Archive for the ‘environnement’ Category

Chine: les déplacés de la centrale nucléaire chinoise Areva (24 mars – La Vie)

Posted 28 Mar 2011 — by admin
Category environnement, la vie, reportage

En préambule, je voudrais expliquer combien il a été facile de pénétrer à l’intérieur du site où est construit la centrale nucléaire EPR achetée par les Chinois à Areva et Edf, dans le sud de la Chine. Cuvant leur alcool descendu pendant les fêtes du nouvel an chinois, les gardiens ne vérifient rien, les caméras de surveillances non plus. Une avalanche de déchets ménagers entoure les résidences des ouvriers. On espère juste que la centrale sera mieux gérée quand l’atome aura fait son entrée, quand l’énergie nucléaire y sera fabriquée.  Ce que vous lirez ci-dessous est l’impact du chantier actuel sur la population locale et sur l’environnement.

Jordan Pouille

 

Perchés sur des prothèses hors d’âge, une quarantaine d’hommes et de femmes aux visages déformés, aux mains sans doigts, errent en silence. Ils sont lépreux et, de fait, ont été parqués par les autorités sur l’île de Sian, perdue dans un affluent du fleuve pollué de Dongjiang, à la sortie de la ville-usine de Dongguan, province du Guangdong. Un petit rafiot à moteur est l’unique moyen pour rejoindre cette léproserie laissée à l’abandon. “Par crainte des regards, seuls les moins balafrés d’entre eux sortent acheter des provisions sur le continent”, explique le capitaine. Read More

A Taiwan, le “carb” de Jonathan Watts fait réfléchir

Posted 18 Oct 2010 — by admin
Category environnement, medias

Voici mon entretien vidéo avec le correspondant “environnement” en Asie du Guardian, Jonathan Watts. Elle a été rééditée et diffusée par un média taiwanais (CWTV) ce weekend à l’occasion de la sortie de la version taiwanaise de son livre “When a billion chinese jump“. Son livre rassemble les différents reportages du journaliste, consacrés à l’impact du miracle économique chinois sur l’environnement, la biodiversité et la santé de la population. Dans cet entretien, Jonathan va plus loin et explique comment la planète pourrait adopter une nouvelle monnaie qui prendrait en compte l’impact écologique de chaque produit. Il a déjà réfléchi au nom de cette devise égologico-révolutionnaire: l’”éco” ou alors le “carb” ! Qu’en pensez-vous?

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Les moulins à vent de Tianjin

Posted 14 Sep 2010 — by admin
Category environnement

Le jour de notre visite, l’ingénieur avait été informé de la venue du premier ministre Wen Jiabao à l’approche du forum estival de Davos, à Tianjin. “Nous sommes pressés de les installer pour faire plaisir à notre leader” disait -il dans un français balbutiant, non sans ironie. Pas question pour le moment de raccorder les éoliennes au réseau “mais ça viendra”. Pour l’instant il s’agit surtout d’amortir le coût faramineux de la location d’une grue allemande capable de hisser les lourdes pièces de chaque éolienne jusqu’à 80 mètres de hauteur, soit 50 000 yuans par jour.

Les dix figures de l’écologie chinoise

Posted 13 Sep 2010 — by admin
Category environnement

Etablie au fil des rencontres et des lectures, voici une liste des personnes qui, à mon sens, comptent aujourd’hui dans la protection de l’environnement en Chine.

1 – Yu Xiaogang: professeur d’université, il dénonce partout l’impact qu’ont les immenses barrages hydro-électriques sur l’environnement et la population. Il a obtenu plusieurs prix internationaux, des bourses mais aussi de précieux retards de chantiers ! Désormais dans le collimateur du gouvernement qui ne veut pas renoncer à ses projets, Xiaogang n’a plus l’autorisation de voyager à l’étranger.

2- Wang Canfa. Il est à mon sens l’avocat anti-pollution le plus efficace en Chine. Il a créé à Pékin un master de droit environnemental et une hotline d’étudiants bénévoles en soutien juridique pour les victimes de pollution. Il jouit de contacts privilégiés avec le gouvernement central.

(photo: jordan pouille)

3- Feng HongFeng:  il dirige “L’université de la nature” et emmène des chercheurs sur le terrain pour les inciter à publier sur les drâmes écologiques dans leurs revues scientifiques.

