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	<title>Jordan Pouille &#187; environnement</title>
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	<description>Carnets de Chine de Jordan Pouille, correspondant à Pékin</description>
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		<title>Les dix figures de l&#8217;écologie chinoise</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Sep 2010 03:20:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Etablie au fil des rencontres et des lectures, voici une liste des personnes qui, à mon sens, comptent aujourd&#8217;hui dans la protection de l&#8217;environnement en Chine. 1 &#8211; Yu Xiaogang: professeur d&#8217;université, il dénonce partout l&#8217;impact qu&#8217;ont les immenses barrages hydro-électriques sur l&#8217;environnement et la population. Il a obtenu plusieurs prix internationaux, des bourses mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Etablie au fil des rencontres et des lectures, voici une liste des personnes qui, à mon sens, comptent aujourd&#8217;hui dans la protection de l&#8217;environnement en Chine.</p>
<p>1 &#8211; Yu Xiaogang: professeur d&#8217;université, il dénonce partout l&#8217;impact qu&#8217;ont les immenses barrages hydro-électriques sur l&#8217;environnement et la population. Il a obtenu plusieurs prix internationaux, des bourses mais aussi de précieux retards de chantiers ! Désormais dans le collimateur du gouvernement qui ne veut pas renoncer à ses projets, Xiaogang n&#8217;a plus l&#8217;autorisation de voyager à l&#8217;étranger.</p>
<p>2- Wang Canfa. Il est à mon sens l&#8217;avocat anti-pollution le plus efficace en Chine. Il a créé à Pékin un master de droit environnemental et une hotline d&#8217;étudiants bénévoles en soutien juridique pour les victimes de pollution. Il jouit de contacts privilégiés avec le gouvernement central.</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/photo-JP-Wang-Can-Fa-small.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-479" title="photo JP Wang Can Fa small" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/photo-JP-Wang-Can-Fa-small.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p>(photo: jordan pouille)</p>
<p>3- Feng HongFeng:  il dirige &#8220;L&#8217;université de la nature&#8221; et emmène des chercheurs sur le terrain pour les inciter à publier sur les drâmes écologiques dans leurs revues scientifiques.</p>
<p>4- Wu Lihong. Cet écologiste s&#8217;est battu pour dénoncer la pollution du 3e plus grand lac de Chine et sort de trois ans de prison, accusé d&#8217;avoir voulu extorqué des fonds auprès d&#8217;industriels responsables de cette gigantesque pollution.</p>
<p>(Edit 20 octobre) J&#8217;ai scanné sa photo de prisonnier, lorsque nous nous sommes rencontrés à Pékin cette semaine. En débarquant à la capitale, il entend se faire blanchir par la Cour Suprême. (Repro JP)</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/5105004243_9b8cb827df_o-1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-626" title="wu lihong" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/09/5105004243_9b8cb827df_o-1.jpg" alt="" width="238" height="325" /></a></p>
<p>5- Pan Yue, c&#8217;est le ministre de l&#8217;environnement depuis 2003. Plein d&#8217;idées, il avait lancé en 2007 le taux de croissance vert, qui prendrait en compte l&#8217;impact sur l&#8217;environnement de la croissance économique.  Mais les gouverneurs de province l&#8217;ont massivement rejeté. Il est placardisé depuis&#8230;</p>
<p>6- Wang Yongchen, présentateur de radio et fondateur de la Ligue des Volontaires Verts. Il fait énormement de prosélytisme écologique dans les médias, cale des dîners mensuels entre journalistes et ong et organise des voyages dans des zones affectées par la pollution, la désertification ou la construction de méga-barrages.</p>
<p>7- Long Kuan, chanteur mongol qui tente dans ses chansons de convaincre les classes moyennes chinoises de protéger l&#8217;environnement, en leur expliquant qu&#8217;on peut devenir à la fois riche et vert. Il veut prouver que la croissance de la Chine ne se fait plus forcément au détriment de l&#8217;environnement, de la biodiversité.</p>
