investis dans l’industrie solaire au niveau mondial. 33,7 milliards sont venus du gouvernement chinois.</p>
<p>A 1.000 km de Wuhan, c’est Leshan, une coquette ville touristique de la province du Sichuan, à l’ouest du pays. Les touristes ont toujours afflué pour y admirer le Bouddha géant, sculpté à flanc de montagne. Mais c’est l’industrie photovoltaïque qui fait aujourd’hui sa renommée.</p>
<p>Depuis avril 2009, s’y développe une zone industrielle high-tech rognant sur les champs de cacahuètes. Sur 30 km<sup>2</sup>, des usines sophistiquées rassemblent toutes les étapes de l’industrie solaire : purification du silice, la matière première, découpe des gaufres de silicium en cellules, assemblage des cellules photovoltaïques poly-cristallines sur des structures de fer.</p>
<p>Dans le Sichuan, ce sont les mastodontes Sichuan Xinguang Polysilicon et Tianwei New Energy, entreprises étatiques, qui dominent l’industrie. Mais un autre géant, Topraycell, a promis d’y investir 3 milliards de yuans en cinq ans. La firme a déjà relocalisé son unité de production de Shenzhen (au sud) à Leshan pour économiser en main-d’œuvre et s’abreuver de matière première. Très énergivore, la zone industrielle profite aussi de nouvelles centrales à charbon, toutes proches.</p>
<div>Sur la route qu’empruntent les camions chargés de granulats de silice, des calicots de propagande font la promotion « <em>des efforts continus du Parti pour le développement scientifique » </em>de Leshan. Ils mènent jusqu’aux montagnes sacrées d’Emeishan, où les monastères bouddhistes avoisinent les gisements de silice, dont les petits exploitants essaiment la toile de leurs numéros de portables, à la recherche de clients potentiels ou de partenaires qui leur apporteront les engins nécessaires.<a title="Traitement du silice à Leshan" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_28693/silicon_mine_leshan_620_jpouille.jpg"></a></div>
<p>Résultat : cette nouvelle industrie apporte à Leshan une croissance inespérée (+13 % par an) associée à une urbanisation galopante. Depuis un an, des tours résidentielles multicolores font face aux cheminées d’usines photovoltaïques. Seul le fleuve agité de Dadu les sépare.</p>
</div>
<h3>Le Parti, parrain de l’industrie solaire</h3>
<p>Comme partout sur les terres chinoises en phase d’industrialisation, les entrepreneurs s’installant à Leshan ont bénéficié des largesses de l’Etat. Qu’elles soient privées ou publiques, leurs usines n&#8217;ont eu aucun problème pour accéder aux prêts bancaires. Avec des facilités de paiement : à Leshan, c’est le gouvernement local qui rembourse les intérêts.</p>
<p>Pour y construire leurs ateliers, des terrains sont accessibles à des prix dérisoires et en quantité illimitée, n’en déplaise aux milliers de paysans promptement expropriés. Quelques irréductibles bataillent encore pour ne pas rejoindre les dortoirs des ouvriers sans avoir obtenu une indemnité substantielle en échange de leurs champs si bien situés.</p>
<p>Enfin, la ville se montre peu regardante sur les rejets toxiques de ces nouvelles usines. <em>« La nuit, il sort de l’air noir </em>», dit une vieille dame dont la ferme délabrée fait face à une brochette de cheminées. « <em>Vers deux heures du matin, Xinguang Silicon lâche sa fumée et je retrouve mes plantes toutes penchées, au réveil </em>», ajoute un autre paysan devant ses tournesols fatigués. Difficile de leur donner raison. Le bureau de l’environnement de Leshan ne diffuse plus de relevé sur la qualité de l’eau ou de l’air dans le secteur…</p>
<p>Il ne faudrait pas que les habitants s’inspirent du cas « Jinko ». En septembre dernier, dans la province méridionale du Zhejiang, <a href="http://www.reuters.com/article/2011/09/18/us-china-solar-plant-protest-idUSTRE78H0FL20110918">500 personnes ont ferraillé trois jours</a> durant contre les émissions polluantes de ce fabricant de panneaux solaires à la renommée mondiale. Le mouvement sera finalement réprimé par les forces anti-émeute.</p>
<p>Peut-on visiter les fières installations solaires de Leshan ? <em>« Bu shi ! » </em>(non), disent les gardiens. Depuis que la Chine porte le chapeau d’un prix du marché au rabais (la valeur marchande des produits des différentes étapes de la production solaire ont chuté de 60 % depuis février 2011), les critiques fusent et les usines solaires chinoises fuient les journalistes chinois comme étrangers. L’accord oral de Ding Qiang, le PDG de Tian Wei New Energy que nous avions obtenu à Pékin, pèse finalement bien peu face au refus de Zhao Baoli, le chef du bureau local du parti communiste.</p>
<p>Il met en garde contre toute <em>« mauvaise information »</em> susceptible d’influencer la valeur de la société cotée en bourse. « <em>Ne vous formalisez pas, nous avons même refusé les journalistes du</em>Quotidien du Peuple <em>et de la CCTV </em>(la télévision chinoise). » Tout juste nous a-t-on laissé apercevoir les banderoles géantes devant les ateliers, appelant au respect des règles de sécurité et rappelant le besoin impérieux d’atteindre les objectifs de production.</p>
<p>Qu’il semble loin le temps du développement nonchalant, quand le solaire chinois n’en était encore qu’à ses balbutiements. En avril 2010, non loin de Chengdu, nous visitions sans entrave le chantier d’une usine baptisée 739. Propriété d’une division de l’Armée populaire de libération, jusqu’alors focalisée sur les semi-conducteurs et les circuits imprimés, elle se lançait elle aussi dans la valse solaire.</p>
<p>A l’extérieur : de nombreux dortoirs, des terrains de basket, une belle route bitumée à quatre voies. A l’intérieur : des dizaines de machines italiennes, suisses, japonaises ou allemandes dernier cri, encore sous plastique. De très jeunes ingénieurs shanghaiens s’amusaient à les apprivoiser. Cette usine nouvelle de polysilicone jouxtait une autre unité de Tian Wei New Energy employant 1000 jeunes ouvriers dociles à 1000 yuans par mois (120 euros), et délestant ses déchets solides dans un terrain vague. L’armée et l’Etat s’apprêtaient donc à entrer en concurrence, sur le terrain du photovoltaïque.</p>
<h3>Le temps des regrets ?</h3>
<p>A l’époque du sommet de Copenhague contre le réchauffement climatique, fin 2009, certaines ONG financées par des industriels comme The Climate Group, de Tony Blair, ont poussé sans relâche les puissances occidentales à favoriser les transferts massifs de technologies vertes vers les pays en voie de développement prêts à les acheter, sous prétexte de réduire leurs propres émissions de carbone. Ce qui a permis aux industriels chinois d’atteindre très rapidement leurs objectifs de production et d&#8217;inonder le marché mondial, aujourd’hui ralenti par la suppression des subventions à l’installation comme en France ou en Grande-Bretagne.</p>
<p>«<em> Confrontée à la surproduction, l’industrie chinoise, forte de 35 producteurs, devrait n’en conserver que 4 d’ici trois ans </em>», spéculent même des analystes du cabinet Macquarie. Mais c’est sans compter sur le marché domestique naissant du photovoltaïque, désormais officiellement fermé aux investisseurs étrangers. L’Administration chinoise de l’énergie a annoncé une hausse de 50 % des objectifs d’installations de panneaux solaires dans le pays, pour atteindre une capacité de 15 GW d’ici 2015.</p>
<p>Mais pour avoir chamboulé les hégémonies allemande et américaine, le pays peut tout de même se targuer d’avoir garanti l’accès à cette énergie verte au plus grand nombre. Comme en Inde, où l’usage du solaire chinois se généralise à mesure que son prix se rapproche de celui de l’essence.</p>
<p>Les Américains ne sont pas de cet avis. La très officielle Commission américaine pour le commerce international vient de reconnaître que l’industrie solaire chinoise, par ses subventions étatiques massives, avait sciemment violé les règles de l’Organisation mondiale du commerce et mis en péril sa propre industrie. Craignant des sanctions fiscales imminentes de la part de l’administration Obama, les bureaux de représentation aux Etats-Unis des fabricants solaires chinois tentent coûte que coûte d’importer une quantité optimale de leurs marchandises.</p>
<p>Le 21 décembre, le géant Suntech Power a déposé 77 containers de panneaux solaires sur le sol américain. Du jamais vu. Trina Solar, un autre fabricant chinois, lui aussi d’Etat, dopait ses livraisons de 209 % en décembre. Et tous deux s’apprêtent à louer des hangars de stockage supplémentaires, laissant présager de nouveaux arrivages.</p>
<p>Cette prise de conscience tardive de l’Occident, désemparé face à son industrie solaire sinistrée, pourrait bien s’élargir au secteur éolien, qui emprunte le même chemin.  Propriété de l’Etat chinois,<em> </em>Sinovel vient de vendre 23 éoliennes au Brésil et devra honorer des commandes en Australie, en Grèce, en Irlande ou dans le Massachusetts, avec pour objectif de dominer le marché mondial d’ici 2015.</p>
<p>Dans le même temps, l’espagnol Gomesa délocalise 70 % de sa production d’éoliennes vers la Chine, pour diminuer ses coûts de production. Le danois Vestas, leader historique de l’éolien, est passé de 180 millions d’euros de bénéfices en 2010 à 60 millions d’euros de pertes l’année suivante. Et il vient d’annoncer 2335 suppressions d’emplois…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2012/01/30/solaire-chine-mediapart/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chine: les paysans de Wukan ont gagné (Médiapart)</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/12/28/chine-les-paysans-de-wukan-ont-gagne-mediapart-analyse/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2011/12/28/chine-les-paysans-de-wukan-ont-gagne-mediapart-analyse/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Dec 2011 18:09:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[economie]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[mediapart]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[societe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=2741</guid>
		<description><![CDATA[Analyse publiée le 24 décembre dans le journal de Médiapart. L’issue du conflit est beaucoup plus optimiste que ce que je pouvais imaginer. Même si les chefs du village sont peut-être déjà planqués à Hong Kong… avec la caisse», confie le correspondant flegmatique du Daily Telegraph en Chine, de retour de Wukan. Depuis septembre, les habitants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Analyse <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/221211/chine-les-paysans-de-wukan-ont-gagne?page_article=5">publiée le 24 décembre dans le journal de Médiapart.</a></p>
<p><em><strong>L</strong>’issue du conflit est beaucoup plus optimiste que ce que je pouvais imaginer. Même si les chefs du village sont peut-être déjà planqués à Hong Kong… avec la caisse», </em>confie le correspondant flegmatique du <em>Daily Telegraph</em> en Chine, de retour de Wukan.</p>
