Posts Tagged ‘chine’

Kitesurfing in China

Posted 07 Jun 2011 — by admin
Category daily life, photos, reportage

3 years ago, i could only see Chinese tourists enjoying the beach with big yellow rubber rings and similar unsexy swimsuits. These days, i went to a small sea side resort in Hebei province with my Chinese friend and we were stunned by sophisticated windersurfers and kitesurfers. Talking with these Beijingers about their passion for sailing was fascinating too.

Jordan Pouille ©

 

Jordan Pouille ©

 

Jordan Pouille ©

Qui est Li Na, la finaliste de Roland Garros?

Posted 03 Jun 2011 — by admin
Category vies de roman

La Chinoise accède en finale de Roland Garros et la voici catapultée en tête des discussions sur Weibo, le Twitter chinois… Mais qui est la nouvelle star du tennis féminin?

D’abord, Li Na a 29 ans. Elle s’est mariée à l’ancien joueur professionnel Jiang Shan en janvier 2006, avec qui elle flirte depuis l’âge de douze ans ! Il deviendra son entraîneur.

Cet enfant unique est originaire de Wuhan, cette ville au centre de la Chine, où Peugeot-Citroen fabrique ses voitures pour le marché chinois. Sa maman la destinait à une carrière de joueuse de badminton dès 6 ans, avant d’opter pour le tennis trois ans plus tard. Son papa, est mort quand elle avait 14 ans.

Li Na a longtemps privilégié le double et a souffert de nombreux pépins physiques durant sa carrière professionnelle entamée en 1999.

En 2002, elle faisait un break de deux ans, pour suivre une formation de journalisme à l’université de Wuhan. Elle parle anglais couramment.

Les médias chinois rappellent qu’elle a déjà accumulé près de 5 millions de dollars en “prize money” sans compter ses juteux contrats de “sponsoring”: Häagen Dazs, Rolex. Evidemment, Li Na reste à des années lumière du basketteur Yao Ming… actuellement engagé dans la protection des requins.

Li Na a aussi un caractère bien trempé. Elle est connue et respectée pour son franc-parler. De temps en temps, elle reproche aux supporters chinois leur facheuse tendance à à crier “En avant la Chine!” pendant ses rencontres. Elle n’hésite pas non plus à rudoyer son mari dans les gradins, quand elle rate ses revers à deux mains ou à lui reprocher ses ronflements. Elle a dit ne pas vouloir assumer le statut de “représentant du tennis chinois”.

Mais la sportive est aussi généreuse. En décembre dernier, Li Na remettait un chèque de 135 000 dollars à un orphelinat de Wuhan, qui recueille les enfants dont les parents sont morts dans le tremblement de terre du Qinhai, le 14 avril 2010.

Jusqu’à il y a encore deux ans, c’était la Fédération Chinoise de tennis qui gérait son emploi du temps et finançait ses entraînements… en échange de 60% de ses gains. La Chine compte 30 000 courts de tennis et 14 millions de pratiquants, selon la WTA (World Tennis Association).

Li Na vit et s’entraîne actuellement à Hong-Kong et reverse 12% de ses gains au gouvernement chinois. Elle chercherait à s’installer à Munich.

Elle rencontrera l’italienne Schiavone en finale du tournoi, ce samedi… 4 juin. Je doute qu’en cas de victoire, les Chinois puissent se rassembler sur la place Tiananmen.

Une interview video en anglais de la sportive: http://www.tudou.com/programs/view/3_03DjdSqAk/

Quand Wen Jiabao monte au panier

Posted 02 Jun 2011 — by admin
Category video
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Qu’on se le dise: le premier ministre chinois, 68 ans, est frais comme un gardon.