<p>8- Yu Dan, une écrivaine intellectuelle éco-évangéliste qui se vend plus ici qu&#8217;Harry Potter. Elle place au coeur de ses textes le daoisme plutôt que le confucianisme: suivre la nature plutôt que chercher à la contrôler, l&#8217;apprivoiser.</p>
<p>9- Prof Yunlong, à la tête de l&#8217;Institut de la Recherche pour une civilisation écologique, à Peking University. Il cherche une nouvelle éthique, de nouvelles valeurs que ni le marxisme ni le capitalisme n&#8217;ont apporté, pour protéger les ressources naturelles en Chine.</p>
<p>10- Tang Xiyang, un vétéran du mouvement vert, âgé de 80 ans. A publié &#8220;Le Tour du Monde Vert&#8221;; fruit d&#8217;un voyage autour du monde et de la Chine, avec sa femme. Il est une source d&#8217;inspiration pour de nombreux écologistes du dimanche.</p>
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		<title>La Chine verte et grise de Jonathan Watts</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Jul 2010 22:19:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[chine]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
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		<category><![CDATA[guardian]]></category>
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		<description><![CDATA[(photo Jordan Pouille) Jonathan Watts est le correspondant &#8220;environnement&#8221; du Guardian en Asie. Un job passionnant qui l&#8217;emmène dans les quatre coins de la Chine. Caméra au poing et carnet de note en poche, à lui de mesurer l&#8217;impact du &#8220;Miracle économique&#8221; chinois sur la bio-diversité, sur la santé de la population, sur l&#8217;environnement. A [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/07/jonathan-watts-by-jordan-pouille.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-231" title="jonathan watts by jordan pouille" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/07/jonathan-watts-by-jordan-pouille.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p><em>(photo Jordan Pouille)</em></p>
<p><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Watts">Jonathan Watts</a> est le correspondant &#8220;environnement&#8221; du <a href="http://www.guardian.co.uk/">Guardian</a> en Asie. Un job passionnant qui l&#8217;emmène dans les quatre coins de la Chine. Caméra au poing et carnet de note en poche, à lui de mesurer l&#8217;impact du &#8220;Miracle économique&#8221; chinois sur la bio-diversité, sur la santé de la population, sur l&#8217;environnement. A nous, en le lisant, de mesurer notre responsabilité d&#8217;occidentaux&#8230; après avoir délocalisé toutes nos industries polluantes ou fait de la Chine une terre d&#8217;accueil pour nos déchets les plus toxiques. Cet été, Jonathan Watts compile ses plus beaux reportages, ses plus belles rencontres, dans le livre &#8220;<em>When a billion chinese jum</em><em>p</em>&#8220;, publié en anglais. 100 000 kms parcourus pour nous décrire un armageddon environnemental, que dis-je, un recueil à la fois touchant d&#8217;humanité et impressionnant de rigueur  sur l&#8217;ampleur de la catastrophe écologique chinoise, de la part d&#8217;un journaliste engagé pour la protection de notre planète.<span id="more-230"></span></p>
<p>Voici un extrait, en français, au sujet d&#8217;une récente expédition internationale organisée par le gouvernement chinois pour tenter de sauver le Baiji, le dauphin du fleuve Yangtze. </p>
<p><em>&#8220;Il y a vingt ou vingt-cinq millions d&#8217;années, un dauphin plutôt pâle, au long museau, quittait l&#8217;océan paçifique et commençait à s&#8217;aventurer dans les eaux boueuses du fleuve Yangtze. Avec le temps, il s&#8217;est différencié des autres cétacés. La vue ne lui était guère utile dans une eau si sombre et le dauphin a fini par devenir aveugle mais avec un sonar redoutablement efficace pour se repérer. Dans un fleuve gorgé de poissons mais dénué de prédateurs, l&#8217;animal s&#8217;est répandu. Jusqu&#8217;à encore quelques milliers d&#8217;années, ces dauphins étaient si nombreux qu&#8217;ils côtoyaient les tapirs s&#8217;aventurant hors des denses forêts pour venir se désaltérer en bordure de fleuve (&#8230;). L&#8217;homme est arrivé après. Soit 6500 ans avant JC pour s&#8217;installer dans le delta du fleuve et y cultiver le riz pour la première fois dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanité.</em></p>