<p>Depuis septembre, les habitants de cette bourgade au sud de la Chine ferraillaient contre les officiels locaux, accusés d’avoir saisi leurs terres et empoché des millions de yuans en les revendant à des promoteurs. Véhicules de police renversés, altercations violentes étaient le lot quotidien à Wukan. Jusqu’à l’arrestation de cinq paysans “meneurs” et la mort suspecte de l’un d’entre eux, il y a deux semaines. Les habitants se sont alors subitement barricadés, en prenant soin de bouter les officiels et les policiers hors du village tout en accueillant la presse étrangère et les blogueurs hongkongais, dans l’espoir que leurs revendications soient massivement diffusées.</p>
<p>Même s’il faudra rester vigilant – le chef de la préfecture, Zheng Yanxiong, enrage actuellement contre l’influence diabolique<em> «des médias étrangers pourris, des sites pourris» </em>–, la répression sourde que l’on craignait n’a pas eu lieu. Les 20.000 paysans ont obtenu la libération de trois de leurs camarades vendredi, la rétrocession de 27 hectares de terres et la garantie d’élections démocratiques pour désigner le prochain chef de village. Jusqu’ici muet sur le conflit, le<em> Quotidien du Peuple</em> félicitait jeudi une gestion exemplaire orchestrée par le Parti communiste chinois, désormais capable de remettre l’humain au centre.</p>
<p>Mais est-ce vraiment un tournant? Le Parti change-t-il de cap en acceptant l’instabilité et en satisfaisant les attentes rurales? Plusieurs tentatives de réponses:</p>
<p><span id="more-2741"></span></p>
<div>
<p><strong>1 – De la vente des terres dépend toujours le train de vie des potentats locaux</strong></p>
<p>La bonne volonté des dirigeants du Guangdong ne saurait cacher une réalité: l’insatiable appétit foncier des gouvernements locaux. Au diapason de chaque plan quinquennal du gouvernement central, chaque province se fixe des objectifs de croissance qu’elle répercute à tous les niveaux: préfecture, commune et village. Pour faire entrer les recettes fiscales sans taxer les paysans pauvres et générer une activité économique, les péages routiers pléthoriques à la sortie des villes petites ou moyennes ne suffisent plus.</p>
<p>Quoi de plus simple en revanche que de confisquer et revendre les terres aux promoteurs, toujours grisés par la perspective d’importants bénéfices générés par la spéculation immobilière? En 2010, la vente des terres a rapporté 350 milliards d’euros aux autorités locales, contre seulement 16 milliards en 2001 d’après Guan Qingyou, économiste à l’université de Tsinghua, à Pékin. Le pourcentage moyen de la revente de terres dans les revenus des gouvernements locaux est passé de 0,24% en 1989 à 74,14% en 2010.</p>
<p>Un tel système laisse la part belle à la corruption, où officiels locaux, promoteurs et constructeurs – souvent d’État – se servent sur le dos des paysans, où policiers et démolisseurs sont de mèche pour chasser les habitants. <em>«Il faut comprendre que les systèmes politique, judiciaire, et économique locaux, répondent d&#8217;abord aux intérêts personnels de l&#8217;Empereur de province, le secrétaire général du Parti local. C&#8217;est dans ce climat que les petits fonctionnaires ferment les yeux sur ces prises illégales de terres»</em>, nous explique Li Jinsong, avocat pékinois. Aux côtés des paysans (et du dissident Hu Jia), il s’est depuis rangé et travaille dans <em>«la régulation des banques»</em>.</p>
<p>Il ne faut donc pas chercher bien loin pour trouver d&#8217;autres “Wukan” à retardement. À deux heures en taxi de Pékin, le village de Baigou a peu à peu laissé place à une zone industrielle dédiée à la confection de sacs à main. Toute l’année, les autorités ont envoyé des hommes de main saccager les terres et construire des murets autour. En journée, les paysans découvraient l’avancée des travaux et manifestaient vainement devant les bâtiments publics. Finalement, les autorités ont gagné leur pari et Baigou peut se targuer d’être devenue la “capitale du sac à main” comme d’avoir converti une grande partie des paysans au développement local : ils se retrouvent ouvriers à la chaîne. Un comble, quand la hausse du coût de la main-d’œuvre pousse de plus en plus d’industriels chinois à transporter leurs usines beaucoup plus loin, vers des provinces moins développées comme le Henan et le Sichuan où le salaire minimum défie les lois de la gravité : entre 800 (97 euros) et 1.050 yuans (126 euros) au 1er janvier 2012, heures supplémentaires non comprises.</p>
<div><a title="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysans_protestent_baigou.jpg"><img title="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/paysans_protestent_baigou.jpg" alt="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" /></a></div>
<div><a title="Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: &quot;il faut r" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysans_protestent_baigou.jpg"></a><em>Les paysans dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s&#8217;en tenir à la loi.  JP</em></div>
<div><a title="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysan_loi_baigou.jpg"><img title="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/paysan_loi_baigou.jpg" alt="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." /></a></div>
<div><a title="Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du &quot;Conseil d'Etat&quot; censé protéger les terres cultivables." rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/paysan_loi_baigou.jpg"></a><em>Ce paysan cache son visage devant la photocopie d&#8217;un texte du &#8220;Conseil d&#8217;Etat&#8221;<br />
censé protéger les terres cultivables.© JP</em></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autre exemple signifiant : Ordos, en Mongolie intérieure, où la fièvre bâtisseuse atteint l’absurdité. Au milieu des steppes, une ville fantôme s’érige depuis quatre ans pour permettre aux nouveaux riches du charbon de placer leurs fortunes. Chassés de leurs fermes, les paysans deviennent balayeurs de rue et n’ont d’autre choix que de vivre dans les appartements construits par les promoteurs qui les indemnisent. <em>«On a touché 750.000 yuans d’indemnités, mais on paye 40.000 yuans de loyer par an. On n’avait pas le choix»</em>, nous racontait, le 1er décembre, Shan Zhang accroché à son balai au milieu d’une avenue déserte. Sa femme et sa fille ne travaillent pas. <em>«Il n’y a pas d’usine et elles n’ont pas les diplômes pour être fonctionnaires.»</em></p>
<div><a title="Ordos" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/IMG_9055_ordos_jp.jpg"><img title="Ordos" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/IMG_9055_ordos_jp.jpg" alt="Ordos" /><br />
</a>Ordos© JP</div>
<div><a title="Ordos" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/IMG_9086_ordos_2_jp.jpg"><img title="Ordos" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/IMG_9086_ordos_2_jp.jpg" alt="Ordos" /><br />
</a>Ordos© JP</div>
<div><a title="Paysan à Ordos" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/ordos_paysan.jpg"><img title="Paysan à Ordos" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/ordos_paysan.jpg" alt="Paysan à Ordos" /><br />
</a>Paysan à Ordos© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En février dernier, l&#8217;Académie des sciences sociales de Pékin, considérée comme le <em>think tank</em> du gouvernement central, a publié une étude réalisée dans dix provinces rurales. Elle a mis à jour l&#8217;inhumanité du système: dans 29% des cas de réquisition de terres par les autorités locales, les fermiers ne sont jamais prévenus à l&#8217;avance; et pour 58% d’entre eux, aucune négociation sur le montant des indemnités n&#8217;est même envisagée.</p>
</div>
<p><strong>2 – Les paysans redeviennent la bête noire du Parti</strong></p>
<p>Selon les statistiques officielles, les “incidents de masse”, allant d&#8217;une simple bagarre collective à une véritable émeute, sont passés de 8.700 en 1993 à 90.000 en 2006 en Chine. Défiant la censure, une radio chinoise annonçait que ce chiffre avait doublé en 2010 : 65% concernant uniquement la spoliation des terres agricoles.</p>
<p>L’instabilité tant crainte par les dirigeants du parti unique ne viendrait donc pas des militants des droits de l&#8217;homme comme l’artiste Ai Weiwei, l’avocat aveugle Cheng Guangcheng ou l&#8217;écrivain Chen Wei, aisément neutralisés, ni des candidats indépendants terrassés lors des dernières élections locales, ni même des classes moyennes “éveillées” et adeptes des réseaux sociaux. Car les paysans aussi ont accès à Internet. Résultat : ils connaissent très bien les lois censées les protéger et dénoncent sans pudeur les “trois châtiments”: vol de leurs terres, démolition des maisons et construction illégale. À Wukan, leurs vidéos de castagne ont pris d&#8217;assaut Weibo, le Twitter chinois, déjouant la censure autant que faire se peut.</p>
<p>Toutefois, ils sont nombreux également à accepter leur destinée sans coup férir. Ils entrent alors dans une nouvelle catégorie sociale, sans ressources mais inoffensive : les paysans sans terre, subsistant grâce aux aides de l’État. Soit 50 millions de personnes d’après un rapport de l’Académie des sciences sociales daté d’août dernier.</p>
<p>De fait, dans la province du Gansu, la construction d’un barrage pour accélérer l’industrialisation de la ville toute proche a stoppé net la culture des vergers de Changpo, pourtant glorifiée en son temps par Mao. Les habitants ont été relogés à proximité dans des bungalows proprets mais à l&#8217;écart de toute activité économique, dans un décor lunaire, au sommet d&#8217;une montagne. Ils reçoivent plusieurs centaines de yuans par mois, une somme proportionnelle au nombre de personnes par foyer. Une aide qui leur est enlevée s’ils partent s’installer ailleurs.</p>
<div><a title="Changpo" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/IMG_8529_changpo.jpg"><img title="Changpo" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/IMG_8529_changpo.jpg" alt="Changpo" /><br />
</a>Changpo© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un scénario similaire est observé à Leshan, au Sichuan. En 2007, le Parti local a misé sur l’industrie solaire pour accélérer le développement “scientifique” de la ville (une terminologie chère au secrétaire général Hu Jintao) au-delà de son simple attrait touristique lié à la présence du Grand Bouddha, taillé dans la falaise du mont Lingyun. Bilan: les usines de panneaux solaires d’État se sont construites sur des zones franches plantées au milieu des champs de cacahuètes. Et les paysans qui acceptent sans rechigner les indemnités d’expropriation ont été relogés dans la cité-dortoir des ouvriers du photovoltaïque. Le choc des cultures est assuré.</p>