Cette semaine, Wen Jiabao rendait visite aux enfants d’une école de Chaoyang, un quartier de Pékin, dans le cadre d’une campagne de lutte contre l’obésité. La cour d’école avait été briquée à la brosse à dent, les élèves arboraient leur plus beau foulard rouge, la raie sur le côté du premier ministre n’a pas bouché d’un cheveu … mais ce dernier se défend très bien au basket ! Ci dessous le reportage da la CCTV, la chaîne de la télévision nationale.

Nicolas Sarkozy a, pour sa part, encore quelques progrès à faire au ping pong:

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Sunday in Beijing

Posted 29 May 2011 — by admin
Category daily life, photos

 

Jordan Pouille©

 

^ I only had 3 yuans in my pocket but he would not let me buy anything with that. At least, this tough business man allowed me to take a picture of him.

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^ The car park day watcher showing his “communist” fan. On the other side, you have notorious PLA officers.

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^ A new shopping mall is underway in front of crowdy Sanlitun village, next to the empty Soho Sanlitun residential compound.

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^ Well, another matt Bentley car. I have never seen so many matt luxurious cars elsewhere than in China. Most of the time, owners are 25 years old and delightfully spend their parents’ cash who  have no choice than traveling in these gloomy Audi A6L. If I was British, how would I react?

En rentrant de reportage

Posted 22 May 2011 — by admin
Category photos, reportage

Si je vis en Chine, ça n’a jamais été pour rester dans les ghettos d’expatriés: ces résidences diplomatiques entourées de murs de barbelés, télésurveillées et gardées par des soldats de l’armée du peuple, le torse bombé comme un coq en rut. Dans ces appartements très confortables, sont encore planqués quelques micros. Ici, dès qu’une ampoule grille, un technicien débarque fissa avec son escabeau. J’y ai mon bureau que je partage avec des collègues et amis merveilleux et un joli balcon pour admirer les bouchons de Jianguomen à l’heure de l’apéro.

Mais je vis ailleurs, dans un immeuble de petits vieux où la gardienne réceptionne tout le courrier. C’est elle qui inscrit à la craie, sur son tableau en ardoise, le numéro de mon appartement quand je reçois un courrier. (En général, il arrive déjà ouvert…). Où le long préau est un cimetière à “pigeons volants” du nom de la célèbre bicyclette. Où les voisins, sur leur porte d’entrée, ont une petite plaque rouge  sur laquelle est écrit “Famille civilisée”. Où les mêmes voisins regardent à longueur de journée, par la fenêtre du couloir, le nouveau chantier d’en face. Sans doute que leur résidence sera un jour démolie pour laisser place à un énième centre commercial. Dans le petit ascenceur qui pue du soir au matin, il y a aussi une vieille chaise verte.

Il n’y a pas si longtemps, une dame occupait celle-ci. Elle surveillait les allers et venues. Maintenant c’est la gardienne de l’immeuble qui poursuit cette tâche aliénante. C’est elle aussi qui a distribué les inutiles* poubelles verte et grise pour initier les habitants au tri sélectif, voulu par le bureau du Parti communiste de ce bout de Chaoyang. C’est elle enfin qui devant ma porte a collé un matin une affiche de la police “m’invitant” à enregistrer tout invité de nationalité étrangère au commissariat le plus proche, quelques heures seulement après l’arrivée de ma mère à Pékin.

* Une initiative inutile puisque tous les matins, des mingong viennent chercher les ordures sur leur triporteur, mélangent tout le contenu des grandes poubelles collectives puis séparent les immondices en petits tas plastique/verre/végétaux/bois/fer/papier/carton pour le revendre au poids. Eux, sont les vrais empereurs du tri sélectif. 