<p><em>(&#8230;) Le delta du Yangtze supporte aujourd&#8217;hui plus d&#8217;un humain sur vingt et 40% de l&#8217;économie chinoise. Il n&#8217;y a plus de place disponible pour d&#8217;autres espèces ou d&#8217;autres activités. Les éléphants et les tapirs ont depuis longtemps étaient chassés. D&#8217;autres créatures fantastiques comme le crocodile du Yangtze sont désormais au bord de l&#8217;extinction. Le Baiji a sans doute déjà franchi la ligne. Plus que le panda géant, sa disparition illustre tous les sacrifices que la nature a du endurer pour soutenir le pays le plus peuple du monde. Dans les années 50, il y avait encore 6000 dauphins Baiji dans le fleuve Yangtze, leur unique territoire. Puis son nombre a chuté. En 1984, ils n&#8217;étaient que 400 et depuis leur déclin est allé de pair avec l&#8217;explosion de la croissance chinoise. La dernière fois qu&#8217;un Baiji était aperçu, remonte à 2002&#8243;.</em></p>
<p>S&#8217;en suit alors le récit passionnant de cette vaine expédition de scientifiques du monde entier, chargés de détecter les derniers Baiji et d&#8217;assurer leur survie dans des réserves sophistiquées.</p>
<p>Au fil des pages, Jonathan Watts souligne le paradoxe d&#8217;un pays d&#8217;1.4 milliard d&#8217;habitants, en pleine révolution industrielle mais déjà au pied du mur environnemental. Un peuple contraint de se projeter au plus vite vers un modèle de société écologique, durable alors qu&#8217;il entre à peine dans la société de consommation.</p>
<p>Après avoir dévoré le bouquin, je suis allé vérifier moi-même si Jonathan Watts n&#8217;était finalement pas blasé par cette société, prête à laisser son environnement partir à vau-l&#8217;eau. Pas de doute, le journaliste garde l&#8217;espoir:</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/2010/07/20/jonathan-watts-when-a-billion-chinese-jump/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p>
<p>&#8220;<em>When a Billion Chinese Jump&#8221;,</em> publié en anglais et disponible sous 2 semaines <a href="http://www.amazon.fr/When-Billion-Chinese-Jump-Mankind/dp/0571239811/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=english-books&amp;qid=1279666616&amp;sr=1-1">ici</a>.</p>
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		<title>Chez la diva des écolos</title>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 17:18:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[nature]]></category>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;ai ni son talent, ni son flegme, ni son expertise de la Chine. Mais en dévorant les pages du dernier livre du correspondant &#8220;Environnement&#8221; du Guardian en Chine,  Jonathan Watts, dans lequel il narre ses rencontres, les conditions de ses reportages, ses découvertes et ses désillusions chinoises, j&#8217;ai une envie nocturne d&#8217;écrire. Ecrire quoi?  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;ai ni son talent, ni son flegme, ni son expertise de la Chine. Mais en dévorant les pages du dernier livre du correspondant &#8220;Environnement&#8221; du Guardian en Chine,  Jonathan Watts, dans lequel il narre ses rencontres, les conditions de ses reportages, ses découvertes et ses désillusions chinoises, j&#8217;ai une envie nocturne d&#8217;écrire. Ecrire quoi? </p>
<p>Peut-être ce qui fait le sel d&#8217;un reportage, d&#8217;un voyage à travers la Chine: les à-côtés qui rendent toujours le boulot de correspondant en Chine particulièrement cocasse: incompréhensions, intimidations, arrestations, découvertes. Soit les galères pour se rendre d&#8217;un point A à un point B, ou même toutes celles pour quitter le point B . Ces choses hors sujet d&#8217;un article calibré (et rémunéré) au feuillet mais toujours vivement recherchées. </p>
