Rencontre Beijing Guoan – Tianjin au Stade des Ouvriers de Pékin dimanche 17 octobre.
Publication d’une photo mardi 19 sur le blog américain China Digital Times.
La suite ici: http://www.flickr.com/photos/23904009@N03/sets/72157625067376405/show/
Rencontre Beijing Guoan – Tianjin au Stade des Ouvriers de Pékin dimanche 17 octobre.
Publication d’une photo mardi 19 sur le blog américain China Digital Times.
La suite ici: http://www.flickr.com/photos/23904009@N03/sets/72157625067376405/show/
Portrait de Zhang Xin, jeune “self made woman” et reine de la construction immobilière à Pékin. Avec elle, les derniers hutong n’ont qu’à bien se tenir ! Marianne, 21 août.
MARIANNE – LES 7 SALOPARDS DE LA CRISE – CHINE
TITRE
Zhang Xin, le dragon de l’immobilier
CHAPO
Zhang Xin n’a pas connu la crise mais pourrait bien la provoquer ! A 45 ans, cette femme est devenue milliardaire en redessinant Pékin. Elle est le visage de la bulle immobilière qui étouffe les grandes villes chinoises.
TEXTE
Zhang Xin est la pdg de Soho China, le plus gros promoteur immobilier privé de la Chine continentale. En quinze ans, assistée de son mari Pan Shiyi, cette ouvrière devenue milliardaire a métamorphosé la capitale, redessiné son centre historique à grands coups de gratte-ciels de verre, de béton et d’acier et bâti une fortune personnelle de 2 milliards de dollars. Mais elle sait garder de la compassion pour le petit peuple: “Quand je vois ce que gagne ma femme de ménage, je me dis que je n’ai pas le droit de voyager en première classe”, a-t-elle déclaré cet été à un journal britannique.
Zhang Xin a une obsession: transformer ses quartiers populaires en quartiers d’affaires, ses Hutong décrépis en galeries commerciales. Certes, ses dernières tours affichent un taux d’occupation ridicule, ses centres commerciaux de luxe sont désertés par les clients… quand les commerçants ne baissent le rideau, faute de pouvoir payer le loyer.
Mais spéculation oblige, tout ce qu’elle construit s’achète instantanément et se revend aussi vite avec de fortes plus-values. Le 20 janvier, tous les bureaux de sa nouvelle tour pékinoise, Soho Nexus, ont été vendus en une seule journée !
La marque se décline. Onze quartiers de la capitale sont déjà estampillés « Soho » : Soho New Town, Soho Jianwai, Soho Sanlitun, Soho Shangdu, Soho ChaoWai et consœurs… La Zhang Xin touch repose sur deux fondamentaux : un excellent réseau auprès des cadres du Parti qui lui permet d’obtenir d’immenses terrains en centre-ville et un appétit insatiable pour les architectes internationaux déjantés, qui pensent qu’un bâtiment moderne doit forcément ressembler à un vaisseau spatial. Après le futuriste Soho Sanlitun – 5 tours de bureaux, 4 tours d’appartements de standing et 5 centres commerciaux coincés entre les ambassades et le Stade des Ouvriers- Zhang Xin se lance, et ça ne s’invente pas, dans le Soho Galaxy. Soit un autre complexe immobilier intergalactique sur un terrain en or massif, près du ministère des Affaires Etrangères.
Mais la « success story » de Zhang Xin aurait pu s’arrêter net, il y a quatre ans. Alors au sommet de la gloire, la promoteu« se » décroche l’ambitieux contrat de revitalisation du Hutong de Qian Men, patrimoine historique vieux de six siècles, officiellement protégé et flanqué juste derrière la place Tian An Men. Sous son coup de crayon, les Sihueyan (ou maisons traditionnelles) sont gommés, 30 000 familles sont expulsées. QianMen offre aujourd’hui un alignement de commerces occidentaux, dans un décor faussement chinois digne de Disneyland. Si Starbucks ou Pizza Hut se régalent, les médias du monde entier tirent à boulets rouges sur la jeune femme… qui depuis a fait discrètement disparaître le projet Qian Men de son site Internet.