Bref, je rentre d’un reportage dans le Gansu que vous lirez je l’espère, bientôt dans La Vie. Cela devrait mettre un terme à cette période délicate où révoltes arabes, mort de ben laden, mariage princier et le scandale du Sofitel new yorkais (sans parler du séisme japonais que j’ai couvert) ont phagocyté l’actualité chinoise. Pour beaucoup de France, les infos en provenance de Chine se réduisaient subitement au pays du bébé à deux têtes et des pastèques explosives…

Dans les montagnes sableuses du Gansu, je suis allé en binôme, avec une fixeuse baroudeuse chinoise et un formidable chauffeur. Quand on lui a demandé pourquoi il y avait autant d’amulettes accrochées à son rétro intérieur, il nous a racontés qu’il avait été soldat, en poste au Tibet, dans les années 80. Il en est ressorti bouddhiste et totalement paçifique: “les vrais Tibétains ont des pensées claires comme l’eau de source” disait-il.

Loin de Pékin, je voyage rarement avec un photographe étranger. En général, aussi doué, inspiré et créatif soit-il, il débarque, se plante devant le paysan avec son gros Canon 1D à 10 000 dollars et place notre homme sous une bonne lumière… alors que ma traductrice et moi avons lutté pendant plus d’une heure pour qu’il nous raconte en confiance son combat contre les officiels locaux. En revanche, là où le binôme photographe/journaliste fonctionne à merveille, c’est dans les situations périlleuses, les zones mafieuses où il faut réfléchir à deux, s’épauler, se serrer les coudes, travailler en équipe. 

Donc voici quelques clichés à moi. Ma fixeuse a aussi fait de jolies photos.

Jordan Pouille ©

 

Jordan Pouille ©

 

Jordan Pouille ©

 

jordan pouille ©

 

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Comment briser une filature

Posted 12 May 2011 — by admin
Category reportage, societe

Je reviens d’une journée chez des paysans en colère, quelque part dans le Hebei. Ces hommes et ces femmes se battent littéralement contre la vente forcée de leurs terres à des promoteurs qui rêvent de les transformer en zone industrielle avec routes à 4 voies, ateliers en parpaings et dortoirs à perte de vue. Les villageois connaissent leurs droits, la loi et s’estiment en théorie protégés par le gouvernement central. D’autant que celui-ci, au nom de la sécurité alimentaire d’1.4 milliards de Chinois, interdit officiellement la revente de terres agricoles à d’autres fins. A ce titre, les paysans accordent une confiance mesurée pour le Parti et le gouvernement central. Beaucoup moins pour la bureaucratie locale.

Tout ce que ces paysans espèrent c’est que là haut, Wen Jiabao finira pas entendre leurs griefs et réglera le tout d’un joli coup de cuillère à pot. Ce n’est pas si simple. En attendant, les voici à ferrailler contre des promoteurs sans scrupule et des officiels corrompus. Là aussi un grand classique dans la Chine d’aujourd’hui.

Sauf qu’à la différence de ces paysans du Shandong, eux ont de l’argent et ne craignent ni la prison, ni les coups de bâtons… qu’ils rendent au centuple. Nous avons vu le bureau du promoteur saccagé, des banderoles de contestation dressées, des palissades effondrées. Lorsque nous sommes arrivés sur place, la colère était palpable: plusieurs fermes venaient d’être démolies et des terrains rendus méticuleusement incultivables.

Et même dans un moment de quiétude, les policiers en civil ou les officiels municipaux ne sont jamais loin. Dans la campagne, la présence d’étrangers sur un lieu dit sensible suffit à provoquer l’attroupement et par ricochet, l’arrivée fissa des forces de l’ordre. Comme ces ostensibles Jetta noires aux vitres fumées, garées à chaque extrémité de la petite route où le rdv a été donné. C’est pour éviter cela qu’il faut veiller à la sécurité des paysans et refuser de les interviewer en public. Mais ces derniers ont aussi leur parade et déploient une logistique surréaliste qui me rappelle celle d’un sympathique prêtre catholique souterrain rencontré en Mongolie Intérieure: escorte de gros bras, changement de plaques en quelques secondes, changement de voitures, désignation d’un “chef de commandement”… le tout pour briser une filature ! De telles précautions à notre égard n’étaient pas nécessaires mais elles en disent long sur la “confiance” qui règne entre les ruraux et ceux qui les dirigent.