4- Wu Lihong. Cet écologiste s’est battu pour dénoncer la pollution du 3e plus grand lac de Chine et sort de trois ans de prison, accusé d’avoir voulu extorqué des fonds auprès d’industriels responsables de cette gigantesque pollution.

(Edit 20 octobre) J’ai scanné sa photo de prisonnier, lorsque nous nous sommes rencontrés à Pékin cette semaine. En débarquant à la capitale, il entend se faire blanchir par la Cour Suprême. (Repro JP)

5- Pan Yue, c’est le ministre de l’environnement depuis 2003. Plein d’idées, il avait lancé en 2007 le taux de croissance vert, qui prendrait en compte l’impact sur l’environnement de la croissance économique.  Mais les gouverneurs de province l’ont massivement rejeté. Il est placardisé depuis…

6- Wang Yongchen, présentateur de radio et fondateur de la Ligue des Volontaires Verts. Il fait énormement de prosélytisme écologique dans les médias, cale des dîners mensuels entre journalistes et ong et organise des voyages dans des zones affectées par la pollution, la désertification ou la construction de méga-barrages.

7- Long Kuan, chanteur mongol qui tente dans ses chansons de convaincre les classes moyennes chinoises de protéger l’environnement, en leur expliquant qu’on peut devenir à la fois riche et vert. Il veut prouver que la croissance de la Chine ne se fait plus forcément au détriment de l’environnement, de la biodiversité.

8- Yu Dan, une écrivaine intellectuelle éco-évangéliste qui se vend plus ici qu’Harry Potter. Elle place au coeur de ses textes le daoisme plutôt que le confucianisme: suivre la nature plutôt que chercher à la contrôler, l’apprivoiser.

9- Prof Yunlong, à la tête de l’Institut de la Recherche pour une civilisation écologique, à Peking University. Il cherche une nouvelle éthique, de nouvelles valeurs que ni le marxisme ni le capitalisme n’ont apporté, pour protéger les ressources naturelles en Chine.

10- Tang Xiyang, un vétéran du mouvement vert, âgé de 80 ans. A publié “Le Tour du Monde Vert”; fruit d’un voyage autour du monde et de la Chine, avec sa femme. Il est une source d’inspiration pour de nombreux écologistes du dimanche.

Chez la diva des écolos

Posted 29 May 2010 — by admin
Category environnement

Je n’ai ni son talent, ni son flegme, ni son expertise de la Chine. Mais en dévorant les pages du dernier livre du correspondant “Environnement” du Guardian en Chine,  Jonathan Watts, dans lequel il narre ses rencontres, les conditions de ses reportages, ses découvertes et ses désillusions chinoises, j’ai une envie nocturne d’écrire. Ecrire quoi? 

Peut-être ce qui fait le sel d’un reportage, d’un voyage à travers la Chine: les à-côtés qui rendent toujours le boulot de correspondant en Chine particulièrement cocasse: incompréhensions, intimidations, arrestations, découvertes. Soit les galères pour se rendre d’un point A à un point B, ou même toutes celles pour quitter le point B . Ces choses hors sujet d’un article calibré (et rémunéré) au feuillet mais toujours vivement recherchées. 

Prenons un exemple ! A l’approche du sommet de Copenhague, je partais à la recherche de figures de l’écologie en Chine. Des universitaires, avocats, militants, bénévoles, lobbyistes désireux de faire bouger leur société. Ils vivent pour la plupart dans les grandes villes, où sont réunis les décideurs, les mécènes, les médias. Mais leur action est en dehors des grandes mégolopoles, là ou désertification, pollution des rivières, déforestation affectent les populations démunies ou la biodiversité.

Dans la préparation de ce casting des figures vertes de la société chinoise, j’ai sondé mes contacts. Autour d’un bon canard laqué, plusieurs amis chinois m’ont dressé le portrait d’une dame courageuse ayant créé la première ong écolo “Global Village”. Présentée comme une “Heroe of the Environnement 2009″ par le Time magazine, cette philosophe de 55 ans est aussi la productrice d’une émission populaire sur l’écologie en Chine, genre “apprenez les gestes qui sauvent la planète”. Elle s’est en outre fait remarquer avec sa campagne médiatique +1, dans laquelle elle appelait les Chinois, grands adeptes de l’air climatisé, à pousser d’un degré la température, pour économiser de l’énergie, que l’on sait principalement produite à partir du charbon, grand émetteur de C02.