<p>Prenons un exemple ! A l&#8217;approche du sommet de Copenhague, je partais à la recherche de figures de l&#8217;écologie en Chine. Des universitaires, avocats, militants, bénévoles, lobbyistes désireux de faire bouger leur société. Ils vivent pour la plupart dans les grandes villes, où sont réunis les décideurs, les mécènes, les médias. Mais leur action est en dehors des grandes mégolopoles, là ou désertification, pollution des rivières, déforestation affectent les populations démunies ou la biodiversité.</p>
<p>Dans la préparation de ce casting des figures vertes de la société chinoise, j&#8217;ai sondé mes contacts. Autour d&#8217;un bon canard laqué, plusieurs amis chinois m&#8217;ont dressé le portrait d&#8217;une dame courageuse ayant créé la première ong écolo &#8220;Global Village&#8221;. Présentée comme une &#8220;Heroe of the Environnement 2009&#8243; par le Time magazine, cette philosophe de 55 ans est aussi la productrice d&#8217;une émission populaire sur l&#8217;écologie en Chine, genre &#8220;apprenez les gestes qui sauvent la planète&#8221;. Elle s&#8217;est en outre fait remarquer avec sa campagne médiatique +1, dans laquelle elle appelait les Chinois, grands adeptes de l&#8217;air climatisé, à pousser d&#8217;un degré la température, pour économiser de l&#8217;énergie, que l&#8217;on sait principalement produite à partir du charbon, grand émetteur de C02.</p>
<p>Mais depuis le terrible tremblement de terre du Sichuan &#8211; 90 000 morts et des centaines de milliers de familles déplacées &#8211; la diva aurait mis de côté ses actions médiatiques pour se lancer à bras le corps dans la reconstruction d&#8217;un village de sinistrés du Sichuan, mais cette fois ci de manière écologique. Objectif: utiliser le bois mort pour reconstruire, enseigner aux paysans l&#8217;agriculture bio, mieux utiliser les énergies renouvelables. Un village modèle en quelque sorte, dont pourraient s&#8217;inspirer bien d&#8217;autres.</p>
<p>Le rendez-vous est fixé dans le Sichuan. Dans la camionnette qui nous emmène de Chengdu &#8211; capitale de la province &#8211; jusqu&#8217;à son village, j&#8217;assiste au défilé des maisons de poupées, aux murs multicolores et jardinet cloturé. Ce sont les nouvelles maisons de sinistrés et autant de villages potemkine balisant la route vers la cité écologique de Sheri Liao. A bord de la camionnette, trois hommes d&#8217;affaires visiblement et un étudiant &#8220;volontaire&#8221;. &#8220;Ici, pour un km de macadam, c&#8217;est 1500 000 yuans même si il en faudra vingt fois moins pour le réaliser&#8221; explique l&#8217;un des hommes d&#8217;affaires. Cet ancien publicitaire de Shanghai s&#8217;est lancé dans la construction de routes dans les régions ravagées par les catastrophes naturelles. &#8220;Même si on arrose tous les officiels, c&#8217;est bien plus lucratif&#8221;.</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/05/IMG_0495.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-688" title="IMG_0495" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/05/IMG_0495.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p>Nous arrivons jusqu&#8217;au village, après trois heures de routes tortueuses, collés au cul des bétonneuses. Il faut d&#8217;abord rejoindre le QG de Sheri Liao: la plus grosse bâtisse du village. En entrant, on est surpris par l&#8217;aménagement intérieur. A gauche, une salle de presse sophistiquée avec ordinateurs, connection internet haut débit, écran géant et table de réunion. D&#8217;ailleurs, ce jour là, les volontaires de Global Village tiennent leurs comptes avec un rétroprojecteur&#8230; &#8220;La venue d&#8217;un expert en recyclage 1000 yuans par jour, un professeur agronome 1500 yuans&#8221;. A Daping, l&#8217;altruisme vert des amis de Sheri Liao n&#8217;a pas de prix !</p>