Entretien avec Zong Qinghou – L’Usine Nouvelle

Posted 06 May 2011 — by admin
Category economie

Economie. Zong Qinghou est le fondateur de Wahaha, leader de la boisson en Chine

jordan pouille

 

À la tête d’une fortune estimée à 12 milliards de dollars, cet industriel, délégué à l’Assemblée populaire nationale, a reçu « L’Usine Nouvelle » dans sa suite nichée au sommet de la tour Shangri-La, en plein coeur de Chaoyang, le quartier des affaires à Pékin. Au menu de cet entretien : ses ambitions pour la Chine et son groupe Wahaha, le comportement des entreprises étrangères en Chine et son ancien partenaire, Danone.

Selon les magazines « Forbes » et « Hurun », vous êtiez l’homme le plus riche de Chine 2010. A cette époque, Warren Buffet et Bill Gates ont incité les milliardaires chinois à devenir philanthropes. Mais vous, vous avez décliné l’invitation. Pourquoi ?
(Rires.) D’abord, en Chine, quand on donne de l’argent aux bonnes oeuvres, on ne sait pas où il atterrit. Ensuite, les Américains ont proposé que nous donnions tout d’un coup. Ce n’est pas la bonne méthode. Si nous distribuons cet argent, si on l’éparpille, c’est du gâchis, car on ne peut plus l’investir, le faire prospérer. Non, ce que l’on devrait faire, c’est aider les pauvres à devenir riches, leur apprendre à pêcher plutôt que de leur donner du poisson. Liu Shaoqi (ancien dirigeant du PCC, mort en prison en 1969, après avoir été dénoncé comme suppôt du capitalisme) disait que les capitalistes fournissent de quoi vivre aux travailleurs. Quand les capitalistes ouvrent une usine, les travailleurs décrochent des opportunités d’emploi et un revenu. C’est le cas maintenant. Mieux vaut ne pas « tuer les riches et sauver les pauvres », pour reprendre une vieille expression. Regardons le cas de la vieille Europe, les impôts sont élevés, tout comme le niveau d’aide de l’État-providence. Du coup, que les gens travaillent ou non, cela ne fait pas une grosse différence de revenus. Ils n’ont aucune motivation pour entreprendre et fabriquer de la richesse. Et quand le gouvernement veut diminuer l’État-providence, demande de travailler plus, ça râle. Pourtant, si les entrepreneurs ne font pas fortune, ne créent pas de richesses, il n’y a pas d’Étatprovidence viable. Il ne s’agit pas d’une simple division des tâches entre les travailleurs. Il faut laisser les gens s’enrichir.

La réalité, c’est que le fossé ne cesse de grandir entre riches et pauvres…
Les Chinois ont tendance à être jaloux les uns des autres, et les médias aiment montrer les nantis. Le sentiment d’injustice lié aux écarts de richesses devient alors très fort. Même si je suis l’homme le plus riche de Chine, je consomme moins que mes employés. Chaque midi, je mange à la cantine !  

Vous êtes un self-made man, pensez-vous pouvoir encore apporter quelque chose à votre pays ?
Plutôt que d’avaler les autres concurrents, de racheter les marques et d’imposer un monopole, je veux maîtriser mes produits à toutes les étapes. Par exemple, en disposant de mes propres magasins. Pour les grandes villes, le marché est déjà largement saturé par les distributeurs étrangers (Auchan,Carrefour, Wallmart), et les coûts sont trop importants. Ce qui m’intéresse, ce sont les villes moyennes. Là-bas, les gens disposent de beaucoup d’argent, mais ils n’ont pas de lieu où pouvoir le dépenser agréablement en mangeant, buvant ou en faisant du shopping. Nous avons déjà signé plusieurs contrats dans le Henan pour y construire de grands centres commerciaux. Nous allons apporter du bonheur aux gens, mais il faut vite se dépêcher de marquer le territoire.