Mais depuis le terrible tremblement de terre du Sichuan – 90 000 morts et des centaines de milliers de familles déplacées – la diva aurait mis de côté ses actions médiatiques pour se lancer à bras le corps dans la reconstruction d’un village de sinistrés du Sichuan, mais cette fois ci de manière écologique. Objectif: utiliser le bois mort pour reconstruire, enseigner aux paysans l’agriculture bio, mieux utiliser les énergies renouvelables. Un village modèle en quelque sorte, dont pourraient s’inspirer bien d’autres.

Le rendez-vous est fixé dans le Sichuan. Dans la camionnette qui nous emmène de Chengdu – capitale de la province – jusqu’à son village, j’assiste au défilé des maisons de poupées, aux murs multicolores et jardinet cloturé. Ce sont les nouvelles maisons de sinistrés et autant de villages potemkine balisant la route vers la cité écologique de Sheri Liao. A bord de la camionnette, trois hommes d’affaires visiblement et un étudiant “volontaire”. “Ici, pour un km de macadam, c’est 1500 000 yuans même si il en faudra vingt fois moins pour le réaliser” explique l’un des hommes d’affaires. Cet ancien publicitaire de Shanghai s’est lancé dans la construction de routes dans les régions ravagées par les catastrophes naturelles. “Même si on arrose tous les officiels, c’est bien plus lucratif”.

Nous arrivons jusqu’au village, après trois heures de routes tortueuses, collés au cul des bétonneuses. Il faut d’abord rejoindre le QG de Sheri Liao: la plus grosse bâtisse du village. En entrant, on est surpris par l’aménagement intérieur. A gauche, une salle de presse sophistiquée avec ordinateurs, connection internet haut débit, écran géant et table de réunion. D’ailleurs, ce jour là, les volontaires de Global Village tiennent leurs comptes avec un rétroprojecteur… “La venue d’un expert en recyclage 1000 yuans par jour, un professeur agronome 1500 yuans”. A Daping, l’altruisme vert des amis de Sheri Liao n’a pas de prix !

A côté de cette salle de presse,  se trouve un salon de thé encerclé de photos des huiles du gouvernement central et des couvertures de magazines chinois ou étrangers sur lesquelles figure notre courageuse militante. A droite, une salle encore plus cosy, truffée de confortables fauteuils de satin, pour y fumer le cigare. D’une chambre, plusieurs trois jeunes filles. Apparemment, elles ne sont pas du coin: leurs Casquette Gucci et sac Chloé contrastent avec les vieilles bottes en caoutchouc qu’elles vont devoir enfiler pour remplir leur mission de l’après midi. Car ce sont les attachées de presse de la diva, chargées d’escorter les journalistes chinois ou étrangers. Où est Sheri? En train de s’engueuler avec des villageois (On saura plus tard qu’ils venaient réclamer plus d’argent pour leur travail). Mais avant de découvrir son fameux village écologique en sa compagnie, je suis invité à regarder un petit film. Images au ralenti, musique pompeuse, slogans élogieux: il s’agit d’un documentaire à la gloire de la militante écolo. Pour une femme qui dit se distancer de l’héritage de Mao: domestiquer la nature, la contrôler, je la trouve à l’aise avec les outils de propagande communiste.

Alors seulement je suis invité à visiter le village, soulagé d’entamer enfin cette petite randonnée, mais avec le sentiment d’être installé sur un manège de parc d’attractions, où le long du parcours, on me laissera admirer des petits bonhommes mécanique scier une bûche, ferrer un âne, une pipe à la bouche. “Sheri Liao ne va pas tarder à vous rejoindre”. En effet, nous sommes doublés par une camionnette blanche qui nous asperge de boue en roulant sur les flaques. C’est la diva qui ne se déplace qu’en voiture, même pour des petites distances. Le troupeau est prié de marcher plus vite pour ne pas la faire attendre trop longtemps en haut de la montagne. Mais chaque halte est l’occasion de saluer les habitants affairés à poncer, raboter des planches pour faire un toit, un mur. “Cet immense châlet, c’est le futur hôpital de campagne, c’est Jet Li qui a tout payé” précise l’attaché de presse, tout sourire. “Si vous voulez bien me suivre”…

Dans un coquet châlet, décorées de peintures artisanales, une quinzaine de femmes s’activent. Elles ont renoncé à l’agriculture, dans ces champs en pente désormais menacés par le moindre glissement de terrain. Les voici couturières: elles fabriquent des mouchoirs en tissu portant les initiales GV pour Global Village, l’ong de Sheri Liao. Drole de système que ce village où paysans sont assistés, touchent un revenu mensuel de l’association, consomment désormais plus dans leur grande maison dont les déchets ménagers en plastique s’accumulent tout autour.