<p>A côté de cette salle de presse,  se trouve un salon de thé encerclé de photos des huiles du gouvernement central et des couvertures de magazines chinois ou étrangers sur lesquelles figure notre courageuse militante. A droite, une salle encore plus cosy, truffée de confortables fauteuils de satin, pour y fumer le cigare. D&#8217;une chambre, plusieurs trois jeunes filles. Apparemment, elles ne sont pas du coin: leurs Casquette Gucci et sac Chloé contrastent avec les vieilles bottes en caoutchouc qu&#8217;elles vont devoir enfiler pour remplir leur mission de l&#8217;après midi. Car ce sont les attachées de presse de la diva, chargées d&#8217;escorter les journalistes chinois ou étrangers. Où est Sheri? En train de s&#8217;engueuler avec des villageois (On saura plus tard qu&#8217;ils venaient réclamer plus d&#8217;argent pour leur travail). Mais avant de découvrir son fameux village écologique en sa compagnie, je suis invité à regarder un petit film. Images au ralenti, musique pompeuse, slogans élogieux: il s&#8217;agit d&#8217;un documentaire à la gloire de la militante écolo. Pour une femme qui dit se distancer de l&#8217;héritage de Mao: domestiquer la nature, la contrôler, je la trouve à l&#8217;aise avec les outils de propagande communiste.</p>
<p>Alors seulement je suis invité à visiter le village, soulagé d&#8217;entamer enfin cette petite randonnée, mais avec le sentiment d&#8217;être installé sur un manège de parc d&#8217;attractions, où le long du parcours, on me laissera admirer des petits bonhommes mécanique scier une bûche, ferrer un âne, une pipe à la bouche. &#8220;<em>Sheri Liao ne va pas tarder à vous rejoindre&#8221;. </em>En effet, nous sommes doublés par une camionnette blanche qui nous asperge de boue en roulant sur les flaques. C&#8217;est la diva qui ne se déplace qu&#8217;en voiture, même pour des petites distances. Le troupeau est prié de marcher plus vite pour ne pas la faire attendre trop longtemps en haut de la montagne. Mais chaque halte est l&#8217;occasion de saluer les habitants affairés à poncer, raboter des planches pour faire un toit, un mur. &#8220;Cet immense châlet, c&#8217;est le futur hôpital de campagne, c&#8217;est Jet Li qui a tout payé&#8221; précise l&#8217;attaché de presse, tout sourire. &#8220;Si vous voulez bien me suivre&#8221;&#8230;</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/05/blog-maison.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-174" title="blog-maison" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/05/blog-maison.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p>Dans un coquet châlet, décorées de peintures artisanales, une quinzaine de femmes s&#8217;activent. Elles ont renoncé à l&#8217;agriculture, dans ces champs en pente désormais menacés par le moindre glissement de terrain. Les voici couturières: elles fabriquent des mouchoirs en tissu portant les initiales GV pour Global Village, l&#8217;ong de Sheri Liao. Drole de système que ce village où paysans sont assistés, touchent un revenu mensuel de l&#8217;association, consomment désormais plus dans leur grande maison dont les déchets ménagers en plastique s&#8217;accumulent tout autour.</p>
<p><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/05/blog-sheri-liao-01.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-171" title="La cité utopique de Sheri Liao" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2010/05/blog-sheri-liao-01.jpg" alt="" width="620" height="413" /></a></p>
<p>Car derrière ces maisons modèles, la machine à laver toute neuve déverse ses eaux usées directement dans la rivière. La cuisinière, censée fonctionner au gaz généré par les déchets, sommeille sous les toiles d&#8217;araignées. Au bord du chemin, nous découvrons des poubelles de tri sélectif anachroniques. En rentrant au GQ, je demande une petite mise au point avec Sheri Liao. Dans sa grande bonté, elle m&#8217;accordera une demi heure, montre en main. Elle finit par lâcher le mot &#8220;touristique&#8221;. Son village sera clairement une destination touristique, un parc pour les urbains qui viendront admirer ces braves paysans vivant à l&#8217;ancienne, en &#8220;harmonie&#8221; avec la nature. Une attachée de presse vient clore la discussion. Comme tout bon apparatchik, Sheri Liao demandera (en vain) une relecture de papier avant publication. On nous remet aussi un dvd rempli de photos libre de  droits et de virus, qui achèveront mon disque dur externe.  </p>