<div><a title="Un paysan irréductible de Leshan" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/leshan_paysan_irreductible_01.jpg"><img title="Un paysan irréductible de Leshan" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/leshan_paysan_irreductible_01.jpg" alt="Un paysan irréductible de Leshan" /><br />
</a>Un paysan irréductible de Leshan© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans le Shandong (<a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/130211/chine-40-de-mes-semis-ont-deja-peri">lire notre reportage de février dernier</a>), les paysans de Long Wan Tao assistent impuissants au détournement des cours d’eau qui irriguaient leurs terres, afin que se remplisse le lac artificiel de Long Wan Tao. Les autorités locales avaient dans l’idée d’édifier une ville moderne et attractive, truffée d’espaces verts au milieu des nouvelles tours résidentielles.<em> «Nous sommes très en colère car, dans le même temps, le prix des aliments a beaucoup augmenté. Mais les gens ont peur de se plaindre, de manifester. Vous savez, personne n&#8217;a envie d&#8217;être le premier à le faire», </em>grognait un paysan sur place.</p>
<p><strong>3 – La fin de la sécurité alimentaire ?<br />
</strong></p>
<p>Pour permettre à chacun de manger à sa faim, l’État s&#8217;est engagé par écrit à protéger au moins 1,8 milliard de mu (= 120 millions d&#8217;hectares), soit un dixième des terres arables de la planète, pour nourrir un cinquième de la population mondiale. Ainsi, depuis novembre 2010, une loi interdit de convertir les terres agricoles à d&#8217;autres fins. Chaque demande de reconversion d&#8217;un grand champ doit passer par le Conseil d&#8217;État.</p>
<p>Mais selon l&#8217;avocat pékinois Wang Cai Liang, cette barrière des 1,8 milliard de mu n’est qu’une chimère. <em>«Nous avons perdu au moins 900 millions de mu ces dix dernières années! Pour revenir à ce palier, il faudrait de la démocratie, c&#8217;est-à-dire une réforme du système politique qui permettrait au peuple de superviser l&#8217;urbanisation. Aujourd&#8217;hui, celui-ci assiste impuissant à une urbanisation tous azimuts, menée par des chefaillons obsédés par les objectifs de croissance fixés par Pékin et dont dépend leur promotion au sein du Parti.»</em></p>
<p>Face à de telles priorités, le redoutable Conseil d&#8217;État chinois n’est plus qu’un tigre de papier tant ses règles semblent aisées à transgresser. <em>«Si un projet majeur est divisé en une centaine de petits projets, le Conseil d’État n’est plus concerné. Et un gouvernement local peut saisir des terres s’il déclare ces petits projets “d&#8217;intérêt public”. Libre ensuite aux officiels de la commune de les reclassifier en projet résidentiel, industriel ou commercial»</em>, explique Li Jinsong, avocat lui aussi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div><a title="Li Jinsong" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_71254/li_jinsong.jpg"><img title="Li Jinsong" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_71254/li_jinsong.jpg" alt="Li Jinsong" /><br />
</a>Li Jinsong© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ne pouvant plus faire machine arrière, certaines municipalités ayant converti la majorité de leurs territoires envisagent désormais des solutions radicales. Tianjin entend délocaliser son agriculture en Bulgarie. Cet automne, une ferme d’État répondant au doux nom de “Tianjin State Farms Agrobusiness Group Company” s’est offert l’exploitation de 2.000 hectares dans la province pauvre de Vidin contre 10 millions d’euros. Objectif: y produire du tournesol et du maïs pour les consommateurs de Tianjin. Vingt millions d’euros seront bientôt alloués à la production de bétail et de fourrage pour celui-ci. La production de riz et l’élevage de vers à soie seront également au menu. Plusieurs fermes d’État chinoises exploitent déjà leurs propres champs aux Philippines, à Cuba et en Argentine. Une petite question reste en suspens: ces “terres chinoises” dans un pays de l’Union européenne pourront-elles bénéficier des aides de la politique agricole commune ?</p>
<p><strong>Deux espoirs pour 2012</strong></p>
<p>- À l’approche du XVIIIe Congrès de septembre, durant lequel l’ensemble du bureau politique du Comité central du Parti sera chamboulé − <em>provoquant, dans la foulée, le renouvellement du Président et du Premier ministre chinois </em>− les leaders de province cherchent à se protéger de tout conflit social voyant et de toute répression impopulaire. En particulier les prétendants au trône comme Wang Yang, secrétaire général de la province du Guangdong où se trouve Wukan. Dans un rare élan d’empathie, l’homme a reconnu publiquement que les demandes des paysans étaient raisonnables mais qu’elles n’avaient pas été entendues suffisamment tôt.</p>
<p>Wang Yang est en guerre politique ouverte avec Bo Xilai, secrétaire général de Chongqing et partisan charismatique d’un grand retour aux valeurs communistes, de l’esprit révolutionnaire et du partage des richesses: un comble quand on sait qu&#8217;il surveille ses administrés grâce au déploiement de 500.000 caméras de télésurveillance. Ou qu&#8217;il a envoyé son fils en Occident pour y suivre toute sa scolarité. Invité à un dîner par la fille de l&#8217;ancien ambassadeur américain à Pékin, le jeune Bo Guagua, 23 ans, était arrivé au volant d&#8217;une rutilante Ferrari.</p>
<p>- Le dégonflement actuel de la bulle immobilière – provoqué par la baisse de la demande et les mesures antispéculation du gouvernement central – auquel les Chinois assistent depuis plusieurs mois pourrait calmer les ardeurs foncières des autorités locales. Les prix des logements baissent et les promoteurs ne se bousculent plus pour accepter les prix des terrains fixés par les officiels. Comme l’explique le magazine chinois <em>Caixin</em>, dans un article du 19 décembre :<em> «D’un côté, les officiels locaux constatent la nécessité de maîtriser les prix de l’immobilier. En ce sens, jamais ils n’essaieraient de faire obstacle aux politiques du gouvernement central. Mais les ventes de terres ont chuté, gênant la capacité des gouvernements locaux à financer les services publics, comme les patrouilles de police ou les salaires des enseignants.»</em> Résultat:<em> «Aujourdhui, les officiels locaux sont beaucoup plus inquiets que les promoteurs immobiliers.»</em></p>
<p><a href="http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2011-12/26/content_14326726.htm">Lourdement endettées,</a> les provinces doivent donc apprendre à ne plus mettre tous leurs œufs dans le même panier et chercher très vite d’autres moyens de financement que l’extorsion de la masse paysanne.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2011/12/28/chine-les-paysans-de-wukan-ont-gagne-mediapart-analyse/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Enquête sur le solaire chinois &#8211; Usine Nouvelle</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/12/11/enquete-sur-lindustrie-solaire-chinoise-usine-nouvelle/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2011/12/11/enquete-sur-lindustrie-solaire-chinoise-usine-nouvelle/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 16:05:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[economie]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[reportage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=2650</guid>
		<description><![CDATA[Récemment, j&#8217;ai pu retourner dans le Sichuan et enquêter plus avant sur les étapes de fabrication du photovoltaique &#8220;made in china&#8221; pour l&#8217;hebdomadaire l&#8217;Usine Nouvelle. Un périple complet, préparé de haute lutte, depuis les carrières de silice d&#8217;Emeishan jusqu&#8217;à la chaîne d&#8217;assemblage des modules solaires en passant par les usines d&#8217;Etat de Leshan où l&#8217;on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Récemment, j&#8217;ai pu retourner dans le Sichuan et enquêter plus avant sur les étapes de fabrication du photovoltaique &#8220;made in china&#8221; pour l&#8217;hebdomadaire l&#8217;Usine Nouvelle. Un périple complet, préparé de haute lutte, depuis les carrières de silice d&#8217;Emeishan jusqu&#8217;à la chaîne d&#8217;assemblage des modules solaires en passant par les usines d&#8217;Etat de Leshan où l&#8217;on purifie la matière première. Souvenez vous, l&#8217;an dernier j&#8217;ai été lauréat d&#8217;une dotation baptisée &#8220;brouillon d&#8217;un rêve journalistique&#8221;. En plus des précieux conseils de ses membres, la Scam (société des auteurs multimédia) m&#8217;a donc aidé à financer la réalisation du document vidéo, qui accompagne le papier, en kiosque depuis le 08 décembre.</p>
<p>Voici en aperçu, la première page de l&#8217;enquête qui en compte 3.</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/enquete-solaire-usine-nouvelle-081211-011.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-2652" title="enquete solaire usine nouvelle 081211 01" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/enquete-solaire-usine-nouvelle-081211-011-811x1024.jpg" alt="" width="620" height="782" /></a></p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2653" title="page 02" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-02.jpg" alt="" width="329" height="465" /></a><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-31.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2655" title="page 3" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/page-31.jpg" alt="" width="327" height="466" /></a></p>
<p>Et la vidéo ici:</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/2011/12/11/enquete-sur-lindustrie-solaire-chinoise-usine-nouvelle/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2011/12/11/enquete-sur-lindustrie-solaire-chinoise-usine-nouvelle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Retour à Ordos, ville (toujours) fantôme</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/12/08/retour-a-ordos-ville-toujours-fantome/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2011/12/08/retour-a-ordos-ville-toujours-fantome/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 17:14:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[economie]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[reportage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=2718</guid>
