Posts Tagged ‘logement’

Soho et la bulle qui gonfle, qui gonfle…

Posted 28 Jun 2011 — by admin
Category beijing, societe

Vendredi, le gouvernement chinois demandait à ses banques de ne plus accorder de prêts à tirelarigo aux promoteurs de tout poil, considérés par la population comme les responsables de la spéculation immobilière qui empoisonne les grandes villes et empêche la majorité des urbains de devenir propriétaire: 

scan jordan pouille

 

Pourtant, le même jour, un entrefilet dans la presse, rapporte que 10 banques viennent de tomber d’accord pour offrir un prêt colossal de 600 millions de dollars à Pan Shiyi, le patron pourtant milliardaire de Soho, principal promoteur immobilier de Pékin !

Depuis 15 ans, lui et sa femme Zhang Xin s’octroient à prix d’or les terrains les plus centraux de Pékin pour y ériger des tours de logements hors de prix et des centres commerciaux déserts. Des immeubles fantômes comme à Soho Sanlitun, ou Jianwai Soho où l’appartement se vend à 700 000 euros. 1.3 millions de mètres carrés supplémentaires sont actuellement en chantier, chez Soho.

Les patrons de Soho sont l’un des acteurs de cette bulle immobilière et mises à part les belles paroles ou les demi-mesures pour limiter les achats de résidences secondaires, rien n’est fait pour l’empêcher de gonfler  ! A se demander à qui profite le crime…

Voir mon portrait de Zhang Xin dans Marianne.

Voir l’une des vidéos qui accompagnait l’an dernier mon enquête en trois volets sur l’accès à la propriété (Mediapart). Avec mon amie chinoise, nous nous étions faits passer pour des candidats à l’achat d’un appartement présenté comme un oasis de verdure à un jet de caillou du centre-ville. Accrochez vous.

http://www.dailymotion.com/videoxd2fig

A Pékin, le mal-logement se règlera à coups de gourdin

Posted 31 Dec 2010 — by admin
Category politique

Héritage de la guerre froide, Pékin compte de nombreux sous-sols anti-atomiques, construits sous les immeubles, souvent dans les quartiers centraux, à l’intérieur du périphérique, comme à WangFujing. Cachés derrière de grosses portes en fonte, ils ont été aménagés au fil des ans en logements locatifs abordables pour les travailleurs modestes de la capitale, refroidis par l’explosion des prix de l’immobilier. Pas de lumière naturelle, beaucoup d’humidité mais franchement, c’est correct.

Mais après avoir fait détruire cet été la cité des fourmis de Tangjialing, soit des logements construits en lointaine banlieue par des paysans pour les jeunes cadres migrants de Pékin (voir mes photos flickr ou la vidéo qui accompagnait mon reportage sur Mediapart), les autorités s’attaquent maintenant à ces logements souterrains en centre-ville jugés “non conformes”.

Sans doute que les propriétaires de ces chambres souterraines s’en mettaient plein les poches sans déclarer le moindre yuan au trésor public. Mais ce ne sont pas des marchands de sommeil pour autant et les locataires, encore une fois, vont en faire les frais et se retrouver à la rue. Car si je ne m’abuse, la vie est chère à Pékin et l’on ne trouve guère de dortoirs à Pékin pour tous ces ouvriers, serveurs, vigiles, masseurs, cuisiniers, vendeurs, hôtesses d’accueil et autres artisans venus de tout le pays pour contenter les Pékinois à moindre coût. Je connais pour ma part une association d’aide et d’assistance juridique aux travailleurs migrants dont les bureaux sont dans les sous-sols d’un hôtel de luxe.

Qu’adviendra-t-il de ces locataires bientôt expulsés (pas trop vite j’espère car il fait -11°c en ce moment)? En matière de relogement, Pékin a des yuans mais manque cruellement d’idées. A part des indemnités variables pour les propriétaires quand il s’agit par exemple de raser un hutong pour un projet de centre commercial annoncé comme étant d’intérêt public, les familles migrantes, elles, n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Il faut savoir qu’en Chine, 46% des recettes fiscales des gouvernements locaux (comme ici, celui de Pékin) proviennent de la vente de terrains. Une mine d’or puisque tous les les terrains urbains appartiennent aux officiels corrompus du Parti à l’Etat communiste.

Aucune envie dès lors de les sacrifier pour un programme de logements sociaux. A Pékin, ce sont donc les promoteurs les plus fortunés (voir mon portrait de Zhang Xin, charmante patronne de Soho, le principal promoteur de Pékin, dans l’édition papier de Marianne, 21 août ) qui s’octroient l’espace vital pékinois pour y construire des tours résidentielles futuristes mais totalement inabordables, en particulier pour cette fameuse classe moyenne, garante de la stabilité du régime chinois. Pas de logement en ville, voire même pas de voiture puisque la municipalité a décidé de réduire de 2/3 les nouvelles immatriculations en 2011: deux rêves chèrement acquis par les Chinois trentenaires et qui s’évaporent à présent.

De fait, des tours vides de commerces ou d’habitants à perte de vue forment désormais la charmante “skyline” de la capitale. J’habite juste en face des jolis grattes-ciels Soho Sanlitun et je travaille juste en face des tours de Jianwai Soho: des charmantes mini “villes fantômes” au coeur d’une mégalopole de 17 millions d’habitants.

Voici aujourd’hui l’excellent reportage de l’intrépide Melissa Chan, correspondante chez Al Jazeera English, sur la disparition annoncée de ces logements souterrains.

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Se loger à Pékin en 3 actes pour Mediapart

Posted 15 May 2010 — by admin
Category economie, mediapart, societe

Pour Mediapart, j’ai eu la chance de réaliser une série de trois enquêtes sur le logement à Pékin… profitant ainsi du lancement de l’Expo Universelle de Shanghai dont le thème était “Better City, Better Life”. Le logement est la préoccupation principale des Chinois, dans un pays où l’on construit de partout et où le prix du m2 à Shanghai, Pékin ou Canton augmente jusqu’à 12% chaque mois !

Voici donc les trois sujets de cette série sur le logement. Comme souvent pour Mediapart, j’essaie de marier le texte et la vidéo ou le diaporama sonore. Je mets ici plusieurs vidéos d’accompagnement (j’ai encore des progrès techniques à faire, je vous le concède bien volontiers. Une piqûre de rappel chez la Télélibre me ferait du bien!).

Episode 1: Que se passe-t-il après la démolition d’un Hutong, à quoi ressemble la nouvelle vie de ces expropriés?

http://www.dailymotion.com/videoxd2d34

Episode 2: Comment devient-on propriétaire? Le sacerdoce des classes moyennes face à la spéculation immobilière.

http://www.dailymotion.com/videoxd2fig

Episode 3: Les derniers jours de Tangjialing, un bidonville qui ne dit pas son nom, à la sortie de la ville. S’y installent les diplômés de tout le pays, qui rêvent de faire carrière à la capitale.

http://www.dailymotion.com/videoxd2org