Qu’importe, grâce à Zhang Xin, la municipalité de Pékin se frotte les mains. « Avec Qian Men, nous avons transformé le hutong en marque commerciale. A nous maintenant de la faire prospérer harmonieusement » explique un jeune ingénieur du bureau de la planification urbaine.
Zhang Xin, qui s’affiche régulièrement à la une des magazines joue, gagne et rejoue. Avec un appétit sans limite. Pékin est devenu un formidable terrain de jeu pour les spéculateurs. Des promoteurs aux investisseurs en passant par l’Etat qui vend ses meilleurs terrains au prix fort : tout le monde en profite. Tout le monde ou presque. Zhang Xin fait peu de cas des milliers de familles expropriées par le gouvernement, et encore moins des classes moyennes dont l’accès à la propriété se résume désormais à un deux pièces… au delà du 5e périphérique!
Pur produit de la Chine capitaliste, elle n’a aucun scrupule. « Mon rôle en tant que constructeur est de construire. Il se trouve que j’ai conscience que des tours de bureaux restent vides. Mais cela ne va pas m’arrêter de produire, tant qu’il y a des gens qui font la queue pour acheter le produit » déclare-t-elle, lucide, au magazine économique américain Forbes, en mars dernier.
Cerise sur le gâteau, les constructions de madame Zhang ont la réputation d’être « cheap ». Comme à Jianwai Soho, dans le quartier d’affaires de Guomao, à trois stations de métro de la Cité Interdite. Inauguré début 2008, le complexe tire déjà la langue « Les fers rouillent, les murs s’effritent, les peintures s’écaillent et les carrelages se décollent. Vous trouvez ça normal ? » enrage l’un des co-propriétaires à l’origine d’une manifestation le 22 juin devant les bureaux d’un syndic’ aux abois. La légende raconte que Zhang Xin surveillait la scène apeurée depuis la baie vitrée de son duplex au 32 étage d’une tour voisine.
A sa décharge, Zhang Xin ne correspond pas tout à fait au portrait robot du promoteur immobilier véreux, prince rouge ou fils d’apparatchik, corruptible à merci et inhumain à souhait. Car cette femme est une véritable self-made woman ! Jugez plutôt. Fille d’immigrés chinois en Birmanie rentrés au pays dans les années 50, elle se fait embaucher à quatorze ans dans un atelier de couture hong-kongais. A vingt ans, le destin lui sourit enfin : Zhang Xin obtient une bourse du Commonwealth pour partir étudier au Royaume Uni et décrocher un master en « économie du développement » à Cambridge. La demoiselle obtiendra son premier poste à Wall Street, chez Goldman Sachs. Sentant le vent des opportunités économiques se lever en Chine, elle rentre à Pékin en 1994, où elle rencontre Pan Shiyi, qui la demande en mariage après seulement 4 jours d’idylle. L’année suivante, ils fondent Soho, qui sera introduit en Bourse en 2007. Aujourd’hui, cette mère de deux garçons reverse des millions dans sa fondation caritative, et s’adonne corps et âme à sa nouvelle religion : l’ordre de Bah’ai, dont deux des fondements sont « la répartition équitable des richesses » et « la recherche d’une solution spirituelle aux problèmes économiques “. Les expulsés des Hutongs méditent sur cette solution spirituelle…
+
BIO
1965 naissance à Pékin de parents exilés de Birmanie.
1979 débarque à Hong-Kong avec sa mère et travaille à l’usine.
1992 décroche son master en économie à Cambridge et file à Wall Street, chez Goldman Sachs.
1994 rentre à Pékin et postule chez Pan Shiyi, promoteur immobilier lui aussi parti de zéro.
1995 Zhang Xin et Pan Shiyi se marient et fondent Soho.
2001 Zhang Xin livre ses premières tours d’appartements à Pékin. Deux ans avant la fin des travaux, tout est déjà vendu.
2007 Soho entre en bourse à Hong-Kong et pèse 6 milliards de dollars.
2011 une fois le projet « Soho Galaxy » achevé, Zhang Xin aura construit 3.6 millions de mètres carrés en « surface de plancher », rien qu’à Pékin.