		<description><![CDATA[Dix huit mois plus tard, je suis retourné sur place, là bas dans ce petit bout sableux de Mongolie Intérieure. Ce qui a changé? Tout est beaucoup plus grand et le sentiment de vide encore plus important. Car même si personne n&#8217;achète, à part les fonctionnaires de la ville voisine désormais contraints de travailler sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2719" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_620.jpg"><img class="size-full wp-image-2719" title="ordos_jordanpouille_620" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_620.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2727" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_homes1.jpg"><img class="size-full wp-image-2727" title="ordos_jordanpouille_homes" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_jordanpouille_homes1.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2720" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_civilservants_620_jordanpouille.jpg"><img class="size-full wp-image-2720" title="ordos_civilservants_620_jordanpouille" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_civilservants_620_jordanpouille.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2723" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_paysan_jordanpouille.jpg"><img class="size-full wp-image-2723" title="ordos_paysan_jordanpouille" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/ordos_paysan_jordanpouille.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<div id="attachment_2729" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/IMG_8887_praising-coal-industry_620.jpg"><img class="size-full wp-image-2729" title="IMG_8887_praising coal industry_620" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/12/IMG_8887_praising-coal-industry_620.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">jordan pouille ©</p></div>
<p>Dix huit mois plus tard, je suis retourné sur place, là bas dans ce petit bout sableux de Mongolie Intérieure. Ce qui a changé? Tout est beaucoup plus grand et le sentiment de vide encore plus important. Car même si personne n&#8217;achète, à part les fonctionnaires de la ville voisine désormais contraints de travailler sur place, les chantiers ne sont pas arrêtés, à peine ralentis !  Après l&#8217;avenue de la culture et ses bâtiments futuristes, on s&#8217;attaque au &#8220;business district&#8221; avec six gratte-ciels bordant le lac artificiel. L&#8217;été venu, celui-ci offrira un spectacle de toute beauté, avec des jets projetant l&#8217;eau à plus de soixante mètres. A Ordos, le béton a tellement pompé l&#8217;eau des nappes phréatiques que l&#8217;eau des rares habitants est coupée deux jours par semaine. Un développement durable, donc.</p>
<p>Ma précédente série à Ordos (été 2010) fut publiée en juillet 2010 dans Marianne puis en décembre dans un magazine allemand <a href="http://www.jordanpouille.com/2010/12/15/ordos-die-boomende-geisterstadt/"> ici</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2011/12/08/retour-a-ordos-ville-toujours-fantome/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les pêcheurs chinois, entre corruption et piraterie (Mediapart)</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/06/13/une-vie-de-marin-en-chine/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2011/06/13/une-vie-de-marin-en-chine/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 Jun 2011 10:53:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[daily life]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[mediapart]]></category>
		<category><![CDATA[reportage]]></category>
		<category><![CDATA[societe]]></category>
		<category><![CDATA[bohai]]></category>
		<category><![CDATA[china]]></category>
		<category><![CDATA[chine]]></category>
		<category><![CDATA[fishing]]></category>
		<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[poissons]]></category>
		<category><![CDATA[sea]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=2052</guid>
		<description><![CDATA[Voici les photos d&#8217;un reportage chez les marins de Zhazili, sur le littoral de la mer de Bohai, province de Hebei. A cause de la pollution et de la surpêche, ces hommes sont confrontés à la disparition du poisson et à la piraterie. Certains pêcheurs rentraient de mission en Afrique, d&#8217;autres faisaient le deuil de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici les photos d&#8217;un reportage chez les marins de Zhazili, sur le littoral de la mer de Bohai, province de Hebei. A cause de la pollution et de la surpêche, ces hommes sont confrontés à la disparition du poisson et à la piraterie. Certains pêcheurs rentraient de mission en Afrique, d&#8217;autres faisaient le deuil de leurs camarades tués en mer ou songeaient à une reconversion, alléchés par l&#8217;arrivée des touristes. A <a href="http://www.mediapart.fr/en/journal/international/120611/bohai-les-pecheurs-chinois-survivent-entre-pirates-et-corruption">lire ici, sur Mediapart. </a></p>
<div id="attachment_2053" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0054-peche-en-mer-blog.jpg"><img class="size-full wp-image-2053" title="IMG_0054 peche en mer blog" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0054-peche-en-mer-blog.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille ©</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2055" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0164-pecheur-et-son-fils-blog1.jpg"><img class="size-full wp-image-2055" title="IMG_0164 pecheur et son fils blog" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0164-pecheur-et-son-fils-blog1.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille ©</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2057" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0165-pecheur-tatoue-blog.jpg"><img class="size-full wp-image-2057" title="IMG_0165 pecheur tatoue blog" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0165-pecheur-tatoue-blog.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille ©</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2056" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0983-pecheur-shandong-II-nuit-blog.jpg"><img class="size-full wp-image-2056" title="IMG_0983 pecheur shandong II nuit blog" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0983-pecheur-shandong-II-nuit-blog.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille ©</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2059" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0784-lei-yang-bateaux-drapeaux-blog.jpg"><img class="size-full wp-image-2059" title="IMG_0784 lei yang bateaux drapeaux blog" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0784-lei-yang-bateaux-drapeaux-blog.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille ©</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2063" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_8056-pecheur-reconverti-blog.jpg"><img class="size-full wp-image-2063" title="IMG_8056 pecheur reconverti blog" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_8056-pecheur-reconverti-blog.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille ©</p></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2011/06/13/une-vie-de-marin-en-chine/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les leçons de Tchernobyl: enquête sur la ruée chinoise vers le nucléaire  (Mediapart &#8211; 26 avril)</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/04/27/nucleaire-chine-mediapar/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2011/04/27/nucleaire-chine-mediapar/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 17:57:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[economie]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[mediapart]]></category>
		<category><![CDATA[chine]]></category>
		<category><![CDATA[nucleaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=1796</guid>
		<description><![CDATA[Ce dimanche 10 avril, sur Xinkiang Jie, un vieil homme en costume noir et cravate de soie grise s&#8217;avance à vélo. «Vous auriez pu entrer sans m&#8217;attendre», dit-il en souriant. Après toutes ces années, Wang Zuoyan ne remarque plus les gardiens ni les barrières au pied du Centre de réponse médicale aux urgences radioactives, une institution [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce</strong> dimanche 10 avril, sur Xinkiang Jie, un vieil homme en costume noir et cravate de soie grise s&#8217;avance à vélo.<em> «Vous auriez pu entrer sans m&#8217;attendre»</em>, dit-il en souriant. Après toutes ces années, Wang Zuoyan ne remarque plus les gardiens ni les barrières au pied du <a href="http://www.nirp.cn/en/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=44&amp;Itemid=6%29">Centre de réponse médicale aux urgences radioactives</a>, une institution dépendante du ministère de la santé, qu&#8217;il a dirigée jusqu&#8217;en 2003 et dont il demeure le chercheur principal.</p>
<p><em>«Depuis Fukushima, on travaille tous les jours.»</em> Au troisième et dernier étage de ce bâtiment de briques rouges, ses camarades chercheurs récupèrent les dernières informations sur les radiations dans l&#8217;eau et la terre, expédiées depuis les labos de différentes provinces chinoises.<em> «On en fait une synthèse pour le ministère, avec nos recommandations.»</em></p>
<p><em>«Et l&#8217;air?»</em> Silence dans la salle. <em>«Les chiffres de radioactivité dans l&#8217;atmosphère ne passent plus par nous. C&#8217;est du ressort du ministère de la protection de l&#8217;environnement et c&#8217;est bien là le problème.»</em> Wang Zuoyan est l&#8217;un des rares scientifiques chinois à oser remettre en question publiquement la ruée de son pays vers le nucléaire ou plutôt la cacophonie qui l&#8217;entoure.</p>
<p>Comme en Allemagne, le gouvernement chinois, par l&#8217;intermédiaire de son Conseil d&#8217;Etat, a pourtant ordonné dès le 16 mars un gel de son programme nucléaire. Mais il ne concerne pas les quatorze réacteurs déjà opérationnels, ni même les <a href="http://shigepekin.over-blog.com/article-reacteurs-nucleaires-en-chine-ceux-qui-sont-en-activite-ceux-a-venir-71929502.html">vingt-sept en construction</a>. Seulement les contrats sur le point d&#8217;être signés, qu&#8217;il s&#8217;agisse de réacteurs situés dans les zones du littoral, mais loin des réserves de charbon, ou en zone sismique. Greenpeace China avait salué l&#8217;initiative. Sans doute un peu trop vite car le programme nucléaire ne baissera pas d&#8217;intensité.</p>
<p>Lors de la 9<sup>e</sup> édition de la <a href="http://www.biztradeshows.com/trade-events/nuclear-power-industry.html">Conférence nationale de l&#8217;industrie nucléaire</a>qui s&#8217;est tenue à Shenzhen entre le 6 et le 8 avril, Li Xiaoxue, porte-parole de l&#8217;un des deux constructeurs publics (China Guangdong Nuclear Power), a pronostiqué <em>«le résultat de ce moratoire: la Chine va probablement arrêter de commander des réacteurs de deuxième génération pour privilégier les modèles de troisième génération comme les futurs AP 1000 américains ou EPR d&#8217;Areva ou même ses propres modèles en négociant des accords de transferts de technologie».</em></p>