Car derrière ces maisons modèles, la machine à laver toute neuve déverse ses eaux usées directement dans la rivière. La cuisinière, censée fonctionner au gaz généré par les déchets, sommeille sous les toiles d’araignées. Au bord du chemin, nous découvrons des poubelles de tri sélectif anachroniques. En rentrant au GQ, je demande une petite mise au point avec Sheri Liao. Dans sa grande bonté, elle m’accordera une demi heure, montre en main. Elle finit par lâcher le mot “touristique”. Son village sera clairement une destination touristique, un parc pour les urbains qui viendront admirer ces braves paysans vivant à l’ancienne, en “harmonie” avec la nature. Une attachée de presse vient clore la discussion. Comme tout bon apparatchik, Sheri Liao demandera (en vain) une relecture de papier avant publication. On nous remet aussi un dvd rempli de photos libre de  droits et de virus, qui achèveront mon disque dur externe.  

Il est tard et plus aucun véhicule ne circule dans la montagne. Nous trouvons finalement un chauffeur pour nous descendre jusqu’à Pengzhou: 250 yuans! Un prix exhorbitant dans une camionnette remplie de légumes: c’est le cuisinier. Arrivée en bas, nous aussi devenons des marchandises. Le jeune chauffeur s’arrête au milieu de la route et nous transvase dans un autre véhicule. Nous avons simplement été vendus à un autre chauffeur qui terminera la course pour une poignée de yuans. J’espère au moins que nous lui avons permis de faire une bonne affaire.

Au final, bilan très mitigé pour un reportage écolo. Je repartirai le lendemain matin pour une mine de charbon.

Le côté sombre du solaire (29 avril 2010 – La Vie)

Posted 29 Apr 2010 — by admin
Category environnement
 Visite de l’usine TianWei New Energy qui fabrique les panneaux solaires Upsolar – Jordan Pouille

 

En trois ans, La Chine est devenue le premier producteur mondial de panneaux solaires. Dans des conditions environnementales désastreuses. Reportage inédit. Read More

La Vie – Les fixeurs du désert

Posted 25 Dec 2009 — by admin
Category environnement
Les Fixeurs du désert – Oasis de Min Qin – Jordan Pouille

 

Commande française passionnante  dans le cadre d’un numéro spécial sur le réchauffement climatique, à l’approche du Sommet de Copenhague. Dans la province de Gansu, l’oasis de Min Qin rétrécit de 20 mètres chaque année, cerné par les désert de Tengger et Badain Jaran ! Les paysans dont les terres sont desertifiées parfois totalement, doivent faire face à une pénurie d’eau qu’ils exploitaient jadis plus que de raison. L’Etat voudrait qu’ils renonçent à leur activité, pour les enrôler comme fixeurs du désert … tandis qu’une ong leur enseigne discrètement de meilleures pratiques agricoles.

A lire ici: Les fixeurs du désert (fichier pdf)

Toutes les photos du reportage sont ici

Mediapart – Carnet de route en Mandchourie

Posted 25 Dec 2009 — by admin
Category environnement
Massif de Yichun – Jordan Pouille

Pour le journal en ligne Mediapart et à l’approche du sommet de Copenhague, je suis parti en train de Pékin jusqu’au Nord de la Chine, à la frontière Russe formalisée par le fleuve Amour. L’objectif était de raconter, en trois épisodes, le sacrifice écologique de toute une région au service de l’industrialisation du pays à partir des années 60. Depuis la pollution du fleuve à Harbin à cause des industries pétrochimiques, des puits de pétrole pléthoriques souillant les marécages de Daqing, en passant par le charbon de Hegang et jusqu’à la déforestation du massif de Yichun tout au nord. La température était de -15°c !

Chaque papier (trois épisodes) était illustré de photos et de vidéos, que voici:

http://www.dailymotion.com/videoxbfezm

http://www.dailymotion.com/videoxbf85i

http://www.dailymotion.com/videoxbffca

Vidéo – déforestation en Mandchourie – Médiapart

Vidéo – le charbon de Hegang – Médiapart

Vidéo – le fleuve poison d’Harbin – Médiapart