Et ces forçats bâtisseurs des gratte-ciels de Pékin doivent sûrement s’en réjouir.
Voici les images tournées en marge d’un reportage réalisé l’an dernier pour la presse francophone à Urumqi, capitale du Xinjiang. 30 jours s’étaient déroulés depuis les émeutes sanglantes qui ont déchiré la ville le 5 juillet 2009. Malgré un climat d’extrême tension, où les soldats de l’Armée Populaire quadrillaient la ville à la recherche des insurgés, nous avons fait la connaissance d’une chaleureuse famille d’artistes ouighours dont le père est retraité d’un Bingtuan (société créée par des militaires hans envoyés par Pékin il y a un demi siècle). Ils sont fans de musique turque et nous ont accueillis chez eux avec une extrême générosité.
These are the motion images shot while reporting last year for the French print press, in Urumqi, capital of Xinjiang autonomous region. We were back there 30 days after the deadly riots which erupted in the city on July the 5th, 2009. Despite an extremely nervous atmosphere, as 20 000 soldiers have been spread all over the city to hunt the rioters down, we have been able to meet and spend a great time with a colourful uyghur family whose retired father used to work for a paternalistic Bingtuan factory. Our new friends are fanatical about turkish music and dance, as you will see. Enjoy !
Pourquoi “Tête-Bêche au Xinjiang” comme titre? Parce que les émeutes ont mis sans dessus dessous, la fragile harmonie entre les deux ethnies hans et ouighours. Minoritaires à Urumqi, majoritaires à Kashgar, les Ouighours qui déjà règlent leurs montres avec deux heures d’avance sur le reste de la population chinoise, vivent désormais à distance de leurs compatriotes hans. Une forme d’Apartheid bien triste mais totalement assumé. Si la Chine était un lit, Ouighours et Hans y dormiraient… tête-bêche !
Why did we choose such a title? Because these dreadful ethnics riots have torn the fragile harmony between the Han and Uyghur communities totally upside down. They now have to live together, while avoiding each other.
Prochain (et dernier) épisode à Kashgar, la deuxième ville du Xinjiang, dont la population est en grande majorité ouighoure musulmane. Déclarée zone économique spéciale, elle est sous le joug d’une urbanisation galopante.
Next (and last) episode will be showing Kashgar, second biggest city in Xinjiang. Its population is mostly made of traditionnal uyghur people. But Kashgar has been declared “Special Economic Zone” and is now under heavy urbanization.
Jordan Pouille, freelance reporter in China.
www.jordanpouille.com
jordanpouille(@)gmail.com
Pour Mediapart, j’ai eu la chance de réaliser une série de trois enquêtes sur le logement à Pékin… profitant ainsi du lancement de l’Expo Universelle de Shanghai dont le thème était “Better City, Better Life”. Le logement est la préoccupation principale des Chinois, dans un pays où l’on construit de partout et où le prix du m2 à Shanghai, Pékin ou Canton augmente jusqu’à 12% chaque mois !
Voici donc les trois sujets de cette série sur le logement. Comme souvent pour Mediapart, j’essaie de marier le texte et la vidéo ou le diaporama sonore. Je mets ici plusieurs vidéos d’accompagnement (j’ai encore des progrès techniques à faire, je vous le concède bien volontiers. Une piqûre de rappel chez la Télélibre me ferait du bien!).
Episode 1: Que se passe-t-il après la démolition d’un Hutong, à quoi ressemble la nouvelle vie de ces expropriés?
http://www.dailymotion.com/videoxd2d34Episode 2: Comment devient-on propriétaire? Le sacerdoce des classes moyennes face à la spéculation immobilière.
http://www.dailymotion.com/videoxd2figEpisode 3: Les derniers jours de Tangjialing, un bidonville qui ne dit pas son nom, à la sortie de la ville. S’y installent les diplômés de tout le pays, qui rêvent de faire carrière à la capitale.
http://www.dailymotion.com/videoxd2org