<p>Pour les scientifiques, à défaut de ralentir la course aux réacteurs, ce gel permet déjà plus de dialogue en coulisses.<em> «Jusqu&#8217;à présent, à chaque fois qu&#8217;il fallait valider le choix d&#8217;un nouveau réacteur, les scientifiques se réunissaient, se disputaient puis se taisaient, au nom du développement du pays. Cette fois-ci, l&#8217;accident japonais est une occasion de retrouver les officiels autour d&#8217;une table pour qu&#8217;ils écoutent enfin les plus dubitatifs»</em>, estime Wang Zuoyan, pro-nucléaire obsédé par la sécurité maximale et qui cherche à faire entendre sa voix.</p>
<p>Car à l&#8217;inverse de l&#8217;Institut pour la recherche énergétique de la toute-puissante Commission pour la réforme et le développement national, qui supervise le développement de l&#8217;industrie nucléaire, le corps de fonctionnaires censé gérer une situation de crise, un accident de radioactivité, est totalement dilué.</p>
<p>Fin de la page 1/5.<span id="more-1796"></span></p>
<h2 id="article-under-title">Un labyrinthe de responsabilités</h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>«Le système a été conçu pour que personne n&#8217;ait à assumer la moindre responsabilité, pour que personne ne porte le chapeau en cas de pépin.»</em> Explications par l&#8217;exemple: <em>«Imaginez que l&#8217;on découvre une forte radioactivité dans les légumes chinois. A priori, la  nourriture devrait être de la responsabilité du ministère de la santé. Pourtant, si le légume est à la ferme, sa qualité est du ressort du ministère de l&#8217;agriculture uniquement. En revanche, le légume récolté est du ressort exclusif de l&#8217;Administration générale de la supervision de la qualité, de l&#8217;inspection et de la mise en quarantaine. Mais quand le légume est en rayon, c&#8217;est de la responsabilité de l&#8217;Administration d&#8217;Etat de l&#8217;industrie et du commerce. Et c&#8217;est seulement quand vous tombez malade que nous, au ministère de la santé, pouvons intervenir»&#8230;</em> Et même si, via les chiffres de la radioactivité dans l&#8217;atmosphère, ces derniers disposent très tôt de tous les éléments annonçant un risque. <em>«Il faut donc absolument profiter de cette période pour clarifier le management.»</em></p>
<p>Sinon, la leçon du SRAS (pneumonie hautement infectieuse) n&#8217;aurait servi à rien. En mars 2003, la capitale était contaminée, les hôpitaux voyaient affluer des patients atteints de l&#8217;épidémie mais aucune institution n&#8217;osait relayer l&#8217;information jusqu&#8217;au sommet, à quelques jours de la session annuelle de l&#8217;Assemblée nationale populaire. Et ce n&#8217;est qu&#8217;un mois après les alertes des pays voisins pressés par l&#8217;Organisation mondiale de la santé, et celle d&#8217;un médecin militaire chinois aux médias étrangers après une vaine tentative auprès de la chaîne nationale CCTV4, que les autorités ont fini par jouer la transparence. Résultat: le chiffre des victimes est passé de 37 à 339 en une journée puis a triplé en moins d&#8217;une semaine! Le dénouement de cette crise est finalement passé par l&#8217;éviction spectaculaire du maire de Pékin et du ministre de la santé <em>«tandis que l&#8217;armée décidait seule d&#8217;ériger un hôpital spécial, loin de Pékin, en un temps record»</em>, se souvient Wang Zuoyan.</p>
<p>Tout porte à croire que le même chaos se répéterait en cas de fuite radioactive, avec le risque que les constructeurs de réacteurs chinois – China National Nuclear Corp et China Guangdong Nuclear Power Corp – cherchent eux aussi à cacher la réalité.</p>
<h2 id="article-under-title">Manque de personnel</h2>
<p>Il y a un an, il avait fallu attendre un mois pour qu&#8217;une légère fuite à la centrale de Daya Bay dans le Guangdong, mise en service par Framatome (ex-Areva) et EDF en 1994 afin d&#8217;alimenter Hong Kong en électricité, <a href="http://www.chinadaily.com.cn/cndy/2010-06/16/content_9979082.htm">soit rendue publique</a> par l&#8217;opérateur chinois.<br />
Quant à l&#8217;Administration pour la sûreté nucléaire de la Chine, une institution définie comme<em> «totalement indépendante»</em> et censée établir les règlements de sûreté ou renouveler les autorisations d&#8217;exploitation des réacteurs après inspections, celle-ci n&#8217;est qu&#8217;une simple émanation du ministère de la protection de l&#8217;environnement. Son influence est faible face aux deux constructeurs nucléaires publics chinois qui, eux, traitent directement avec le Conseil d&#8217;Etat.</p>
<p>Pour le docteur <a href="http://bnrc.berkeley.edu/leadership/ning-li">Ning Li,</a> expert du nucléaire au département de recherche sur les énergies à l&#8217;université de Xiamen, l&#8217;attention doit plutôt être portée sur la formation du personnel dans les centrales à venir. <em>«Cela prend du temps de former un bon technicien car il faut les connaissances mais surtout l&#8217;expérience. Pour l&#8217;instant, l&#8217;effectif existant est le double de ce qu&#8217;il devrait être mais avec tous les réacteurs en construction, nous pourrions très vite manquer de personnel. Il y a dix ans, cinq universités formaient les ingénieurs au nucléaire. Maintenant, quarante universités s&#8217;en occupent. Je ne sais pas si c&#8217;est suffisant.»</em> La Chine dispose de 300 inspecteurs de réacteurs contre 4000 aux Etats-Unis.</p>
<p>Sur les soixante-six réacteurs actuellement en construction dans le monde, vingt-sept le sont en Chine. Soit presque la moitié du parc nucléaire français (58 réacteurs) à rendre opérationnel d&#8217;ici cinq ans! Une soixantaine de réacteurs sont même programmés pour les dix prochaines années, qu&#8217;ils soient de conception chinoise, française, russe ou américaine.</p>
<p>L&#8217;objectif est de produire au moins 40 GW d&#8217;électricité nucléaire à la fin du XII<sup>e</sup> plan quinquennal en 2015; 80 GW d&#8217;ici 2020; et 400 GW d&#8217;ici 2050. Toujours à titre de comparaison, la puissance nucléaire française est de 63 GW.<br />
Ces chiffres pourraient donner le vertige si l&#8217;on oubliait que le nucléaire ne représente encore qu&#8217;une broutille dans l&#8217;arsenal énergétique chinois.</p>
<p>A la fin de l&#8217;année dernière, la capacité de production d&#8217;électricité par le charbon représentait 707 GW contre 213 GW pour les barrages, 31 GW pour l&#8217;éolien et «seulement» 10,8 GW pour le nucléaire! En 2020, l&#8217;éolien surpassera encore le nucléaire avec une capacité de 100 GW.</p>
<h2 id="article-under-title">La course aux commissions</h2>
<p>&nbsp;</p>
<div><a rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_28693/livreNucleaireChine.jpg"><img src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/250_pixels/media_28693/livreNucleaireChine.jpg" alt="" /></a></div>
<p>Dans un ouvrage sorti le 2 avril à Hong Kong, Taiwan et Singapour mais interdit en Chine continentale (voir couverture ci-contre), un journaliste au nom de plume Fang Min raconte les coulisses de cette ruée chinoise vers le nucléaire. Au lendemain de <a href="http://www.whitehouse.gov/photos-and-video/photogallery/president-hu-jintao-china-official-state-visit">la visite officielle de Hu Jintao à la Maison Blanche</a> en janvier, Fang Min nous apprend comment le président Nicolas Sarkozy convoque l&#8217;ambassadeur chinois à l&#8217;Elysée, furieux que la Chine ait commandé autant de réacteurs américains de troisième génération qu&#8217;il estime moins sûrs et moins fiables que la technologie française.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sauf que la société américaine Westinghouse vend ses réacteurs AP 1000 avec un droit <a href="http://theenergycollective.com/rodadams/47694/westinghouse-sold-ap1000-technology-developed-american-taxpayer-assistance-china-more">au transfert de technologies</a>, ce qui la place en position de force face à Areva, beaucoup plus vigilante sur son nouveau réacteur, l&#8217;EPR, dont les chantiers européens cumulent les retards.<br />
Ainsi Areva et EDF construisent actuellement deux réacteurs EPR de troisième génération à Taishan, sur le littoral du Guangdong, au sud du pays. Un chantier de 8 milliards d&#8217;euros qui, comme nous l&#8217;a affirmé le vice-directeur d&#8217;Areva Chine, <em>«ne souffre d&#8217;aucun retard»</em>, contrairement aux deux autres chantiers de Flamanville en France et Olkiluoto en Finlande. <em>«Sans doute parce que notre chantier est mieux géré.»</em></p>
<p>Comme pour les contrats de TGV chinois, ceux de réacteurs nucléaires engagent des dépenses publiques colossales et sont sujets à tous les abus. En août 2009, Kang Rixin, qui dirige l&#8217;un des deux constructeurs nucléaires d&#8217;Etat, est <a href="http://news.xinhuanet.com/english2010/china/2010-11/19/c_13613613.htm">épinglé par le Parti</a>. A cette époque, l&#8217;homme est soupçonné d&#8217;avoir accepté <a href="http://www.liberation.fr/economie/0101585423-le-patron-du-nucleaire-chinois-kang-rixin-vire">des pots de vin d&#8217;Areva</a> et d&#8217;avoir placé en bourse 180 millions d&#8217;euros, une somme alors prévue pour la construction de trois réacteurs. Kang Rixin va être condamné à mort, avant que sa peine ne soit finalement commuée <a href="http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20101119-ex-patron-nucleaire-chinois-condamne-perpetuite">en prison à vie en novembre</a> dernier. Il est aussi celui qui, avec l&#8217;accord de l&#8217;Agence internationale d&#8217;énergie atomique (AIEA), a réussi à vendre quatre réacteurs chinois d&#8217;ancienne génération au Pakistan: un pays lui-même soupçonné de prolifération nucléaire vers la Libye ou la Corée du Nord.</p>
<p>A cette corruption au sommet du régime, s&#8217;ajoute la guerre commerciale que se livrent les provinces chinoises candidates au nucléaire. Seize provinces ont ainsi concouru pour obtenir le droit de construire des réacteurs nucléaires dans le cadre du XII<sup>e</sup> plan quinquennal  2011-2015. Le lobbying est donc de mise. Certaines provinces préfèrent tout simplement ignorer la compétition en se lançant dans un projet de réacteurs sans attendre l&#8217;avis du gouvernement central.</p>
<p>Le nucléaire chinois ne se réduit pas qu&#8217;au juteux marché des réacteurs. Pour accompagner la multiplication de ses centrales, la Chine négocie avec Areva la construction d&#8217;un immense centre de retraitement d&#8217;uranium à Yumen, dans une zone reculée de la province de Gansu, à l&#8217;ouest de la Chine. <em>«Je ne m&#8217;exprime pas sur le sujet car malgré une première signature, il reste encore de nombreuses étapes. Rien ne presse»</em>, prévient prudemment le vice-directeur d&#8217;Areva Chine, Antoine Zhang, au sujet d&#8217;un premier accord industriel conclu en novembre dernier. S&#8217;il est construit, ce centre estimé entre 10 et 20 milliards de dollars pourrait aussi, conformément aux attentes d&#8217;Areva, accueillir les déchets nucléaires des pays voisins.</p>
