Archive for the ‘societe’ Category

La Chine devient la 2e puissance économique mondiale…

Posted 18 Aug 2010 — by admin
Category economie, societe

Et ces forçats bâtisseurs des gratte-ciels de Pékin doivent sûrement s’en réjouir. 

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La Chine invente les villes fantômes

Posted 31 Jul 2010 — by admin
Category reportage, societe

En plein désert et bien loin de Pékin, des officiels zélés dépensent des milliards pour bâtir des villes extravagantes dont personne ne veut. Pourquoi faire? Reportage à Ordos, où l’argent des mines de charbon toutes proches finance sa démesure puis cap vers Qingshuihe, ville morte-née en 2007, et qui n’accueille guère que des chèvres à cachemire.

Publié dans l’hebdomadaire Marianne samedi 31 juillet 2010 (sujet d’ouverture monde – 4 pages) . Textes et photos Jordan Pouille. 

Plus de photos (J.P.):

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Fier comme un Mingong / Proud like a Mingong

Posted 09 Jul 2010 — by admin
Category societe

Photos by Jordan Pouille.

C’est la canicule à Pékin et sous les pavés, c’est pas la plage ! A Jianwai Soho, où je partage un bureau, on construit encore tous azymuts, pour le plus grand plaisir des spéculateurs… et des ouvriers migrants. Au coucher du soleil, quand le mercure repasse sous la barre des 40°c,  j’en profite pour tirer le portrait de ces derniers, à la bonne humeur désarmante. Voici le début d’une longue série photographique intitulée “Mingong summer”. Vos commentaires, critiques et suggestions sont évidemment les bienvenues. jordanpouille@gmail.com

(édit: 10/07) La dernière photo est publiée sur China Digital Times !

“Je préfère pleurer dans une BMW que rire sur ton vélo”

Posted 03 Jul 2010 — by admin
Category societe

En Chine, la télévision défrise et divise. Ma Nuo, candide (et vénale) candidate du “Tournez Manège” de Jiangsu tv vient de provoquer un petit séisme cathodique.

Car ici, soit vous raffolez des documentaires sur le massacre de Nankin ou les visites des chefs d’Etat étrangers et vous optez pour les chaînes nationales de CCTV. Soit vous zappez vers les chaînes régionales qui foisonnent d’émissions « Tournez Manège » entrecoupées de publicités de téléphones portables contrefaits.

Ces émissions ressemblent à un combat de gladiateurs, en jupe rose bonbon. Un garçon est passé au crible par 24 prétendantes. Elles le questionnent, le notent et se retirent si elles ne sont pas intéressées. En général, le candidat commence par énumérer ses qualités et ses défauts. Et c’est toujours à ce moment là que l’homme précise s’il est propriétaire de son appartement ou non, s’il a une voiture ou pas.

Bref, à son timide Roméo, Ma Nuo, 22 ans et candidate frivole du célébrissime programme “Tu es ma moitié” de Jiangsu tv déclarait sèchement: « Je préfère pleurer dans une bmw que rire sur ta bicyclette ». C’en était trop pour les oreilles chastes de nos dirigeants communistes qui réclament un retour aux vraies valeurs ! Ce sera désormais à la SARFT, le CSA chinois, de présélectionner les candidats.

Sur la toile, les spectatrices fulminent. Selon elles, ces jeunes participantes ne sont que le produit de cette société ultra-matérialiste créée de toutes pièces par le régime. « C’est comme si un homme avait violé une femme et lui reprochait de ne pas être vierge » analyse finement Hu Ziwei, ex-présentatrice de Beijing TV, virée en 2008 « pour avoir perturbé la nation ». En direct, elle avait dénoncé les galipettes extra-conjuguales de son mari, commentateur sportif de CCTV toujours bien en place à l’occasion de ce mondial…

Il est vrai qu’on pourrait difficilement reprocher aux jeunes Chinoises de chercher un mari friqué tant celles-ci sont exposées à l’insécurité matérielle justement. En Chine, il n’existe pas d’indemnité chômage après un licenciement, la couverture maladie est très chère (j’en sais quelquechose), la retraite quasi-nulle, les prix des appartements explosent à Pékin comme à Canton et peuvent même doubler d’une année sur l’autre dans des villes moyennes, le marché du travail est ultra-compétitif tandis que les parents attendent implicitement un retour sur investissement après avoir choyé leur enfant unique, le scandale du lait contaminé a rayé de la liste des courses des jeunes mamans les produits chinois bon marché… sans compter le harcèlement des magazines féminins chinois en faveur de canons de beauté hong-kongais  (yeux débridés, lèvres pulpeuses, peau blanche, gros seins, jambes fines) accessibles à coups de scalpels ou de produits hors de prix…

C’est le destin de ces jeunes filles appartenant à la génération 90’s, d’ailleurs âprement critiquées par leurs compatriotes des 80’s !