Qu’est-ce qui pourrait freiner vos ambitions ?
Le tarif exorbitant fixé par les autorités locales pour me céder des terrains. Celles-ci, disent-elles, ont besoin de cash pour leurs travaux, leurs grands chantiers. Mais si l’État était moins impliqué dans ce domaine, les entreprises privées pourraient investir à sa place et nos taxes lui suffiraient. Les terrains seraient alors bien moins onéreux. Dans le secteur immobilier en Chine, il y a beaucoup trop d’étapes, d’approbations nécessaires avant de construire le moindre immeuble. Chaque coup de tampon coûte très cher et alourdit la facture du promoteur… Sans compter toute la spéculation derrière. Au final, les gens normaux ne peuvent plus s’acheter un appartement. Un col blanc qui gagne plusieurs milliers de yuans par mois ne peut même plus devenir propriétaire. Moi, si j’investis dans l’immobilier, ce sera uniquement pour compenser mes pertes liées à l’ouverture de centres commerciaux, qui ne seront pas forcément rentables les deux premières années.

Dans le nouveau plan quinquennal chinois, l’une des priorités est d’orienter l’industrie vers le marché intérieur et non plus extérieur. Est-ce une aubaine pour Wahaha ?
Pour l’instant, la croissance de la Chine dépend toujours des exportations, des énormes investissements de l’État, et c’est la raison pour laquelle nos réserves de change atteignent presque 3 000 milliards de dollars. Si on stimule la demande intérieure et on augmente les importations, tout cela ne va pas seulement rendre service à l’économie mondiale, mais aussi améliorer le confort des consommateurs Chinois. Il faut améliorer la distribution, être présent partout, et la consommation suivra. En Chine, la consommation de sodas, de jus, d’eau ou de thé en bouteille croît de 20 % par an. Elle est maintenant de 60 à 70 litres par personne contre 200 litres de Coca-Cola aux États-Unis. Pour moi, l’avenir, c’est le paysan. Le revenu des paysans, migrants ou agriculteurs, augmente fortement : c’est un marché à très gros potentiel. Ailleurs dans le pays, le besoin du consommateur évolue. Les boissons ne servent plus seulement à se désaltérer. Les gens, qui ont plus d’argent, veulent vivre plus longtemps. C’est pourquoi je veux que mes boissons qui étanchent la soif deviennent aussi des boissons qui maintiennent en bonne santé. Là, le marché potentiel est encore plus grand !

Pourquoi n’avez-vous pas introduit votre groupe en bourse ?
Comme je l’ai toujours dit, Wahaha n’ira pas en bourse. Dans cette entreprise, les actionnaires sont trop nombreux, variés et cela ne colle pas avec les critères de mise sur le marché [la province de Hangzhou possède 55 % de Wahaha, Zong possède 29 % de la société et selon plusieurs sources, son entité serait domiciliée dans le paradis fiscal des îles Vierges britanniques, gérée par sa fille, ndlr]. Mais si je développe d’autres industries, alors tout reste possible. Par exemple, j’aimerais beaucoup introduire ma future chaîne de centres commerciaux en bourse.

Et où en êtes-vous de vos ambitions minières ?
Je pense que la Chine va finir par manquer de ressources naturelles. Certaines mines, en Australie ou aux Philippines, m’intéressent. Je veux pouvoir prospecter tranquillement à l’étranger, et faire en sorte que ces ressources deviennent chinoises. Mais c’est toujours délicat d’investir à l’étranger. Nous, les Chinois, ne sommes pas forcément les bienvenus. 