<p>En attendant, Areva a signé un <a href="http://www.areva.com/FR/actualites-8601/areva-recyclage--areva-modernisera-l-usine-mox-du-royaumeuni.html">contrat de 3,5 milliards de dollars avec la Chine</a> pour lui fournir 20.000 tonnes d&#8217;uranium pendant dix ans. Et fin 2012, avec le gouvernement chinois, Areva va se lancer dans la production, à Shanghai, de tuyaux de zirconium servant à envelopper le combustible nucléaire des réacteurs du monde entier.</p>
<h2 id="article-under-title">Une population peu informée</h2>
<p>Un tel essor du nucléaire est d&#8217;abord rendu possible par la formidable ignorance de la population en la matière. C&#8217;est ce qu&#8217;a constaté Li Bo, directeur de la puissante ONG chinoise de défense de l&#8217;environnement, <a href="http://www.fon.org.cn/channal.php?cid=616">Friends of Nature</a>:<em> «Le fait que les Chinois se soient rués en masse dans les supermarchés après la catastrophe de Fukushima, pour y acheter du sel iodé dans l&#8217;espoir de se protéger des radiations, montre le manque total d&#8217;éducation sur la sécurité nucléaire en Chine. Contrairement aux autres pays développés, les Chinois n&#8217;ont pas été correctement éduqués sur les risques éventuels liés à l&#8217;énergie nucléaire et la radioactivité. Trop peu d&#8217;informations sortent sur le sujet ou sur les débats scientifiques en cours.»</em></p>
<p>De fait, cette directive du bureau de la propagande du Conseil des affaires de l&#8217;Etat datée du 19 mars, adressée aux rédactions chinoises et révélée par le site de l&#8217;université de Berkeley, China Digital Times, se passe de commentaire: <em>«Il est défendu de parler de la propagation de la radioactivité japonaise en dehors des dépêches de l&#8217;agence officielle Xinhua. Les médias ne sont pas autorisés à mener leurs propres enquêtes et interviews sur le sujet.»</em> Après avoir démenti la rumeur du sel iodé pour stopper la ruée, Xinhua se borne désormais à constater les faibles doses de radioactivité japonaise sur le territoire chinois.</p>
<p>Mais depuis Fukushima, des blogs et forums anonymes commencent à afficher des traces d&#8217;hostilité à des projets de centrales, comme <a href="http://blog.sina.com.cn/s/blog_6957600e0100ri23.html">ici</a>ou <a href="http://blog.sina.com.cn/s/blog_6957600e0100rhn3.html">là</a> sur Sina.com:<em> «Que la Chine construise ou non une centrale, nous n&#8217;avons pas le droit de décider. Alors quand notre gouvernement dit que la sécurité des centrales est sous contrôle, est-il en train de se moquer de nous? (&#8230;) La corruption a envahi tous les domaines, dont la recherche scientifique»</em>, s&#8217;emporte, le 16 mars, Ye Sheng Ren (= l&#8217;homme sauvage), originaire de Xi&#8217;an.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En dessous du billet, sept internautes appellent à<em> «sortir du nucléaire»</em>. Sur <a href="http://a.jpqingren.com/simple/?t2082244.html">ce forum daté du 15 mars</a>, une internaute s&#8217;inquiète d&#8217;un projet de deux réacteurs dans la province du Shandong. <em>«Pour ou contre?»</em> On lui répond, désabusé: <em>«Quand les chefs auront gagné assez d&#8217;argent, ils s&#8217;enfuiront en se moquant bien de la qualité des constructions» </em>ou <em>«J&#8217;ignore s&#8217;ils ont mené une étude de faisabilité mais aucun citoyen n&#8217;a été entendu au cours des auditions publiques. Quelle manière de traiter ses citoyens!»</em>. Enfin: <em>«Je suis totalement contre. Le Japon avait, soi-disant, les centrales les plus sûres alors avec toute la corruption en Chine, qu&#8217;aura-t-on?»</em></p>
<div><a title="Dans le village de Qinshan © lei yang" rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_28693/IMG_7291.JPG"><img title="Dans le village de Qinshan © lei yang" src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_28693/IMG_7291.JPG" alt="Dans le village de Qinshan © lei yang" /></a>Dans le village de Qinshan © lei yang© JP</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au pied des centrales, souvent construites loin des villes, les citoyens sont encore moins bien informés. Dans le village de Qinshan, à 120 kilomètres au sud de Shanghai, les habitants vivent à moins de cent mètres des réacteurs nucléaires, la tête sous les lignes haute tension.<em>«Quand j&#8217;ai rencontré les habitants, ils m&#8217;ont assuré que d&#8217;après les autorités, une distance de 5 mètres suffisait à garantir leur sécurité en cas de fuite radioactive»</em>,<em> </em>nous raconte, stupéfait, Petteri Tuohinen, le correspondant en Chine du quotidien finlandais<em>Helsingin Sanomat</em> de retour d&#8217;un reportage sur place. <em>«Ce n&#8217;est pas le nucléaire ou les lignes haute tension qui les dérangent, mais le silence des autorités locales quand ils espéraient obtenir des indemnités pour la perte des champs.»</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div><a title="Chantier de la future centrale EPR de Taishan." rel="lightbox _blank" href="http://www.mediapart.fr/files/media_28693/EPRTaishan.jpg"><img title="Chantier de la future centrale EPR de Taishan." src="http://static.mediapart.fr/files/imagecache/500_pixels/media_28693/EPRTaishan.jpg" alt="Chantier de la future centrale EPR de Taishan." /></a>Chantier de la future centrale EPR de Taishan.© Jordan Pouille</div>
<p>A Taishan, au sud du pays, des panneaux de propagande bilingues présentent le chantier de la future centrale EPR comme un accueillant Futuroscope. Et tant pis si, le 7 juillet dernier, un léger tremblement de terre de magnitude 3,1 secouait la zone, contre un séisme de magnitude 6,4 trente-deux ans plus tôt, à 100 km. Pour les pêcheurs «invités» à quitter leurs villages et s&#8217;installer à l&#8217;extérieur du chantier, le montant des indemnités d&#8217;expropriation semble être le seul sujet de polémique. Et pour les ouvriers migrants embauchés sur place, les travaux de la centrale Areva sont la garantie d&#8217;un salaire stable et supérieur à ceux des usines textile toutes proches.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les plus mal lotis sont sans doute les lépreux de l&#8217;île de Dajin, face aux futurs réacteurs. Rassemblés sur cette île vierge pendant plus d&#8217;un demi-siècle, ils viennent d&#8217;être déplacés vers un lopin de terre pollué à l&#8217;extérieur de la ville-usine de Dongguan. Dajin servira désormais de bassin de décantation de l&#8217;eau destinée à refroidir les réacteurs nucléaires. Pour cela, des tunnels sont actuellement creusés entre l&#8217;île et le rivage, provoquant d&#8217;importantes nuisances sonores ou polluant l&#8217;eau.</p>
<p>De l&#8217;avis des habitants, les derniers dauphins blancs de Chine, concentrés ici, ont aujourd&#8217;hui disparu. Depuis 2005, Wang Xincai et Jiang Hai Sheng, chercheurs à l&#8217;Institut des espèces en danger à l&#8217;université normale de Chine du Sud, à Canton, se rendent chaque mois sur l&#8217;île pour observer les dauphins. Contacté par téléphone, Jiang Hai Sheng confirme une <em>«baisse du nombre de dauphins et un rétrécissement des autres espèces»</em> mais refuse de s&#8217;exprimer sur le chantier EPR, par crainte des représailles. Sur <a href="http://news.cntv.cn/program/zoubianzhongguo/20110328/110084.shtml">ce documentaire de la chaîne nationale chinoise</a>, diffusé le 28 mars et consacré aux derniers dauphins de Dajin, aucune allusion n&#8217;est faite au gigantesque chantier de la centrale.</p>
<p>Habitué à couvrir les rassemblements populaires contre les pollutions industrielles, le blogueur cantonais Wen Yun Chao, alias Beifeng, est formel: <em>«Je n&#8217;ai jamais eu connaissance de mouvement anti-nucléaire en Chine continentale.» </em>D&#8217;autant que Greenpeace, spécialiste de ce type d&#8217;actions, ne pipe mot sur le nucléaire à l&#8217;intérieur du pays. Car en l&#8217;absence de statuts permettant de légaliser les associations étrangères, Greenpeace propose des activités de «consultant», ne peut recueillir de dons ni accueillir de membres et encore moins militer contre un programme nucléaire concocté par Pékin.</p>
<p><em>«Mener une action spectaculaire et directe comme nous le faisons traditionnellement dans le monde entier ne peut fonctionner en Chine. Ici, si vous manifestez, les gens penseront que vous êtes en colère et que vous avez déjà perdu la face et échoué à atteindre votre but»</em>, explique un salarié de Greenpeace China sous couvert d&#8217;anonymat. Sans surprise, le site internet de Greenpeace China fait l&#8217;impasse sur les manifestations anti-nucléaires à Hong Kong. Il faut se rendre sur le site suisse de l&#8217;association pour retrouver <a href="http://www.greenpeace.org/switzerland/fr/multimedias/Photos-GPI/Protest--Against-Reactor-Leak-in-China/">les comptes-rendus</a> !</p>
<p>Directement concernés et moins surveillés, les Chinois de Hong Kong se mobilisent régulièrement contre les centrales nucléaires qui les encerclent. Dès 1986, un cinquième de la population hongkongaise signait une pétition pour empêcher la construction de la première centrale chinoise à <a href="http://www.vinci-construction-projets.com/projets.nsf/fr/types-ouvrages.htm?openagent&amp;f=Centrale%20nucl%E9aire%20de%20Daya%20Bay">Daya Bay </a>dans la région voisine de Shenzhen. En vain.</p>
<p>Symbole de cette idylle nucléaire entre la France et la Chine, l&#8217;opérateur EDF a remis, devant les caméras de CCTV et quelques jours à peine après l&#8217;accident de Fukushima, <a href="http://fr.cntv.cn/program/24henchine/20110408/106331.shtml">le Prix international de la sûreté nucléaire</a> au responsable de la centrale de Daya. Vingt-cinq ans plus tôt, EDF menaçait de se retirer du chantier s&#8217;il n&#8217;était pas rapidement mis aux normes&#8230;</p>
<p>L&#8217;article original est présent sur <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/200411/en-chine-fukushima-ne-remet-pas-en-cause-une-ruee-sauvage-vers-le-nucle">le site de Mediapart</a> (sur abonnement)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2011/04/27/nucleaire-chine-mediapar/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Weekend à Chaoyang park</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/04/09/weekend-a-chaoyang-park/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2011/04/09/weekend-a-chaoyang-park/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Apr 2011 01:57:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[photos]]></category>
		<category><![CDATA[chaoyang]]></category>
		<category><![CDATA[photo]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=1666</guid>
		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/04/chaoyang-jordan-pouille-all-rights-reserved.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1665" title="chaoyang jordan pouille all rights reserved" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/04/chaoyang-jordan-pouille-all-rights-reserved.jpg" alt="Jordan Pouille all rights reserved" width="620" height="413" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2011/04/09/weekend-a-chaoyang-park/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chine: les déplacés de la centrale nucléaire chinoise Areva (24 mars &#8211; La Vie)</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2011/03/28/taishan-areva/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2011/03/28/taishan-areva/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2011 16:47:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[la vie]]></category>
		<category><![CDATA[reportage]]></category>
		<category><![CDATA[areva]]></category>
		<category><![CDATA[atome]]></category>
		<category><![CDATA[china]]></category>
		<category><![CDATA[chine]]></category>
		<category><![CDATA[cogema]]></category>
		<category><![CDATA[energy]]></category>
		<category><![CDATA[epr]]></category>
		<category><![CDATA[guangdong]]></category>
		<category><![CDATA[lepre]]></category>
		<category><![CDATA[nucleaire]]></category>
		<category><![CDATA[nuclear]]></category>
		<category><![CDATA[nuke]]></category>
		<category><![CDATA[pollution]]></category>
		<category><![CDATA[power]]></category>
		<category><![CDATA[radioactif]]></category>
		<category><![CDATA[taishan]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=1530</guid>
		<description><![CDATA[En préambule, je voudrais expliquer combien il a été facile de pénétrer à l&#8217;intérieur du site où est construit la centrale nucléaire EPR achetée par les Chinois à Areva et Edf, dans le sud de la Chine. Cuvant leur alcool descendu pendant les fêtes du nouvel an chinois, les gardiens ne vérifient rien, les caméras [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En préambule, je voudrais expliquer combien il a été facile de pénétrer à l&#8217;intérieur du site où est construit la centrale nucléaire EPR achetée par les Chinois à Areva et Edf, dans le sud de la Chine. Cuvant leur alcool descendu pendant les fêtes du nouvel an chinois, les gardiens ne vérifient <strong>rien</strong>, les caméras de surveillances non plus. Une avalanche de déchets ménagers entoure les résidences des ouvriers. On espère juste que la centrale sera mieux gérée quand l&#8217;atome aura fait son entrée, quand l&#8217;énergie nucléaire y sera fabriquée.  Ce que vous lirez ci-dessous est <strong>l&#8217;impact du chantier actuel sur la population locale et sur l&#8217;environnement.</strong></p>
<div id="attachment_1538" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/chantier-EPR-au-loin.jpg"><img class="size-full wp-image-1538" title="chantier-EPR-au-loin" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/chantier-EPR-au-loin.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Perchés</strong> sur des prothèses hors d’âge, une quarantaine d’hommes et de femmes aux visages déformés, aux mains sans doigts, errent en silence. Ils sont lépreux et, de fait, ont été parqués par les autorités sur l’île de Sian, perdue dans un affluent du fleuve pollué de Dongjiang, à la sortie de la ville-usine de Dongguan, province du Guangdong. Un petit rafiot à moteur est l’unique moyen pour rejoindre cette léproserie laissée à l’abandon. &#8220;Par crainte des regards, seuls les moins balafrés d’entre eux sortent acheter des provisions sur le continent&#8221;, explique le capitaine.<span id="more-1530"></span></p>
<p><strong>Il y a deux mois, tous ont été expulsés de Dajin</strong>, une île sauvage entourée d’eau turquoise, où ils vécurent plus d’un demi-siècle à l’écart de la population. Mais l’île se trouve dans la baie de Taishan, juste en face des deux réacteurs nucléaires Areva en construction. Sur Dajin, une forêt de pelleteuses creuse même des bassins de décantation sur 2 km. Et des canalisations sont prévues entre l’île et le continent, par lesquelles passeront les eaux de refroidissement des EPR.</p>
<p><strong>Achetée 8 milliards d’euros par la Chine à Areva</strong>, fin 2007, la centrale de Taishan constitue &#8220;le plus important contrat commercial signé dans le nucléaire civil&#8221;. EDF est même associée à la Chine pour exploiter la future centrale. Un des lépreux se souvient. &#8220;Un matin de janvier, des officiels sont arrivés, ils sont entrés dans les chambres et nous ont emmenés. On pensait qu’on allait rejoindre le continent, retrouver nos proches.&#8221; Finalement, les lépreux ont juste été parqués ailleurs, dans une zone aussi reculée qu’hostile. &#8220;Mais qui voulait encore de nous ? Mon fils unique, installé à Canton, m’a demandé d’arrêter de lui écrire le jour où il s’est fiancé. Il avait peur que sa compagne ne s’aperçoive que je vivais sur l’île des lépreux. Nous sommes encore au ban de la société&#8221;, soupire une dame au visage rongé par la maladie.</p>
<div id="attachment_1533" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/pere-luis-ruiz-lepreux.jpg"><img class="size-full wp-image-1533" title="pere luis ruiz lepreux" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/pere-luis-ruiz-lepreux.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1535" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/leprosy-people-leave-their-island-for-a-nuclear-power-station.jpg"><img class="size-full wp-image-1535" title="leprosy people leave their island for a nuclear power station" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/leprosy-people-leave-their-island-for-a-nuclear-power-station.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Assise sur son lit de fer, Mme Zhang</strong> passe ses journées à regarder par la fenêtre, vers ce ciel gris où convergent les fumées des usines alentour. À Dajin, elle aimait ramasser les coquillages pour nourrir sa communauté. Puis elle revenait se reposer sur le sable blanc, à l’ombre d’un arbre. &#8220;Le père Luis Ruiz nous manque tellement&#8221;, chuchote sa voisine. En 1986, ce jésuite, assisté de religieuses philippines, a débarqué sur l’île pour apporter des soins, du confort matériel et affectif. En 2008, des travaux de forage ont démarré, les subventions du gouvernement aux lépreux se sont taries et les religieux ont été &#8220;remerciés&#8221;. L’exil devenait inévitable.</p>
<p><strong>Les lépreux ne sont pas les seuls dommages collatéraux </strong>du chantier nucléaire. Jiang Hai Sheng, pro fesseur de biologie à l’université de Canton, se rendait deux semaines par mois sur Dajin, pour y étudier sa formidable biodiversité. Avec ses étudiants, il surveillait une quinzaine de dauphins blancs ou hoi tuen (cochons de mer). En 2007, Jiang Hai Sheng a demandé au gouvernement de transformer Dajin en sanctuaire pour cette espèce menacée. Il a essuyé un refus catégorique et l’accès à l’île lui est désormais interdit. À cause des travaux en cours, l’eau est devenue trouble et les dauphins ont disparu. Jiang Hai Sheng, lui, est contraint au silence. &#8220;Vous ne savez pas ce qui peut m’arriver si je parle&#8221;, grogne-t-il au téléphone.</p>
<p><strong>Seule fait foi l’étude d’impact environnemental du chantier Areva,</strong> mise en ligne par la Coface, organisme d&#8217;Etat. Elle multiplie les euphémismes et emploie le conditionnel : &#8220;Les travaux touchant la mer pourraient affecter la réserve protégée de dauphins blancs, et des mesures de réduction sont en cours d’étude.&#8221; Ou encore : &#8220;Les effluents radioactifs n’auraient pas d’impact remarquable sur les organismes de l’océan dans la mer environnante.&#8221; Mais Taishan est-il à l’abri d’une catastrophe comme celle en cours à Fukushima, au Japon ? Le 7 juillet dernier, un séisme de magnitude 3,1 a fait légèrement trembler Taishan. Avant, le 3 décembre 1997, un séisme atteignait une magnitude de 4,3 au même endroit, contre une magnitude de 4, le 4 juillet 1970. Plus grave, le 25 juillet 1969, un séisme de magnitude 6,4 s’est produit 110 km plus loin, tuant 3 000 personnes. L’épicentre était à Yangjiang, où l’on achève là aussi la construction d’une centrale nucléaire : un modèle chinois – le CPR 1 000 – inspiré des centrales françaises de la fin des années 1970…</p>
<p><strong>Interrogé sur les risques sismiques à Taishan</strong>, Antoine Zhang, le vice-président d’Areva Chine, a finalement répondu au bout de quelques jours : &#8220;Pour l’instant, nous ne pouvons vous donner que la réponse suivante : la Chine est un pays expérimenté dans la construction et l’opération de centrales nucléaires. L’EPR a été développé pour respecter toutes les obligations réglementaires antisismiques.&#8221; Joint le 25 mars, <a href="http://www.ep.tsinghua.edu.cn/gwxdwzy_eng/board9/detail.jsp?seq=810&amp;boardid=838">le directeur de l&#8217;Institut des Sciences de l&#8217;Energie Nucléaire de l&#8217;Université Tsinghua, Wang Kan</a>, estime prudemment que les travaux de sécurisation des réacteurs sont &#8220;à reconsidérer&#8221;.</p>
<p>Fait plutôt troublant : le site internet chinois d’Areva reste muet sur les événements de Fukushima et le dernier rapport sur l’état d’avancement du chantier des deux réacteurs EPR de Taishan n’est plus en ligne.</p>
<p><strong>À Taishan, le &#8220;plus gros chantier d’Areva&#8221;</strong> s’est soldé par la réquisition de huit villages. Sur le site même des futurs réacteurs, où l’on entre comme dans un moulin, on découvre un immense cratère. Ce décor lunaire est l’ancien village de pêcheurs de Yaogu, dont les 180 habitants ont été déplacés de force contre des indem­nités. &#8220;300 000 yuans (33 000 €) par habitant et une prime de 1 200 yuans pour le déménagement&#8221;, se souvient Liu Bao Ming, l’un des expropriés. Les pêcheurs de Huangzhukeng, le village voisin lui aussi démoli, ont longtemps ferraillé contre les autorités, renversant des voitures de police ou se bagarrant avec les démolisseurs. &#8220;Au départ, on nous avait parlé de 600 000 yuans&#8221;, dit un autre pêcheur, amer. Depuis, ces familles ont dilapidé leur capital dans l’achat d’une voiture et la construction de nou velles maisons, collées les unes aux autres au pied des montagnes.</p>
<div id="attachment_1531" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/pecheurs-jpouille.jpg"><img class="size-full wp-image-1531" title="pecheurs jpouille" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/pecheurs-jpouille.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Liu Bao Ming ne pêche plus.</strong> Il somnole toute la journée devant le home cinéma du salon, faute de pouvoir contempler la mer. Son fils, lui aussi pêcheur, a rejoint une usine textile à Canton. &#8220;De toute façon, avec les ­travaux, les poissons disparaissaient peu à peu. Un jour, la pêche sera forcément interdite.&#8221; Ici, personne ne sait quand l’interdiction tombera. Les informations du gouvernement ne parviennent jamais jusqu’à la population locale.</p>