<p>Il est tard et plus aucun véhicule ne circule dans la montagne. Nous trouvons finalement un chauffeur pour nous descendre jusqu&#8217;à Pengzhou: 250 yuans! Un prix exhorbitant dans une camionnette remplie de légumes: c&#8217;est le cuisinier. Arrivée en bas, nous aussi devenons des marchandises. Le jeune chauffeur s&#8217;arrête au milieu de la route et nous transvase dans un autre véhicule. Nous avons simplement été vendus à un autre chauffeur qui terminera la course pour une poignée de yuans. J&#8217;espère au moins que nous lui avons permis de faire une bonne affaire.</p>
<p>Au final, bilan très mitigé pour un reportage écolo. Je repartirai le lendemain matin pour une mine de charbon.</p>
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		<title>Mediapart &#8211; Carnet de route en Mandchourie</title>
		<link>http://www.jordanpouille.com/2009/12/25/mediapart-reportage-en-mandchourie/</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Dec 2009 04:08:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Massif de Yichun &#8211; Jordan Pouille Pour le journal en ligne Mediapart et à l&#8217;approche du sommet de Copenhague, je suis parti en train de Pékin jusqu&#8217;au Nord de la Chine, à la frontière Russe formalisée par le fleuve Amour. L&#8217;objectif était de raconter, en trois épisodes, le sacrifice écologique de toute une région au service [...]]]></description>
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<dl id="attachment_29" class="wp-caption alignnone" style="width: 610px;">
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<div style="text-align: auto;"><a href="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2009/12/blog-deforestation-chine-jp.jpg"><img class="size-full wp-image-29" title="camions chargés de troncs d'arbres quittant le village de Tan Wang He" src="http://www.jordanpouille.com/wp-content/uploads/2009/12/blog-deforestation-chine-jp.jpg" alt="" width="600" height="355" /></a><span style="line-height: 17px;">Massif de Yichun &#8211; Jordan Pouille</span></div>
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<p>Pour le journal en ligne <a href="www.mediapart.fr">Mediapart</a> et à l&#8217;approche du sommet de Copenhague, je suis parti en train de Pékin jusqu&#8217;au Nord de la Chine, à la frontière Russe formalisée par le fleuve Amour. L&#8217;objectif était de raconter, en trois épisodes, le sacrifice écologique de toute une région au service de l&#8217;industrialisation du pays à partir des années 60. Depuis la pollution du fleuve à Harbin à cause des industries pétrochimiques, des puits de pétrole pléthoriques souillant les marécages de Daqing, en passant par le charbon de Hegang et jusqu&#8217;à la déforestation du massif de Yichun tout au nord. La température était de -15°c !</p>
<p>Chaque papier (trois épisodes) était illustré de photos et de vidéos, que voici:</p>
<p><span><p><a href="http://www.jordanpouille.com/2009/12/25/mediapart-reportage-en-mandchourie/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p></span></p>
<p><span><p><a href="http://www.jordanpouille.com/2009/12/25/mediapart-reportage-en-mandchourie/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p></span></p>
<p><span><p><a href="http://www.jordanpouille.com/2009/12/25/mediapart-reportage-en-mandchourie/"><em>Click here to view the embedded video.</em></a></p><br />
</span></p>
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<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/xbfezm_deforestation-a-xiao-xing-an-ling-m_news">Vidéo &#8211; déforestation en Mandchourie &#8211; Médiapart</a></p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/xbf85i_2-le-charbon-mandchou-mediapart_news">Vidéo &#8211; le charbon de Hegang &#8211; Médiapart</a></p>
<p><span style="color: #0000ee; text-decoration: underline;"><a href="http://www.dailymotion.com/video/xbffca_1-le-fleuve-poisson-d-harbin-mandch_news"></a><a href="http://www.dailymotion.com/video/xbffca_1-le-fleuve-poisson-d-harbin-mandch_news">Vidéo &#8211; le fleuve poison d&#8217;Harbin &#8211; Médiapart</a></span></p>
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