Les scandales alimentaires sont légion en Chine. Quelle est votre part de responsabilité en tant qu’industriel ?
Sans parler des inspections peu efficaces, je pense que le problème vient d’abord de l’agriculteur, celui qui manie la matière première. En Chine, il n’est pas assez éduqué et toujours très mal payé. Il faudrait le rémunérer davantage pour sa production, afin qu’il ne soit pas tenté de rajouter de l’eau et de la mélamine dans le lait de ses vaches, par exemple. Moi, je veux pouvoir être certain que mes matières premières sont irréprochables. Du coup, je vais construire mes propres fermes. Bientôt, Wahaha va élever ses propres vaches à lait, peut-être à l’étranger.

Après avoir été votre associé, Danone vous a poursuivi en justice et a perdu. Quel souvenir gardez-vous du groupe français ?
À propos de Danone, je vais être franc : ils voulaient nous acheter à bas coût, nous avaler et on ne les a pas laissés faire ! À la fin, ils nous ont poursuivis en justice, en nous accusant d’avoir violé la loi et rompu les termes de notre contrat, mais ils ont perdu. Pourquoi cela ? D’abord, il faut se poser les vraies questions. Qui faisait de la compétition horizontale (au sein de la même entreprise) et qui abusait de la marque ? Eux. Et ils ne voulaient pas que Wahaha investisse davantage. En revanche, ils ont utilisé la marque Wahaha sur leurs produits fabriqués dans nos usines cogérées. Et, en mars 2000, ils ont acheté l’eau en bouteille Robust : ce n’est pas de la compétition horizontale, ça ? Plus tard, ils ont cherché à sous-traiter en Indonésie, et nous leur avons trouvé les usines. En définitive, ils ont perdu devant le tribunal. Ça ne m’étonne pas que Danone ait des procès partout, avec d’autres entreprises (rires).

Avez-vous toujours l’intention de coopérer avec des entreprises étrangères ?
J’ai toujours entretenu de bons rapports avec les entreprises étrangères. Si je ne respectais pas les contrats, pourquoi chercheraient-elles encore à travailler avec moi ? Mais celles qui débarquent en Chine ont plutôt tendance à considérer notre pays comme un placement financier, un lieu pour faire des bénéfices uniquement. Pensent-elles que les Chinois sont des citoyens de seconde zone ? Nous sommes très hospitaliers, respectueux à l’égard des étrangers. Mais il ne faut pas trop nous bousculer. Lorsque nous allons investir chez eux, ils nous mènent la vie dure, vérifient tout. À notre tour d’être pointilleux avec les étrangers. C’est une coopération d’égal à égal, non ?

Vous avez 66 ans. Qui pourrait vous remplacer ?

La nouvelle génération a étudié à l’étranger, est beaucoup plus éduquée, mais elle doit s’intéresser à d’autres activités que celle des parents. Les industries traditionnelles peuvent très bien être dirigées entre nous, ceux de ma génération, car il faut beaucoup d’expérience et de contacts. Évidemment, on a besoin de plus de contrôles, de règles au sein de l’entreprise, mais cela se fera rapidement. Je dis souvent qu’en Chine, soit on ne fait rien, soit on le fait très vite.

Encadrés:

Zong Qinghou, l’ouvrier modèle du peuple
À 65 ans, Zong Qinghou est le fondateur et PDG du groupe Wahaha (« Le bébé qui rit »), leader du marché de l’eau en bouteille et de la boisson sucrée en Chine. Sa société est installée à Hangzhou, dans le Zhejiang, sa province natale. Cet autodidacte est un bourreau de travail, mais a l’esprit de famille : son épouse est « responsable des acquisitions », et sa fille, qui vit aux États-Unis, gère sa fortune. En avril 2008, l’hebdomadaire économique chinois « Caijing » soupçonne l’homme d’affaires d’évasion fiscale. Zong Qinghou est l’un des 3 000 délégués de l’Assemblée nationale populaire. Son patrimoine est estimé à 12 milliards de dollars, faisant de lui l’homme le plus riche de Chine en 2010.