<div id="attachment_1532" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/peche-taishan.jpg"><img class="size-full wp-image-1532" title="peche taishan" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/peche-taishan.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Dans les journaux régionaux</strong>, comme sur les panneaux de propagande qui mènent au site, la future centrale de Taishan est présentée comme une formidable opportunité économique. Depuis la crise financière mondiale, les usines du Guangdong pâtissent des baisses de commandes et peinent à retenir leurs ouvriers. À l’inverse, le chantier de Taishan et ses dortoirs rose bonbon n’en finissent plus d’accueillir la main-d’œuvre, payée 3 000 yuans (333 €) pour sept jours de travail par semaine. Un bon salaire.</p>
<p><strong>À l’entrée du chantier, les tonnes d’immondices</strong> s’accumulent jusqu’à une rivière, où s’abreuvent les vaches des paysans, démentant là encore les promesses d’Areva : &#8220;Les déchets solides et les eaux usées seront collectés par l’agence locale. Ils n’auront pas d’effet néfaste sur l’environnement.&#8221; Qintou, l’un des huit villages de pêcheurs réquisitionnés, s’est transformé en aire de loisirs pour les salariés du chantier : avec tripots, salons de &#8220;massage&#8221;, marchands de tabac ou d’alcool.</p>
<p><strong>Recluses au bord de la plage principale,</strong> où la baignade est prohibée, les élégantes résidences des ingénieurs chinois ont, elles, des allures de station balnéaire de luxe, avec terrains de sport synthétiques, trottoirs fleuris et télésurveillance omniprésente. Wei, jeune ingénieur d’Urumqi, capitale du Xinjiang, est arrivé à Taishan fin 2007. Il jouit d’un pick-up de fonction, d’horaires confortables et d’un très bon salaire, qui permet à son épouse de ne pas travailler. Lui ne tarit pas d’éloge sur la France, qu’il a visitée à l’occasion d’un voyage d’étude à Flamanville, le site de la première centrale EPR Areva, dont le démarrage a été repoussé à 2014. En foulant le sable de Taishan, face à l’eau marron clair, Wei rêve à haute voix. &#8220;La France est si romantique, si pittoresque. Un peu comme ici, où l’on se croirait sur une plage de Normandie. Vous ne trouvez pas ?&#8217;.</p>
<div id="attachment_1545" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/IMG_0124-ile-daijin-horizon-sample.jpg"><img class="size-full wp-image-1545" title="IMG_0124 ile daijin horizon sample" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/IMG_0124-ile-daijin-horizon-sample.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Jordan Pouille</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le reportage a été publié dans <a href="http://www.lavie.fr/hebdo/2011/3421/">l&#8217;édition de La Vie</a> du Jeudi 24 mars 2011. Télécharger <a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2011/03/Areva1.pdf">ici le reportage au format pdf (soit tel qu&#8217;il est paru dans l&#8217;édition papier).</a></p>
<p>+ l&#8217;<a href="http://www.lavie.fr/actualite/monde/la-chine-construit-des-centrales-nucleaires-en-zone-sismique-25-03-2011-15310_5.php">encadré analyse</a> sur la place de l&#8217;énergie nucléaire en Chine:</p>
<p><strong>La Chine construit des centrales nucléaires en zone sismique</strong></p>
<p>Depuis une semaine, malgré les démentis catégoriques du gouvernement – <em>ce qui en dit long sur la confiance qui lui est accordée</em> –, les Chinois se sont rués dans les supermarchés pour y acheter les stocks de sel iodé, pensant à tort que le condiment pouvait les protéger d’éventuelles radiations.</p>
<p><strong>Comme le monde entier, les Chinois</strong> sont rivés sur leurs postes de télévision et assistent stupéfaits à la catastrophe japonaise. Aux heures de grande écoute, la chaîne nationale CCTV ne manque pas de diffuser les images de la centrale de Fukushima, avec un fond musical digne des meilleurs films catastrophe. Sans doute pour éviter tout mouvement de panique, Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, bloque, pour sa part, toute recherche contenant l’expression &#8220;fuite radioactive&#8221;.</p>
<p><strong>Inquiets des éventuelles retombées de particules</strong> en provenance du Japon, les Chinois ignorent que leur pays compte mettre en service 40 nouveaux réacteurs nucléaires, ces cinq prochaines années, conformément au dernier plan quinquennal du gouvernement, qui fait du nucléaire une priorité dans la poursuite de son développement. Aujourd’hui, 75 % de l’électricité chinoise provient encore du charbon.</p>
<p><strong>Mercredi 16 mars, le premier ministre, Wen Jiabao</strong>, a toutefois annoncé le gel de 26 chantiers dans l’attente de nouvelles inspections. &#8220;Mais celui de la centrale Areva de Taishan, déjà bien avancé, n’est pas concerné par cette décision&#8221;, a déclaré, à <em>La Vie</em>, Antoine Zhang, le vice-président d’Areva Chine. L’empire du Milieu dispose actuellement de 13 centrales nucléaires en activité. La plupart sont construites le long des côtes, dont certaines soumises à des risques sismiques ; c&#8217;est le cas de celle de Taishan, actuellement en construction, où nous sommes allés à la rencontre de la population locale, déplacée&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2011/03/28/taishan-areva/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A Taiwan, le &#8220;carb&#8221; de Jonathan Watts fait réfléchir</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2010/10/18/jonathan-watts-taiwan/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2010/10/18/jonathan-watts-taiwan/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2010 15:44:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[medias]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=610</guid>
		<description><![CDATA[Voici mon entretien vidéo avec le correspondant &#8220;environnement&#8221; en Asie du Guardian, Jonathan Watts. Elle a été rééditée et diffusée par un média taiwanais (CWTV) ce weekend à l&#8217;occasion de la sortie de la version taiwanaise de son livre &#8220;When a billion chinese jump&#8220;. Son livre rassemble les différents reportages du journaliste, consacrés à l&#8217;impact [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici mon entretien vidéo avec le correspondant &#8220;environnement&#8221; en Asie du Guardian, Jonathan Watts. Elle a été rééditée et diffusée par un média taiwanais (CWTV) ce weekend à l&#8217;occasion de la sortie de la version taiwanaise de son livre &#8220;<a href="http://www.guardian.co.uk/books/2010/jul/17/when-billion-chinese-jump-watts">When a billion chinese jump</a>&#8220;. Son livre rassemble les différents reportages du journaliste, consacrés à l&#8217;impact du miracle économique chinois sur l&#8217;environnement, la biodiversité et la santé de la population. Dans cet entretien, Jonathan va plus loin et explique comment la planète pourrait adopter une nouvelle monnaie qui prendrait en compte l&#8217;impact écologique de chaque produit. Il a déjà réfléchi au nom de cette devise égologico-révolutionnaire: l&#8217;&#8221;éco&#8221; ou alors le &#8220;carb&#8221; ! Qu&#8217;en pensez-vous?</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/2010/10/18/jonathan-watts-taiwan/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2010/10/18/jonathan-watts-taiwan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les moulins à vent de Tianjin</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2010/09/14/les-moulins-a-vent-de-tianjin/</link>
		<comments>http://www.jordanpouille.com/2010/09/14/les-moulins-a-vent-de-tianjin/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 14 Sep 2010 02:35:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[environnement]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jordanpouille.com/?p=466</guid>
		<description><![CDATA[Le jour de notre visite, l&#8217;ingénieur avait été informé de la venue du premier ministre Wen Jiabao à l&#8217;approche du forum estival de Davos, à Tianjin. &#8220;Nous sommes pressés de les installer pour faire plaisir à notre leader&#8221; disait -il dans un français balbutiant, non sans ironie. Pas question pour le moment de raccorder les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/windmill-IMG_8768.jpg"></a><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/sample-windmill-IMG_8767.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-469" title="sample windmill IMG_8767" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/sample-windmill-IMG_8767.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/sample-windmill-IMG_8767.jpg"></a><img class="alignnone size-full wp-image-463" title="windmill IMG_8768" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/windmill-IMG_8768.jpg" alt="" width="620" height="413" /></p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/windmill-IMG_8768.jpg"></a><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/windmill-IMG_8783.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-464" title="windmill IMG_8783" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/windmill-IMG_8783.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/windmill-IMG_8783.jpg"></a><img class="alignnone size-full wp-image-465" title="windmill IMG_8799" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/windmill-IMG_8799.jpg" alt="" width="620" height="413" /></p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/sample-windmill-IMG_8769.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-470" title="sample windmill IMG_8769" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/sample-windmill-IMG_8769.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p>Le jour de notre visite, l&#8217;ingénieur avait été informé de la venue du premier ministre Wen Jiabao à l&#8217;approche du forum estival de Davos, à Tianjin. &#8220;Nous sommes pressés de les installer pour faire plaisir à notre leader&#8221; disait -il dans un français balbutiant, non sans ironie. Pas question pour le moment de raccorder les éoliennes au réseau &#8220;mais ça viendra&#8221;. Pour l&#8217;instant il s&#8217;agit surtout d&#8217;amortir le coût faramineux de la location d&#8217;une grue allemande capable de hisser les lourdes pièces de chaque éolienne jusqu&#8217;à 80 mètres de hauteur, soit 50 000 yuans par jour.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.jordanpouille.com/2010/09/14/les-moulins-a-vent-de-tianjin/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