Foxconn. Reportage dans la ville-usine

Posted 05 Jun 2010 — by admin
Category societe

Reportage (4 pages) publié dans l’hebdomadaire français Marianne, ce samedi 5 juin 2010.

  

Pour Marianne, suite à la vague de suicides, je suis descendu 6 jours dans le sud de la Chine, à Longhua où 420 000 ouvriers fabriquent dans la douleur les ipads, iphones et autres gadget apple, acer, nokia ou sony. (Voir les beaux reportages des confrères ici, ici ou ici).

A l’évidence, les communiqués rassurants de Foxconn, les propos tempérés de Steve Jobs, ou les hausses de salaire annoncées pour tenter d’enrayer la vague de suicides ne risquent pas de stopper la série noire. Cette semaine encore, un jeune homme est mort de fatigue, après un shift de 34h… ce n’est pas un suicide de plus mais une mort inacceptable tout de même. La difficulté a été d’obtenir des témoignages sincères de la part d’ouvriers migrants craintifs, souvent briefés par la direction. Nous les avons rencontrés à l’arrière d’un restaurant, pendant un cours de danse improvisé par un vieux prof de gym bénévole, dans la rue ou, plus étonnant, à l’étage d’un petit hôtel, reconverti en église évangélique clandestine où chacun pleure son dégoût, ses souffrances.

Ce soir là, la vingtaine d’ouvriers priait pour que Dieu puisse enfin raisonner Terry Guo, l’intransigeant pdg de Foxconn, surnommé ici “le Tigre”. Au delà des cadences infernales, de l’absence de rotation, de la répetitivité des gestes, ce dont souffrent le plus les lampistes de Foxconn sont l’anonymat total, l’absence de considération de la part de leurs chefs d’ateliers. Les brimades, l’humiliation et la peur sont les piliers du management chez Foxconn, dans la pure tradition des usines taiwanaises où la parole d’un chef est souveraine et absolument incontestable.

Les ouvriers ne choisissent pas où et avec qui dormir; ils se retrouvent à partager des chambres austères de dix à douze ouvriers, aux shifts variés, et issus de différents ateliers. Sur la ligne de production, la discipline est sévère. Interdiction totale de parler à son camarade et si l’ouvrier n’atteint pas son objectif de production du jour, il est systématiquement sanctionné. Cela va de l’insulte, la brimade jusqu’à l’humiliation du piquet. A l’abri des regards, un ouvrier nous expliquera comment il a du rester debout 6 heures face à un mur, perdant la face devant ses collègues.

Il n’a pas été possible de pénétrer à l’intérieur de l’usine: au lendemain d’un suicide, le 26 mai, des journalistes ont eu le droit à une visite guidée. Trois jours plus tard, à notre arrivée, le service de presse refusait de traiter notre demande, les vigiles ayant même pris soin d’appeler la police pour tenter de nous faire partir de l’entrée sud, d’où entrent et sortent la plupart des ouvriers, à 8h ou 20h. Plus loin, au milieu des dortoirs et loin des policiers, nous avons pu entamer le dialogue avec de nombreux adolescents-ouvriers dont le courage, l’abnégation  forcent l’admiration.

Même si à Longhua, les cybercafés sont contraints de fermer après chaque nouveau suicide, force est de constater que les informations circulent très vite. Un ouvrier nous a même aiguillé vers la chambre de l’hôpital, où un jeune garçon se faisait soigner après une tentative de suicide. Il avait sauté main dans la main avec un camarade. Lui seul, a survécu, à son désespoir. Par pudeur, nous avons choisi de rester à l’entrée de l’établissement, si l’un des membres de la famille acceptait d’apporter son témoignage.

Les filets anti-suicides dressés autour des ateliers et dortoirs Foxconn.

Plus de photos ici.

Kashgar la rebelle devient “zone économique spéciale”

Posted 25 May 2010 — by admin
Category culture, economie, politique, societe
 Kashgar – été 2009 – JP  

Lundi, le gouvernement central a confirmé ce que beaucoup redoutaient. Kashgar va devenir “Zone Economique Spéciale” pour lui permettre d’accélérer sa métamorphose et devenir le “Shenzhen de l’Ouest”. Concrètement, elle va bénéficier d’un afflux de capitaux nationaux et de lois fiscales avantageuses, pour le plus grand bonheur des businessmen. Cette modernisation à marche forcée scelle le destin des habitants historiques de Kashgar, petits commercants ou artisans. L’an dernier, on s’inquiétait déjà de la démolition du vieux Kashgar où vivent les Ouigours, musulmans turcophones au milieu de centaines de petites mosquées. On leur a vendu une démolition du centre ville pour l’adapter aux “normes antisismiques” contre des appartements neufs à la sortie de la ville, loin des lieux de prières et donc de rassemblement. Des architectes Hans ont prévu de rendre le vieux Kashgar accueillant pour les chinois avec de belles maisons en ciment et des commerces touristiques à gogo. Kashgar est une ville ancienne où deux ethnies Han et Ouighour cohabitent mais s’évitent soigneusement. Les Hans, de toutes conditions sociales, vivent dans des immeubles récents  à la périphérie. Les Ouighours demeurent dans le centre historique, autour de la mosquée Idkah. 