Un cinglant échec pour Danone
Affaire classée. Chez Danone, on n’a guère envie de revenir sur un conflit dans lequel le groupe a laissé quelques plumes. Tout commence en 1996, quand Franck Riboud et Zong Qinghou créent une joint venture dans le secteur des boissons de la marque Wahaha. Le français en détient 51 %. Pendant dix ans, Wahaha se développe fortement, jusqu’à peser un milliard d’euros et 8 % des ventes mondiales de Danone. Mais le français s’aperçoit que son partenaire vend des produits sous la marque Wahaha en dehors de la joint-venture, au moyen d’un réseau parallèle d’usines d’embouteillage. Après une longue bataille juridique, en 2008, un tribunal chinois interdit à Danone l’utilisation de la marque Wahaha. Un an plus tard, Danone vendra à Zong Qinghou ses parts, pour environ 350 millions d’euros, soldant le principal revers stratégique de l’histoire du groupe.

Cette entretien est disponible en version papier et sur le site de l’Usine Nouvelle.

Bienvenue au nouveau né !

Posted 04 May 2011 — by admin
Category politique


La famille s’agrandit. Après l’incontournable State Council of Information, l’efficace Internet Affairs bureau, le très sérieux Publicity Department of the Communist Party of China Central Committee, le Parti accouche d’un splendide et sophistiqué “State Internet Information Office” qui gérera l’information sur internet. 

C’est ce bureau qui centralisera les demandes d’approbations de nouveaux médias, gérera la distribution des noms de domaine, enquêtera puis punira les sites violant les “lois et les régulations” et supervisera le développement des jeux en ligne.

Mercredi 4 mai, 4 sous-ministres se sont vu attribuer la direction de ce nouvel organe repressif dont l’un est Zhang Xinfeng, le vice-ministre de la sécurité publique.

Lire le papier sur le Quotidien du Peuple

Une campagne plus harmonieuse?

Posted 30 Apr 2011 — by admin
Category economie, societe

Les premiers résultats du recensement national montrent que désormais, presque la moitié de la population chinoise vit en ville. Cela signifie-t-il que la campagne chinoise a été laissée à l’abandon? Non car les conditions de vie s’y sont nettement améliorées. L’argent accumulé par les travailleurs migrants a servi, en grande partie, à doper la consommation en milieu rural. C’est le bilan, sondages à l’appui, que dresse l’anthropologue américain Etham Michelson. Entre 2002 et 2010, l’homme a interrogé les habitants de 23 villages et observé une baisse des mouvements sociaux et une amélioration de la perception du gouvernement. Il présentait à Pékin le bilan de son travail.

jordan pouille

 

Difficile de généraliser à l’échelle de tout le pays, mais cela valide ce que j’ai pu constaté, en revenant dans un village à la frontière entre le Guangdong et le Fujian. Des routes ont poussé, des chauffe-eaux solaires ont été installés sur tous les toits et les maisons anciennes sont devenues de simple granges à cochons. Les officiels sont devenus plus attentifs aux besoins des habitants. Cela n’enlève rien à des situations dramatiques d’expropriations forcées par des autorités locales en mal de recettes fiscales et donc pressées de revendre les terres, ni l’inflation galopante sur le prix des aliments, baissant le pouvoir d’achat des paysans.

jordan pouille

 

jordan pouille ©

Ai Weiwei dans Le Portrait de La Vie cette semaine (28 avril)

Posted 29 Apr 2011 — by admin
Category art, culture, la vie, societe

A lire cette semaine dans La Vie, le portrait de l’architecte chinois Ai Weiwei emporté par la police le 3 avril et toujours disparu depuis. Nous nous étions rencontrés une première fois en 2009, dans son atelier à Pékin. Aujourdhui:  le Quotidien du Peuple presse le gouvernement, dans un éditorial inattendu, de tolérer les opinions divergentes.