Avec mon amie (d’origine Han, elle a fini par revêtir un foulard et des lunettes de soleil pour pouvoir dialoguer normalement avec les habitants ouighours) – nous nous sommes rendus sur place en août 2009. A l’époque, de jeunes soldats étaient postés absolument partout. Au moment des 5 prières, on les voyait affluer subitement autour de la Grande Mosquée. C’était une période de grande instabilité provoquée par les émeutes ouighours à Urumqi et la sévère répression qui a suivi. A Kashgar, les Hans (“L’oncle noir”) sont minoritaires et donc plus fragiles en cas de soulèvement. Ce nouveau statut de Zone Economique Spéciale, en attirant massivement les Hans entrepreneurs, renversera le rapport de forces et achèvera de siniser ce berceau de l’Islam en Asie.

Pour découvrir la vie à Kashgar en photos, cliquez-ici

Se loger à Pékin en 3 actes pour Mediapart

Posted 15 May 2010 — by admin
Category economie, societe

Pour Mediapart, j’ai eu la chance de réaliser une série de trois enquêtes sur le logement à Pékin… profitant ainsi du lancement de l’Expo Universelle de Shanghai dont le thème était “Better City, Better Life”. Le logement est la préoccupation principale des Chinois, dans un pays où l’on construit de partout et où le prix du m2 à Shanghai, Pékin ou Canton augmente jusqu’à 12% chaque mois !

Voici donc les trois sujets de cette série sur le logement. Comme souvent pour Mediapart, j’essaie de marier le texte et la vidéo ou le diaporama sonore. Je mets ici plusieurs vidéos d’accompagnement (j’ai encore des progrès techniques à faire, je vous le concède bien volontiers. Une piqûre de rappel chez la Télélibre me ferait du bien!).

Episode 1: Que se passe-t-il après la démolition d’un Hutong, à quoi ressemble la nouvelle vie de ces expropriés?

http://www.dailymotion.com/videoxd2d34

Episode 2: Comment devient-on propriétaire? Le sacerdoce des classes moyennes face à la spéculation immobilière.

http://www.dailymotion.com/videoxd2fig

Episode 3: Les derniers jours de Tangjialing, un bidonville qui ne dit pas son nom, à la sortie de la ville. S’y installent les diplômés de tout le pays, qui rêvent de faire carrière à la capitale.

http://www.dailymotion.com/videoxd2org

So Foot – Le Pire du Milieu

Posted 05 May 2010 — by admin
Category societe

Reportage de 4 pages sur le chaos du football chinois publié dans l’édition mai du superbe mensuel football “So Foot“. D’un côté, les joueurs et les entraîneurs. Ils se méfient des supporters autant que des journalistes chinois ou étrangers. De l’autre les agents de joueurs, très bavards, qui en appellent à la dérégulation du marché des transferts, pour sauver le football professionnel chinois gangrené par les matchs truqués et les paris clandestins. Au milieu, les supporters. Les supporters officiels, c’est à dire “éduqués” par la Ligue de la Jeunesse Communiste depuis 2004, à l’approche des Jeux Olympiques de Pékin. Puis les dissidents, totalement imprévisibles selon les forces de l’ordre mais tellement attachants. Condition primordiale pour devenir un support dissident ou ultra: chanter debout pendant 90 minutes et prêter sa carte d’abonnement aux camarades lorsque on ne peut assister à un match. Mention spéciale pour les journalistes sportifs chinois qui n’ont pas la langue dans leur poche. Sur leurs blogs ou dans leurs papiers, ces esthètes du ballon rond sont en première ligne pour critiquer la gestion douteuse du football dans l’Empire du Milieu.

This pictures were first published in monthly French magazine “So Foot” along with my story on Chinese chaotic football which included many interviews with FC beijing guoan players, respected sports journalists, football agents and amazing supporters. Those ones are split between officials and dissidents after the Communist Youth League decided to educate the fans in the run up of the Beijing Olympic games. It was an exciting story that I would be happy to write again for a English speaking magazine. Let me know guys if you are interested ;-)

couverture de So Foot

 

Cliquer sur les images pour lire le reportage: